Stérilisation, castration... : faire stériliser son chat

Stérilisation, castration... : faire stériliser son chat

La prolifération féline est devenu un véritable enjeu à travers le monde. Le principal responsable est le mauvais comportement des maîtres, qui ne font pas toujours stériliser leurs animaux et les laissent se reproduire de manière incontrôlée. De fait, la stérilisation continue de diviser, entre ceux qui la voient comme une solution et les autres comme un acte répréhensible.


Quels sont les avantages et les inconvénients de la stérilisation du chat ? Combien cela coûte-t-il ? À quel âge faut-il faire stériliser son chat ?

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Qu'est-ce que la stérilisation ?

Qu'est-ce que la stérilisation ?

La stérilisation est une opération consistant à rendre un animal stérile (c'est-à-dire incapable de se reproduire), en lui retirant tout ou partie de ses organes reproducteurs. Il s'agit donc d'un moyen de contraception, mais qui présente la particularité d'être irréversible.
 
Elle concerne théoriquement tous les individus quel que soit leur genre, même si dans la pratique, il n'est pas rare de parler plutôt de castration pour les mâles. Les animaux non stérilisés sont couramment appelés "entiers", puisqu'ils possèdent encore leurs organes reproducteurs.
 
La stérilisation des animaux de compagnie continue de faire débat dans les sociétés occidentales. Pour certains, notamment les associations de protection animale, elle constitue une solution efficace pour lutter contre les abandons et la surpopulation dans les refuges. Pour un certain nombre de maîtres en revanche, elle est plutôt vue comme coûteuse, inutile et/ou mutilante.

Pourquoi faire stériliser son chat ?

La stérilisation d'un chat présente de nombreux avantages, non seulement pour le maître, mais aussi et surtout pour l'animal lui-même.

Limiter la prolifération des chats

Limiter la prolifération des chats

Le but premier de la stérilisation des chats est de lutter contre leur prolifération incontrôlée. En effet, une femelle entière peut avoir en moyenne 2 ou 3 portées par an, et autour de 5 petits par portée : elle peut donc, à elle seule, donner naissance à plusieurs centaines de chatons au cours de sa vie. Les maîtres n'ayant pas anticipé cette situation se retrouvent donc rapidement dépassés par les évènements et ne savent pas quoi faire de tous ces petits félins : ils peuvent finir par les abandonner dans la nature ou un refuge, voire les tuer pour s'en débarrasser...

 

Les refuges animaliers ne cessent donc de tirer la sonnette d'alarme à ce sujet, que ce soit en France, en Belgique, en Suisse, au Canada ou dans nombre d'autres pays du monde. En France par exemple, la Société de Protection des Animaux (SPA) indiquait en 2018 que près de la moitié des chats recueillis par ses soins étaient âgés de moins de 6 mois. La plupart sont le fruit de portées non désirées par des maîtres n'ayant pas fait stériliser leur animal, et qui abandonnent leur progéniture faute de parvenir à trouver un adoptant pour chaque petite boule de poils...

 

La prolifération incontrôlée des félins pose également des problèmes de biodiversité. En effet, il est estimé que les chats domestiques en France seraient responsables de la mort de plusieurs dizaines de millions d'oiseaux chaque année. Aux Etats-Unis, plusieurs milliards de petits animaux succomberaient tous les ans sous les griffes et les dents des matous domestiques. En Australie, l'introduction du chat domestique aurait causé l'extinction d'une vingtaine d'espèces de mammifères endémiques de l'île.

Réduire le nombre de bagarres

Réduire le nombre de bagarres

Comme les autres félins, les chats sont naturellement des animaux territoriaux : ils n'apprécient donc pas d'avoir à partager leurs domaines... et les femelles.

 

C'est ainsi que l'on peut couramment voir, du début du printemps au milieu de l'automne, des conflits impressionnants entre mâles entiers pour obtenir les faveurs d'une chatte en chaleur. Ces combats sont susceptibles de conduire à des blessures parfois graves (les blessures à l'oeil sont par exemple très fréquentes chez les chats entiers), mais aussi à des infections et des maladies. On peut citer notamment la rage, qui se transmet par simple morsure d'un animal malade et qui conduit immanquablement à la mort en quelques semaines.

