Le pedigree d'un chat et les livres d'origines

Un beau chat de race sur un fond gris

Tous les amoureux de la gent féline ont au moins une vague idée de ce qu’est un « chat de race ». Toutefois, beaucoup ignorent que derrière ce terme se cache en réalité un système complexe et très encadré, géré par des passionnés et des organismes bien établis.


De fait, tout chat ne peut avoir la prétention d’être un chat de race, loin de là. Sans enregistrement dans un livre des origines et sans obtention d’un pedigree, il reste un « chat de gouttière », quand bien même il descend d’individus de pure race.


Qu’est-ce qu’un chat de race, un livre des origines et un pedigree ? Qu’est-ce qui différencie les chats de race de leurs congénères ? Quelles sont les conditions pour qu’un chat soit considéré comme étant « de race » ? Quels sont les avantages d’adopter un chat de race plutôt qu’un chat de gouttière ?  

Qu’est-ce qu’un chat de race ?

Un chat Abyssin

Un chat de race est un chat qui est reconnu par un organisme félin de référence (potentiellement habilité officiellement par les autorités du pays) comme correspondant pleinement à un standard, ce document rédigé ou approuvé par ledit organisme qui définit de manière précise les caractéristiques physiques de ladite race. L’association l’enregistre dès lors dans sa base de données des chats de race et délivre un pedigree, document attestant de son appartenance à cette race. Le petit félin est dès lors désigné comme étant « de pure race ». En outre, s’il est accouplé avec un autre spécimen qui l’est également et appartient à la même race, leurs descendants pourront également l’être  


Un chat de gouttière quant à lui ne dispose pas d’un pedigree et n’appartient à aucune race. Il est né de parents qui n’appartiennent eux-mêmes officiellement à aucune race.


Les chats de race sont le fruit d’un long travail de sélection entamé parfois il y a plus d’un siècle et sont très fidèles au standard de la race à laquelle ils appartiennent. Ainsi, à la différence des chats de gouttière, leur physique est calibré de manière plus ou moins stricte d’une race à l’autre. Leur caractère est également assez harmonisé, même s’il y a toujours des exceptions. Ils sont élevés par des spécialistes qui offrent normalement au futur maître des garanties quant au respect de certains critères. 


Aucun chiffre officiel n’existe quant à la répartition entre chats de race et chats de gouttière dans les différents pays. Cependant, on peut avancer sans trop de risque que les seconds sont très largement majoritaires un peu partout dans le monde - à la différence des chiens, chez qui le déséquilibre est beaucoup moins prononcé. Par exemple, en France, une étude réalisée en 2004/2005 par la FACCO (le syndicat des fabricants d’aliments pour animaux domestiques) et TNS Sofres estimait que les chats de race représentent seulement 4 à 5 % de la population féline du pays.


Certains futurs maîtres hésitent longuement entre l’adoption d’un chat de race et celle d’un chat de gouttière.

Que sont les livres d’origines ?

Les livres des origines sont des registres des chats de race qui répertorient tous les individus d’une race recensés par un organisme donné, en retraçant la généalogie de chacun. L’organisation de la gestion de ces registres varie selon les pays. Dans certains, un seul organisme existe au niveau national, et est potentiellement officiellement habilité par les autorités. Dans d’autres, il y a plusieurs associations concurrentes qui tiennent chacune leurs propres livres.


L’objectif de ces répertoires généalogiques est de protéger les races de chats en s’assurant des origines de chaque individu. En effet, le principe même d’une race féline est de regrouper des individus partageant toutes sortes de similitudes tant en termes d’apparence que de tempérament, ainsi que des origines communes.

Qui gère les livres d’origines ?

Une photo de trois chats allongés

Les livres des origines sont gérés par des organisations, généralement privées, qui tiennent ces registres, y enregistrent les chats quand on le leur en fait la demande, et ce faisant émettent leurs pedigrees. C’est vers elles qu’il faut se tourner pour enregistrer un félin dans leur base de données afin qu’il soit considéré comme étant de pure race.


En général, elles recensent également les élevages et assurent la promotion des chats de race auprès du grand public, notamment par les concours et les expositions félines nationales. 


Dans certains pays, il n’existe qu’une seule organisation de ce type – qui peut ou non être reconnu officiellement par les autorités comme étant l’organisme en charge du registre des chats de race du pays. Dans d’autres, il y en a plusieurs. Chacune gère alors ses propres registres pour toutes les races qu’elle reconnait.

Comment fonctionnent les livres d’origines

Un chat avec la tête sur un livre ouvert

Les livres d’origines sont des registres tenus par un organisme dans lesquels sont répertoriés tous les chats appartenant à une certaine race qui ont été enregistrés auprès de lui. Il existe ainsi un livre (ou registre) par race et par organisme.


