Hypercorticisme chez le chat : causes, symptômes et traitement

Hypercorticisme chez le chat : causes, symptômes et traitement

L’hypercorticisme du chat est un hyperfonctionnement des glandes surrénales, deux glandes (la cortico-surrénale d’une part, la médullo-surrénale d’autre part) situées sur les reins et qui relâchent des hormones dans le sang. Plus précisément, il correspond à une sécrétion trop importante et prolongée de cortisol l’une des hormones sécrétées par la glande cortico-surrénale.


L’hypercorticisme n’a que deux causes possibles : soit le syndrome de Cushing, soit la maladie de Cushing. Dans un cas comme dans l’autre, les symptômes apparaissent rarement avant l’âge de 11 ans. Apprendre à reconnaître ces derniers est important afin d’être en mesure d’apporter à l’animal touché l’aide appropriée le plus rapidement possible.

Partager
 

Les causes possibles de l’hypercorticisme du chat

Les causes possibles de l’hypercorticisme du chat

L’hypercorticisme peut être causé soit par le syndrome de Cushing, soit par la maladie de Cushing, et cette dernière est de loin la cause la plus courante. Ainsi, dans une étude clinique menée sur 48 chats souffrant d’hypercorticisme, dont les résultats ont été synthétisés au sein d’un article intitulé « Adrenal Disorders in Cats » paru en 1997 dans la revue spécialisée Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, la maladie de Cushing représentait 81% des cas, contre 19% pour le syndrome de Cushing.

 

Quoi qu’il en soit, il est important de les différencier, car ils sont souvent confondus du fait de leur homonymie.

Le syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing peut être provoqué par une tumeur de la glande surrénale ou une prise de médicaments entraînant une sécrétion trop importante de cortisol.

 

Plus précisément, le terme de syndrome de Cushing au sens strict désigne le cas où l’origine du problème se situe directement au niveau de la glande surrénale. Lorsque l'hypercorticisme du chat est dû à la prise d’un médicament, on parle de syndrome de Cushing iatrogène.

 

Les médicaments à l’origine du syndrome de Cushing iatrogène sont généralement à base de corticoïdes ou de progestatifs, comme par exemple ceux utilisés pour arrêter ou prévenir les chaleurs des chattes dans le cadre de la contraception du chat. Bien que l’on puisse suspecter que les chattes prenant de telles pilules soient les plus concernées, il n’existe pas de prédisposition officielle au développement du syndrome de Cushing en fonction du sexe ou de la race du chat.

La maladie de Cushing

La maladie de Cushing

L’hypophyse (ou glande hypophysaire) est une glande endocrine (c’est-à-dire un organe ayant pour fonction de sécréter des hormones, qui sont ensuite diffusées dans le sang) située à la base du crâne, et contrôle la glande surrénale. Parmi les hormones secrétées par l’hypophyse figure l’ACTH (Adréno Cortico Trophic Hormone), directement impliquée dans la production de cortisol.

 

La maladie de Cushing correspond à une tumeur de l’hypophyse, et conduit cette dernière à fabriquer de l’ACTH en quantité excessive. Comme le syndrome de Cushing, elle correspond donc à un dérèglement hormonal, mais causé par une tumeur de l’hypophyse, et non de la glande surrénale elle-même.

Les symptômes de l’hypercorticisme du chat

© Advetia.blog
© Advetia.blog

Les symptômes de l’hypercorticisme sont variables et relativement difficiles à repérer, car il est rare qu’un chat les présente tous. Néanmoins, quelle qu’en soit la cause, certains signes reviennent fréquemment. Une étude clinique menée sur 40 chats souffrant d’hypercorticisme, dont les résultats ont été synthétisés au sein d’un article intitulé « Adrenal Disorders in Cats » paru en 1997 dans la revue spécialisée Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, fait ainsi état des symptômes suivants :

  • une augmentation de la soif (polyuro-polydipsie) dans 93% des cas ;
  • une distension du ventre dans 85% des cas ;
  • une augmentation de l’appétit dans 73% des cas ;
  • une hyper fragilité cutanée (peau plus fine) dans 53% des cas ;
  • une cicatrisation difficile ;
  • une perte de poils de part et d’autre du corps et d’aspect symétrique ;
  • une fatigue chronique.