 

Les bagarres sont bien plus courants et violents entre mâles, mais les femelles se battent aussi pendant cette période. Elles ne sont donc pas à l'abri de recevoir un mauvais coup de griffe ou de dent.

Réduire le risque de maladies

Réduire le risque de maladies

Comme chez l'être humain, il existe chez le chat ce que l'on appelle des maladies sexuellement transmissibles. Les principales sont la leucose féline (FeLV) et le sida du chat (FIV). Toutes deux sont incurables et même mortelles. Même si elles peuvent se transmettre par le biais de morsures par exemple, les animaux non stérilisés ont plus de chances d'être contaminés par leurs partenaires de fortune, puisqu'ils se reproduisent et qu'ils sont de surcroît davantage portés sur la bagarre.

 

De plus, du fait de leurs sécrétions hormonales, les chats entiers sont prédisposés à toutes sortes d'affections de l'appareil reproducteur. On peut citer parmi elles les kystes sur les ovaires, les tumeurs mammaires, ovariennes ou testiculaires, les infections de l'utérus...

 

Toutes ces raisons font que les chats entiers vivent généralement un peu moins longtemps que ceux stérilisés, d'après un sondage réalisé par Opinionway en 2019 pour le compte de la SPA auprès de 1000 propriétaires et 100 vétérinaires français. Pour les femelles, l'écart d'espérance de vie est de l'ordre de 6 mois. Pour les mâles en revanche, il est de quasiment 2 ans, ce qui est loin d'être négligeable.

Réduire les comportements désagréables

Réduire les comportements désagréables

Mâle comme femelle adoptent, pendant les périodes de chaleurs, des comportements désagréables pour le maître :

  • ils fuguent parfois pendant plusieurs jours pour trouver l'âme soeur ;
  • ils marquent abondamment leur territoire avec des griffures et des jets d'urine odorants pour signaler leur disponibilité à leurs congénères du voisinage ;
  • ils miaulent de manière incessante ;
  • les femelles deviennent aussi très câlines voire collantes. Elles se frottent partout, y compris contre les jambes de leur famille, et réclament en permanence leur attention.

 

Ces comportements sont désagréables pour le maître, mais aussi pour les voisins, que l'exaspération peut conduire à finir par se montrer agressifs envers ces animaux.

Réduire le risque de dépression

Réduire le risque de dépression

Nombreux sont ceux qui voient la stérilisation du chat comme une mutilation et qui se montrent donc réfractaires à l'idée de l'appliquer à leur animal, en particulier si celui-ci n'a pas d'accès à l'extérieur et n'a donc pas de risque de se reproduire.

 

Il faut toutefois savoir que l'impossibilité pour un mâle entier ou pour une femelle en chaleur de ne pas pouvoir s'accoupler constitue un stress important. Si cela se produit ponctuellement, ce stress n'a pas de conséquence particulière. En revanche, s'il n'a jamais l'occasion de rencontrer des partenaires, il peut finir par développer un stress chronique, se montrer agressif envers son entourage et même devenir dépressif. Le risque de dépression du chat est globalement plus élevé chez les femelles que chez les mâles.

Stérilisation des chats : stop aux idées reçues

Si nombre de maîtres sont toujours réticents à l'idée de sauter le pas et à faire stériliser leur animal, c'est parce qu'en dépit de ses nombreux avantages, des idées reçues sur les chats persistent. Parmi les plus courantes, on peut citer les suivantes.

La stérilisation rend le chat obèse

La stérilisation rend le chat obèse

L'idée selon laquelle un chat stérilisé devient forcément gros voire obèse a décidément la peau dure.

 

L'explication derrière cette croyance tient au fait qu'en effet, les animaux entiers sont plus actifs et font plus d'activité au quotidien, tandis que ceux opérés deviennent plus casaniers. Par conséquent, si l'alimentation reste la même avant et après l'opération, un déséquilibre s'opère, et l'animal peut prendre du poids. C'est le même phénomène qui se produit lorsqu'on continue à nourrir un chat âgé avec une alimentation pour adulte, alors que leurs niveaux d'exercice et leurs besoins sont différents.

 

Mais il n'y a aucune fatalité : il suffit d'adapter l'alimentation aux nouveaux besoins nutritionnels de l'animal pour que tout rentre dans l'ordre.

