Identification du chat : puce électronique et tatouage

Identification du chat : puce électronique et tatouage

En France, tout propriétaire doit identifier son chat, qu'il ait été obtenu à titre onéreux ou gratuitement. L'identification des chats peut se faire par puce électronique ou par tatouage, voire les deux à la fois.


Méconnue de certains propriétaires, cette obligation légale s'avère pourtant indispensable dans bien des situations, comme mettre son chat en pension ou partir à l'étranger avec son chat. En outre, elle peut s'avérer salvatrice pour un chat perdu.

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L'identification obligatoire pour les chiens et les chats

En France, les modalités exactes d'identification des chiens et des chats sont définies par l'arrêté du 2 juillet 2001 relatif à l'identification des carnivores domestiques par radiofréquence. Ce dernier vient dans le prolongement de la loi n° 99-5 du 6 janvier 1999 relative aux animaux dangereux et errants, et à la protection des animaux : cette dernière, dans son Article 12, stipule que les chiens et les chats doivent être identifiés préalablement à toute cession, qu'elle soit effectuée à titre onéreux ou gratuitement.

Ledit article 12 de la loi n° 99-5 du 6 Janvier 1999 stipule également qu'en dehors même de toute cession, tout chien âgé de plus de 4 mois doit être identifié.

 

Pour les chats, la proposition de « simplification et d'adaptation du droit », votée par l'Assemblée nationale en février 2011, a rendu obligatoire leur identification depuis le 1er janvier 2012. Ainsi, tous les chats nés après le 1er janvier 2012 et âgés de plus de 7 mois doivent donc être identifiés.

 

Malheureusement, si au moins les trois quarts des propriétaires de chiens savent que l'identification de leur compagnon à quatre pattes est obligatoire, seulement la moitié des maîtres de chats en ont conscience. En France, d'après une étude menée par TNS SOFRES pour l'I-CAD en septembre 2016, 88% des 7 millions de chiens sont identifiés, contre à peine 46% des 13 millions de chats. L'écart entre ces pourcentages est conséquent, au vu du fait que l'obligation d'identification s'applique aux deux espèces.

 

« Les chiens de race et les chats de race sont systématiquement identifiés, alors que les races communes, et notamment les « rencontres de carrefour », le sont beaucoup moins », observe Alain Quiqueré, vétérinaire à Troyes.

Les moyens d'identification d'un chien ou d'un chat

De nos jours, la puce électronique (ou transpondeur) remplace de plus en plus le tatouage. La tendance ne date pas d'hier : ainsi, entre 2007 et 2011, le nombre d'identifications annuelles de chiens par tatouage a diminué d'environ 150.000, alors que celui des identifications par puce électronique a progressé d'environ 160.000. Parmi les animaux identifiés en 2015, 90% des chiens l'ont été par puce, contre 10% par tatouage. Les chats ne sont pas en reste : la même année, 67% d'entre eux l'ont été par puce, contre 33% par tatouage. On considère d'ailleurs qu'à terme, la puce électronique remplacera le tatouage.

Le tatouage

Le tatouage est un marquage indélébile de la peau de l'animal par une série de chiffres et de lettres enregistrées au fichier national, au niveau de l'oreille (face interne oreille droite ou gauche) ou de la cuisse (droite ou gauche). Il existe deux méthodes de tatouage : le tatouage à la pince et au dermographe. 

 

La méthode du tatouage à la pince est une méthode assez barbare, puisqu'elle consiste à écraser l'oreille de l'animal entre les deux mors d'une pince, dont un côté est hérissé d'aiguilles, permettant ainsi de tatouer les chiffres et les lettres sur la peau de la bête. Cette méthode se pratique souvent à vif et sans anesthésie pour l'animal. En France, c'est une méthode très encadrée par la réglementation, et qui ne peut être pratiquée que par des tatoueurs habilités par les services de la Direction Départementale de la Protection des Populations. Ce sont souvent les éleveurs de chiens ou de lapins qui tatouent encore leurs animaux à la pince. 

 

Le tatouage au dermographe est une méthode identique à celle utilisée pour les tatouages sur les êtres humains. Elle peut être pratiquée par un vétérinaire, souvent lors de la stérilisation ou de la castration de l'animal, et se fait sous anesthésie générale afin qu'il ne souffre pas.

