Le glaucome chez le chat

Le glaucome chez le chat

Le glaucome est une maladie oculaire dégénérative qui affecte principalement les chats âgés, mais pas uniquement. Il ne doit pas être pris à la légère, car il peut avoir des conséquences irréversibles sur la vue et même rendre l’animal aveugle.


Comment le glaucome se manifeste-t-il chez le chat ? Quelles sont les causes de cette maladie ? Existe-t-il des traitements contre le glaucome, voire un moyen de prévenir son apparition chez le chat ?

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Qu’est-ce-que le glaucome ?

Qu’est-ce-que le glaucome ?

Le glaucome est une pathologie qui augmente progressivement la tension oculaire, c’est-à-dire la pression à l’intérieur de l’oeil. Il peut affecter un seul œil ou les deux, et entraîne à terme une dégénérescence du nerf optique ainsi que de la cornée.

 

L’œil produit naturellement un fluide intraoculaire que l’on appelle humeur aqueuse et qui a pour fonction de le lubrifier et de le protéger : sans ce liquide, il serait très vulnérable aux impuretés et aux micro-organismes, qui provoqueraient de nombreuses irritations et lésions. L’humeur aqueuse contribue aussi à maintenir la pression intra-oculaire et la forme de l’œil.

 

Dans un œil sain, il existe un mécanisme d'hydratation et de drainage qui constitue un système circulatoire : la sécrétion aqueuse est expulsée par la pupille, puis est redirigée vers les canaux de drainage et dans la circulation sanguine afin d’être évacuée.

 

Mais dans certains cas, les conduits de drainage sont obstrués ; le liquide ne pouvant être évacué, il s’accumule et exerce une pression importante sur le nerf optique, qui finit par être endommagé et donc par compromettre la vision. C’est ce phénomène que l’on appelle le glaucome.

 

Cette maladie existe aussi bien chez le chat que chez d’autres animaux, comme le chien ou l’Homme. Elle n’est cependant pas contagieuse, que ce soit au sein d’une même espèce ou d’une espèce à l’autre.

 

Par ailleurs, le glaucome félin est beaucoup plus rare que le canin ou l’humain. En effet, dans l’édition 2007 de son ouvrage de référence Veterinary Ophtamology, le chercheur Kirk Gelatt indique que seuls 0,3 à 0,9% des chats seraient concernés, contre 1,7% des chiens et autant chez les Hommes.

Les différents types de glaucome

Il existe différents types de glaucomes chez le chat :

Le glaucome congénital

Le glaucome congénital

Relativement rare chez le chat, le glaucome congénital est présent dès la naissance, comme son nom l’indique. Les signes cliniques apparaissent à l’âge de 3 à 6 mois, et peuvent affecter un seul œil ou les deux. Selon une étude de 2016 intitulée « A Mutation in LTBP2 Causes Congenital Glaucoma in Domestic Cats » et parue dans la revue scientifique PLOS One, il serait dû à une mutation génétique. Il peut être héréditaire (il faut alors que les deux parents soient porteurs de l’anomalie), mais il peut aussi survenir en l’absence d’antécédents familiaux, la mutation génétique se produisant alors pendant la gestation.

Le glaucome primaire

Le glaucome primaire

Le glaucome primaire est lui aussi génétique, et uniquement héréditaire.

 

Les symptômes apparaissent de façon brutale à partir de l’âge de 5 ans en moyenne, et la maladie affecte nécessairement les deux yeux. Toutefois, ils peuvent ne pas se déclarer simultanément sur chacun ; le cas échéant, le deuxième œil est généralement affecté dans les 6 mois à 12 mois suivants le premier.

 

Le glaucome primaire est lui aussi rare chez le chat, mais une prédisposition génétique existe chez certaines races comme le Siamois, le Persan et le Birman.

Le glaucome secondaire

Le glaucome secondaire

Le glaucome secondaire est le type de glaucome félin le plus fréquent, puisqu’il représenterait environ 95% des cas. À titre de comparaison, il ne concernerait qu’un cas sur deux en moyenne chez le chien.

 

Il résulte généralement d’une maladie de l'œil du chat déjà existante qui perturbe la circulation et l'évacuation de l'humeur aqueuse.

