Bretagne : Fermez, fermez la cage aux chats errants

04/21/2009

Cette semaine, des cages sont posées dans deux quartiers pour capturerles chats errants. Comment ça marche et où vont-ils ensuite ?
Questions-réponses

Pourquoi ne pas laisser les chats errants... errer ?


Certains se disent que les félins sont faits pour s'éclater au grand air. Le hic est que les chats ne se reproduisent pas autant que les lapins mais quand même : « Un couple peut avoir 3-4 portées par an et jusqu'à 8 chats à chaque fois », explique Ngan Phommarat, technicien de capture de Chenil service (Plérin). Or si l'année suivante les 32 en font autant... Outre cette considération mathématique, la loi interdit tout bonnement les chats errants non identifiés (tatoués).

Où sont les cages ?


A la demande des habitants, puis de la mairie qui les mandate, « Chenil service » en a posé depuis lundi et pour la semaine entière rue du Petit Forlac'h et à Pen Ar Ru. À l'intérieur, de la nourriture sert à appâter les matous. « Ici, les chats errants sont partout dans les caves », témoigne Franck Thulliez, gardien à Pen ar Ru. Ces deux quartiers ne sont pas les seuls à voir rôder des chats et à retrouver des excréments de ci de là.

Comment « chat » marche ?


De la nourriture est placée dans les cages pour appâter les félins. Et clac ! la cage se referme. Comme les souris de certains dessins animés, quelques matous sont toutefois plus malins et arrivent à venir festoyer sans que le piège fonctionne ! Une fois par jour, les cages sont vérifiées et, en une semaine, « c'est très variable. Ca peut aller de zéro à une dizaine. ». Les chats avec collier et/ou tatoués sont relâchés. Ceux qui sont pucés (tatouage électronique invisible) ont donc intérêt à porter un collier ou à jouer les sociables. « Si un chat est sociable, je me dis qu'il est à quelqu'un, » poursuit Ngan Phommarat. Les vrais sauvages, « on les prend avec des gants pour ne pas se faire griffer, et on essaie de ne pas trop les stresser car se retrouver dans une cage n'est pas évident pour eux... »

Que deviennent-ils ?


Ils partent à la fourrière de Plérin qui les garde 8 jours ouvrés et les fait tatouer. Passé ce délai, s'ils ne sont réclamés par personne, « on les propose aux refuges et SPA. » Les plus sauvages ne sont pas acceptés dans tous les refuges du fait qu'ils sont quasi inadoptables... De 1 à 2 sur 10 sont euthanasiés.


Pourquoi une si mauvaise image des fourrières ?


« Justement parce que les gens ne savent pas où vont les chats ensuite », regrette Ngan. « On n'a pas une bonne réputation et on est toujours vus comme des méchants de Walt Disney. » Pourtant, l'employé de la fourrière ne peut pas « rafler » un chien errant dans la rue s'il en croise un. « Je n'agis que sur ordre. Sinon j'aurais l'impression de commettre un enlèvement. » La population prend les bébêtes en pitié et ignore aussi souvent qu'il est interdit de nourrir les chats errants. « Par exemple, c'est noté dans le règlement intérieur de notre immeuble », poursuit le gardien. En théorie une expulsion serait possible. En théorie...

En fait, nourrir des chats sauvages peut surtout entraîner des conflits entre voisinages. Un coup à finir sur TF1 !

Ouest-France
Photo : Franck Thulliez, gardien à Pen Ar Ru, et Ngan Phommarat, technicien de capture avec l'une des cages.