
Quiconque a possédé un chat au moins une fois dans sa vie sait que sa santé n'est pas toujours au beau fixe. La plupart du temps, les symptômes peuvent être causés par un grand nombre de maladies, ce qui rend le diagnostic difficile. Or, sans diagnostic fiable, difficile de pouvoir réagir de la bonne manière et soigner correctement le malheureux animal.
Il est donc crucial de savoir identifier les symptômes de maladies chez son chat, et d'avoir une idée du niveau d'urgence qu'ils représentent.
En médecine, un symptôme est une manifestation visible d'un dysfonctionnement de l'organisme, du fait en particulier d'une blessure, d'une maladie, ou plus généralement d'un problème de santé. Il peut être perçu et/ou observé par l'individu lui-même ou par un tiers. Il ne doit pas être confondu avec un syndrome, qui lui désigne une association de plusieurs symptômes ayant une cause donnée.
Il existe un grand nombre de symptômes possibles, qui peuvent toucher un large panel d'organes et de parties du corps : la toux, les nausées, les vertiges, la fièvre, la diarrhée, la fatigue, etc. On les classe généralement en deux catégories : les symptômes subjectifs, c'est-à-dire qui sont décrits par l'individu atteint (comme le mal de tête ou la douleur), et les symptômes objectifs, que l'on peut constater de l'extérieur (comme une fièvre ou une éruption cutanée).
Il est à noter qu'un symptôme n'est pas forcément grave : il peut être le signe d'un problème bénin et passager. C'est le cas par exemple de la toux, d'un éternuement ou d'un mal de tête, qui sont généralement ponctuels. En revanche, un symptôme inhabituel, persistant et/ou récurrent doit alerter, car il peut être le signe d'un problème de santé sérieux et nécessitant la mise en place d'un traitement.
Comme chez l'être humain, la liste des symptômes possibles pour un chat est particulièrement longue : on en compte des dizaines, potentiellement davantage, même si naturellement certains sont bien plus courants que d'autres. Ainsi, on peut les classer en fonction de la zone du corps qui est concernée.
Les principaux types sont les suivants :
| Symptôme | Zone | Exemples |
| Comportemental | Comportement | Agressivité, nervosité |
| Auriculaire | Oreille | Taches noires, odeur |
| Oculaire | Yeux | Larme, pupille dilatée |
| Digestif | Appareil digestif | Diarrhée, vomissement |
| Dermatologique | Peau | Eczéma, rougeur |
| Respiratoire | Appareil respiratoire | Toux, éternuement |
| Neurologique | Cerveau / nerfs | Convulsions, tremblements |
| Locomoteur | Os, muscle, articulation | Boiterie, paralysie |
| Génital | Appareil génital | Écoulement, gonflement |
La nature des symptômes présents oriente le diagnostic : par exemple, des symptômes auriculaires sont quasi exclusivement le fait d'un problème situé dans l'oreille. Ce n'est toutefois pas systématique : par exemple, un symptôme dermatologique peut avoir pour origine un mal-être psychologique ou un dérèglement hormonal.
Pour être en mesure de détecter des symptômes chez un individu malade, encore faut-il savoir reconnaître un chat en bonne santé ! Voici donc quelques valeurs de référence pour les petits félins :
| Constante | Normalité |
| Poids âge adulte | 4 à 5 kilos |
| Quantité d'eau | 150 à 200 mL / jour |
| Quantité croquettes | 60 à 80 g / jour |
| Durée sommeil | Environ 16 h / jour |
| Température corporelle | 38 à 39°C |
| Fréquence respiratoire | 20 à 40 mvts / min |
| Rythme cardiaque | 110 à 140 batts / min |
| Chaleurs (durée) | 7 à 18 jours |
| Chaleurs (fréquence) | 2 à 3 semaines |
| Urine | 2 à 4 fois / jour |
| Défécation | 1 à 2 fois / jour |
Bien évidemment, un écart par rapport à ces valeurs de référence n'est pas forcément le signe d'un problème de santé : par exemple, après un effort physique, il est normal que les fréquences cardiaques et respiratoires soient plus élevées que d'habitude. De la même façon, la température corporelle varie légèrement selon différents facteurs tels que l'heure de la journée par exemple, sans que ce soit le signe d'un problème de santé.
En revanche, si on constate un changement notable sans cause apparente, il est alors important de demander conseil à un vétérinaire sans trop attendre, car il peut s'agir d'un signe de maladie. Par exemple, un chat qui maigrit de manière soudaine alors qu'il mange toujours autant voire plus est probablement souffrant.
Par ailleurs, ces seules valeurs ne suffisent pas pour savoir si un chat est en bonne santé, car certains symptômes ne sont pas aisément quantifiables. Par exemple, son urine ne doit être ni trouble ni foncée, ses selles doivent être fermes et de petite taille, et son pelage doit être propre, brillant et sans zone dépilée. Néanmoins, ces valeurs aident toutefois à avoir une bonne idée de la normalité, et donc de ce qui s'apparente à un symptôme.
Quelle que soit la catégorie à laquelle elles appartiennent, les maladies se traduisent à terme par l'apparition de symptômes chez le chat. Ces derniers sont tantôt faciles à reconnaître et à attribuer à une pathologie bien précise : par exemple, un ictère, c'est-à-dire un jaunissement de la peau et du blanc de l'oeil) est quasiment toujours le signe d'un problème au niveau du foie.
Malheureusement, dans de nombreux cas, les symptômes de maladies sont difficilement associables à un problème particulier. Par exemple, un chat qui vomit peut souffrir notamment d'une intoxication alimentaire, d'une infestation par des vers parasitaires, d'un coup de chaleur ou encore d'une maladie virale telle que le typhus. De la même façon, une perte de poils anormale n'est pas nécessairement le signe d'une maladie de peau : il s'agit parfois d'un dérèglement hormonal, d'une carence du chat en vitamines ou d'une maladie auto-immune. Ce sont alors généralement les autres symptômes présents à ce moment-là qui permettent de s'orienter vers une piste plutôt qu'une autre.
Pour établir un bon diagnostic, il est donc préférable de ne pas se focaliser sur un seul symptôme en particulier, mais plutôt à l'ensemble des changements qui se produisent chez le chat malade. Des signes tels qu'un manque d'appétit, une miction moins fréquente ou une hypersomnie (c'est-à-dire un allongement de la durée du sommeil) peuvent paraître anodins : pourtant, ils trahissent souvent un problème de santé plus grave et ne doivent donc pas être laissés de côté.
Par ailleurs, les chats sont réputés pour avoir une bonne tolérance à la douleur : en conséquence, ils peuvent être sérieusement malades avant de commencer réellement à en montrer les signes extérieurs.