 

Outre les symptômes précédemment cités, un hypercorticisme non diagnostiqué à temps peut parfois déclencher un diabète sucré du chat, car il peut avoir un effet diabétogène. Ce diabète est alors une conséquence et un symptôme de l’hypercorticisme.

Le diagnostic de l’hypercorticisme du chat

Le diagnostic de l’hypercorticisme du chat

Si un chat présente quelques-uns, - voire l’intégralité - des symptômes précédemment cités, il est impératif de l’emmener voir un vétérinaire afin qu’un diagnostic soit établi.

 

Toutefois, diagnostiquer l’hypercorticisme du chat - c’est-à-dire soit le syndrome de Cushing, soit la maladie de Cushing - est assez difficile, car les examens biologiques habituellement utilisés chez le chien (animal souffrant plus fréquemment de ces pathologies) sont moins efficaces. Le vétérinaire doit donc établir un diagnostic différentiel rigoureux, de manière à être sûr de bien identifier la maladie, étant donné que plusieurs autres pathologies peuvent présenter les mêmes symptômes. Pour ce faire, il doit explorer les causes expliquant la polyuro-polydipsie (c’est-à-dire l’augmentation de la soif) et faire effectuer une ou plusieurs biopsies cutanées (c’est-à-dire des prélèvements d’un fragment de tissu en vue d’un examen au microscope).

 

Une fois l’hypercorticisme confirmé, il est nécessaire de déterminer s’il est d’origine hypophysaire (maladie de Cushing) ou surrénale (syndrome de Cushing).

 

Si jamais le syndrome de Cushing iatrogène (c’est-à-dire dû à la prise d’un médicament) est suspecté, un test ACTH s’impose. Le test de stimulation à l’ACTH (aussi appelé le test au Synacthène) permet d’évaluer le fonctionnement des glandes surrénales. Il implique une injection d'hormones adrénocorticotropiques synthétiques (c’est-à-dire d’hormones ACTH) et de mesurer la quantité de cortisol que les glandes surrénales sécrètent en réponse.

 

Dans le cas contraire, c’est-à-dire s’il soupçonne plutôt le syndrome de Cushing au sens strict ou bien la maladie de Cushing, le vétérinaire privilégie généralement l’utilisation du Rapport Cortisol Créatinine Urinaire (RCCU) et les biopsies. Le RCCU est un examen impliquant de récolter l’urine du chat stérilement afin qu’elle soit centrifugée et confiée à un laboratoire. Il permet de déterminer un dysfonctionnement de l’hypophyse ainsi que la présence d’une tumeur, qu’elle soit située au niveau de l’hypophyse maladie de Cushing) ou de la glande surrénale (syndrome de Cushing au sens strict).

Le traitement de l’hypercorticisme chez le chat

Le traitement de l’hypercorticisme chez le chat

La manière de soigner un chat atteint d’hypercorticisme dépend bien sûr de la cause de cette dernière.

 

Si une tumeur unilatérale (une seule glande surrénale sur deux est touchée) de la glande surrénale est diagnostiquée (syndrome de Cushing) et qu’il n’y a pas de signes de métastase, le traitement idéal est chirurgical et implique une surrénalectomie, c’est-à-dire le retrait de la glande surrénale touchée. Il peut arriver toutefois que la tumeur soit inopérable ; dans ce cas, il est possible de se rabattre vers un traitement médicamenteux à base de trilostane, une molécule diminuant la production de cortisol.

