Les blessures et maladies des coussinets du chat

Chat couché avec les pattes écartées

Les coussinets d'un chat, que l’on appelle également « pelotes », sont les extrémités de ses pattes, sur lesquelles ils marchent et qui lui permettent de se déplacer en silence. Ils ont aussi d'autres rôles importants, notamment pour le marquage du territoire.


Ils sont toutefois exposés à toutes sortes de risques en raison de leur contact direct avec leur sol, et sont loin d'être épargnés par les blessures et les maladies - d'autant qu'ils sont plus fragiles qu'ils n'en ont l'air.


Quels sont alors les risques auxquels ils sont exposés, et que faut-il faire ? Par ailleurs, comment prendre soin des coussinets de son chat pour justement réduire la probabilité de tels problèmes ?

Pourquoi faut-il protéger les coussinets de son chat ?

Vue en gros plan des coussinets d'une patte de chat

À première vue, les coussinets n'ont pas l'air d'être des éléments cruciaux de l'anatomie d'un chat. Pourtant, sans lui être littéralement indispensables (ce ne sont pas des organes vitaux), ils jouent plusieurs rôles essentiels pour lui.

 

On peut citer notamment les suivants :

  • ils amortissent les chocs lors de la marche ou des sauts ;
  • ils l'aident à mieux percevoir les vibrations sur le sol ;
  • ils contribuent à réguler la température corporelle ;
  • ils participent au marquage du territoire.

 

Avoir des coussinets en mauvais état et/ou dysfonctionnels peut donc être fortement handicapant.

 

De plus, comme ce sont des zones très vascularisées (c'est-à-dire qui comprennent un grand nombre de vaisseaux sanguins) et avec beaucoup de nerfs, une blessure ou une irritation a des chances d'être rapidement douloureuse, a fortiori si elle s'infecte et se propage.

 

Pour toutes ces raisons, il est essentiel de veiller à leur bon état, et de réagir vite en cas de blessure ou de symptôme suspect.

Les blessures au niveau des coussinets du chat

Des coussinets de chat très abîmés

Étant donné que le chat prend appui dessus pour marcher, courir, sauter..., le principal risque auquel sont exposés les coussinets est celui de blessures. Cela peut se produire de nombreuses façons : une coupure à cause d'un objet pointu, un épillet ou une épine qui se plante dedans, une brûlure ou au contraire une engelure, une irritation après avoir marché sur du sable ou du gravier...

 

Le problème est que toute blessure, fût-elle peu profonde au départ, peut s'infecter si on laisse traîner, et donc devenir beaucoup plus grave. Même des micro-blessures (c’est-à-dire à peine visibles) peuvent dégénérer si des microbes y prolifèrent.

Une brûlure

Un chat gourmand grimpe sur les plaques de cuisson

Les coussinets peuvent être sujets à une brûlure plus ou moins grave.

 

Cela se produit par exemple si le chat marche sur un sol brûlant (du sable chaud, du bitume en été...), s'il saute sur des plaques de cuisson encore chaudes, s'il joue avec des braises virevoltantes, etc. Ses coussinets peuvent aussi se retrouver au contact de certaines substances toxiques acides et irritantes, qui elles aussi sont susceptibles de causer des brûlures.

 

Les principaux symptômes d'une brûlure des coussinets sont une rougeur de la peau, des cloques, des crevasses... Dans les cas graves, la chair peut même carrément être à vif par endroits, la couche externe des coussinets étant comme déchirée.

 

Dans un tel cas de figure, il ne faut jamais appliquer dessus de la glace, car cela risque au contraire d'abîmer encore plus la peau au lieu de l'apaiser. La réaction à avoir est de tremper immédiatement la patte touchée dans de l'eau froide (de l'ordre de 15°C) pendant environ 5 à 10 minutes, pour soulager la brûlure et la douleur qui l'accompagne. Puis, une fois que cela est fait, il convient de contacter un vétérinaire pour lui demander son avis.

Une engelure

Un chat joue avec la neige avec sa patte

La neige, la glace et les sols gelés peuvent créer une engelure, c'est-à-dire une brûlure causée par une exposition trop importante au froid.

 

Ce sont généralement les extrémités comme les oreilles, le nez et les pieds qui sont concernées, car ces zones sont naturellement plus froides que le reste du corps. Les coussinets sont encore plus à risques que les autres extrémités, car ils sont en contact direct avec le sol, et le cas échéant la neige et/ou la glace.

 

Les principaux symptômes d'une engelure sont des crevasses, des déchirures de la peau, des craquelures et/ou une douleur au toucher. À ce stade, la brûlure n'est pas encore très grave, et les dégâts occasionnés ne sont pas irréversibles. Pour la soigner, il faut réchauffer progressivement la zone touchée, en l'entourant (sans frotter) avec un linge chaud et humide pendant une dizaine de minutes. Puis, une fois que la peau a repris des couleurs, il est possible d'appliquer une pommade hydratante dessus, pour l'aider à se restaurer.