Néanmoins, toutes les races ne sont pas reconnues par tous les organismes. Par conséquent, seuls les individus relevant d’une race qu’un organisme reconnaît peuvent être enregistrés dans son livre des origines.


L’inscription d’un chat dans son registre le conduit à délivrer un pedigree, sorte de carte d’identité de l’animal qui est la preuve qu’il est de pure race.


Il faut néanmoins savoir que ces livres peuvent être ouverts ou fermés, selon la race.

Les livres d’origines ouverts

Un chat de race

Une race peut compter de très nombreux individus, ou au contraire beaucoup moins – en particulier si elle est encore récente. Dans le second cas, il y a tout intérêt à favoriser l’augmentation du nombre d’individus au sein de la race – et en particulier de reproducteurs - afin de la faire perdurer tout en diversifiant son patrimoine génétique et en évitant la consanguinité (qui va souvent de pair avec toutes sortes de problèmes de santé). 


Pour ce faire, l’institution laisse alors la possibilité d’inscrire dans le livre des origines des sujets de n’importe quel âge et dont les parents ne sont pas inscrits, pour peu qu’ils correspondent au standard de la race. 


Ces livres des origines qui acceptent l’inscription d’individus dont les parents n’y sont eux-mêmes pas inscrits sont ainsi dits « ouverts ». Cela signifie qu’un chat issu de parents inconnus ou non déclarés peut y être enregistré pour peu qu’il présente certaines caractéristiques, dépendantes de la race en question et fixées par l’organisme au sein de son standard de ladite race. 

Les livres d’origines fermés

Une femme tenant deux chats Balinais dans ses bras

Dans le cas de races dont les représentants sont déjà suffisamment nombreux, il n’est pas nécessaire d’ajouter de nouveaux individus d’ascendance inconnue pour accroître encore sa population et assurer son maintien. 


Dans ce cas, seuls les chats issus de parents eux-mêmes déjà inscrits dans le registre sont autorisés à y être enregistrés. On parle alors de livre des origines « fermé ».


Certains organismes ont d’ailleurs uniquement des livres fermés. 

 

Les livres d’origines par pays

Il existe dans chaque pays un ou plusieurs organismes gérant un livre des origines. La plupart sont membres de la Fédération Internationale Féline (FIFé), une association internationale fondée en 1949 qui a pour ambition de réunir les organismes de référence des différents pays afin de promouvoir le chat de race et de guider le travail des éleveurs un peu partout dans le monde. Elle reconnaît une quarantaine de races.

En France

Le logo de LOOF (Livre Officiel des Origines Félines)

En France, le livre des origines national s’appelle le LOOF (Livre Officiel des Origines Félines). Ce terme désigne également l’organisme agréé depuis 1996 par le ministère de l’Agriculture pour gérer ce livre généalogique des chats de race du pays.
En tant qu’organisme officiel, il est le seul autorisé à tenir un registre des chats de race et à établir des pedigrees. Par ailleurs, il reconnaît actuellement un peu plus de 70 races. 


La Fédération Féline Française (FFF) est un membre fondateur du LOOF et travaille étroitement avec lui sur ses diverses missions, mais n’est pas elle-même habilité à délivrer des pedigrees.

En Belgique

Le logo de Félis Belgica

L’organisation en Belgique est différente de celle de la France, où il n’y a qu’un seul organisme qui tient un livre d’origines et délivre des pedigrees, le tout avec la reconnaissance officielle des autorités nationales. En effet, on en trouve au contraire plusieurs, à commencer par Félis Belgica (le seul qui est membre de la FiFé), le Be TICACats Club (qui fait partie comme son nom l’indique de la TICA, The International Cat Association), l’Organisation Féline Belge (OFB, qui est membre de la World Cat Federation) ou encore l’Association Féline Belge (ou AFB).

En Suisse

Le logo de la Fédération Féline Helvétique (FFH)

En Suisse, les chats de race sont enregistrés dans le Livre des Origines Helvétique (LOH), qui est géré par la Fédération Féline Helvétique (FFH). Cette association est le seul organisme autorisé par les autorités à enregistrer les chats de race et à délivrer des pedigrees. Elle a été créée en 1952, reconnaît une quarantaine de races et fédère 11 clubs régionaux répartis à travers le pays.

Au Canada

Le logo de l’Association Féline Canadienne (AFC)

Au Canada, deux associations gèrent des livres des origines : l’Association Féline Canadienne (AFC), créée en 1960 et qui reconnaît un peu plus d’une quarantaine de races, et Chats Canada Cats (CCC), une association créée en 2013 et qui reconnait pour sa part une cinquantaine de races.