La stérilisation est inutile pour les mâles

La stérilisation est inutile pour les mâles

Beaucoup de maîtres croient encore que la stérilisation n'a comme seul intérêt que d'éviter de se retrouver avec des portées non désirées à la maison, et que par conséquent, faire castrer un chat mâle ne sert à rien.

 

Or, dans la pratique, les mâles entiers se battent beaucoup plus que les autres, et ont donc toutes les chances de se blesser ou de blesser leurs congénères. Ils sont aussi davantage susceptibles de contracter des maladies à force de se battre ou de s'accoupler avec des femelles. Comme enfin ils passent plus de temps en extérieur et ont des territoires plus grands que leurs congénères, ils sont plus exposés aux risques d'accidents, notamment aux collisions avec des véhicules.

Les chats stérilisés sont malheureux

Les chats stérilisés sont malheureux

Nombre de personnes associent - à tort - la stérilisation à une mutilation, et donc à un acte de cruauté. Ces gens s'imaginent donc, par anthropomorphisme bien souvent, qu'un chat stérilisé est forcément malheureux, a fortiori s'il n'a jamais eu de petits avant d'être opéré.

 

Or, contrairement à l'être humain, les animaux n'ont pas de désir de maternité ou de descendance. En fait, ils ne se projettent pas dans le futur, et vivent dans l'instant présent. Leur comportement pendant la saison des amours est simplement lié à la sécrétion d'hormones sexuelles par leurs organes reproducteurs.

 

D'ailleurs, en dehors des périodes de chaleurs, la chatte n'a aucun comportement reproducteur, ni envie d'avoir une progéniture. Il n'est donc pas nécessaire d'attendre qu'elle ait mis bas une première fois avant de se décider à la faire opérer, comme cela se voit encore parfois.

Les chats stérilisés changent de caractère

Les chats stérilisés changent de caractère

S'il est vrai que les chats stérilisés ont tendance à se comporter différemment, ils ne changent en rien de caractère. Cette impression vient du fait qu'effectivement, ils passent moins de temps en extérieur, sont moins bruyants et semblent moins actifs.

 

En réalité, seul le comportement lié à la reproduction (fugues, bagarres, miaulements, agressivité...) disparaît avec l'opération. Le reste du temps, l'animal se comporte comme à son habitude : il reste joueur s'il avait l'habitude de jouer beaucoup, il continue à paresser s'il aimait déjà traîner sur le canapé, il réclame toujours des câlins s'il était déjà affectueux, etc. Aucun risque donc de se retrouver avec un matou méconnaissable après la stérilisation !

Un stérilisation précoce engendre un retard de croissance

Un stérilisation précoce engendre un retard de croissance

Une autre idée reçue sur la stérilisation consiste à croire qu'elle conduit à des retards de croissance si elle est pratiquée avant l'âge adulte. Or, il n'en est rien.

 

C'est même plutôt le contraire : la stérilisation des femelles est préconisée avant la puberté et l'apparition des premières chaleurs, afin de réduire au maximum les chances qu'elle développe des tumeurs mammaires et/ou des infections utérines. Cela étant, une stérilisation tardive reste toujours préférable à pas de stérilisation du tout.

Stériliser un chat déjà adulte ne sert plus à rien

Stériliser un chat déjà adulte ne sert plus à rien

S'il est vrai qu'il est préférable de stériliser un chaton plutôt qu'un adulte, il n'y a en réalité pas vraiment d'âge limite au-delà duquel la stérilisation n'a plus d'intérêt.

 

En effet, contrairement à la femme, il n'existe pas de ménopause chez la chatte : celle-ci peut donc continuer à se reproduire jusqu'à la fin de sa vie, à peu de choses près. Cela étant, les risques de gestation compliquée augmentent avec l'âge, tout comme celui d'avortements spontanés et de petits morts-nés. La grossesse, la mise bas et même l'allaitement sont d'ailleurs des moments éprouvants pour la mère, qui vit mieux ces étapes tant qu'elle est jeune et en bonne santé, plutôt qu'à 15 ou 16 ans...

