
Alors que certains chats ont la chance de pouvoir mourir de vieillesse dans le confort de leur foyer, d'autres tombent gravement malades, se blessent de façon très handicapante, ou perdent considérablement en qualité de vie lorsqu'ils vieillissent.
Dans ce genre de situations, il peut être préférable d’euthanasier son chat afin de lui épargner un stress et/ou des souffrances inutiles.
Dans quels cas peut-on décider de le faire piquer, et combien cela coûte-t-il ? Peut-on s'en charger soi-même ? Voici quelques conseils pour faire face à cette décision difficile, ainsi que des informations sur la procédure d'euthanasie elle-même.
L'euthanasie est un procédé visant à provoquer le décès d'un individu de manière aussi rapide et douce que possible, le plus souvent dans le but de lui éviter de souffrir davantage parce qu'il est en mauvaise santé et sans aucun espoir d'amélioration. Elle consiste en l'administration d'un produit qui arrête les fonctions vitales en l'espace de quelques minutes.
À ce jour, l'euthanasie d'un humain n'est acceptée et légalisée que dans une poignée de pays à travers le monde. En revanche, l'euthanasie d'un animal de compagnie est bien plus pratiquée : elle est légale notamment en France, en Belgique, en Suisse et au Canada. Toutefois, elle doit être justifiée, c'est-à-dire qu'il doit y avoir une bonne raison d'abréger la vie de l'animal, faute de quoi l'euthanasie est juridiquement répréhensible.
Dans nombre de pays, notamment en France, en Belgique, en Suisse ou encore au Canada, il faut théoriquement avoir une bonne raison pour pouvoir euthanasier un chat : il doit être par exemple en très mauvaise santé, être en train de se laisser mourir, ou encore représenter un risque sanitaire.
Cela dit, il existe également ce que l'on appelle des euthanasies de convenance, c'est-à-dire qui sont pratiquées pour convenir au maître même s'il existe d'autres possibilités moins extrêmes.
En général, on prend la décision de faire euthanasier son chat parce que son état de santé est très dégradé, au point qu'il n'est plus en mesure de vivre correctement et/ou qu'il souffre beaucoup de sa situation.
Cela se traduit de diverses façons, en fonction des cas : par exemple, il peut ne plus réussir à se déplacer, avoir du mal à respirer, être très incontinent ou à l'inverse ne plus être capable de faire ses besoins, avoir des difficultés à se nourrir... De tels symptômes sont généralement le fait du vieillissement, d'une maladie (un cancer, une hyperthyroïdie, une pancréatite, une calicivirose...) et/ou d'un accident.
Si le chat se trouve dans cette situation et qu'aucun traitement n'est en mesure de le soulager, il est généralement conseillé de le faire euthanasier, pour éviter de le laisser souffrir davantage.
Parfois, le chat n'est pas forcément en mauvaise santé, mais il n'a plus vraiment envie de vivre, voire se laisse mourir. Cela peut se traduire par exemple par le fait qu'il n'a plus d'appétit, n'est plus intéressé par les jeux ou les caresses, ne fait plus sa toilette... Dans certains cas, il peut même ne plus reconnaître son entourage et/ou son environnement.
De tels cas de figure sont fréquents chez de très vieux chats : il s'agit en fait de la conséquence naturelle du vieillissement du cerveau. Ils peuvent toutefois aussi avoir d'autres origines, par exemple une sévère dépression, ou encore un AVC (accident vasculaire cérébral).
Quoi qu'il en soit, si jamais le petit félin ne semble plus avoir envie de vivre, et si on ne parvient pas à le stimuler à nouveau (que ce soit par un traitement ou par d'autres techniques), la question de le faire euthanasier peut alors se poser.
Dans de rares cas, un chat peut être euthanasié parce qu'il est porteur d'une maladie grave et contagieuse, ou parce qu'on le soupçonne fortement de l'être.