 

L'avantage du tatouage est qu'il peut être directement visible par quiconque. Ainsi, par exemple, le numéro figurant sur le tatouage d'un chien ou d'un chat trouvé permet à un vétérinaire ou à un refuge animalier de rapidement trouver les coordonnées du propriétaire de l'animal via le fichier national d'identification des carnivores domestiques, géré par l'I-CAD.

 

Pour autant, le tatouage a plusieurs inconvénients. Le premier, c'est qu'il est douloureux pour l'animal, et nécessite de ce fait une anesthésie générale. En outre, il tend à s'effacer ou devenir illisible avec les années. Enfin, il ne permet pas de voyager avec un chat dans un autre pays européen ou d'emmener son chien dans un autre pays de l'Union Européenne. En effet, depuis 2011, les animaux de compagnie voyageant dans l'Union Européenne doivent être pucés.

 

Pour terminer, le tatouage étant plus aisé à falsifier que la puce électronique, il peut être une source indirecte de maltraitance. En effet, certains trafiquants ou voleurs d'animaux n'hésitent pas à leur brûler l'intérieur de l'oreille avant la revente, de façon à effacer leur tatouage. Certains vont même jusqu'à la leur couper, si l'animal n'est destiné qu'à la reproduction.

La puce électronique

La puce électronique, ou transpondeur, est une pièce (comme une gélule) de 1 mm de diamètre et 4 mm de long, étanche et biocompatible, qui se glisse sous la jugulaire gauche de l'animal. Arrivée en France en 2002, elle est dépourvue de tout système électrique ou magnétique, et ne présente aucun danger pour ce dernier. Étant située sous la peau, la puce électronique est complètement invisible, et ne pose donc aucun problème esthétique. En outre, cela la rend impossible à falsifier ou retirer, et lui offre une durée illimitée, puisqu'il n'y a pas de risque d'effacement.

 

Son implantation par un vétérinaire se fait en quelques secondes, et ne nécessite pas d'anesthésie pour le chien. En revanche, celle-ci peut être pratiquée pour les chats sensibles ou nerveux.

 

Le code de la puce est composé de 15 chiffres, comprenant entre autres le numéro d'identification du pays (250 pour la France), celui du type d'espèce animale (26 pour les espèces carnivores) et le numéro propre à l'individu. Le fichier constitué est mondial, ce qui fait qu'un animal pourra être identifié même à l'étranger, en cas de perte ou de vol.

 
En revanche, contrairement au tatouage qui a l'avantage d'être lisible assez facilement, la puce électronique nécessite un lecteur spécifique détenu par les vétérinaires ou certaines associations de protection des animaux pour être lue. Il déclenche la lecture du code à travers la peau et à une distance de quelques centimètres, sans manipulation de l'animal, ce qui peut être pratique dans le cas d'un individu peureux ou hostile. 

 

Ce dispositif est aujourd'hui obligatoire pour que les chats et les chiens puissent voyager en Europe, au même titre que le vaccin contre la rage canine ou contre la rage féline, ainsi qu'un passeport pour animaux de compagnie délivré par un vétérinaire. En effet, l'identification électronique est le seul moyen reconnu lors des échanges intracommunautaires de carnivores domestiques. Cette disposition a pris effet au 4 juillet 2011 et s'applique aux chiens, chats et furets identifiés à partir de cette date.

Quand l'identification d'un chat ou d'un chien est-elle demandée ?

Tout propriétaire souhaitant voyager en Europe avec son chien ou emmener son chat dans un autre pays d'Europe doit avoir fait identifier son animal par tatouage ou par puce. Il existe toutefois des exceptions, c'est-à-dire des pays n'acceptant que l'identification électronique par puce : c'est le cas de l'Irlande, de Malte et du Royaume-Uni.


Sans aller aussi loin, l'identification du chien ou du chat sera également exigée si l'animal est déposé en pension, ou encore si le maître souhaite le faire participer à des concours ou expositions de beauté.

 

En outre, les propriétaires de chiens de catégorie 1 et 2 dits dangereux, tels que définis par la loi de janvier 1999 relative aux animaux dangereux, doivent être à tout moment en mesure de fournir le justificatif de l'identification de l'animal en cas de contrôle.

De même, l'identification du chat ou du chien pourra être réclamée si le maître souhaite souscrire une assurance santé animale pour son compagnon à quatre pattes. Certaines assurances santé pour animaux accepteront toutefois qu'elle soit faite suite à la signature du contrat, surtout si cela concerne des jeunes animaux.