Chacune d’entre elles possède ses propres livres d’origines et peut ainsi enregistrer les petits félins ainsi que délivrer des pedigrees. 

Aux États-Unis

Le logo de la Cat Fanciers Association (CFA)

L’organisation aux États-Unis est assez similaire à celle de la Belgique ou du Canada : plusieurs associations existent, chacune d’entre elles ayant ses propres registres et délivrant ses propres pedigrees. Les plus connues sont The International Cat Association (TICA), la Cat Fanciers Association (CFA) et l’American Cat Fanciers Association (ACFA). Les deux premières ont d’ailleurs une envergure internationale : elles sont présentes bien au-delà des frontières américaines, à la fois directement et via un réseau d’associations partenaires.

Au Royaume-Uni

Le logo du Governing Council of the Cat Fancy (GCCF)

Au Royaume-Uni, le seul organisme national délivrant des pedigrees est le Governing Council of the Cat Fancy (GCCF). Créé en 1910, il fut un pionnier dans le domaine de l’enregistrement des chats de race, en créant le premier prototype de registre. Il reconnait aujourd’hui près d’une soixantaine de races, et environ 150 clubs régionaux et clubs de race en sont membres. 

Les livres des origines et pedigrees d’un pays sont-ils reconnus dans un autre pays ?

Un chat de race Munchkin

Il peut être utile dans certains cas d’obtenir pour son chat un pedigree d’un pays supplémentaire, notamment pour pouvoir participer à des expositions félines. C’est le cas par exemple s’il a été importé et ne possède pas de pedigree du pays où on réside, ou encore si on part s’installer à l’étranger.


Chaque organisme a toute latitude pour de reconnaître ou non telle ou telle race, et tient son propre registre pour chacune de celles qu’il accepte. Néanmoins, un chat de race enregistré dans un pays peut l’être aussi dans un autre et posséder ainsi plusieurs pedigrees. Toutefois, encore faut-il pour cela que la race à laquelle il appartient y soit également reconnue. 


Par exemple, en France, le Munchkin est considéré comme une race à part entière par le LOOF. En revanche, au Canada, l’AFC ne le reconnaît pas. Un Munchkin peut donc être enregistré au LOOF, mais pas auprès de l’AFC au Canada, et ne peut donc pas recevoir un pedigree émis par cet organisme.


Ce cas de figure concerne principalement les races les plus récentes ou les plus rares. En effet, les plus courantes sont elles généralement reconnues par tous les organismes. Par exemple, comme cette race est reconnue par les deux institutions, un Abyssin enregistré au LOOF peut sans problème l’être également auprès de l’AFC et recevoir un pedigree émis par ce dernier – ou l’inverse. 


Pour savoir si un pedigree est reconnu par un organisme d’un autre pays, il convient donc d’une part de vérifier s’il reconnaît également la race en question, et d’autre part de se renseigner quant à la procédure d’enregistrement à suivre.

Le pedigree d’un chat de race

Qu’est-ce qu’un pedigree, et quelles informations y trouve-t-on ?

Un exemple de pedigree fait par le Livre des Origines Françaises (LOOF)

Pour être considéré comme étant « de race », un chat doit donc être enregistré dans un livre d’origines. Cette inscription est consignée sur un document appelé pedigree, délivré par l’organisme qui gère le livre en question suite à l’enregistrement. 


Chaque organisme a son modèle exact, mais le pedigree correspond à une sorte de carte d’identité de l’animal répertoriant différentes informations à son sujet : sa date de naissance, son numéro d’identification, son sexe, sa race, sa robe, le nom et l’adresse de l’élevage dans lequel il est né, la composition de la portée... Il retrace aussi sa généalogie sur plusieurs générations, et ce faisant atteste de son appartenance à une race définie, lui conférant ainsi le statut de chat de race. Il présente ainsi ses origines détaillées et permet d’estimer son degré de consanguinité.


En outre, il répertorie les informations sur son génotype, c’est-à-dire son patrimoine génétique : cela est utile pour déterminer les couleurs, motifs et textures de robe que ses éventuels descendants seront susceptibles d’arborer, ainsi que la couleur potentielle de leurs yeux.


Le pedigree d’un chat peut également consigner les résultats de tests génétiques de dépistage de certaines maladies héréditaires qui auraient été effectués par l’éleveur, comme le test du gène PKD1 pour la polykystose rénale ou celui du gène MyBPC3 pour la cardiomyopathie hypertrophique.


