
De leur nom scientifique Serpentes, les serpents fascinent autant qu'ils effraient. Ces célèbres reptiles possèdent entre autres la particularité de ne pas avoir de membres apparents : ils se déplacent donc en rampant, en faisant onduler leur corps sur le sol - ou dans l'eau, pour ceux qui ont un mode de vie aquatique. On en recense plus de 3500 espèces à travers le monde, et toutes sont carnivores.
Les serpents utilisent différentes techniques pour attraper et tuer leurs proies, notamment la constriction ou le venin. Ils chassent essentiellement des rongeurs, des oiseaux et d'autres reptiles. Néanmoins, les plus imposants peuvent s'en prendre à des animaux de très grande taille, par exemple des antilopes ou des capybaras.
Les chats ne font pas partie du régime habituel de la plupart des serpents : c'est même plutôt l'inverse. Ils peuvent toutefois se faire mordre, et même être intoxiqués dans le cas d'une espèce venimeuse.
Quels symptômes une morsure de serpent est-elle susceptible de causer à un petit félin ? Comment faut-il réagir ?
Dans la nature, les chats sont des carnivores stricts : ils trouvent tous les nutriments dont ils ont besoin en consommant les proies qu'ils capturent. Ils ont une préférence pour les oiseaux et les petits rongeurs (souris, rats...), mais leur régime alimentaire est en réalité assez large : ils peuvent chasser et ingérer toutes sortes d'animaux, y compris des reptiles.
Parmi ces derniers, ils s'en prennent particulièrement aux lézards, qui sont nombreux, petits et relativement inoffensifs. Ils peuvent toutefois s'attaquer aussi notamment à des serpents, qui font eux aussi partie de leurs proies potentielles : des couleuvres, des vipères... Il faut dire qu'ils possèdent de très bons réflexes, ce qui leur permet d'esquiver assez facilement les morsures. Ils utilisent ensuite leurs pattes pour contre-attaquer, jusqu'à ce que l'adversaire n'ait plus la force de répliquer. Il le tuent alors d'un coup de dents à la tête.
Cela dit, ce n'est pas parce qu'un chat se débrouille généralement bien face aux serpents qu'il ne peut pas se faire mordre à l'occasion d'un affrontement contre l'un d'entre eux. Le cas échéant, il risque d'être intoxiqué si jamais il s'agit d'une espèce venimeuse.
Il existe plus de 3500 espèces de serpents à travers le monde, mais seules une petite partie d'entre elles sont venimeuses. Par ailleurs, même lorsqu'un serpent émet du venin, celui-ci n'est pas forcément dangereux pour un petit félin.
Les serpents venimeux pour un chat sont néanmoins multiples. En France, en Belgique et en Suisse, il s'agit de la vipère aspic, la vipère péliade et la vipère ammodyte. Au Canada, le crotale de l'Ouest, le crotale des prairies et le massasauga sont redoutables, mais aucun d'entre eux n'est présent au Québec. Enfin, on trouve moult autres espèces venimeuses ailleurs dans le monde, comme le taipan du désert en Australie, le mamba noir en Afrique ou le cobra royal en Asie.
Tous ces serpents sont susceptibles de causer la mort d'un chat (comme d'ailleurs d'un humain), du moins en l'absence de prise en charge. Pour certains, il n'existe même en fait aucun antidote.
En revanche, la couleuvre n'est pas venimeuse pour un chat, même si elle peut le mordre si elle se sent menacée.
Il convient toutefois de se souvenir qu'un serpent venimeux n'injecte pas forcément du venin lors d'une morsure. En effet, il préfère souvent économiser ce dernier pour tuer ses proies, et ne l'injecte donc pas forcément lorsqu'il mord pour se défendre : on parle alors de morsure sèche, ou morsure blanche.