 

De plus, les chances qu'un chat développe des tumeurs mammaires, des infections utérines et/ou des cancers des testicules augmente avec l'âge : s'il développe une de ces maladies, l'opération chirurgicale est quasiment inévitable. Or, un vieil animal récupère naturellement moins bien à la suite d'une intervention aussi lourde. Il peut même, selon son âge et son état de santé, ne pas être opérable et donc ne pas être soignable. Par conséquent, mieux vaut anticiper et faire opérer son chat tant qu'il est encore en forme, plutôt qu'en urgence parce qu'il souffre d'une grave infection ou d'une tumeur maligne qui menace sa vie.

Quand faire stériliser son chat ?

Quand faire stériliser son chat ?

La stérilisation du chat est généralement possible dès l'âge d'environ 6 mois, une fois que les organes reproducteurs de l'animal sont bien formés. À partir de ce moment-ci, l'opération peut ensuite être pratiquée n'importe quand, en fonction des préférences du maître.

 

Il est toutefois généralement conseillé de faire stériliser son chat le plus tôt possible, et ce pour plusieurs raisons :

 

  • le risque de tumeurs mammaires est considérablement réduit si la stérilisation est pratiquée avant les premières portées, et même si possible avant les premières chaleurs. Ainsi, d'après l'American College of Veterinary Surgeons (ACVS), les chats stérilisés avant l'âge de 6 mois ont un risque sept fois moindre de développer une tumeur mammaire, alors que ce même risque n'est divisé "que" par deux dans le cas d'une intervention à l'âge adulte ;

 

  • la puberté du chat marque le début de son activité sexuelle : c'est à ce moment-là qu'il commence à chercher à s'accoupler, et donc qu'il est pris dans des bagarres avec des congénères. Plus la stérilisation est pratiquée tard, plus il a de chances dans l'intermède de contracter des maladies et de revenir blessé de ses escapades nocturnes ;

 

  • la puberté est aussi le moment où il commence à adopter des comportements jugés gênants par le maître et son entourage. Plus tôt son activité amoureuse est interrompue, plus il a de chances de perdre ces mauvaises habitudes, qui ne font pas encore partie de son quotidien. À l'inverse, plus la stérilisation est effectuée tard, moins il est susceptible de retrouver un comportement normal. Ceci est encore plus vrai pour les mâles que pour les femelles.

 

Pour toutes ces raisons, il est préférable de faire stériliser son chat le plus tôt possible, idéalement avant le 6ème ou 7ème mois, si bien sûr le maître ne souhaite pas le faire reproduire.

Les techniques de stérilisation du chat

Il existe plusieurs techniques de stérilisation des chats, aussi bien pour les mâles que pour les femelles. Chacune présente des avantages et des inconvénients.

L'ovariectomie, ou ablation des ovaires de la chatte

L'ovariectomie, ou ablation des ovaires de la chatte

La technique de stérilisation la plus courante pour la chatte est l'ovariectomie, ou ablation des ovaires.
 
Cette opération se pratique sous anesthésie générale. La chatte doit être à jeun au moment de l'intervention et est endormie par une piqûre anesthésiante. Des incisions sont ensuite pratiquées soit au niveau de chaque flanc, soit en-dessous du nombril, afin de retirer les ovaires. L'utérus peut également être enlevé à la même occasion, si la femelle est pleine (il s'agit alors d'un avortement) ou si elle souffre d'une maladie utérine. Les entailles sont ensuite refermées à l'aide de quelques points de suture.
 
L'ovariectomie n'est pas une opération très lourde, même si elle se pratique sous anesthésie générale. Dès son réveil, la chatte stérilisée peut immédiatement reprendre son mode de vie habituel. Des anti-douleurs et/ou anti-inflammatoires sont souvent prescrits pendant quelques jours afin de lui éviter de souffrir des conséquences de l'intervention. Equiper son chat d'une collerette peut être nécessaire pour l'empêcher de se lécher au niveau des plaies et d'arracher ses points de suture. Ces derniers sont généralement retirés une dizaine de jours après l'intervention.
 
Le prix pour l'ovariectomie d'une chatte est généralement compris entre 100 et 150 euros. Elle peut être pratiquée dès l'apparition des premières chaleurs, donc autour de l'âge de 6 mois. Il n'y a cependant aucune obligation la réaliser aussi tôt : elle peut être effectuée à n'importe quel moment de sa vie d'adulte, si par exemple le maître souhaite d'abord la faire se reproduire.