L'I-CAD, la société d'Identification des Carnivores Domestiques

En décembre 2001, le Syndicat National des Vétérinaires d'Exercices Libéral (SNVEL) créait la Société d'Identification Électronique Vétérinaire (SIEV), qui, par délégation de service public, regroupait sur un ficher les identifiants électroniques des carnivores domestiques (chat, chien et furet) et gérait le fichier national félin. 

 

En parallèle, la Société Centrale Canine (SCC) s'occupait, également par délégation de service public, du fichier national canin. 

 

En juillet 2012, la SCC et la SNVEL décident de s'unir au sein d'une même structure, la SIEV, qu'ils renomment I-CAD, Société d'Identification des Carnivores Domestiques. Ils obtiennent, à l'issue d'un appel à candidature lancé en juin 2012 par le Ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, la gestion du Fichier National des Identifications des Carnivores Domestiques, par délégation de service public. 

 

Ainsi, depuis le 1er janvier 2013, il n'existe en France plus qu'une seule base de données qui dispose des informations complètes concernant l'identification des chiens, chats et furets domestiques présents sur le territoire français, qu'ils soient identifiés par puce électronique et/ou tatouage. 

 

L'I-CAD est donc une base de données gratuite et sécurisée, qui se positionne comme l'interlocuteur fiable et incontournable pour l'ensemble des propriétaires de carnivores domestiques et des autres usagers.

 

Cette base de données gère ainsi depuis 2013 les documents attestant de l'identification des carnivores domestiques (à ce titre, elle a en charge l'édition et l'impression des cartes d'identification), ainsi que la traçabilité du numéro d'identification. En outre, l'I-CAD intervient aussi dans la recherche des animaux perdus. 

Mettre à jour la carte d'identification de son chien ou chat

En cas de perte d'un chien ou d'un chat, l'I-CAD peut joindre les propriétaires pour les prévenir lorsque celui-ci aura été retrouvé. Mais encore faut-il que leurs coordonnées soient à jour !

Mise à jour des coordonnées du propriétaire

Les changements de coordonnées transmis depuis le site Internet de l'I-CAD sont immédiatement pris en compte dans le fichier. Il suffit de se connecter sur le site, dans l'espace « Détenteur », à l'aide du numéro de puce ou de tatouage de l'animal et du mot de passe inscrit en haut à gauche sur la carte d'identification.

 

Il est également possible de contacter les conseillers I-CAD par e-mail ou par courrier pour demander la mise à jour des coordonnées, en prenant soin de rappeler le numéro d'identification de l'animal.

Changement de propriétaire

Lorsqu'un chien ou chat change de propriétaire, le vendeur ou donateur doit envoyer par courrier à l'I-CAD la partie B, ou la partie haute, de la carte d'identification de l'animal, afin de déclarer un changement de détenteur. Ce document doit être rempli avec les coordonnées du nouveau propriétaire. Les rubriques « Signature ancien maître / propriétaire » et « Signature nouveau maître / nouveau propriétaire » doivent obligatoirement être signées. Aucun changement de détenteur ne peut être fait par Internet.

Décès de l'animal

Suite au décès du chien ou décès du chat, la partie B de la carte d'identification doit être retournée à l'I-CAD après avoir inscrit la date du décès à l'emplacement prévu. Si le propriétaires a perdu la carte, le décès doit être signalé par courrier, en rappelant le numéro d'identification, la race, le sexe et la date du décès de l'animal.

 

Il peut également déclarer la mort de l'animal sur le site Internet de l'I-CAD, toujours dans l'espace « Détenteur », ou les contacter par e-mail.

Demande de duplicata

Un formulaire de demande de duplicata de la carte d'identification permet de demander à tout moment à l'I-CAD la réédition de la carte d'identification d'un chien ou chat. Il doit être rempli par un vétérinaire : les coordonnées du détenteur et les caractéristiques de l'animal y seront indiquées. 

Le mot de la fin

Il n'est pas exclu qu'à l'avenir, la puce électronique évolue afin, par exemple, de contenir d'autres types d'informations, comme celles concernant notamment la santé du chat (la puce atteste déjà de la validité du vaccin contre la rage féline).

Enfin, il existe dans le commerce des chatières pour chats et petits chiens dont l'ouverture se fait automatiquement par reconnaissance de cet implant.

Reproduction interdite sans autorisation.

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