On peut rencontrer des serpents un peu partout : ils sont courants en particulier dans les bois, les champs et les forêts, mais on en trouve aussi en ville, par exemple dans les parcs et les jardins. Cela dit, la plupart des serpents des régions tempérées sont peu agressifs, et préfèrent la fuite à la bagarre : ils ne passent à l'attaque que s'ils sont dérangés, ou s'ils ne peuvent pas fuir face à un agresseur.
Ainsi, un chat risque de se faire mordre principalement dans deux cas :
Il faut savoir néanmoins que les serpents sont sensibles au froid : lorsque les températures chutent, ils ont tendance à hiberner et à ne ressortir de leur cachette qu'au printemps, une fois les beaux jours revenus. C'est ce qui explique que le risque de morsure existe essentiellement du printemps à l'automne, du moins dans nos régions.
Lorsqu'un chat a été mordu par un serpent, mieux vaut partir du principe qu'il s'agit d'une situation potentiellement sérieuse, même dans le cas d'une espèce non venimeuse comme une couleuvre.
En effet, comme les crocs s'enfoncent profondément dans la chair, il existe dans tous les cas un risque notable d'infection - bien plus qu'avec une griffure ou une éraflure.
Néanmoins, le principal danger vient évidemment du venin, lorsque venin il y a. Une étude scientifique intitulée « Pets in peril: The relative susceptibility of cats and dogs to procoagulant snake venoms » et publiée en 2020 dans la revue Comparative Biochemistry and Physiology Part C souligne certes que les chats sont globalement moins sensibles que les chiens au venin de certains serpents. Malgré tout, une morsure reste globalement grave voire mortelle, en fonction de la nature des toxines et de la quantité injectée. Le gabarit du chat a également une influence : plus il est petit et mince, plus il a des chances d'être fortement affecté.
Naturellement, si on s'y connaît un peu en serpents et qu'on a eu l'occasion d'apercevoir l'auteur de la morsure, on peut avoir une bonne idée de la gravité potentielle de cette dernière. En revanche, dans le cas contraire, il est très difficile de savoir ce qu'il en est. Par conséquent, mieux vaut toujours partir du principe qu'une morsure de serpent est grave et nécessite une intervention vétérinaire rapide, même si aucun symptôme n'est présent.
Un chat qui s'est fait mordre par un serpent peut présenter différents symptômes, en fonction notamment de la présence ou non de venin.
Tout d'abord, il est possible de voir sur sa peau deux petits points rouges espacés de quelques millimètres à quelques centimètres : ils indiquent l'endroit où les crocs se sont enfoncés dans la chair - généralement au niveau d'une patte ou sur le museau. Le plus souvent, la zone autour de la plaie est rouge et douloureuse ; cela peut toutefois passer inaperçu à cause du pelage.
En plus de cela, d'autres symptômes sont fréquents si la morsure est venimeuse : de la fièvre, un état d'abattement, un gonflement, des taches rouges ou brunes sur la peau... Ils se manifestent dans les heures ou les jours qui suivent, et peuvent être plus ou moins nombreux et variés en fonction de la nature du venin.
Enfin, si l'envenimation est sérieuse, des symptômes plus graves sont possibles : une paralysie du membre atteint, une nécrose de la zone mordue (qui prend alors une couleur noirâtre), un jaunissement de la peau et des muqueuses, des urines foncées, des troubles cardiaques, une difficulté à respirer, des convulsions, une hémorragie... Ils surviennent habituellement si le venin est très toxique et/ou si la quantité injectée est élevée (notamment en cas de morsures multiples). Le pronostic vital est alors engagé : en l'absence d'intervention, le décès de l'animal peut survenir en à peine quelques heures, voire moins.
Une morsure de serpent n'est jamais anodine, car il existe toujours un risque d'infection si elle n'est pas désinfectée correctement. En plus de cela, des symptômes graves sont possibles si du venin a été injecté dans la plaie.
Voici donc les bons réflexes à avoir, et au contraire une liste d'erreurs à ne pas commettre.