La castration, ou ablation des testicules du chat mâle

La castration, ou ablation des testicules du chat mâle

La castration du chat mâle consiste à lui retirer les testicules.

 

L'opération se déroule sous anesthésie générale. Elle ne nécessite qu'une petite incision au niveau de la peau entourant les testicules du chat (le scrotum) : ces derniers sont ensuite retirés et les vaisseaux attenants ligaturés. L'intervention est simple, rapide, et beaucoup moins invasive que l'ovariectomie chez la femelle, pour qui l'incision de l'abdomen est indispensable. Elle ne nécessite pas de points de suture, et des anti-douleurs sont rarement nécessaires.

 

Le prix pour la castration d'un chat est généralement compris entre 50 et 100 euros selon les cabinets vétérinaires. L'opération peut être pratiquée dès que le chaton a 6 mois, mais il est généralement conseillé d'attendre que ce dernier soit complètement formé, vers 8 ou 9 mois.

La ligature des trompes de la chatte

La ligature des trompes de la chatte

La ligature des trompes est une opération chirurgicale qui, comme son nom l'indique, consiste à nouer voire à sectionner les trompes reliant les ovaires à l'utérus de la chatte afin d'empêcher les gestations. Elle se fait sous anesthésie générale, mais ne nécessite qu'une petite incision au niveau de l'abdomen. Les organes reproducteurs ne sont pas retirés, ce qui en fait une méthode de stérilisation beaucoup moins lourde que l'ovariectomie.

 

La ligature des trompes est très pratiquée comme moyen de contraception chez les êtres humains, mais présente très peu d'intérêt pour les animaux. En effet, comme la vasectomie, elle supprime le risque de gestation, mais ne change rien à la sécrétion des hormones sexuelles des femelles. Ces dernières conservent donc le même comportement qu'avant la stérilisation : elles miaulent en permanence, se montrent pots de colle, cherchent à se reproduire... Le risque de maladies n'est pas non plus réduit, puisque les bagarres et saillies ne sont pas moins fréquentes. Enfin, contrairement à ce qu'il est possible de faire chez la femme, cette opération n'est pas réversible chez les animaux : il n'est donc pas possible de "dénouer" les trompes pour permettre à la femelle d'avoir finalement une portée.

 

Le prix pour ligaturer les trompes d'une chatte est de l'ordre d'une centaine d'euros.

La vasectomie du chat mâle

La vasectomie du chat mâle

La vasectomie est une autre méthode de stérilisation du chat mâle. Elle vise à ligaturer les canaux déférents afin d'empêcher l'émission de spermatozoïdes lors de l'accouplement.

 

La vasectomie est moins invasive que la castration, puisque les testicules ne sont pas retirés. Elle présente toutefois l'inconvénient de ne pas supprimer la sécrétion des hormones sexuelles et les comportements correspondants. Le chat stérilisé se comporte donc comme un mâle entier : il court après les femelles, marque son territoire, se bagarre avec ses congénères... Pour cette raison, cette méthode est très peu utilisée chez les animaux domestiques.

 

Le prix pour faire faire une vasectomie à son chat est en effet compris entre 50 et 100 euros. Elle n'est donc pas moins chère que la castration, qui présente pourtant plus d'avantages.

Prendre soin d'un chat stérilisé

Prendre soin d'un chat stérilisé n'est pas très compliqué, car peu de choses changent entre avant et après l'opération. Trois points en particulier doivent attirer l'attention du maître.

Les soins post-opératoires du chat

Les soins post-opératoires du chat

La stérilisation du chat se pratique sous anesthésie générale. Il s'agit donc d'une opération plus ou moins lourde, qui peut être plus ou moins bien supportée par les individus en fonction de leur âge et leur état de santé. Il faut donc les accompagner dans leur récupération.

 

Juste après son réveil de l'anesthésie, il est possible que l'animal soit un peu désorienté et/ou endormi, le temps que le produit cesse de faire totalement effet. Mieux vaut donc le garder en intérieur, bien au chaud, dans un endroit sécurisé, car il peut avoir un peu de mal à se repérer et pourrait se faire mal en tenant mal sur ses appuis. En quelques heures, il devrait avoir retrouvé la forme et tous ses sens.

