
Un homme, ayant acheté un perroquet, le laissa libre en sa maison. Le perroquet, qui était apprivoisé, sauta et se percha sur le foyer, et de là se mit à caqueter d’une manière plaisante. Une chatte, l’ayant vu, lui demanda qui il était et d’où il venait. Il répondit : « Le maître vient de m’acheter. — Et tu oses, bête effrontée entre toutes, reprit la chatte, tu oses, tout nouveau venu, pousser de pareils cris, tandis qu’à moi, née à la maison, les maîtres m’interdisent de crier ! et si parfois cela m’arrive, ils se fâchent et me jettent à la porte. — Va te promener, ma belle dame ; il n’y a pas de comparaison à faire entre nous ; ma voix n’agace pas les maîtres comme la tienne. »
Cette fable convient aux critiques malveillants toujours prêts à jeter le blâme sur les autres.
Figurant parmi les toutes premières fables européennes, « Le Perroquet et la chatte » est un texte du Grec Ésope, qui vécut aux 7ème et 6ème siècle avant J.-C. Il est numéroté 355 dans le recueil Fables d’Ésope, publié en 1927 par Émile Chambry après avoir traduit en français l’intégralité des œuvres qui lui sont attribuées.
On note dès la lecture du titre que, comme c’est souvent le cas dans les fables de l’Antiquité ainsi que dans celles des époques ultérieures, le chat dont il est question est une femelle. L’animal auquel elle est confrontée est en revanche nettement plus inhabituel dans les fables, puisqu’il s’agit d’un perroquet.
L’oiseau a été acquis récemment par le propriétaire du petit félin, et a donc été installé dans le foyer. Il commence à caqueter d’une manière que l’auteur qualifie de « plaisante » : la chatte s’approche alors, et lui demande de se présenter. Le perroquet lui explique qu’il vient d’être acheté par le maître des lieux. La chatte s’offusque alors que, malgré son statut de nouveau venu, il ait le toupet de crier, alors qu’elle, qui était dans la maison avant lui et même y vit le jour, se voit interdire d’adopter un tel comportement. Elle ajoute même que, s’il lui arrive malgré tout de le faire (un propos qui fait potentiellement référence aux cris désagréables et répétés que poussent les chattes quand elles sont en chaleur), ses maîtres s’énervent et la jettent dehors.
Le perroquet reste parfaitement calme et la remet poliment à sa place, en l’envoyant littéralement promener et en affirmant que sa voix à lui n’a rien d’agaçant - contrairement à la sienne.
Dans la morale qui suit, Ésope compare la chatte aux « critiques malveillants » qui prennent plaisir à faire des reproches aux autres.
Il convient de noter que cette histoire, contrairement à de nombreuses autres fables d’Ésope, n’a pas beaucoup inspiré la postérité : que ce soit avec le même titre ou un autre, on ne la retrouve pas chez les grands fabulistes des siècles suivants. En revanche, l’idée de donner au chat le rôle du vilain, comme dans les deux autres fables avec un chat de cet auteur, est largement reprise par ses successeurs.
Un homme, ayant acheté un perroquet, le laissa libre en sa maison. Le perroquet, qui était apprivoisé, sauta et se percha sur le foyer, et de là se mit à caqueter d’une manière plaisante. Une chatte, l’ayant vu, lui demanda qui il était et d’où il venait. Il répondit : « Le maître vient de m’acheter. — Et tu oses, bête effrontée entre toutes, reprit la chatte, tu oses, tout nouveau venu, pousser de pareils cris, tandis qu’à moi, née à la maison, les maîtres m’interdisent de crier ! et si parfois cela m’arrive, ils se fâchent et me jettent à la porte. — Va te promener, ma belle dame ; il n’y a pas de comparaison à faire entre nous ; ma voix n’agace pas les maîtres comme la tienne. »
Cette fable convient aux critiques malveillants toujours prêts à jeter le blâme sur les autres.





