L'asthme du chat : causes, symptômes, traitement, prévention...

L'asthme du chat : causes, symptômes, traitement, prévention...

À l’instar des êtres humains, les chats peuvent souffrir de maladies respiratoires, et même être asthmatiques. Il est important de savoir reconnaître l’asthme chez le chat et de connaître les bons réflexes à adopter en cas de crise d’asthme, car elle peut mettre sa vie en danger.


Qu’est-ce que l’asthme du chat ? Quels sont les causes et les symptômes de l'asthme félin ? Comment fait-on le diagnostic d'un chat asthmatique, et quels sont les traitements disponibles ? Enfin, comment prévenir les crises d’asthme chez le chat ?

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Qu'est-ce que l'asthme du chat ?

Qu'est-ce que l'asthme du chat ?

Egalement appelé bronchite chronique féline ou bronchite allergique féline, l’asthme du chat est une maladie respiratoire d’origine broncho-pulmonaire, qui se manifeste par des crises respiratoires intenses dues à la contraction des muscles des bronches.

 

On estime qu’entre 1 et 5 % des chats souffrent d’asthme. Autrement dit, si le phénomène est loin de toucher une fraction majoritaire de la population féline, il est loin aussi d'être négligeable.

 

Le chat reste toutefois moins affecté que l’Homme. À titre de comparaison, l'asthme touche environ 6 % des humains adultes et 10 % des enfants en France, selon l’Institut de Recherche et Documentation en Economie de la Santé. En Belgique, une publication de l’Agence wallonne pour une Vie de Qualité (AVIQ) estime qu'entre 4 et 7% des adultes souffrent d'asthme. En Suisse, la Ligne Pulmonaire avance un pourcentage de 10% chez les enfants et 7% chez les adultes. Enfin, 8,7 % des Québécois de plus de 12 ans ont reçu un diagnostic d’asthme, selon un rapport de l’Institut de Santé Publique du Québec.

 

L'asthme félin est une maladie sérieuse, qui entraîne non seulement des difficultés respiratoires à court terme, mais qui peut aussi à long terme modifier l’architecture des poumons et occasionner des lésions internes irréversibles.

Les causes de l’asthme du chat

Les causes de l’asthme du chat

L’asthme félin est en fait le symptôme d'une réaction allergique de l'animal à des pneumallergènes, c'est-à-dire des "polluants" environnementaux présents dans l'air.

 

Le système immunitaire d'un chat allergique réagit ainsi de façon excessive au contact de particules allergènes, qu'il identifie à tort comme des ennemis. Autrement dit, l'asthme du chat correspond à une réaction exagérée de l'organisme envers certaines particules de l'air.

 

Les principaux allergènes, c'est à dire substances susceptibles de déclencher une allergie aérienne du chat - et donc une crise d'asthme - sont :

 

  • les acariens et la moisissure : ils sont souvent en cause, car leurs allergènes se retrouvent dans la poussière, sous les lits ou les meubles.

 

  • le pollen : comme pour les humains, toutes les familles de pollen sont une source potentielle d’allergie du chat.

 

  • les produits chimiques et synthétiques : les produits d’entretien, les diffuseurs et autres parfums peuvent dégager des substances volatiles chimiques susceptibles de déclencher des crises d’asthme chez le chat. Cela vaut aussi pour les litières pour chat parfumées, qui sont sans doute agréables pour le maître, mais qui peuvent être à l’origine d’irritations respiratoires de son compagnon.

 

  • la fumée de cigarette : le chat est un animal particulièrement sensible à la fumée de cigarette. Si ses bronches sont fragiles, le tabagisme passif augmente le risque d’asthme.

 

Il faut être conscient qu’à l’instar de ce qu’on constate chez l’être humain, un chat peut devenir allergique à une substance du jour au lendemain, même s’il y a été exposé tout au long de sa vie sans que le moindre problème ne se manifeste.

