
Même si les chats sont des animaux plutôt robustes et à l’espérance de vie assez longue par rapport à leur taille, ils peuvent tout à fait tomber malades, comme les chiens ou les humains. Certaines des pathologies qu’ils sont susceptibles de contracter sont peu graves et/ou guérissent spontanément ; d’autres en revanche s’avèrent davantage problématiques et/ou nécessitent une prise en charge adaptée.
Or, il n’est pas toujours évident de se rendre compte qu’un chat est malade : non seulement parce qu’il n’est pas en mesure d’exprimer clairement ce qu’il ressent, mais en plus parce que bien souvent il a le réflexe de chercher à dissimuler ses souffrances. Savoir reconnaître les indices qui montrent que quelque chose ne va pas est donc particulièrement utile pour pouvoir intervenir si nécessaire.
Quels sont donc les principaux signes qu’un chat est malade, et comment réagir ?
À l’instar de ce qu’on observe chez un humain, il existe un très grand nombre de symptômes possibles de maladies chez un chat, qui ne sont pas forcément tous faciles à détecter – a fortiori pour un œil non averti. Toutefois, certains sont communs à un grand nombre de maladies, et sont donc plus communs.
Voici dix qui sont particulièrement fréquents, et donc qu’il est important de savoir détecter.
Un symptôme très fréquent lorsqu’un chat est malade est que son comportement change de manière brutale et sans raison apparente.
Ainsi, il peut notamment sembler inhabituellement fatigué, manquer d’énergie, ne plus être intéressé par des activités qui d’habitude lui plaisent (par exemple jouer ou sortir), dormir anormalement longtemps ou au contraire avoir du mal à trouver le sommeil, se lécher en permanence ou à l’inverse ne plus faire sa toilette, devenir agressif… Même un changement qui peut sembler positif, comme le fait de se montrer plus câlin qu’à l’accoutumée, doit alerter car il est potentiellement causé par un problème de santé.
Toutefois, ces modifications de comportement sont souvent plus difficiles à détecter chez un chat que chez un chien par exemple, car il a davantage tendance à masquer ses faiblesses. Il faut donc se montrer d’autant plus attentif, et ne pas négliger quelque chose qui pourrait sembler léger et/ou anodin.
En général, un chat est moins gourmand qu’un chien. Il est même enclin à s’avérer un peu difficile avec la nourriture.
Il est néanmoins supposé manger sa pitance avec plaisir. Par conséquent, s’il semble soudainement ne plus avoir d’appétit ou délaisse largement sa gamelle, c’est potentiellement le signe que quelque chose ne va pas – a fortiori si la situation se prolonge plus d’une journée. En effet, un grand nombre de problèmes de santé peuvent provoquer notamment une perte d’appétit : une indigestion, une intoxication alimentaire, une occlusion intestinale, de la fièvre…
Pour autant, s’il se jette sur sa gamelle et dévore sa pitance en quelques instants, ce n’est pas non plus bon signe : cela reflète au mieux un stress important, au pire un problème de santé (par exemple une carence nutritionnelle ou une hyperthyroïdie).
En résumé, tout changement brutal d’appétit dans un sens ou dans l’autre doit alerter.
Hormis dans quelques phases particulières de la vie, comme la croissance ou la gestation, le poids d’un chat est censé être à peu près stable : le plus souvent entre 3 et 5 kilos à l’âge adulte, en fonction notamment de sa race et de sa morphologie.
Par conséquent, un changement de poids soudain doit immédiatement alerter, car il est bien souvent le signe d’un problème sérieux. Par exemple, l’hyperthyroïdie est une cause courante d’amaigrissement brutal alors même que l’appétit est constant voire augmente. En outre, même des maladies à première vue sans rapport (notamment d’ordre cardiaque) peuvent causer une perte de poids inexpliquée.
Une perte de poids rapide doit donc inquiéter, mais il en va de même pour une augmentation rapide : elle aussi est susceptible de résulter d’un problème sérieux – par exemple un dérèglement hormonal.
Ainsi, observer son appétit ne suffit pas : il faut aussi surveiller le poids de son chat en le pesant régulièrement. Cela permet de détecter rapidement un changement anormal, et de se rendre le cas échéant chez un vétérinaire.
De nombreux problèmes de santé sont susceptibles de se traduire par des troubles digestifs : maux de ventre, ballonnements, vomissements, ventre gonflé, selles molles ou malodorantes, diarrhée, flatulences, constipation...
Le plus souvent, ces symptômes sont le fait d’un problème ponctuel et sans gravité, par exemple une indigestion ou une gastro-entérite. Ils disparaissent alors d’eux-mêmes au bout de quelques heures, voire quelques jours.
Ils peuvent toutefois être le fait d’un problème plus sérieux : une gastrite, une intoxication, une insolation, une insuffisance rénale… Une prise en charge adaptée est alors nécessaire.
Par conséquent, mieux vaut se tourner vers un vétérinaire sans trop attendre dès lors qu’un chat souffre de problèmes digestifs pendant plus de 24 heures, si son état semble inquiétant, ou si la situation se répète régulièrement sans raison apparente.