La rage est typiquement le type de maladie pouvant conduire à devoir euthanasier un chat, même si elle concerne davantage les chiens. Elle se transmet essentiellement par le biais d'une morsure, et s'avère à la fois mortelle et incurable : c'est pourquoi tout animal suspecté d'en être atteint est rapidement euthanasié, pour éviter qu'il ne contamine son entourage - d'autant qu'il est susceptible d'être contagieux avant même l'apparition des premiers symptômes...
Cela étant, la rage est devenue très rare dans de nombreux pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord. En conséquence, de telles euthanasies n'y sont plus très communes.
L'euthanasie est une solution permettant d’abréger les souffrances ou l’agonie du chat. Toutefois, certains propriétaires demandent ce que l'on appelle une « euthanasie de convenance » car ils ne peuvent ou ne veulent plus le garder avec eux, alors que l'animal est en bonne santé.
Bien que discutables sur le plan éthique, les euthanasies de convenance sont souvent tolérées légalement. C'est en tout cas vrai en France, en Belgique, en Suisse ou encore au Québec.
Cela dit, les vétérinaires n'ont aucune obligation de les réaliser, en particulier si cela contrevient à leur morale personnelle. Par exemple, l'étude intitulée « L’euthanasie de convenance des animaux de compagnie : portrait du dilemme au sein de la profession vétérinaire québécoise » et publiée dans le Canadian Veterinary Journal en 2017 estiment qu'une majorité d'entre eux sont réticents à l'idée d'euthanasier un animal sans véritable raison, sauf dans le cas où celui-ci est déjà très âgé.
Même si la législation à ce sujet peut être variable d'un pays - voire d'une région - à l'autre, il est habituellement interdit d'euthanasier un chat soi-même. D'ailleurs, de manière générale, il est interdit de tuer un chat, quelle qu'en soit la raison : seul un vétérinaire professionnel en a le droit.
Cette disposition permet d'éviter toute souffrance inutile. En effet, contrairement à un particulier, un vétérinaire a la possibilité de commencer par plonger l'animal dans un profond sommeil, pour qu'il ne ressente plus aucune douleur. En plus de cela, le produit qu'il utilise pour la mise à mort en tant que telle garantit un décès rapide et sûr, sans complication. Tout est ainsi fait pour que le départ se passe « du mieux possible ».
Par conséquent, si on souhaite faire euthanasier son chat, il convient de se tourner vers un vétérinaire : c'est lui qui examine son état. Cela permet d'ailleurs aussi de s'assurer qu'il n'y a pas d'autre option envisageable que l'euthanasie.
Pour faire euthanasier son chat, il faut généralement passer par plusieurs étapes :
La procédure exacte peut légèrement varier d'un cas à l'autre, en fonction notamment de l'état de l'animal. En particulier, s'il est très mal en point, les choses vont généralement un peu plus vite pour lui éviter de souffrir davantage.
L'euthanasie d'un chat est une décision irrévocable : c'est pourquoi elle ne doit pas être prise à la légère. Le mieux pour éviter d'avoir des regrets par la suite est donc de se rendre d'abord chez un vétérinaire, pour une consultation préalable. Ce dernier peut ainsi examiner l'animal et s'assurer qu'il n'existe pas de meilleure option que l'euthanasie.
À cette occasion, il a également la possibilité d'informer le maître et de le rassurer en répondant à toutes les questions qu'il pourrait avoir.
Si elle est confirmée par le vétérinaire, l'euthanasie a habituellement lieu sur rendez-vous quelques jours après la consultation. Si toutefois le chat souffre beaucoup, le vétérinaire peut le piquer dans la foulée, afin d'abréger ses souffrances le plus rapidement possible. C'est un cas fréquent s'il a subi un grave accident, par exemple s'il a été renversé par une voiture ou s'il a fait une chute importante.
Lorsque l'heure est venue de pratiquer l'euthanasie, le vétérinaire cherche à installer le chat aussi confortablement que possible, pour que l'intervention se passe bien.
De nombreuses cliniques disposent d'une petite salle dédiée aux euthanasies, afin que l'intervention paraisse la moins « médicale » possible. Si l'euthanasie a lieu au domicile, le vétérinaire opte de préférence pour une pièce calme et dans laquelle le petit félin se sent bien ; il est même généralement possible de le laisser dans son panier ou son couchage préféré, s'il n'est pas trop agité.