 

Si l'exposition au froid se prolonge, l'engelure risque d'évoluer rapidement vers une gelure, c'est-à-dire une brûlure grave entraînant de sévères lésions au niveau des tissus, des muscles voire des os. Les conséquences d'une gelure peuvent être irréversibles, voire nécessiter une amputation dans les cas extrêmes. Il est donc crucial de contacter immédiatement un vétérinaire pour lui demander d'intervenir.

Une coupure

Un chat marche sur les branches d'un arbre enneigé

Les coupures au niveau des coussinets sont monnaie courante : un chat a tôt fait par exemple de marcher sur du verre ou un objet tranchant, de se couper en montant sur un arbre ou une structure quelconque, etc. Elles peuvent causer des saignements abondants, car les tissus situés sous la couche de corne sont très irrigués et fragiles.

 

Néanmoins, ces coupures sont la plupart du temps plus impressionnantes que réellement profondes. Elles peuvent malgré tout être douloureuses pour l'animal et même s'aggraver, notamment en cas d'infection.

 

Lorsque ce dernier s'en fait une, il faut commencer par nettoyer la coupure avec de l'eau propre pour éliminer les débris (épines, poussières...), ce qui permet du même coup de mieux voir l'étendue des dégâts. Si elle semble peu profonde, on peut se contenter de la désinfecter avec un désinfectant pour chat classique, puis d'appliquer un produit cicatrisant ou simplement un bandage pour protéger le coussinet le temps qu'il guérisse (ce qui devrait prendre une poignée de jours).

 

Si la coupure ne semble pas vouloir guérir, ou si elle prend une couleur étrange (notamment blanche, qui pourrait faire penser à du pus), mieux vaut contacter un vétérinaire sans attendre.

Une plaie

Un chat gris tabby joue avec des épillets

Les coupures ne sont pas les seules lésions possibles : un coussinet peut également être sujet à d'autres types de plaies. C'est le cas par exemple si une épine, un bout de bois pointu ou encore un épillet se plante dedans au point de perforer la couche extérieure.

 

Une telle plaie peut être assez douloureuse, si l'élément en question est enfoncé un peu profondément dans la peau. Mieux vaut ne pas attendre pour agir, car si infection il y a, elle a davantage de chances d'être sérieuse.

 

La réaction à avoir dans ce cas de figure est globalement la même que pour une coupure : il faut nettoyer la plaie pour enlever tous les résidus qui pourraient s'y être infiltrés, puis la désinfecter et l'aider à cicatriser en appliquant un pansement ou un cicatrisant. Si elle est profonde et/ou ne semble pas vouloir guérir, mieux vaut contacter un vétérinaire.

Une irritation

Chat qui se lèche le coussinet

Un chat peut avoir un ou plusieurs coussinet(s) irrité(s) après avoir marché sur des surfaces abrasives : du sable, des graviers, du goudron... Le sel de déneigement utilisé en période hivernale a lui aussi tôt fait d'être responsable des irritations, et même les granulés utilisés couramment dans les litières sont souvent irritants pour ses pattes.

 

Si l'irritation est légère, elle se traduit généralement par des craquelures, une douleur locale et/ou une rougeur plus ou moins marquée. En revanche, si elle est sévère, elle peut engendrer des crevasses, voire de véritables déchirures de la peau des coussinets.

 

En cas de petite irritation, le mieux à faire est d'appliquer un baume réparateur sur le ou les coussinet(s) abîmé(s) pendant quelques jours, afin de faciliter leur guérison. Si toutefois ils ne semblent pas guérir, ou si la peau semble déchirée par endroits, mieux vaut se rendre directement chez un vétérinaire.

Un abcès

Une femme tient les pattes de son chien dans la main

Un abcès est une petite cavité située sur la peau ou une autre muqueuse (par exemple la gencive) et contenant du pus. Cette excroissance est souvent rouge et douloureuse au toucher. Si on la perce, le pus s'écoule sous forme de liquide épais et odorant.

 

Un abcès apparaît à la suite d'une infection par des bactéries et/ou des champignons, qui reste toutefois localisée dans un petit espace. Il peut s'en former au niveau d'un coussinet du chat, à la suite par exemple d'une blessure mal soignée qui s'infecte.

 

Si jamais on constate un abcès sur un coussinet du chat, le mieux à faire est de contacter un vétérinaire et lui demander son avis sur la meilleure façon de réagir. En effet, la bonne attitude à avoir dépend de différents facteurs, notamment l'intensité de la douleur causée par l'abcès, le fait que ce dernier est percé ou non, et la présence éventuelle de symptômes plus généraux (fièvre, apathie, perte d'appétit...).

