SUISSE - Les chiens et chats trouvent soulagement grâce à l’acupuncture

02/10/2007
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L'acupuncture, utilisée par la médecine chinoise depuis plusieurs millénaires, se révèle efficace tant pour l'homme que pour l'animal. «Dans les grandes lignes c'est pareil», précise même Odile Marmier, vétérinaire-acupunctrice à Vevey. Elle manie les petites aiguilles pour soulager petits et grands maux de nos animaux.



Quelles sont les indications ?
L'acupuncture se présente comme une thérapie alternative et complémentaire à la médecine allopathique. Elle est indiquée dans les cas qui ne nécessitent pas d'intervention chirurgicale ou quand celle-ci n'est pas envisageable car l'animal présente un risque de complications trop élevé.
Les problèmes liés à l'appareil locomoteur, comme les boiteries, l'arthrite, etc. peuvent être traités par les aiguilles.
Autre champ d'application, les maladies chroniques qui n'ont pas trouvé dans la médecine vétérinaire traditionnelle des résultats satisfaisants. Le vétérinaire-acupuncteur traite ainsi les troubles de la peau, comme la dermatite de léchage ou certaines allergies. Dans les cas d'attaques cérébrales, l'acupuncture permet un retour des fonctions atteintes parfois spectaculaire pour autant que la prise en charge ait été rapide après l'accident.

Limites et contre-indications.
En revanche, les aiguilles n'ont pas d'effet lors de fracture ou de déchirure. Quant aux contre-indications, il n'y en a pas. L'acupuncture est l'une des thérapies les plus sûres, aux effets secondaires très rares et réversibles, pour autant qu'elle soit pratiquée par une personne compétente.

Comment agit l'acupuncture ?
«La médecine chinoise tient compte de l'animal dans sa totalité, de son entourage et de sa qualité de vie», précise Odile Marmier. Elle utilise la capacité de tout le corps à se soigner et à se guérir lui-même, par la pression sur des points spécifiques appelés méridiens.
Entre eux circule l'énergie vitale. «La pathologie est le signe de blocages et de déséquilibres, empêchant une bonne circulation de cette énergie. Le but est de rétablir le flux et par ce moyen de guérir l'animal», explique la praticienne.

Comment réagit l'animal ?
Suivant le cas, la pathologie et le terrain de l'animal, la vétérinaire-acupunctrice adapte la force de son traitement: «Avec un chiot, il faut soigner doucement. Avec un chien dans la force de l'âge, on peut utiliser des techniques plus agressives. Mais si j'en fais trop, la patho­logie peut s'aggraver, momentanément.»
La vétérinaire utilise les aiguilles conventionnelles stériles, en acier inoxydable, pour les planter dans l'épiderme. Si lors de leur mise en place, le chien peut avoir une brève réaction, il se détend par la suite. «Certains s'endorment.» L'acupunctrice se sert aussi parfois d'aiguilles japonaises, au bout rond, qui agissent par pression. «Pendant le traitement, le chien sent déjà une modification dans son corps, et il fait la relation entre le traitement et l'amélioration de son état.»

D’une séance à l’autre
Une heure. C'est le temps qu'il faut consacrer à la première consultation. Le vétérinaire-acupuncteur dresse le portrait de l'animal: Comment dort-il? Boit-il beaucoup? A-t-il des sautes d'humeur. Est-il influencé par les changements de temps. Comment réagit-il au chaud, au froid? etc. L'interrogatoire ainsi que l'observation permettent au praticien d'avoir une idée du terrain de ce patient à quatre pattes.
De dix à quinze minutes. C'est la durée moyenne d'une séance d'acupuncture. Elle peut aller jusqu'à trente minutes au maximum. Quatre à dix consultations sont recommandées pour un traitement.
Liste des vétérinaires- acupuncteurs sur: www.vfkh.ch

Le chat sait quand il est guéri
Les chiens sont beaucoup plus réceptifs à l'acupuncture que les chats. Ces derniers ont une meilleure capacité à l'autoguérison. «Ils gèrent leur patho­logie», remarque la vétérinaire Odile Marmier, qui traite moins de félins que de canidés. «La première fois, le chat n'aime pas trop qu'on le touche. Mais il fait la relation entre l'acte et l'amélioration de son état. Il se laisse faire jusqu'au moment où il ne veut plus que je m'en approche. C'est lui qui décide quand le traitement est terminé», raconte la vétérinaire qui doit se résigner devant ces cabochards à quatre pattes. «Même si je pense qu'on peut arriver à mieux.»

Photo : L'acupuncture soulage petits et grands maux.
Les maladies chroniques, par exemple, peuvent être soignées grâce aux petites aiguilles - © E. L ucien