Une fois que le chat est bien installé, on a généralement la possibilité de rester seul avec lui quelques instants avant l'euthanasie, pour pouvoir lui dire adieu si on ne l'a pas encore fait.
Une fois que le chat est bien installé et qu'on a eu le temps de lui dire adieu, le vétérinaire lui administre un tranquillisant, afin qu'il soit profondément détendu et même plongé dans un état de somnolence. De cette façon, il ne ressent plus ni stress ni douleur, même lorsque ses fonctions vitales s'arrêtent.
L'administration du sédatif se fait habituellement par le biais d'une petite piqûre. Le chat s'endort alors au bout de quelques minutes, pour la dernière fois.
Une fois que le chat est profondément endormi, le vétérinaire peut enfin lui administrer le produit destiné à mettre fin à ses fonctions vitales en quelques minutes : habituellement du pentobarbital de sodium. Pour cela, il réalise une petite piqûre (par exemple au niveau d'une patte), puis surveille à l'aide d'un stéthoscope que son coeur ainsi que sa respiration s'arrêtent. Si le décès tarde à survenir, il réalise une nouvelle injection.
La procédure est totalement indolore pour l'animal, qui est profondément endormi et détendu. Il est toutefois courant que le corps soit pris de tremblements ou laisse échapper des fluides : de l'urine, des excréments, de la bave, des vomissements... Ces symptômes sont le fait du relâchement des muscles de l'organisme, et sont normaux. Ils peuvent toutefois être traumatisants, a fortiori si on ne s'y attend pas. Pour cette raison, il est généralement recommandé de ne pas assister à cette étape, même si bien sûr absolument rien n'empêche de le faire si on le souhaite.
Une fois le décès prononcé, il est normalement possible de rester un temps seul avec le corps de l'animal, afin de se recueillir.
L'euthanasie d'un chat est réalisée par un vétérinaire : il peut la pratiquer dans son cabinet, ou même directement au domicile.
En général, il faut compter entre 50 et 100 euros pour faire euthanasier un chat. Le prix dépend de divers facteurs : en particulier le poids de l'animal, car c'est de lui que découle la quantité de produit nécessaire. Une intervention à domicile est également un peu plus chère, puisqu'elle comprend le déplacement du professionnel jusqu'au logement.
À cela, il faut généralement ajouter le prix d'une consultation vétérinaire en amont, pour s'assurer que l'euthanasie est inévitable et pour choisir les produits les plus appropriés. Là encore, les tarifs sont variables d'une clinique à l'autre, mais il faut habituellement compter aux alentours de 50 euros.
Enfin, il est possible de demander au vétérinaire de s'occuper du corps à notre place, si on ne s'en sent pas capable ou si on n'a tout simplement pas envie de gérer ces formalités. Par exemple, il peut organiser l'incinération du chat, avec possibilité ou non de récupérer les cendres pour les placer dans une urne : il faut alors généralement ajouter une centaine d'euros.
Au total, le coût global peut facilement représenter plusieurs centaines d'euros. Ces dépenses peuvent être prises en charge au moins en partie par les mutuelles pour chat, en fonction notamment de la formule choisie. Par ailleurs, il faut savoir que si on ne dispose pas de beaucoup de moyens, nombre de vétérinaires acceptent de faire un geste, voire de réaliser l'euthanasie gratuitement.
Une des questions qui se pose lorsqu'on prend la décision très difficile de faire euthanasier son chat est de choisir comment lui dire adieu.
Il n'existe pas de procédure à suivre : le plus important est d'être à ses côtés au maximum pour ses derniers jours et de passer avec lui des moments aussi agréables que possible. On peut par exemple le caresser longuement, jouer avec lui, confectionner un véritable festin pour ses derniers repas... Ce qu'il est possible de faire dépend toutefois en grande partie de son état de santé : s'il est très âgé et/ou malade, mieux vaut d'abord demander conseil à son vétérinaire.