Comment réagir en cas de blessure aux coussinets ?

Une femme fait un bandage sur la patte de son chat noir

La douleur causée par une blessure au niveau des coussinets peut être importante, même si tout dépend de la gravité de ladite blessure et de sa profondeur. En plus de cela, il existe presque toujours un risque d'infection, qui peut rapidement prendre des proportions importantes si rien n'est fait. C'est pourquoi il faut réagir sans attendre.

 

Si la blessure est peu grave et ne semble pas infectée, il est généralement possible de la traiter soi-même en utilisant des produits de premiers secours : désinfectant, cicatrisant, pansement... En cas de doute sur la meilleure façon d'agir, le mieux est de demander conseil à un vétérinaire par téléphone.

 

En revanche, si la blessure semble profonde et/ou est infectée, mieux vaut ne pas agir soi-même et se tourner directement vers un vétérinaire, pour que ce dernier mette en place un traitement adéquat. Selon la gravité de la situation, il peut administrer des antibiotiques et/ou anti-inflammatoires, voire mettre en place des points de suture. En cas de brûlure sévère ou de gelure, une ablation d'une partie des tissus morts peut même s'avérer nécessaire pour éviter une gangrène.

 

Dans tous les cas, il convient ensuite de veiller à nettoyer régulièrement la plaie et d’éviter de laisser évoluer son chat dans des endroits humides, car l’humidité augmente le risque d’infection.

 

Si on a pris soin d'en souscrire une, les dépenses vétérinaires liées à une blessure des coussinets sont normalement pris en charge par l'assurance santé du chat, ce qui limite les frais.

Les maladies des coussinets du chat

Le principal risque auquel les coussinets d'un chat sont exposés sont les blessures. Néanmoins, il existe aussi des maladies qui leur sont propres. Ce sont le plus souvent des pathologies cutanées, d'origine parasitaire ou non : les principales sont la pododermatite, la teigne et le vitiligo. Elles sont toutefois peu nombreuses.

 

Dans la plupart des cas, les dépenses vétérinaires correspondantes sont prises en charge par l'assurance santé du chat - si tant est bien sûr qu'il soit assuré.

La pododermatite

La pododermatite

La plus fréquente des maladies susceptibles de toucher un ou plusieurs coussinets d'un chat est la pododermatite plasmocytaire féline, qui d'ailleurs est aussi appelée maladie des coussinets. Elle cause une modification rapide de leur apparence : l’épiderme (la couche supérieure de la peau) devient plus fin, le coussinet central gonfle, des saignements et/ou un ulcère peuvent apparaître. Son origine n'est pas connue.

 

Elle est susceptible de toucher tous les individus sans exception, et est parfois associée à une infection du chat par le FIV (virus de l'immunodéficience féline). Il arrive qu'elle guérisse d’elle-même, mais à l'inverse elle peut s’aggraver si aucun soin approprié n’est apporté à temps - au point de devenir invalidante, puisqu'elle peut empêcher l'animal de marcher.

 

Dès lors que l'on constate des symptômes laissant penser à une pododermatite, il faut se rendre sans attendre chez un vétérinaire pour un examen approfondi. Si c'est bien cette maladie qui est en cause, un traitement doit être mis en place.

 

Toutefois, comme cette maladie est très rare et d’évolution aléatoire, il n’existe pas de réel consensus sur ce en quoi ce dernier doit consister. La méthode la plus efficace est néanmoins l'administration de doxycycline, un antibiotique utilisé pour ses qualités immunomodulatrices (c'est-à-dire qui régulent l'action du système immunitaire). Il est préféré aux corticoïdes, qui ont des effets secondaires importants. Ce traitement dure autour de 2 mois, avec dans la moitié des cas une amélioration constatable à partir du deuxième mois.

 

En cas d’échec du traitement et si un coussinet est sévèrement atteint, il peut être recommandé de pratiquer une exérèse, c’est-à-dire un retrait chirurgical des parties ulcérées, pour éviter une infection.

La teigne

Un chat atteint de la teigne est diagnostiqué avec une lampe de Wood

La teigne est une maladie de la peau causée par un petit parasite qui creuse des sillons dans l'épiderme et ronge les poils. Elle est localisée le plus souvent au niveau de la tête (les oreilles, le menton...) mais peut aussi attaquer d'autres zones du corps, notamment les pattes et les coussinets.

 

Les symptômes de la teigne sont des démangeaisons intenses, des lésions sans poils de forme arrondie, des croûtes et/ou des pellicules.

 

Un traitement est possible, mais il s'avère assez lourd et contraignant, puisqu'il faut compter en moyenne un mois pour obtenir des résultats. En parallèle, un nettoyage drastique du logement doit être effectué tout au long du traitement - et même un peu après -, faute de quoi les rechutes sont quasiment inévitables.