 

Dans le cas où c’est au niveau de l’hypophyse qu’une tumeur a été diagnostiquée, c’est-à-dire que le chat souffre de la maladie de Cushing, on peut soit traiter les symptômes avec du trilostane, soit effectuer une surrénalectomie bilatérale, c’est-à-dire une opération consistant à retirer les deux glandes surrénales. Cette dernière option est généralement la plus appropriée. Néanmoins, en mettant fin de manière radicale à l’hypercorticisme, elle peut parfois signifier le début d’une autre maladie. En effet, les chats sans glandes surrénales peuvent souffrir de crises addisoniennes (maladie d’Addison), c’est-à-dire d’hypocorticisme, l’exact opposé de l’hypercorticisme. Afin d’éviter l’apparition de telles crises à la suite de l’opération de retrait des glandes surrénales, le vétérinaire peut administrer au chat de la prednisolone (des corticoïdes synthétiques) à faible dose toutes les 3 semaines, pendant une période variable.

 

Enfin, dans le cas où le chat souffre du syndrome de Cushing iatrogène, la source n’est pas une tumeur, et la chirurgie n’est donc pas une option. La priorité est alors d’identifier le médicament responsable de l’augmentation de cortisol, et d’en stopper la prise. Dans un second temps, un traitement à base de trilostane peut être prescrit pendant quelques semaines ou quelques mois afin de faire diminuer le taux de cortisol dans l’organisme et le réguler.

 

Quel que soit le cas de figure (maladie de Cushing, syndrome de Cushing au sens strict ou syndrome de Cushing iatrogène), les différents traitements peuvent être partiellement ou totalement pris en charge par l’assurance ou la mutuelle, sous réserve que le maître ait pris soins de souscrire une assurance santé pour son chat.

L’espérance de vie d’un chat atteint d’hypercorticisme

L’espérance de vie d’un chat atteint d’hypercorticisme

L’espérance de vie d’un chat souffrant d’hypercorticisme dépend de la cause sous-jacente.

 

Qu’elle se situe au niveau de l’hypophyse ou au niveau de la glande surrénale, si une tumeur avec métastases est diagnostiquée, le pronostic vital du chat est engagé, et son espérance de vie se voit grandement réduite. De fait, un chat souffrant d’une tumeur inopérable avec métastases est souvent euthanasié dans le mois suivant le diagnostic.

 

Si, en revanche, la tumeur est diagnostiquée sans métastases, la chirurgie autorise un pronostic positif et peut permettre une rémission complète.

 

Dans le cas de la maladie de Cushing (tumeur au niveau de l’hypophyse), si la chirurgie est possible et fonctionne, le risque le plus grand est de voir l’animal souffrir de la maladie d’Addison à la suite de l’ablation de ses deux glandes surrénales. Cette dernière n’est pas mortelle, mais implique l’administration d’hormones à vie. Si la chirurgie est impossible, un traitement médicamenteux est prescrit, mais les chances de réussite sont moindres, et le risque de voir la tumeur évoluer plus important.

 

Enfin, en ce qui concerne le syndrome de Cushing iatrogène, les chances de voir l’animal se remettre totalement sont élevées.

Le mot de la fin

L’hypercorticisme est un trouble relativement rare chez le chat et peu connu du grand public. Même les professionnels du secteur n’en ont souvent qu’une connaissance limitée, car elle ne fait l’objet d’études scientifiques que depuis la fin des années 90. Ainsi, certains vétérinaires peuvent ne pas être en mesure de la reconnaître.

 

La gravité du syndrome ou de la maladie de Cushing chez le chat dépend toujours de la cause. Ainsi, une tumeur peut être bénigne ou maligne, avec métastases ou sans, etc, ce qui fait que l’hypercorticisme peut s’avérer dans certains cas facile à soigner, et dans d’autres cas mortel. Il convient toutefois de garder en tête que seuls les chats âgés sont touchés par cette pathologie.

 

En tout cas, quelle que soit la cause sous-jacente et comme pour toute maladie, plus le diagnostic est précoce, plus l’animal a de chances de bien s’en remettre.

Dernière modification : 03/21/2020.
Reproduction interdite sans autorisation.