Si l'on voit un chat se faire mordre par un serpent, il faut tâcher de prendre ce dernier en photo ou à défaut de mémoriser son apparence : sa taille, sa couleur, ses motifs, la forme de sa tête... Ces données aideront le vétérinaire à identifier l'espèce dont il s'agit, et donc à déterminer le meilleur traitement à mettre en place. En revanche, il ne faut pas tenter de l'attraper, car on risquerait de se faire mordre à son tour.
Concernant les soins à apporter au chat lui-même, la première chose à faire est de tâcher de le calmer du mieux possible, par exemple en l'installant dans une pièce tranquille et/ou en lui parlant doucement. En effet, si venin il y a, il se répand plus facilement dans l'organisme en cas de stress.
Ensuite, il faut appliquer du froid sur la plaie : cela permet de réduire la douleur mais aussi de limiter la circulation du sang, ce qui s'avère utile si du venin a été injecté. Pour cela, on peut utiliser par exemple une compresse froide, de la glace ou un glaçon. Mieux vaut toutefois au préalable l'envelopper dans un linge ou un tissu : un contact direct avec la peau risquerait de causer une brûlure, et donc d'aggraver le problème au lieu de l'atténuer.
Une fois que cela est fait, il est important de désinfecter la plaie avec un désinfectant conçu pour la gent féline, et qui soit sans alcool - car ce dernier aurait pour effet d'accélérer la diffusion du venin. Si on n'en a pas à disposition, il faut a minima nettoyer la lésion avec de l'eau claire, puis la couvrir d'un pansement sans serrer.
Il ne reste alors plus qu'à emmener le chat chez un vétérinaire le plus vite possible, afin qu'il reçoive un traitement adapté - voire un antidote si c'est possible. Plus la prise en charge est rapide, plus le pronostic a des chances d'être bon, même si le serpent est venimeux.
Il existe beaucoup de fausses informations concernant la meilleure façon de réagir lorsqu'un chat (ou d'ailleurs un humain) se fait mordre par un serpent : elles peuvent s'avérer inefficaces et retarder inutilement la prise en charge, voire augmenter la gravité de la morsure dans les cas les plus sérieux.
Ainsi, les principales erreurs à ne pas commettre sont les suivantes :
En cas de doute, il ne faut pas hésiter à contacter un centre antipoison pour animaux ou un vétérinaire, afin de connaître la marche à suivre.
Il est difficile de mettre totalement son chat à l'abri des morsures de serpents, dans la mesure où ces derniers sont présents partout dans l'environnement. Certaines précautions simples permettent toutefois de limiter le risque de mauvaise rencontre, en particulier si l'on dispose d'un jardin.
Ainsi, il est conseillé de :
Ces quelques conseils ne suffisent pas pour garantir un risque zéro, mais ils permettent de limiter les chances de mauvaise rencontre et de morsure. Cela dit, ils valent surtout du printemps à l'automne, c'est-à-dire pendant la période de l'année où les serpents sont de sortie.
Même si dans les régions tempérées ils sont généralement peu agressifs, les serpents représentent un danger pour un petit félin : s'ils se sentent menacés, ils peuvent le mordre, voire carrément l'intoxiquer en lui injectant du venin. Dans ce dernier cas, la morsure est susceptible d'être grave, voire mortelle en l'absence d'intervention médicale. Il est donc important de se rendre sans attendre chez un vétérinaire, pour que l'animal soit correctement pris en charge.
Cela dit, les serpents sont loin d'être les seuls animaux dangereux pour un chat : on peut citer aussi notamment les chenilles processionnaires, les abeilles, les guêpes, les frelons, les crapauds, les scorpions... De façon générale, le printemps et l'été sont les saisons les plus à risques : il est donc judicieux de redoubler alors de vigilance et de se tenir prêt à intervenir en cas de problème.