Il convient toutefois de souligner que le pedigree et l’inscription d’un chat dans un livre des origines ne remplace nullement son identification et son enregistrement auprès des autorités, partout où ils sont obligatoires. Par exemple, en France, la réglementation prévoit que tout chat (de race ou de gouttière) doit être identifié par puce électronique ou tatouage, et enregistré dans la base de données de l’I-CAD (avec son numéro d’identification de l’animal et les coordonnées de son propriétaire). Il en va de même dans toute la Belgique avec Cat-ID, tandis qu’au Québec c’est au niveau municipal qu’il peut exister une obligation d’enregistrement des chats – c’est le cas par exemple à Montréal et à Laval. Quoi qu’il en soit, quand bien même l’identification n’est pas obligatoire là où on réside, elle est fortement recommandée pour maximiser les chances de retrouver son animal s’il se perd. 

Quel est l’intérêt d’obtenir le pedigree d’un chat ?

Un chat assis sur un bureau, à côté de deux hommes signant un dossier d'inscriptions et un document de pedigree

Le pedigree est requis pour la vente d’un chat de race. Sans ce document, l’animal ne peut en aucun cas être considéré comme étant « de race ». Il est donc indispensable pour tout éleveur qui souhaite commercialiser ses chats en tant que tels. En fournissant le pedigree, il offre à l’adoptant des garanties sur l’origine de l’animal et peut se permettre de le vendre à un tarif bien plus élevé.


Il est également l’assurance, pour l’adoptant, d’avoir un animal qui correspond aux standards de la race.


Le pedigree est également indispensable pour faire se reproduire deux chats de race et enregistrer les chatons en tant que tels. Sans ce document, les éleveurs ne peuvent pas prétendre vendre des chatons de race.


Enfin, il est requis pour participer aux expositions félines, les concours de beauté pour chats.

Qu’est-ce que l’examen de conformité d’un chat ?

Une femme examinant un chat de race

Les examens de conformité sont des sessions organisées soit au cours d’expositions félines, soit de manière indépendante à l’initiative des clubs, au cours desquelles des juges examinateurs habilités par l’organisme concerné observent le chat sous toutes ses coutures et lui attribuent une notation. Ainsi, pour obtenir le statut de « conforme », il doit présenter les caractéristiques physiques propres à sa race et aucune anomalie majeure. En effet, si le standard valorise parfois telle ou telle particularité physique, il prévoit aussi toujours une liste de défauts qui soit font perdre des points, soit son carrément éliminatoires et conduisent à déclarer l’animal « non conforme ».


Chez les chiens, certains organismes de référence imposent que les candidats à l’enregistrement dans les livres des origines passent un examen de conformité permettant de confirmer qu’ils correspondent bien au standard de la race. 
Ce n’est pas le cas chez les chats : quel que soit l’organisme, ce type de confirmation n’a rien d’obligatoire. En réalité, la statut « conforme » a surtout deux intérêts pour les éleveurs :

  • servir d’argument commercial pour rassurer les adoptants potentiels, en mettant en valeur les caractéristiques des chatons proposés à la vente et/ou des parents de ces derniers ;
  • faire valoir un individu comme un reproducteur de choix, notamment s’il souhaite organiser une saillie avec un chat d’un autre élevage. 

Comment obtenir un pedigree ?

Pour obtenir un pedigree, il est nécessaire d’entreprendre certaines démarches administratives. Les procédures varient d’un organisme à l’autre, et éventuellement aussi selon le cas de figure.

Le cas d’un chaton dont les parents sont inscrits dans le livre des origines

Une personne tenant quatre chatons dans ses mains

Même si les modalités exactes varient de l’un à l’autre (notamment en ce qui concerne les informations à transmettre), les organismes des différents pays ont dans l’ensemble des démarches assez similaires en matière de délivrance des pedigrees pour des chatons dont les parents sont tous deux inscrits dans le livre des origines qu’ils administrent.
Plusieurs étapes doivent être respectées : 

 

  • à la naissance des chatons, une déclaration de saillie et de naissance, signée par le propriétaire de la femelle et par celui du mâle, doit être établie et envoyée à l’organisme ;

  • après identification des chatons (par tatouage ou implantation d’une puce électronique) dans les mois qui suivent leur naissance, une demande de pedigree doit être transmise à l’institution. Celle-ci doit généralement couvrir l’ensemble des petits de la portée, en indiquant pour chacun son nom, son sexe, sa robe, la couleur de ses yeux ainsi que son numéro d’identification ;

  • l’organisme traite la demande, enregistre les petits félins dans sa base de données et transmet ensuite leurs pedigrees.
    En règle générale, la demande de pedigree doit être effectuée par l’éleveur, avant la vente des chatons : l’acheteur lui-même ne peut effectuer cette démarche. Toutefois, le pedigree n’est généralement pas remis au moment de l’adoption, car les délais de délivrance sont souvent de plusieurs mois. Dans l’attente de réception du document, l’éleveur peut au moins prouver au futur propriétaire que la demande a bien été faite en lui en transmettant l’accusé de réception retourné par l’organisme. En revanche, s’il est déjà en possession du pedigree, celui-ci doit impérativement être remis à l’acheteur au moment de la vente.

