Le lymphome du chat

Qu'est-ce que le lymphome ?

Des lymphocytes (en blanc) accompagnés de globules rouges
Des lymphocytes (en blanc) accompagnés de globules rouges

Le lymphome est, comme son nom l'indique, un cancer du système lymphatique, et plus précisément des tissus lymphoïdes, c’est-à-dire des organes dans lesquels sont stockés les lymphocytes et d’autres cellules du système immunitaire.

Les lymphocytes sont un type de globules blancs, qui joue un rôle très important pour l'immunité du chat contre les agents infectieux (bactéries, virus ou corps étrangers). Ils participent également à l’élimination des cellules malades de l'organisme avant qu’elles ne deviennent problématiques. Ils sont fabriqués dans la moelle osseuse, puis circulent dans le sang et les organes lymphatiques secondaires (ganglions, rate et tissus lymphoïdes).

Il arrive dans certains cas qu’une tumeur se déclenche au niveau de l’un de ces organes lymphatiques secondaires : il s’ensuit alors une prolifération anormale de lymphocytes dits immatures car non encore arrivés à maturité et donc incapables de jouer leur rôle immunitaire. Ces cellules malades circulent ensuite à travers tout l'organisme et contaminent d'autres organes.

Les types de lymphomes chez le chat

Les types de lymphomes chez le chat

On distingue plusieurs types de lymphomes en fonction de l’organe concerné. Les plus fréquents sont :

 

  • le lymphome médiastinal, qui touche le médiastin, une région de la cage thoracique située entre les deux poumons ;
  • le lymphome digestif, qui se développe dans l’appareil digestif du chat ;
  • le lymphome rénal, qui touche les reins ;
  • le lymphome nerveux, qui touche le système nerveux et plus particulièrement la moelle épinière ;
  • Le lymphome nasal, qui touche le nez du chat ;
  • Le lymphome cutané, qui attaque la peau du chat (plaques, nodules, ulcères...).

 

Lorsque le cancer touche plusieurs organes à la fois, on parle de lymphome multicentrique.

Les causes possibles du lymphome du chat

Le tabagisme passif peut causer un lymphome
Le tabagisme passif peut causer un lymphome

Comme les autres cancers, le lymphome résulte de dommages provoqués au niveau de l'ADN d'une ou plusieurs cellules qui se mettent à se multiplier de manière incontrôlée.

 

Ces dommages peuvent avoir des origines très diverses et sont rarement le fait d'une seule cause : on parle donc de maladie plurifactorielle. À titre d'exemple, une exposition du chat à la fumée de cigarette ou à des pesticides augmente le risque de développer ce type de cancers.
 

Toutefois, il apparaît que les causes les plus fréquentes de lymphome chez le chat sont le virus de la leucose féline (FeLV) et le virus du sida du chat (FIV). Tous deux infestent massivement les globules blancs : ils augmentent donc le risque de "dérèglement" de ces cellules et donc celui d'apparition d'un lymphome. Comme de surcroît ils affaiblissent considérablement le système immunitaire, ils diminuent les défenses naturelles du chat contre les cellules malades, ce qui là encore, accroît le risque de cancer.

L'évolution du lymphome chez le chat

Quel que soit le type de lymphome, il apparaît de manière soudaine et se développe très rapidement. Il évolue en plusieurs stades successifs :

  • au tout début, un premier nœud lymphatique est touché ;
  • au deuxième stade, plusieurs nœuds lymphatiques se développent dans une même région (par exemple l’abdomen ou le thorax) ;
  • au troisième stade, la maladie se généralise, et tous les nœuds lymphatiques sont touchés ;
  • au quatrième stade, le cancer atteint le foie et/ou la rate ;
  • au cinquième et dernier stade, la moelle osseuse et/ou le sang sont touchés à leur tour.

 

La vitesse à laquelle la tumeur se développe et le pronostic de l'animal dépendent essentiellement des organes touchés : un lymphome médiastinal est en général bien plus agressif et plus grave qu'un lymphome cutané par exemple.

Les symptômes du lymphome du chat

Les symptômes du lymphome du chat

Les symptômes du lymphome chez le chat dépendent de sa localisation et des organes touchés, et peuvent donc être très variables selon les cas de figure.