 

Enfin, il faut savoir que si l’asthme félin est toujours une réaction allergique, les crises peuvent être amplifiées par certains autres facteurs. C'est le cas tout particulièrement de l’embonpoint voire l'obésité, ainsi que du stress du chat, qui peuvent provoquer des infections ou des problèmes respiratoires.

Les chats prédisposés à l'asthme

Les chats prédisposés à l'asthme

L'asthme n'est pas réservé à une catégorie de chats en particulier : tous peuvent être asthmatiques. Néanmoins, du fait de leurs caractéristiques, certains individus sont davantage prédisposés à l'asthme.


Ainsi, si l'affection touche autant les mâles que les femelles, elle semble plus fréquente chez les adultes entre 2 et 8 ans que chez les chatons ou les individus âgés. Les chats qui vivent en intérieur sont aussi davantage susceptibles de développer de l'asthme, car ils subissent une exposition accrue aux allergènes (poussière, acariens, aérosols, etc.).

 

Enfin, certaines races semblent prédisposées à développer de l'asthme, comme le Siamois Thaï, le Colourpoint Shorthair, l'Himalayen et le Mau Egyptien. Cela étant, même si des particularités génétiques font que certains chats ont un appareil respiratoire plus sensible que d’autres, il n’en demeure pas moins que les crises d’asthme sont toujours déclenchées par des allergènes présents dans l'air.

Les symptômes de l'asthme du chat

Les symptômes de l'asthme du chat

L'asthme du chat se manifeste sous forme de crises intermittentes : les symptômes observables chez un chat asthmatique en crise sont des épisodes de toux, des difficultés du chat à respirer et des bruits respiratoires semblables à des inspirations forcées et accélérées ou à des sifflements. Ses manifestations sont donc similaires à celles que l’on constate chez un humain asthmatique.

 

Ces crises sont en fait la conséquence d'un œdème et d'une production excessive de mucus dans les bronches, qui restreignent le flux d’air vers les poumons : le chat respire difficilement, avec parfois la gueule ouverte, la langue pendante et les pupilles dilatées. Il s'allonge alors généralement sur le dos, les pattes en extension, car cette position lui permet d’ouvrir sa cage thoracique et de faciliter l’arrivée d’air dans les poumons.

 

Dans certains cas extrêmes, ses gencives changent de couleur et prennent un ton bleu, ce qui traduit un grave manque d'oxygène dans son organisme. Il a alors besoin d’une attention médicale immédiate, car la détresse respiratoire est une situation d'urgence.

 

En dehors des crises, un chat asthmatique au repos ne présente généralement pas de symptôme particulier. Dans certains cas, une toux sèche peut néanmoins apparaître quelques jours avant les crises.

 

Par ailleurs, dans la mesure où l'asthme félin est en fait une réponse allergique du chat à des particules aériennes (poussière, acariens, etc.), les rechutes sont quasiment inévitables. Pour cette raison, dans la majorité des cas, l'asthme du chat devient chronique et les crises se succèdent à un rythme plus ou moins soutenu, selon son exposition aux allergènes. La toux du chat peut même finir par devenir permanente et de graves complications sont susceptibles d'apparaître, comme des lésions irréversibles au niveau des bronches et des poumons. Le risque de surinfection bactérienne est alors fortement accru.

Le diagnostic de l'asthme du chat

Lorsqu'on suspecte une crise d'asthme chez son chat, il est essentiel de consulter un vétérinaire le plus tôt possible pour établir un diagnostic et entamer un traitement. En effet, si toutes les crises ne constituent pas un cas d'urgence pour la vie du chat, certaines de grande ampleur peuvent provoquer une détresse respiratoire sévère mettant en jeu son pronostic vital.

Le diagnostic de certitude de l'asthme du chat

Le diagnostic de certitude de l'asthme du chat

Divers examens permettent d'établir un diagnostic fiable de l’asthme du chat et d'en déterminer la sévérité :

 

  • une bronchoscopie, qui consiste à explorer les voies respiratoires à l’aide d’une petite caméra positionnée sur un tube flexible ;

 

  • un lavage broncho-alvéolaire (LBA), qui consiste à injecter sous endoscopie une solution saline stérile dans la trachée afin d’identifier le type d’inflammation et mettre en évidence une éventuelle surinfection pulmonaire ;

 

  • une radiographie thoracique, utile pour révéler les éventuelles lésions pulmonaires et bronchiques caractéristiques d'un stade avancé de la maladie.