Le cas d’un chaton dont les parents ne sont pas enregistrés dans le livre des origines

Un chat et un chaton allongés dehors

Pour enregistrer un chaton dont les parents ne sont pas inscrits au livre des origines de sa race, il est nécessaire que ce dernier soit ouvert. Autrement dit, il faut que pour cette race l’organisme accepte l’inscription d'individus qui ne descendent pas de parents eux-mêmes déjà inscrits.


Dès lors que c’est effectivement le cas, il convient de se renseigner auprès de l’organisme concerné afin qu’il fournisse les conditions à remplir et la procédure à suivre, qui diffèrent sensiblement de l’un à l’autre. 


Quoi qu’il en soit, dans le cas d’une race dite « fermée », c’est-à-dire pour laquelle l’organisme n’accepte pas de chaton dont les parents ne sont pas eux-mêmes inscrits, il n’y a normalement aucune possibilité d’obtenir un pedigree.


Il en va bien sûr de même si l’animal appartient à une race non reconnue par l’organisme auprès duquel on souhaite l’enregistrer. 

Le cas d’un chaton avec un pedigree d’un autre organisme

Un chat de race American Shorthair

Il est généralement possible de faire enregistrer un chat auprès d’un autre organisme en plus de celui dans lequel il est déjà inscrit, et ainsi d’en obtenir un pedigree supplémentaire. Cela peut être utile notamment en cas de déménagement ou d’importation d’un animal depuis l’étranger.


Toutefois, la demande n’est possible si la race en question est bien reconnue par l’organisme supplémentaire auprès duquel on souhaite obtenir un pedigree. Par exemple, un American Shorthair détenteur d’un pedigree du LOOF ne peut être enregistré auprès du GCCF, puisque lui ne reconnaît pas cette race.

Les délais et les tarifs d’obtention d’un pedigree

Une femme tenant des chatons sur ses genoux

Les délais et tarifs d’obtention des pedigrees diffèrent d’un pays à l’autre, et peuvent en outre varier dans le temps. Il est recommandé de consulter le site officiel de l’organisme souhaité, pour avoir confirmation de ce à quoi s’attendre. 

 

  • En France
    Dans les deux mois suivant la naissance, l’éleveur doit faire auprès du LOOF une déclaration de saillie et de naissance (DSN). Cette procédure coûte 10 euros par chaton. La demande de pedigree doit quant à elle être effectuée dans les six mois après la naissance, et est facturée 25 euros par chaton. Son traitement prend au moins deux mois ;

  • En Belgique
    Quel que soit l’organisme, la déclaration de saillie et de naissance est souvent gratuite et la demande de pedigree coûte environ 20 euros par chaton. Cette dernière doit être faite dans les six mois après la naissance des petits, mais il est possible de s’en occuper quelques temps après en payant une pénalité de quelques euros par mois supplémentaire. Les délais d’obtention sont de l’ordre de quelques mois ;

  • En Suisse
    La déclaration de saillie et de naissance auprès de la FFH est gratuite, mais n’est nécessaire que si l’éleveur n’est pas également le propriétaire du mâle. Elle doit être transmise en même temps que la demande de pedigree. Dans tous les cas, cette dernière doit être effectuée dans les 3 mois suivant la naissance. Le tarif est de 40 francs suisses, et le délai moyen de délivrance est de quelques mois ;

  • Au Canada
    Que ce soit auprès de l’AFC ou du CCC, une déclaration de saillie et de naissance coûte entre  15 et 40 dollars canadiens (hors taxes) pour l’ensemble de la portée, selon l’organisme et le fait d’en être ou non membre. Quant à la demande d’un pedigree, elle est facturée entre 15 et 33 dollars canadiens (hors taxes). Il n’y a pas de délai maximum pour enregistrer les petits et demander leur pedigree.

Faut-il adopter un chat de race ou un chat de gouttière ?

N’importe quelle personne souhaitant adopter un chat peut se demander s’il vaut mieux opter pour un animal de race ou un chat de gouttière. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix dans l’absolu, car les deux options ont à la fois des avantages et des inconvénients. Il revient donc à chacun(e) de décider en fonction de ses attentes et ses contraintes.