 

Il peut s’agir de :

  • une uvéite, c’est-à-dire une inflammation de l’uvée, qui est l’enveloppe interne de l’œil. C’est la cause la plus courante de glaucome secondaire chez le petit félin ;
  • un décollement de la rétine, lorsqu’un détachement se produit entre les deux feuillets composant la rétine de l’œil. Certaines races, à l’instar du Persan, ont une prédisposition génétique. En dehors de ce cas, l’hypertension artérielle est la cause la plus fréquente de cette affection ;
  • une cataracte, qui est le résultat d'une altération de la structure des cristallines, les protéines formant les fibres du cristallin ;
  • une tumeur oculaire, comme un mélanome de l’iris ;
  • un traumatisme physique dans l’œil, c’est-à-dire une lésion causée par exemple par un coup de griffe ou par un corps étranger (épillet...).

 

En dehors du cas d’une maladie préexistante, le vieillissement du chat est également une cause majeure d’apparition du glaucome secondaire ; d’ailleurs, cette affection touche essentiellement les chats âgés.

 

Dans tous les cas, le glaucome secondaire est une maladie silencieuse, car il faut un certain temps avant que symptômes ne soient visibles par le maître. Il est donc important de savoir reconnaître les signes de cette pathologie afin de ne pas passer à côté.

Les symptômes du glaucome chez le chat

Les symptômes du glaucome chez le chat

Les premiers symptômes du glaucome du chat sont peu spécifiques et ressemblent à ceux d’autres maladies, comme la conjonctivite, la cataracte ou encore la sclérose nucléaire. C’est d’ailleurs ce qui le rend difficile à reconnaître et à identifier par le propriétaire de l’animal malade.

 

Ainsi, il se manifeste classiquement par :

  • une dilatation de la pupille et une sensibilité à la lumière ;
  • une augmentation du volume de l’œil ;
  • un œdème généralisé de la cornée : cette dernière perd alors sa transparence et prend une coloration blanche, souvent bleutée ;
  • une douleur associée à une rougeur de l’œil : le chat a tendance à se gratter et se frotter l’œil avec sa patte ;
  • une diminution de la vue, allant inexorablement jusqu’à la cécité : la vision devient brouillée, elle peut être tubulaire (c’est-à-dire que le champ de vision est réduit à un tube) et présenter des taches sombres. La baisse de la vue est plutôt soudaine dans le cas d’un glaucome primaire, et plus progressive (parfois sur plusieurs années) dans les autres cas. Cette dégradation de sa vision fait que le chat est désorienté et a tendance à se cogner contre les meubles.

 

 

Lorsque le glaucome apparaît très brutalement (comme c’est le cas avec la forme primaire) ainsi que dans les stades avancés de la maladie, l'affection est très douloureuse et entraîne une fermeture des paupières, des larmoiements, une rougeur de l’œil ainsi qu’un reflet flou et/ou bleuté sur la cornée.

 

Le glaucome a aussi un impact sur le comportement de l’animal, puisqu’on constate une perte d’appétit, un refus des contacts sur la tête ou près des yeux, une désorientation, ou encore un évitement des membres habituels du foyer et des autres animaux, par peur de se cogner et de se blesser à cause de sa vue défaillante. Cette même peur peut même finir par le conduire à limiter ses déplacements quels qu’ils soient.

 

Il est donc important d'être toujours attentif au comportement de son chat afin de remarquer rapidement tout changement, car il a de grandes chances d’être le reflet d’un problème de santé. Dans le cas d’un glaucome, une prise en charge rapide est indispensable pour ralentir sa progression et limiter les dommages irréversibles de la vue.

Le diagnostic du glaucome du chat

Le diagnostic du glaucome du chat

Dès les premiers signes laissant suspecter un glaucome ou en cas d’aspect inhabituel de l’œil, il est conseillé de se rendre rapidement chez le vétérinaire.

 

Le praticien observe l’aspect général des yeux du chat, et plus particulièrement le fond du globe oculaire. Il peut aussi poser des questions au maître à propos du comportement de l’animal au sein du foyer : par exemple, il peut demander s’il se déplace avec fluidité ou s’il est au contraire plus hésitant et se cogne souvent contre les meubles.

 

Après avoir administré au chat un collyre anesthésiant, c’est-à-dire un liquide que l’on verse sur la cornée pour provoquer une analgésie, le praticien mesure la pression intra-oculaire à l’aide d’un petit appareil appelé tonomètre. C’est le moyen le plus efficace de diagnostiquer le glaucome et d’en déterminer la gravité. Toutefois, pour que la mesure soit fiable, elle doit nécessairement être réalisée dans des conditions particulières : le chat doit être immobile, la tête penchée en arrière et la paupière ouverte, ce qui explique que l’emploi d’un sédatif n’est pas optionnel.