En parallèle, chaque personne doit avoir la possibilité de lui dire au revoir, si bien sûr il en a envie. Cela comprend naturellement les adultes, mais aussi les enfants de la famille : s'ils sont jeunes, il faut leur expliquer la situation avec des mots adaptés à leur âge, mais ne surtout pas leur mentir ni les tenir à l'écart, car cela ne ferait que rendre leur deuil plus difficile.
Enfin, le jour J, le vétérinaire laisse généralement la possibilité de dire adieu au chat une dernière fois, juste avant la piqûre visant à l'endormir. Si on le souhaite, on peut rester pendant la procédure, et même se recueillir un instant auprès de la dépouille après le décès. Il n'y a toutefois aucune obligation à cela : on peut également s'en aller avant l'injection létale, voire avant l'endormissement.
Une fois que le chat s'est éteint, il reste encore à décider ce qu'on souhaite faire de sa dépouille. Comme pour un humain, plusieurs options sont possibles, chacune ayant ses avantages et inconvénients :
En temps normal, le vétérinaire peut conserver le corps du chat pendant quelques jours dans un endroit frais, si jamais on a besoin d'un peu de temps pour réfléchir à ce que l'on souhaite faire de sa dépouille. On peut également lui demander de se charger lui-même des formalités : il suffit alors de lui dire ce qu'on souhaite faire, et bien sûr de le payer en conséquence.
Faire le deuil de son chat s'avère nécessaire même dans le cas où on l'a fait euthanasier. Certes, cette période est habituellement moins longue que dans le cas général : après tout, non seulement on a eu le temps de se préparer au départ, mais en plus celui-ci a été rapide et sans douleur. Cela n'empêche toutefois évidemment pas d'avoir du chagrin.
La durée du deuil est très variable d'un cas à l'autre : elle dépend entre autres de l'amour qu'on portait à son animal bien sûr, mais aussi de son âge, des circonstances dans lesquelles on a décidé de le faire euthanasier, de la réaction de l'entourage, etc. Néanmoins, il faut généralement plusieurs mois, parfois plusieurs années, pour réussir à surmonter son chagrin.
Au demeurant, il faut savoir qu'il est normal de ressentir des doutes, de la culpabilité, voire des regrets à l'idée d'avoir pris la mauvaise décision en faisant euthanasier son chat : cela fait partie du processus de deuil. Si toutefois on a du mal à aller de l'avant, le mieux est d'en parler, par exemple avec son vétérinaire, des proches, un psychologue ou encore dans un groupe de parole.
Pour les enfants, le départ du chat de la famille peut être particulièrement bouleversant, notamment si c'est la première fois qu'ils sont confrontés à un décès. Il est donc important de leur expliquer la situation avec des mots adaptés à leur âge, répondre à leurs questions, et les impliquer autant que possible dans les formalités à réaliser après le décès : choisir l'urne ou le cercueil, mettre en place des rituels, constituer un album avec les plus belles photos de l'animal... Cela facilite leur deuil.
Enfin, la perte d’un chat peut également perturber les autres animaux du foyer, même si les signaux sont souvent plus difficiles à déceler. Par exemple, certains peuvent perdre l'appétit durant quelques jours, ou développer des problèmes de comportement.
Il est tout à fait naturel de vouloir retarder le plus possible le jour de la mort d'un chat, en particulier si on partage sa vie depuis longtemps. Il existe toutefois un certain nombre de cas lors desquels l'euthanasie reste la meilleure solution, en particulier si cela lui évite de souffrir davantage. La procédure est rapide et sans douleur pour l'animal : on peut même y assister, si bien sûr on le souhaite.
Cela dit, le mieux reste tout de même de tout faire pour augmenter l'espérance de vie de son chat, que ce soit en le faisant vacciner, le traitant contre les parasites, le nourrissant correctement, le toilettant, l'emmenant chez le vétérinaire pour le soigner s'il est blessé ou malade, etc. Cela augmente les chances de réussir à le garder un peu plus longtemps à ses côtés.