Le diagnostic différentiel de l'asthme du chat

Le diagnostic différentiel de l'asthme du chat

En l'absence de lésions dans l'appareil respiratoire, l'asthme félin n'est pas toujours facile à diagnostiquer, car ses symptômes ressemblent à ceux d'autres maladies respiratoires.

 

Le vétérinaire procède donc généralement à des examens complémentaires dans le but d'éliminer les autres hypothèses, c'est-à-dire les autres infections possibles : c'est ce qu'on appelle un diagnostic différentiel.

 

Ainsi :

  • faire faire une prise de sang au chat ne conduit pas à diagnostiquer directement l'asthme félin, mais permet en revanche de vérifier le fonctionnement global de l'organisme et de détecter une éventuelle infection respiratoire, qui peut aussi bien avoir été causée par l'asthme qu'en avoir aggravé les crises ;

 

  • un examen des selles du chat permet de repérer l'éventuelle présence d'oeufs de ver du poumon, un parasite interne qui colonise ses bronches et poumons et provoque des difficultés respiratoires ;

 

  • même dans le cas où il n'y a pas de lésion caractéristique de l'asthme, la radiographie du thorax du chat permet d'écarter d'autres maladies, comme une tumeur pulmonaire ou un épanchement pleural (présence anormale de liquide dans les poumons).


Le vétérinaire choisit les examens à réaliser en fonction de la fréquence et de l’intensité des crises, de l’historique médical et du mode de vie de l'animal. Par exemple, s'il vit en appartement, le risque qu'il soit contaminé par le ver du poumon est faible, car ce dernier se contracte en extérieur, par ingestion de proies contaminées (oiseaux, lézards, rongeurs, etc.).

Le traitement de l'asthme du chat

Le traitement de l'asthme du chat se fait selon trois axes complémentaires : un traitement à très court terme pour gérer les crises lorsqu'elles surviennent, un traitement à long terme pour empêcher les complications pulmonaires, et un traitement préventif pour espacer les crises et limiter leur ampleur.

Gérer les crises d'asthme du chat

Gérer les crises d'asthme du chat

Lorsqu'un chat asthmatique fait une crise, il est primordial de ne pas céder à la panique. La première chose à faire consiste à prévenir le vétérinaire de l’arrivée d’un chat en difficulté respiratoire, car une crise sévère peut rapidement constituer une urgence vitale.

 

Tout autre tentative personnelle du maître est fortement déconseillée : pas question d'essayer par ses propres moyens d'aider le chat à respirer ni de pratiquer l'automédication, par exemple en lui donnant un traitement antiasthmatique pour humains comme la Ventoline.

 

Si le trajet jusqu'à la clinique nécessite de conduire un véhicule, l’utilisation d’une caisse de transport pour chat est particulièrement recommandée afin de garantir la sécurité des passagers - plus encore que pour n’importe quel autre voyage en voiture avec son chat -, car sa gêne respiratoire le rend sujet à la panique.

Une fois l’animal pris en charge par le vétérinaire ou le service d'urgence, des médicaments anti-inflammatoires et l’administration d’oxygène sont généralement suffisants pour qu’il retrouve un rythme respiratoire normal en quelques minutes.

Traiter l'asthme du chat sur le long terme

Traiter l'asthme du chat sur le long terme

Sur du plus long terme, le traitement de l’asthme félin consiste à administrer des broncho-dilatateurs au chat afin de faciliter le passage du flux d’air dans ses voies respiratoires et d'éviter une détresse respiratoire en cas de crise. En parallèle, des corticoïdes permettent de limiter l’inflammation interne et d'empêcher l'apparition de lésions pulmonaires irréversibles. Ces corticoïdes sont souvent administrés par voie orale ou par injection, à des doses variables selon les individus.