Un chat fait sa toilette plusieurs fois par jour : c’est pour lui un moyen de nettoyer son pelage et de le remettre en bon état, mais aussi de se rassurer, car le léchage de la peau favorise la sécrétion d’endorphines (des hormones qui ont un effet anti-stress).
S’il se met à le faire bien plus souvent que d’habitude, cela pourrait être le signe d’un problème de santé : par exemple une allergie ou une maladie de peau qui le conduit à se laver souvent pour tenter de se soulager. Le stress est également une cause fréquente de léchage excessif.
Quelle que soit son origine exacte, ce comportement est problématique, d’autant qu’il peut aller jusqu’à causer une perte de poils sur la zone en question.
À l’inverse, il n’est pas normal non plus qu’un chat fasse moins souvent sa toilette, voire cesse totalement de la faire. Bien souvent, cela s’explique par des douleurs articulaires (dues par exemple à de l’arthrose) ou une dépression.
En temps normal, un chat n’est pas censé souffrir de problèmes respiratoires : sa respiration doit être régulière, silencieuse et ne pas nécessiter d’effort particulier.
Pour cette raison, tout anomalie à ce niveau (de vives quintes de toux, une respiration sifflante, un essoufflement en cas d’effort voire au repos, des râles…) doit immédiatement alerter, d’autant qu’il y a potentiellement urgence. En effet, elle peut être le fait par exemple d’une pneumonie, d’une crise d’asthme, ou encore d’un étouffement lié à l’ingestion d’un corps étranger.
Il convient aussi de souligner que des halètements ne sont pas particulièrement inquiétants chez un chien, mais ils le sont en revanche chez un chat. En effet, ils ne surviennent généralement qu’en cas de problème majeur - par exemple un coup de chaleur.
Dès lors qu’un petit félin a du mal à respirer ou émet des halètements, il faut se tourner sans attendre vers un vétérinaire, car la situation est potentiellement grave ou risque de le devenir rapidement - voire sa vie est en jeu.
Un chat en bonne santé est censé uriner deux à quatre fois par jour en moyenne. Le nombre exact de ses mictions dépend de divers facteurs : la quantité d’eau qu’il boit, la température extérieure, le type d’aliments qu’on lui donne (croquettes ou pâtées)...
Divers problèmes de santé peuvent réduire cette fréquence, voire l’amener à ne plus du tout faire pipi. Parmi les plus courants figurent différents troubles de la vessie ou des reins : calcul rénal, infection urinaire, insuffisance rénale...
De telles affections sont souvent douloureuses, même si elles ne sont pas forcément très graves. Par ailleurs, elles peuvent rapidement dégénérer si elles ne sont pas pris en charge rapidement.
Par conséquent, dès lors qu’un chat semble uriner moins qu’à l’accoutumée – voire plus du tout -, il ne faut pas attendre pour se rendre chez un vétérinaire. Une opération chirurgicale peut alors éventuellement s’avérer nécessaire : il en va ainsi notamment en cas de calcul.
La température corporelle normale d’un chat se situe entre 38 et 39°C. Toutefois, comme pour un humain, il peut arriver qu’il ait de la fièvre.
Cela se produit couramment en cas d’infection, notamment bactérienne ou virale. La fièvre est en effet un mécanisme de défense de l’organisme pour améliorer l’efficacité des défenses immunitaires et limiter la multiplication des microbes. Elle peut toutefois avoir aussi de nombreuses autres origines : par exemple une maladie auto-immune ou bien une tumeur.
Pour savoir si un chat a de la fièvre, le mieux est de prendre sa température au niveau de son anus à l’aide d’un thermomètre rectal : c’est bien plus fiable que de toucher son nez, ou même son front comme on le fait pour un humain.
Si sa température corporelle se situe au-delà de 38 à 39°C, il est probable qu’il soit souffrant et nécessite une prise en charge vétérinaire.
Cela dit, une température anormalement basse doit également alerter, même si c’est un symptôme bien plus rare que la fièvre. Il peut là aussi s’agir d’une infection, mais d’autres causes sont également possibles – notamment une hémorragie interne ou une intoxication.
Contrairement à un humain ou un chien, un chat montre rarement ses souffrances de manière spectaculaire : au contraire, il a plutôt tendance à les cacher. Ce comportement s’explique notamment par une volonté de se protéger de ses prédateurs : montrer ses faiblesses risquerait de faire de lui une cible privilégiée pour d’autres carnivores.
Toutefois, lorsqu’un petit félin souffre, il demeure généralement possible de s’en rendre compte en prêtant attention à sa façon de se mouvoir. En effet, il est alors susceptible de :
Cela peut être le fait d’un problème passager (par exemple une coupure au niveau des coussinets) mais aussi refléter quelque chose de plus grave, comme une fracture ou de l’arthrose.