 

En revanche, des douleurs post-opératoires peuvent persister, en particulier chez les femelles, pour qui l'intervention est plus lourde et invasive. Le vétérinaire peut alors prescrire des anti-douleurs et/ou anti-inflammatoires pendant quelques jours. Le port d'un collier élisabéthain pour chat peut également être utile s'il a tendance à se lécher, car il existe alors un risque que l'incision se rouvre ou que les points de suture soient arrachés. Mieux vaut alors lui éviter de sortir sans surveillance pendant cette durée, car la collerette pourrait le gêner dans ses déplacements en extérieur.

Réduire les apports alimentaires du chat stérilisé

Réduire les apports alimentaires du chat stérilisé

Les chats stérilisés se montrent moins actifs que leurs congénères entiers : ils deviennent plus casaniers, passent moins de temps en extérieur, parcourent un territoire moins grand chaque jour... En parallèle, ils peuvent voir leur appétit augmenter. Ces deux facteurs combinés conduisent souvent à une prise de poids, en tout cas si rien n'est fait côté alimentation.

 

Par conséquent, la stérilisation d'un chat, quel qu'il soit, doit s'accompagner dès les jours qui suivent d'une modification de son alimentation, afin de réduire les apports énergétiques et d'adapter sa ration à ses nouveaux besoins. La meilleure chose à faire consiste à lui fournir des aliments spécialement conçus pour les chats stérilisés : ils contiennent tous les nutriments nécessaires, ainsi qu'une part réduite en lipides afin d'éviter les prises de poids. Dans le cas d'une alimentation maison, mieux vaut se tourner vers un vétérinaire afin d'adapter correctement la ration.

 

Quoi qu'il en soit, une modification progressive de l'alimentation du chat est cruciale afin de ménager son appareil digestif fragile. À défaut, il pourrait souffrir de problèmes digestifs tels que des ballonnements, des flatulences et/ou des diarrhées.

Limiter les problèmes urinaires

Limiter les problèmes urinaires

En plus d'un changement des besoins alimentaires et énergétiques du chat, la stérilisation modifie ses habitudes urinaires. Un chat stérilisé a ainsi tendance à moins uriner, ce qui augmente le risque d'infections et de calculs, auxquels les félins sont déjà naturellement prédisposés.

 

Pour limiter ce risque, plusieurs pistes complémentaires peuvent être envisagées :

 

  • privilégier les pâtées et sachets fraîcheur aux croquettes, car ces dernières sont très sèches et contiennent très peu d'eau. Les aliments humides présentent aussi l'avantage d'être plus volumineux et donc plus rassasiants, ce qui limite du même coup le risque de surpoids ;

 

  • veiller à ce qu'il ait toujours à sa disposition de l'eau claire et propre, et surveiller sa boisson et ses urines, afin de s'assurer qu'il se soulage suffisamment ;

 

  • privilégier les aliments de qualité premium : les produits bas de gamme contiennent en effet peu de viande et beaucoup de végétaux afin de réduire les coûts. Un chat nourri de cette façon produit donc des urines moins acides, ce qui se traduit par un risque accru d'infections et de calculs.

Les alternatives à la stérilisation

Les alternatives à la stérilisation

Pour ceux qui ne souhaitent pas faire stériliser leur chat, mais qui veulent tout de même éviter de se retrouver avec des flopées de petites boules de poils, il est possible de recourir à d'autres méthodes.

 

À ce jour, il existe trois autres moyens de contraception chez la chatte :

  • la pilule contraceptive, qui supprime ou retarde le cycle en cours ;
  • les injections hormonales, qui bloquent le cycle de la femelle pendant 6 à 8 mois ;
  • l'implant contraceptif, qui se place sous la peau et diffuse des hormones bloquants le cycle menstruel.

 

Dans les trois cas, il ne s'agit que de solutions ponctuelles, qui doivent être utilisées à court terme : en effet, ces contraceptifs sont dangereux pour la chatte et peuvent déclencher des maladies graves (des tumeurs et des infections utérines notamment) s'ils sont utilisés trop souvent et/ou trop longtemps.