Les avantages et inconvénients des chats de race

Les avantages d’un chat de race

Un chat avec un nez écrasé
Un chat de race se faisant examiner pour un concours

Un chat avec pedigree possède un physique typique de la race à laquelle il appartient. C’est évidemment un aspect important si on est très soucieux d’adopter un animal conforme à certains critères esthétiques bien précis. 


De plus, il a en général des traits de caractère assez définis, qu’il partage avec ses congénères appartenant à la même race. Par exemple, certaines races sont connues pour être très « pot-de-colle », d’autres très joueuses, etc. Il faut toutefois bien sûr se méfier des généralités : chaque individu a son tempérament propre, et certains n’ont pas du tout le caractère de leur race. Néanmoins, dans la plupart des cas, adopter un chat de race permet de savoir à quoi s’attendre en termes de comportement. 


Pour certaines personnes, ce point est particulièrement rassurant ou crucial. Par exemple, si on vit en appartement, il est préférable de se tourner vers une race connue pour être particulièrement adaptée à la vie en intérieur. 


Enfin, un chat de race peut concourir en exposition féline, alors que les chats de gouttière ne sont pas admis dans ce type d’évènements.

Les inconvénients d’un chat de race

Les organismes nationaux et clubs de race veillent au grain pour maintenir une certaine harmonie au sein de la population de chaque race, et orientent le travail des éleveurs dans telle ou telle direction. Ainsi, pour conserver voire accentuer certaines caractéristiques physiques et comportementales qui la caractérisent, ces derniers tendent à limiter la reproduction aux individus présentant un profil typique proche les uns des autres. 


De ce fait, le patrimoine génétique des représentants de la race est plus pauvre que celui des chats de gouttière, et leur taux de consanguinité est parfois trop élevé. Ces deux facteurs augmentent le risque de maladies héréditaires, et quelques-unes ont une prévalence particulièrement élevée au sein de certaines races, comme la polykystose rénale ou la cardiomyopathie hypertrophique. Il existe toutefois de nos jours de nombreux tests génétiques permettant de dépister la plupart d’entre elles, et les éleveurs sérieux ne manquent pas d’y avoir recours pour exclure de la reproduction tout sujet présentant un risque de transmission d’une tare héréditaire à ses éventuels descendants. 


Cela contribue d’ailleurs à un autre inconvénient majeur des chats de race : leur prix. En effet, s’occuper des parents ainsi que de leurs chatons engendre diverses dépenses, sans parler du fait que le travail de l’éleveur doit aussi en lui-même être rémunéré. Ainsi, un chaton de race coûte rarement moins de 500 à 1000 euros, et peut parfois atteindre voire dépasser les 2000 euros pour une race très demandée et/ou un individu dont les caractéristiques physiques le prédestinent à briller dans les expositions félines. 


On paye donc un prix plus élevé pour un chat… qu’on garde moins longtemps. En effet, malgré les précautions et les efforts des éleveurs, un chat de race est en moyenne plus fragile qu’un chat de gouttière et a une durée de vie inférieure. Plusieurs études l’ont montré, à l’image par exemple de celle intitulée « Longevity and mortality of cats attending primary care veterinary practices in England », publiée en 2015 dans le journal scientifique Journal of Feline Medicine and Surgery et portant sur plus de 4000 chats : la longévité médiane observée chez ceux qui sont de race était de 12,5 ans, contre 14 ans pour les chats de gouttière.


Le fait qu’un chat de race soit moins robuste implique d’ailleurs qu’en plus de devoir dépenser davantage lors de son acquisition, il faut en faire de même tout au long de sa vie pour sa santé : consultations chez le vétérinaire, médicaments et autres traitements, etc.

Les avantages et inconvénients d’un chat de gouttière

Les avantages d’un chat de gouttière

Un chaton de gouttière

En premier lieu, les chats de gouttière laissent plus de place à la surprise et à la diversité. En effet, tant leur physique que leur caractère est le fruit du hasard, de la nature, et non d’un travail de sélection. Aux yeux de certains adoptants, c’est un aspect séduisant. 


De plus, un chat de gouttière est réputé a en moyenne une santé plus solide et une espérance de vie plus longue qu’un chat de race. Si on cherche un animal avec qui partager un grand nombre d’années et dont la santé est le moins possible source d’inquiétude, il constitue un choix idéal.


L’aspect financier peut aussi entrer en ligne de compte. Au-delà du fait que le budget santé d’un chat de gouttière est généralement moins élevé, le montant à débourser pour son acquisition est sensiblement inférieur – voire nul.