 

Une échographie oculaire est parfois réalisée afin d’observer l’état de l’humeur vitrée (c’est-à-dire la partie blanche de l’œil) et d’examiner le flux de l’humeur aqueuse, qui est le liquide dont la bonne circulation maintient la pression intra-oculaire stable.

Le traitement du glaucome chez le chat

La stabilisation de la pression oculaire

La stabilisation de la pression oculaire

Une fois le diagnostic posé, le vétérinaire met en place un traitement médical visant à ralentir voire éviter l’apparition de lésions irréversibles, en rétablissant rapidement une pression normale dans l’œil.

 

Le traitement local consiste en l’application immédiate et la prescription par le vétérinaire de collyres (des gouttes à verser dans l’œil). Parfois, un traitement médicamenteux complémentaire est proposé : il prend la forme de comprimés à action hypotensive qui sont à inclure dans la gamelle du chat.

 

Tous ces soins sont à administrer durant toute la vie du chat pour ralentir la progression du glaucome du mieux possible : ils sont simplement revus et adaptés par le vétérinaire à intervalles réguliers en fonction de l’évolution des symptômes. Un suivi régulier est donc nécessaire, quel que soit le cas de figure.

 

Si la maladie est très avancée, une hospitalisation peut être nécessaire. Le principe reste globalement le même que pour le traitement standard : il s’agit de faire baisser la pression oculaire, mais cette fois de manière drastique, en ayant recours non seulement à des collyres hypotenseurs et des médicaments, mais aussi à des perfusions.

 

Dès lors que l’affection est douloureuse pour le chat, des anti-inflammatoires ou des analgésiques sont également utilisés pour soulager la douleur et la sensibilité des yeux.

 

Bien entendu, si une maladie sous-jacente est diagnostiquée, son traitement doit également être inclus dans la stratégie thérapeutique. Toutefois, même si elle finit effectivement par être soignée, le glaucome lui ne disparaît pas pour autant : son traitement doit donc être poursuivi.

 

Enfin, dans le cas où le chat souffre d’un glaucome primaire, les deux yeux sont nécessairement atteints, mais pas toujours en même temps. Si les symptômes ne se déclarent d’abord que sur un seul œil, le second est lui aussi traité afin de retarder le plus possible l’apparition de l’affection. Avec un traitement adapté, il est généralement possible de retarder de 2 ans en moyenne l’apparition des symptômes sur l’œil sain avec, c’est-à-dire qu’ils apparaissent autour de 30 à 36 mois après ceux sur le premier, au lieu de 6 à 12 mois plus tard.

L’opération du glaucome

L’opération du glaucome

Une fois la pression oculaire stabilisée grâce aux médicaments hypotenseurs, il peut être nécessaire d’envisager une chirurgie, car le traitement médical à long terme est souvent insuffisant pour régler le problème. En effet, contrairement à ce qui est observé chez l’Homme, l’effet de ces substances n’est pas durable dans le temps chez le chat. L’opération permet de stopper ou du moins de ralentir fortement l’évolution du glaucome en empêchant le liquide de s’accumuler dans l’œil.

 

Trois types d’interventions chirurgicales sont possibles, qui sont toutes réalisées sous anesthésie générale :

  • la destruction totale ou partielle des corps ciliaires, dans le but de diminuer voire stopper la production de l’humeur aqueuse. Elle peut être effectuée :
    • par le froid (cryothérapie) : une sonde est placée à l’extérieur de l’œil pour détruire les corps ciliaires ;
    • par le laser : l’extrémité de la sonde est positionnée sur la conjonctive, et l’énergie produite détruit les corps ciliaires. Cette technique est utilisée essentiellement pour les animaux présentant un glaucome d’apparition récente. Elle est moins agressive pour les tissus avoisinants que la cryothérapie.
  • une injection de corticoïdes et de collyres sous la conjonctive afin de diminuer l’inflammation oculaire, et ainsi baisser la pression intra-oculaire. Elle est proposée dans le cas d’un glaucome secondaire consécutif à une uvéite ;
  • le placement d’un shunt de drainage, qui consiste à implanter une valve dans les espaces de filtration afin de faciliter la circulation de l’humeur aqueuse et ainsi diminuer la tension interne de l’œil.

 

La stratégie thérapeutique est définie en fonction des résultats de l’évaluation ophtalmologique et des réponses aux premiers traitements prodigués. Dans de rares cas, l’opération peut entraîner des complications : hémorragie, infection ou encore diminution de la vision. Ce n’est donc pas une intervention anodine.