 

Il existe aussi des chambres d’inhalation, constituées d'un cylindre et d'un petit masque adapté à la forme du museau du chat, qui permettent à celui-ci de respirer des corticoïdes. Cette technique présente l'avantage de limiter le risque d'effets secondaires, car le médicament passe directement dans l'appareil respiratoire sans transiter par le sang, mais elle est limitée par le fait que certains chats supportent mal de respirer dans un masque.

 

Quoi qu'il en soit, un suivi vétérinaire régulier s’impose pour les chats asthmatiques afin d’éviter tout risque d’infection, car l'altération des poumons et des bronches constitue un terreau favorable à la prolifération des bactéries et autres agents pathogènes. Dans le cas d'une surinfection bactérienne (et seulement dans ce cas-là), des antibiotiques sont prescrits, le plus souvent pour une période d’une à trois semaines.


Les traitements contre l’asthme sont généralement pris en charge par l'assurance animaux du chat, à condition toutefois que la maladie soit apparue ultérieurement à la signature du contrat.

La prévention des crises d'asthme du chat

La prévention des crises d'asthme du chat

Les traitements médicaux contre l’asthme du chat permettent de rétablir la situation rapidement en cas de crise et autorisent l'animal à vivre presque normalement, en limitant le risque de complications. Toutefois, ils ne permettent pas de prévenir les crises d'asthme ni d'agir sur l'origine de la maladie, à savoir l'allergie aérienne du chat.

 

Le traitement d'une allergie, quelle qu'elle soit, est toujours délicat. Il nécessite en premier lieu d'identifier avec exactitude l'allergène responsable, pour ensuite le bannir de l'environnement du chat. Or, dans le cas d'une réaction à des particules aériennes, ceci est très rarement applicable : non seulement il est difficile de déterminer avec précision la substance en question (il est même probable qu'il y en ait plusieurs...), mais en plus, il est impensable de parvenir à débarrasser complètement son domicile des acariens, poussières et autres molécules irritantes.

 

On peut tout de même réduire le risque de voir survenir une crise d'asthme du chat en prenant quelques précautions simples. Pour commencer, il est conseillé de limiter l’utilisation de produits volatils, aérosols, parfums et autres substances chimiques pouvant provoquer une allergie aérienne. Mieux vaut donc privilégier des produits de nettoyage naturels pour nettoyer le foyer de manière saine. En parallèle, il faut passer l'aspirateur régulièrement afin d'éliminer les acariens, la poussière et les germes en tous genres. Des filtres à air peuvent aussi être utiles pour purifier l'atmosphère du foyer, en particulier pour les chats vivant exclusivement en intérieur. Il faut aussi s'abstenir de fumer à son domicile, ce qui permet de limiter par la même occasion le tabagisme passif du chat et la diffusion de substances nocives et irritantes pour ses voies respiratoires. Enfin, il convient d'opter pour un matériau de litière pour chat sans parfum, et si possible composé de cristaux de silice, afin d'éviter la production de poussière.

 

Enfin, la désensibilisation d'un chat allergique a pour objectif d'habituer son système immunitaire aux différents allergènes et donc de traiter l'asthme "à la source". Elle ne permet généralement pas de guérir complètement un chat asthmatique, mais elle peut limiter notablement l'ampleur des crises. Toutefois, le procédé étant long, coûteux et complexe à mettre en place dans le cas d'allergies multiples, il est généralement réservé aux chats dont les symptômes sont très prononcés et qui ne sont sensibles qu'à un seul allergène.

Le mot de la fin

Si l’asthme félin est une maladie sérieuse impossible à soigner complètement, elle n'engage généralement pas le pronostic vital du chat si elle est prise en charge à temps.

 

Ainsi, un traitement au long cours assorti d'un suivi régulier chez le vétérinaire et d’une hygiène de vie impeccable permettent à un chat asthmatique de vivre presque normalement, en limitant la récurrence des crises et autres effets indésirables de la maladie.

Dernière modification : 01/29/2020.
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