Enfin, opter pour un chat de gouttière peut également être considéré comme une bonne action, en particulier dans le cas où on adopte dans un refuge. En effet, alors que les individus de race trouvent généralement preneurs assez facilement, les choses peuvent être bien plus compliquées pour ceux qui ne le sont pas, en particulier ceux qui sont déjà adultes voire un peu âgés. Certains attendent des mois ou des années avant d’être recueillis par de nouveaux propriétaires, voire ne le sont jamais.

Les inconvénients d’un chat de gouttière

Un chat de gouttière marchant dans l'herbe

Le principal inconvénient d’un chat de gouttière est que son tempérament est assez imprédictible. En effet, alors que celui-ci est assez similaire chez les représentants d’une même race (même s’il existe toujours des exceptions) et donc qu’il est possible de savoir à quoi normalement s’attendre, c’est loin d’être le cas avec un chat de gouttière. Toutefois, s’il est déjà adulte, son caractère a peu de chances de changer du tout au tout : passer un peu de temps avec lui est utile pour y voir plus clair à ce niveau. Dans le cas d’un chaton, c’est beaucoup plus aléatoire : il est fort hasardeux de faire des prédictions sur le tempérament qui sera le sien une fois adulte. 


Par ailleurs, un chat de gouttière est souvent plus baroudeur, davantage adapté à la vie en extérieur. S’il est adopté par des personnes vivant en appartement et n’ayant pas la possibilité de le faire sortir, il est possible qu’il s’adapte difficilement à une vie entre quatre murs.


Enfin, il est impossible de participer aux expositions et aux concours félins avec un chat de gouttière, puisque ces évènements sont réservés aux chats de race.

Les limites et risques des pedigrees

Si le pedigree peut rassurer certains adoptants quant aux origines du chat dont ils envisagent l’acquisition, ce document a aussi ses limites. En particulier, il n’offre aucune certitude quant à l’état de santé actuel et futur de l’animal, pas plus que sur son tempérament et son comportement. En outre, il peut donner lieu à différentes formes d’arnaques. 

Les limites du pedigree

Un chat se faisant examiner pour son pedigree

Le pedigree confirme qu’un chat est conforme au standard de sa race et apporte des garanties quant à ses origines, voire quant à sa santé. On pourrait donc penser qu’il s’agit d’un Graal témoignant de sa « qualité ». Pourtant, ce n’est pas forcément le cas.


Tout d’abord, il n’est en rien garant que l’animal est en bonne santé. Même si un travail rigoureux de sélection a été fait et si différents tests génétiques permettent d’avoir la certitude qu’il est épargné par certaines maladies héréditaires, il y en a d’autres pour lesquelles il n’existe pas de test. En outre, bien des affections ne sont nullement héréditaires, et il peut très bien les avoir développées depuis sa naissance – en particulier s’il a grandi dans de mauvaises conditions sanitaires ou a subi des maltraitances. Et quand bien même il est en parfaite santé au moment de l’adoption voire descend de parents et grands-parents très robustes, rien (que ce soit le pedigree ou autre) ne peut garantir qu’il en ira de même toute sa vie. Même le plus sain des chats et le plus précautionneux des maîtres ne sont pas à l’abri d’un coup du sort : une maladie peut se déclencher à tout moment, avec parfois de très graves conséquences. C’est d’autant plus vrai que les chats de race sont dans l’ensemble plus fragiles que les chats de gouttière, comme l’illustre d’ailleurs leur durée de vie inférieure. 


Le pedigree ne garantit pas non plus que le petit félin s’adaptera parfaitement à son futur foyer, quand bien même sur le papier tout semble « matcher ». En effet, s’il est vrai que choisir un chat de race permet normalement de savoir à quoi s’attendre en termes de tempérament, cette règle admet des exceptions : certains individus n’ont pas le tempérament de leur race et présentent des traits de personnalité inattendus, qui peuvent être l’exact opposé de ce qui était recherché. En outre, quand bien même son tempérament aurait normalement dû être conforme à ce qui est attendu pour cette race, il peut être modifié du tout au tout si ses propriétaires ne s’en occupent pas correctement ou lui offrent des conditions de vie inadéquates. Autrement dit, pedigree ou pas, la qualité de la cohabitation dépend aussi en large partie du comportement des maîtres.


Par ailleurs, tant la santé que le tempérament du chat dépendent beaucoup de ce qui se produit pendant ses premières semaines de vie, c’est-à-dire chez l’éleveur. Or, la délivrance d’un pedigree ne prouve rien quant au sérieux de ce dernier et aux conditions dans lesquelles l’animal a grandi. Certains professionnels optent d’ailleurs pour un mode d’élevage intensif, afin justement de proposer un maximum de chatons avec pedigrees : leurs animaux sont trop nombreux par rapport à l’espace dont ils disposent, les femelles enchaînent les gestations à une fréquence anormalement élevée et éprouvante, les chatons sont en bonne partie délaissés et n’ont que très peu - voire pas - d’échanges avec le monde extérieur, si bien qu’ils présentent des défauts de sociabilisation, etc. Les élevages intensifs de chats de race – voire les véritables usines à chatons – sont certes minoritaires en nombre, mais « produisent » tellement qu’ils peuvent avoir tendance à inonder le marché dans certains endroits et/ou pour certaines races. Ils constituent clairement une dérive de la valeur accordée aux pedigrees.