L’énucléation suite à la perte de la vue

L’énucléation suite à la perte de la vue

Même si la perte de la vision peut être retardée et la douleur en partie contenue grâce à un traitement médical et/ou chirurgical, le glaucome reste une maladie incurable : la vision du chat se dégrade souvent jusqu’à la cécité et entraîne à partir d’un certain stade des douleurs importantes, malgré les médicaments.

 

A ce moment-là, la vue du chat est déjà fortement dégradée, ce qui peut conduire le vétérinaire à proposer une énucléation, c’est-à-dire le retrait chirurgical de l’œil atteint, afin de faire cesser les douleurs. La plupart des chats apprennent, avec le temps, à bien compenser leur œil manquant (voire la perte totale de la vue lorsque les deux yeux sont concernés) avec leurs sens restants. À la suite de l’opération, la paupière est souvent cousue pour éviter les infections, mais il existe aussi des prothèses oculaires pour chat qui peuvent être utilisées pour des raisons esthétiques. Leur intérêt se situe uniquement du côté du maître, car pour l’animal cela ne change rien – à part peut-être la manière dont les humains le regardent.

Le coût du traitement du glaucome chez le chat

Le coût du traitement du glaucome chez le chat

Le coût du traitement médical et chirurgical du glaucome est onéreux, puisqu’il représente au total souvent plusieurs milliers d’euros, s’étalent sur plusieurs années de soins.

 

Le traitement du glaucome secondaire est généralement couvert par l’assurance santé du chat si elle a été souscrite avant l’apparition de la maladie ou du problème sous-jacent. En revanche, les maladies génétiques étant généralement exclues des contrats, le traitement du glaucome congénital et du glaucome primaire n’est souvent pas pris en charge par les mutuelles pour animaux.

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La prévention du glaucome du chat

La prévention du glaucome du chat

Dans la mesure où le glaucome est une maladie incurable, mettre l’accent sur sa prévention est un excellent investissement dans tous les sens du terme.

 

Etant donné qu’il résulte souvent de complications de pathologies déjà existantes (glaucome secondaire), il est important de vérifier les yeux de son chat une moins une fois par semaine afin de déceler rapidement toute anomalie et de réagir sans attendre. Une attention toute particulière doit être apportée aux chats âgés, qui sont les principaux concernés, ainsi qu’à ceux qui sont prédisposés génétiquement.

 

Par ailleurs, il est essentiel de fournir à son animal tout au long de sa vie une alimentation équilibrée et de qualité, afin qu’elle lui apporte tous les nutriments nécessaires à la santé de ses yeux.

 

Quant aux glaucomes primaires et congénitaux, leur caractère héréditaire implique qu’avant d’adopter un chat, il est préférable de se renseigner au sujet des éventuels antécédents médicaux de ses parents. Cela étant, dans le cas de la forme congénitale, la mutation génétique à l’origine de la maladie peut apparaître spontanément pendant le développement prénatal du chaton, si bien qu’une absence d’antécédents familiaux ne garantit en aucun cas un risque zéro.

 

Quoi qu’il en soit, il convient de garder en tête que le glaucome ne se manifeste que discrètement à ses débuts, alors qu’il gagne à être pris en charge au plus tôt. Par conséquent, toute anomalie physique au niveau de l’œil ou changement de comportement pouvant résulter d’une baisse de vision doit faire l’objet d’une consultation immédiate chez un vétérinaire afin d’y voir plus clair.

Le mot de la fin

Le glaucome étant un facteur important de cécité chez le chat, il est important d’être attentif à tout changement physique et/ou comportemental de son animal, afin de se tourner vers le vétérinaire au moindre doute. Si cette maladie est effectivement diagnostiquée, un traitement approprié est essentiel pour ralentir sa progression et stabiliser la pression intraoculaire.

 

Une fois que c’est le cas, une intervention chirurgicale sous anesthésie générale est souvent pratiquée afin de réduire considérablement les symptômes.

 

Il peut arriver toutefois un moment où la chose la plus raisonnable à faire est de soulager les douleurs de l’animal en lui retirant l’œil ou les yeux atteint(s). C’est d’autant plus une solution du moindre mal qu’un chat s’habitue beaucoup plus facilement qu’un humain à vivre avec un œil en moins, voire les deux.

Dernière modification : 09/19/2020.
Reproduction interdite sans autorisation.
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