Le vitiligo

Le vitiligo est une maladie très rare d'origine génétique, entraînant une décoloration progressive de la peau et des coussinets. Il touche surtout les chats de type Siamois. Il est incurable mais pas spécialement grave, puisque sa principale conséquence est simplement d'ordre esthétique.

Prendre soin des coussinets de son chat

Pour garder son chat en bonne santé, il est essentiel de prendre soin de ses coussinets. Non seulement on limite ainsi le risque de problèmes, mais en plus cela permet de remarquer au plus tôt s'il y a quelque chose de suspect, afin de pouvoir réagir rapidement.

Vérifier ses coussinets régulièrement

Une femme examine les coussinets de son chat

Il convient de prendre l’habitude de vérifier régulièrement l’état des coussinets de son chat, en particulier s’il passe beaucoup de temps en extérieur. C’est particulièrement crucial en période de grand froid ou de forte chaleur, pour s'assurer qu'il n'a pas de brûlures sous les pieds à force de marcher sur des sols trop chauds ou trop froids.

 

S'il sort souvent, l'idéal serait d'examiner ses pattes tous les jours. Toutefois, dans la pratique, cela peut s'avérer assez contraignant de le faire aussi fréquemment - a fortiori s'il ne se montre pas conciliant. Il faut néanmoins s'assurer de s'en occuper au moins une fois par semaine, en même temps que l'on procède à la vérification de l'état de ses yeux et au nettoyage de ses oreilles.

 

Pour que cela se passe bien et que le chat se laisse faire sans histoire, il est conseillé de commencer à manipuler ses coussinets dès son plus jeune âge. En effet, les pattes sont pour lui des zones sensibles : s'il n'y est pas habitué assez tôt, il pourrait ne pas apprécier ces manipulations, même si intrinsèquement elles ne lui font absolument pas mal.

Choisir une litière adaptée

Chat qui gratte dans sa litière après avoir fait ses besoins

Le choix de la litière d'un chat a son importance : les petits granulés des litières de mauvaise qualité se coincent facilement dans ses coussinets, et sont susceptibles d'y causer des irritations et/ou des micro-coupures.

 

Même s'ils se contentent de coller à ses pattes sans pour autant le blesser, c’est quelque chose qu'il n'apprécie guère. Il peut en venir à bouder sa litière, et donc à faire ses besoins ailleurs dans la maison.

 

Mieux vaut donc opter pour des billes (notamment d'argile, plus respectueuse que la silice) plutôt que pour des graviers : la litière sera plus facilement acceptée, et causera moins de blessure et d'irritation.

Hydrater ses coussinets en été

Un chat tigré allongé, coussinets devant

En raison de leur contact avec le sol et toutes sortes de surfaces potentiellement brûlantes, les coussinets d'un chat sont fortement exposés à la chaleur. Lorsqu'il fait très chaud, il ne faut pas hésiter à les hydrater en utilisant un baume hydratant spécialement conçu à cet effet, ou simplement en lui donnant un bain d’eau fraîche.

 

Il faut veiller également à éviter qu'il ne marche sur des surfaces brûlantes (route goudronnée, toit en métal...), quitte à restreindre ses possibilités de sortie aux heures les plus chaudes et le garder alors en intérieur. Cela dit, dans la pratique, il est assez peu probable qu'il aille de lui-même marcher volontairement sur des surfaces très chaudes, dès lors qu'il peut s'en passer.

Eviter les sorties dans le froid

Un chaton sur le dos, les pattes en l'air

En période de grand froid, il faut éviter de laisser son chat marcher sur des surfaces gelées et/ou sur des zones qui ont été déneigées au sel. De plus, mieux vaut le faire rentrer à l’intérieur au moins la nuit (a fortiori s'il a neigé ou gelé).

 

Il convient au passage de souligner que, contrairement à un chien, il est quasiment impossible de faire porter des chaussons à un chat en vue de protéger ses coussinets. En effet, il y a peu de chances qu'il parvienne à s'y habituer, et au contraire il fera tout pour s'en débarrasser sans délai. D'ailleurs, de tels produits n’existent pas vraiment...

Article détaillé : Protéger son chat du froid

Conclusion

Les coussinets sont d’une importance capitale pour un chat : ils lui permettent de se déplacer, de chasser, de réguler sa température corporelle, de recevoir et d’émettre des informations...

 

Toutefois, ils sont aussi utiles que fragiles, et sont exposés à toutes sortes de problèmes : blessures, brûlures, infections, maladies... Le risque est particulièrement prononcé lorsque les températures sont extrêmes.

 

Il est donc important de les vérifier régulièrement, et de veiller à leur bonne santé autant que faire se peut.

Par Aurélia A. - Dernière modification : 11/27/2022.