Enfin, les livres des origines ouverts qui acceptent l’inscription de certains sujets dont les parents n’y sont pas eux-mêmes enregistrés n’offrent pas une fiabilité totale quant aux origines exactes de l’animal. Ces chats ont le physique de la race pour laquelle ils sont inscrits, mais rien ne prouve qu’ils sont des descendants de chats de pure race.

Les arnaques au pedigree

Un chat allongé dans un panier, allettant ses trois chatons

Le pedigree constitue la preuve de l’appartenance d’un chat à une race. En outre, sans ce document, ses descendants éventuels ne peuvent être enregistrés comme chats de race. Enfin, il lui ouvre les portes des expositions félines. Ces différentes raisons expliquent que la présence d’un pedigree justifie généralement un prix de vente plus élevé.


Certaines personnes peu scrupuleuses peuvent donc être tentées de céder des chats faussement présentés comme étant de race à l’aide de faux pedigrees. Il est donc conseillé de systématiquement vérifier l’authenticité du document présenté : il suffit pour cela de vérifier si le numéro d’enregistrement du chat auprès de l’organisme concerné existe bien dans la base de données de ce dernier, et correspond bien à l’animal proposé. La vérification peut généralement se faire directement en ligne sur le site de l’association ; dans le cas contraire, il est nécessaire de la contacter directement. 


Les témoignages relatant la délivrance de faux pedigrees sont toutefois assez rares. Ce qui en revanche est nettement plus courant, c’est qu’au moment de la vente l’animal soit cédé sans pedigree, et que l’éleveur fasse à l’adoptant la promesse de lui envoyer celui-ci par la suite, sans que cela ne se produise jamais. 


En effet, sachant que l’âge à partir duquel un chaton peut être cédé est généralement de deux à trois mois (selon les pays) et que les délais d’obtention du pedigree sont de plusieurs mois après réception de la demande adressée par l’éleveur, il est courant qu’au moment de l’acquisition le document n’ait pas encore été émis par l’organisme. Un vendeur malhonnête peut donc parfaitement faire croire à l’acquéreur que la demande a été faite, que tout est en ordre et que le pedigree sera envoyé sous peu. En fait, celui-ci n’arrive jamais, et pour cause : le chat cédé n’est en fait pas de pure race. Si celui-ci ne s’est pas évaporé, l’acheteur peut alors se retourner contre le vendeur et tenter une action en justice, mais celle-ci peut être longue, coûteuse, et rien ne garantit qu’elle aboutisse.


Pour éviter d’être victime d’une telle arnaque lors de l’adoption d’un chat, il est essentiel de demander au vendeur une copie de l’accusé de réception de la demande de pedigree. Sur ce document figure une référence qu’on peut utiliser pour vérifier directement auprès de l’organisme concerné si d’une part elle existe bel et bien, et d’autre part elle correspond effectivement à l’animal dont on envisage l’adoption. 


Au-delà de ce cas de figure, certains points doivent alerter. Un éleveur qui refuse de donner certaines informations, qui ne transmet pas le pedigree une fois que celui-ci devrait avoir été réceptionné ou encore qui vend des chatons supposément « de race » à un prix défiant toute concurrence a possiblement quelque chose à cacher.

Conclusion

Si l’on devait faire un parallèle avec les humains, les livres des origines correspondraient aux registres généalogiques et le pedigree à la carte d’identité (voire au livret de famille) attestant de la présence dans ces registres.


L’enregistrement dans un livre des origines et l’obtention d’un pedigree sont obligatoires pour qu’un chat puisse être qualifié comme étant « de pure race ». Sans cela, il est considéré comme un chat de gouttière, quels que soient ses caractéristiques et ses aïeux.


Cela dit, en dehors du cas où on souhaite participer à des expositions félines et de celui où on veut faire reproduire son chat et qu’il donne naissance à des chatons qui soient eux aussi de pure race, le pedigree n’est en rien nécessaire. Hormis sur le plan financier, un chat de gouttière ne vaut pas moins qu’un chat de race : libre à chacun de décider vers quel animal se tourner en fonction de ses préférences, de ses attentes et de ses contraintes.

Dernière modification : 01/07/2026.