
Chez l'être humain comme chez le chat, les cancers peuvent prendre différentes formes. L'une d'entre elles est le lymphome : très agressif, il peut prendre différentes formes, d'où le fait qu'il est souvent difficile à diagnostiquer, ce qui retarde d'autant la mise en place du traitement.
Comme son nom l'indique, un lymphome est un cancer du système lymphatique, et plus précisément des tissus lymphoïdes, c’est-à-dire des organes dans lesquels sont stockés les lymphocytes et d’autres cellules du système immunitaire.
Les lymphocytes sont des globules blancs qui jouent un rôle très important pour l'immunité contre les agents infectieux (bactéries, virus ou corps étrangers). Ils participent aussi à l’élimination des cellules malades avant qu’elles ne deviennent problématiques. Ils sont fabriqués dans la moelle osseuse, puis circulent dans le sang et les organes lymphatiques secondaires (ganglions, rate et tissus lymphoïdes).
Il arrive dans certains cas qu’une tumeur se déclenche au niveau de l’un de ces organes lymphatiques secondaires : il s’ensuit alors une prolifération anormale de lymphocytes dits immatures car non encore arrivés à maturité et donc incapables de jouer leur rôle immunitaire. Ces cellules malades circulent ensuite à travers tout l'organisme et contaminent d'autres organes.
On distingue plusieurs types de lymphomes selon l’organe concerné.
Les plus fréquents sont :
Lorsque le cancer touche plusieurs organes à la fois, on parle de lymphome multicentrique.
En plus des signes cliniques précédents, d'autres symptômes sont généralement fréquents, en particulier à un stade avancé : une apathie, une anorexie, un amaigrissement, une fatigue...
Comme les autres cancers, le lymphome résulte de dommages provoqués au niveau de l'ADN d'une ou plusieurs cellules, qui se mettent alors à se multiplier de manière incontrôlée.
Ces dommages peuvent avoir des origines très diverses et sont rarement le fait d'une seule cause : on parle donc de maladie plurifactorielle.
Ainsi, il existe des facteurs prédisposants, en particulier :
Enfin, la leucose du chat (FeLV) et le sida du chat (FIV) augmentent fortement le risque d'apparition d'un lymphome. En effet, non seulement les virus en question infestent massivement les globules blancs, ce qui augmente les chances que ces derniers se dérèglent, mais en plus ils affaiblissent considérablement le système immunitaire, qui a donc moins de chances de parvenir à éliminer les cellules malades avant qu'elles ne dégénèrent en cancer - notamment en lymphome.
Quel que soit le type de lymphome, il apparaît de manière soudaine et se développe très rapidement.
Il évolue en plusieurs stades successifs :
La vitesse à laquelle le cancer se développe dépend essentiellement des organes touchés, tout comme le pronostic de l'animal : un lymphome médiastinal est en général bien plus agressif et plus grave qu'un lymphome cutané par exemple.
Les symptômes du lymphome chez le chat dépendent de sa localisation et des organes touchés, et peuvent donc être très variables selon les cas de figure.
On peut remarquer notamment :
Malheureusement, ces symptômes ne sont pas toujours faciles à détecter, et surtout ne sont pas spontanément assimilés à un lymphome. Lorsqu'on commence à réaliser qu’il y a un problème, le cancer est généralement déjà bien avancé. La maladie progressant rapidement, il est nécessaire que le chat soit traité immédiatement. Dans le cas contraire, sa vie sera en danger, et il ne pourra survivre que quelques jours ou quelques semaines au plus.
Après avoir procédé à l’examen clinique, le vétérinaire observe les symptômes s’ils sont visibles et écoute attentivement les explications du propriétaire. Il détermine ensuite les examens à effectuer pour établir le diagnostic final, en fonction du type de lymphome suspecté.
Les examens les plus révélateurs des tissus et organes touchés par un lymphome sont :
Dans tous les cas, compte tenu de l’évolution rapide de la maladie, le chat doit être rapidement pris en charge dès l’apparition des premiers symptômes, sous peine que son pronostic vital soit engagé.
Il existe des traitements visant à ralentir la progression du lymphome.
Cependant, la chimiothérapie est la solution la plus adaptée, car les chats la supportent mieux que l’Homme. Elle ne guérit pas, mais peut néanmoins ralentir la maladie : il s’agit d’un traitement palliatif et non curatif. Elle se fait grâce à des médicaments et des injections, prescrites pour une période renouvelable de neuf mois.
La chimiothérapie peut entraîner des effets secondaires, tels qu’une perte d’appétit ou de l’insuffisance rénale. Elle n’en demeure pas moins efficace dans la majorité des cas, avec un taux de rémission entre 50 et 70 %. La durée de vie du chat peut alors être prolongée de 2 mois à 2 ans, en fonction du lymphome et du stade d’avancement de la maladie.
Le prix du traitement du lymphome dépend du type de traitement et de son intensité. Pour les tumeurs ne nécessitant qu’une prise en charge thérapeutique, il est évidemment moins élevé que s’il faut une chirurgie, une chimiothérapie et une radiothérapie, par exemple. Dans ce dernier cas, la facture peut rapidement atteindre quelques milliers d’euros, sachant qu’une séance coûte environ 300 euros.
Le lymphome est donc un bon exemple de maladie pour laquelle il peut être pertinent d’avoir pensé à souscrire une assurance ou mutuelle pour chat, sachant que ces très lourdes dépenses seront alors prises en charge par l’assurance. En France, une solution peut également consister à se rapprocher de l’une des quatre écoles vétérinaires qui proposent des traitements et prises en charge à prix réduits. Elles se situent à Nantes, Maisons-Alfort, Lyon et Toulouse.
Du fait de la diversité des causes possibles, le lymphome du chat est extrêmement difficile à prévenir.
Néanmoins, quelques précautions peuvent être appliquées dans la vie quotidienne de l’animal : une bonne hygiène de vie, une alimentation saine, de l’exercice et un suivi régulier par un vétérinaire réduisent ses chances de développer un cancer.
La stérilisation du chat est également recommandée, car elle permet de limiter les risques de transmission de maladies entre individus, que ce soit par morsure, par voie sexuelle ou par voie sanguine.