On peut tenter d’examiner l’animal pour essayer d’identifier ce qui ne va pas : cela peut permettre éventuellement d’y remédier soi-même si c’est possible, ou au contraire de se tourner sans tarder vers un vétérinaire s’il semble y avoir urgence. En tout cas, il est crucial d’agir délicatement pour ne pas risquer de lui faire mal. S’il gronde, miaule ou réagit vivement lorsqu’on le touche à certains endroits, il est préférable de ne pas insister et de se rendre directement chez un professionnel de santé.
Un chat dort beaucoup plus qu’un humain. C’est particulièrement vrai au cours des premiers mois de sa vie : il consacre alors à cette activité jusqu’à 20 heures par jour. Néanmoins, même une fois adulte, il lui faut encore en moyenne environ 16 heures de sommeil par jour.
Toutefois, s’il se montre léthargique en permanence ou s’il semble avoir du mal à se réveiller, c’est probablement le signe que quelque chose ne va pas. En effet, le sommeil d’un chat est beaucoup plus léger que celui d’un humain : il doit donc se réveiller assez facilement lorsque par exemple on s’approche de lui, mais aussi se montrer rapidement alerte et actif une fois réveillé.
Cela dit, l’inverse existe également : même si c’est moins courant que chez un humain, un petit félin peut aussi avoir du mal à dormir, voire carrément souffrir d’insomnie. C’est le plus souvent un stress chronique qui est alors en cause, mais d’autres explications sont possibles - notamment une douleur causée par de l’arthrose ou de l’arthrite.
Même si on détecte des symptômes laissant penser qu’un chat est malade ou souffrant, il n’est pas forcément nécessaire de s’inquiéter outre mesure et de se rendre chez un vétérinaire toutes affaires cessantes. En effet, comme pour un humain, beaucoup de problèmes courants sont en fait relativement bénins et passagers.
Pour autant, il ne faut pas perdre de vue qu’un petit félin qui va mal a spontanément tendance à masquer son mal-être ou sa douleur : lorsqu’on se rend compte qu’il y a un problème, sa santé peut déjà être bien dégradée.
Ainsi, une consultation en urgence s’impose dans les cas suivants :
Dans les autres cas, si les symptômes ne sont pas trop préoccupants et s’il n’a pas l’air en trop mauvais état, on peut tenter dans un premier temps d’attendre un peu, pour voir si la situation s’améliore d’elle-même. Cela dit, que ce soit pour confirmer qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter ou en cas de doute, il ne faut pas hésiter à appeler un vétérinaire et lui décrire les symptômes.
Si ces derniers perdurent quelques jours ou si l’état de l’animal se dégrade, mieux vaut alors se rendre dans une clinique sans attendre : cela permet qu’un diagnostic précis soit posé, et au besoin qu’un traitement soit mis en place. Pour peu qu’on ait pris soin de souscrire une assurance ou mutuelle pour chat, tout ou partie des dépenses correspondantes sont alors susceptible d’être prises en charge : tout dépend du problème de santé en question, ainsi que des conditions exactes du contrat.
S’occuper correctement d’un chat malade augmente les chances qu’il guérisse rapidement.
En premier lieu, cela suppose évidemment de suivre scrupuleusement les préconisations du vétérinaire, et notamment le traitement éventuellement prescrit.
Il est également important de redoubler d’attention et de vigilance à son égard. Ce qu’il convient de faire exactement dépend bien sûr du problème dont il souffre, mais généralement il est notamment recommandé de :
Ces conseils sont le plus souvent pertinents, mais ils peuvent dans certains cas s’avérer contreproductifs, en fonction de ce dont l’animal souffre. En tout état de cause, ce sont bien entendu les consignes du vétérinaire qui doivent primer.
Enfin, si la situation ne semble pas s’améliorer au bout de quelques jours voire semble se dégrader, mieux vaut recontacter rapidement ce dernier, et ne surtout pas prendre d’initiative. En particulier, il ne faut jamais lui administrer un médicament destiné à une autre espèce (les humains, les chiens…) sans y avoir été invité par un professionnel de santé : on risquerait ce faisant de le rendre encore plus malade, voire de le tuer.
Il est normal qu'un chat soit malade de temps à autre. Toutefois, même si ce dont il souffre est grave, on ne s’en rend pas forcément compte facilement, étant donné qu’il a tendance à cacher ses douleurs et ses faiblesses.
Il est donc utile de savoir reconnaître les principaux symptômes de maladie qu’un petit félin est susceptible de présenter : de la fièvre, un changement d'appétit ou de comportement, une prise ou une perte de poids inexpliquée, des difficultés à se déplacer ou à respirer... Plus un problème est décelé tôt et donc pris en charge rapidement, plus on évite à l’intéressé de souffrir inutilement, et plus on augmente ses chances de guérison rapide.
Cela dit, l’idéal est évidemment d’éviter que la situation ne se présente : miser sur la prévention permet de garder son chat en bonne santé le plus longtemps possible en lui évitant toutes sortes de problèmes. Cela suppose notamment de bien le nourrir, de le faire vacciner, de le faire stériliser si on ne souhaite pas qu’il se reproduise, de régulièrement le vermifuger et le traiter contre les parasites externes (puces, tiques…), mais aussi de l’emmener au moins une fois par an chez le vétérinaire pour une visite de routine.
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