 

Enfin, en dernier recours, il est toujours possible de faire avorter une chatte si celle-ci se retrouve pleine, soit par une opération chirurgicale (la femelle est donc stérilisée en même temps), soit par un traitement médicamenteux si la gestation n'en est encore qu'au tout début. Mais dans un cas comme dans l'autre, il s'agit de traitements lourds, risqués et onéreux : ils ne sont donc à utiliser qu'en dernier recours.

Faut-il rendre obligatoire la stérilisation des chats ?

Faut-il rendre obligatoire la stérilisation des chats ?

Faut-il rendre obligatoire la stérilisation des chats ? La question peut paraître surprenante compte tenu des craintes qu'elle continue de susciter auprès des maîtres.

 

Pourtant, nombre de pays l'envisagent sérieusement, faute de trouver une solution satisfaisante à l'épineuse question de la prolifération féline. Dans la mesure où une bonne partie des animaux abandonnés dans des refuges sont le fait de portées non désirées, les associations de protection animale voient également cette idée d'un bon oeil et même interpellent les autorités pour que l'opération soit rendue obligatoire. Quant aux vétérinaires, ils sont surtout sensibles aux bienfaits de la stérilisation sur la santé des petits félins.

La loi sur la stérilisation en Belgique

La loi sur la stérilisation en Belgique

En Belgique, la stérilisation des chats a été rendue obligatoire, d'abord en Wallonie du fait de l'arrêté du 15 décembre 2016 relatif à la stérilisation des chats domestiques, puis à Bruxelles Capitale et en Flandre depuis 2018.

 

La loi prévoit que tout particulier possédant un chat doit le faire stériliser avant l'âge de 5 mois en Flandre, et de 6 mois ailleurs dans le pays. Il est également désormais interdit de donner ou vendre un chat qui n'a pas été stérilisé au préalable. Seuls les éleveurs agréés bénéficient d'une dérogation à cette règle.

 

La loi pourra ensuite être assouplie si le nombre de chats errants ou abandonnés diminue drastiquement dans les années à venir.

La loi sur la stérilisation en France

La loi sur la stérilisation en France

À l'heure actuelle, seule la Belgique a légiféré dans ce sens en Europe, mais elle inspire tout de même ses voisins.

 

Une proposition de loi avait été faite en France en 2016, pour finalement ne pas être adoptée. Une autre proposition française a été faite en juillet 2020, visant cette fois uniquement les chats dits "libres", c'est-à-dire n'ayant pas de propriétaire.

La loi sur la stérilisation en Suisse

La loi sur la stérilisation en Suisse

En Suisse, la stérilisation des chats domestiques n'est pas non plus obligatoire à l'heure actuelle.

 

L'article 25 de l'ordonnance sur la protection des animaux stipule toutefois que les propriétaires d'animaux domestiques doivent tout maître en oeuvre pour empêcher leur reproduction excessive.

 

La commission de la science du Conseil national suisse avait également adopté une loi en 2019 afin d'imposer la stérilisation des petits félins non identifiés, mais celle-ci a finalement rejetée cette même année par le Conseil fédéral suisse, qui la juge exagérée.

La loi sur la stérilisation au Canada

La loi sur la stérilisation au Canada

Au Canada, quelques municipalités commencent à s'emparer de cette question et à imposer la stérilisation pour les chats ayant un accès à l'extérieur.

 

C'est le cas par exemple de Laval depuis 2018, de Rimouski depuis 2019, et de Montréal depuis le 1e janvier 2020. La ville de Québec leur emboîte le pas, puisqu'à compter du 1er janvier 2022, la même règle sera également de mise sur son territoire.

Le mot de la fin

Faire stériliser son chat présente de nombreux avantages : cela maximise les chances qu'il reste longtemps en bonne santé, cela limite les désagréments pour le maître, et cela supprime le risque de portées non désirées.

 

Malgré tout, beaucoup de maîtres hésitent encore à passer à l'acte, par manque d'argent, de sensibilisation à cette question, ou de peur de nuire à l'équilibre et au bien-être de leur compagnon. Les associations et vétérinaires continuent donc leur travail d'information partout dans le monde, afin d'attirer l'attention sur ce sujet et d'éviter notamment la prolifération des petits félins, au détriment bien souvent des petits animaux sauvages.

Dernière modification : 09/27/2020.
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