 

On peut remarquer notamment :

  • Une baisse ou un manque d’appétit ;
  • Des troubles digestifs ;
  • Des éternuements et des difficultés respiratoires ;
  • Une extrême fatigue ;
  • Une perte de poids rapide ;
  • Des vomissements ;
  • Des diarrhées sanglantes ;
  • Des ganglions lymphatiques enflés.

 

Malheureusement, ces symptômes ne sont pas toujours faciles à détecter, et surtout ne sont pas spontanément assimilés à un lymphome. Lorsque le maître commence à réaliser qu’il y a un problème, le cancer est généralement déjà bien avancé. La maladie progressant rapidement, il est nécessaire que le chat soit traité immédiatement. Dans le cas contraire, sa vie sera en danger, et il ne pourra survivre que quelques jours ou quelques semaines au plus.

Quel diagnostic pour le lymphome du chat ?

Quel diagnostic pour le lymphome du chat ?

Après avoir procédé à l’examen clinique, le vétérinaire observe les symptômes s’ils sont visibles et écoute attentivement les explications du propriétaire. Il détermine ensuite les examens à effectuer pour établir le diagnostic final, en fonction du type de lymphome suspecté.

 

Les examens les plus révélateurs des tissus et organes touchés par un lymphome sont :

  • Les tests de dépistages des virus (leucose et FIV) ;
  • Des examens hématologiques sanguins ;
  • Des radiographies, échographies...

 

Dans tous les cas, compte tenu de l’évolution rapide de la maladie, le chat doit être rapidement pris en charge dès l’apparition des premiers symptômes, sous peine que son pronostic vital soit engagé.

Traiter un lymphome chez son chat

Traiter un lymphome chez son chat

Qu’il s’agisse de médicaments, d’interventions chirurgicales ou de radiothérapie, il existe en effet des traitements visant à ralentir la progression du lymphome. Cependant, la chimiothérapie est la solution la plus adaptée, car les chats la supportent mieux que l’Homme. Elle ne guérira pas l'animal, mais peut néanmoins ralentir la maladie : il s’agit d’un traitement palliatif et non curatif. Elle se fait grâce à des médicaments et des injections, prescrites pour une période renouvelable de neuf mois.

 

La chimiothérapie peut entraîner des effets secondaires, tels qu’une perte d’appétit ou de l’insuffisance rénale chez le chat. Elle n’en demeure pas moins efficace dans la majorité des cas, avec un taux de rémission entre 50 et 70 %. La durée de vie de l'animal peut alors être prolongée de 2 mois à 2 ans, en fonction du lymphome et du stade d’avancement de la maladie.

 

Le lymphome du chat

Le coût de la prise en charge du lymphome dépend du type de traitement et de son intensité. Pour les tumeurs ne nécessitant qu’une prise en charge thérapeutique, il est évidemment moins élevé que s’il faut additionner une chirurgie, une chimiothérapie et une radiothérapie, par exemple. Dans ce dernier cas, la facture peut rapidement atteindre quelques milliers d’euros, sachant qu’une séance coûte environ 300 euros.

 

Le lymphome est donc un bon exemple de maladie pour laquelle il peut être pertinent d’avoir pensé à souscrire une assurance ou mutuelle pour chat, sachant que ces très lourdes dépenses seront alors prises en charge par l’assurance. En France, une solution peut également consister à se rapprocher de l’une des quatre écoles vétérinaires qui proposent des traitements et prises en charge à prix réduits. Elles se situent à Nantes, Maisons-Alfort, Lyon et Toulouse.

Comment prévenir le lymphome du chat ?

Comment prévenir le lymphome du chat ?

Du fait de la diversité des causes possibles, le lymphome du chat est extrêmement difficile à prévenir. Néanmoins, quelques précautions peuvent être appliquées dans la vie quotidienne de l’animal : une bonne hygiène de vie, une alimentation saine, de l’exercice et un suivi régulier par un vétérinaire réduisent ses chances de développer un cancer.

 

La stérilisation du chat est également recommandée, car elle permet de limiter les risques de transmission de maladies entre individus, que ce soit par morsure, par voie sexuelle ou par voie sanguine.

Dernière modification : 10/14/2020.