Khao Manee

Khao Manee

Autres noms : Khao Plort ou Diamond Eye
Nom d'origine : Khaomanee

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Caractéristiques du Khao Manee

Durée de vie moyenne
De 12 à 14 ans
Poids de la femelle
De 2.5 à 4 kilos
Poids du mâle
De 3.5 à 5,5 kilos
Taille de la femelle
De 20 à 23 cm
Taille du mâle
De 22 à 25 cm

Informations sur le Khao Manee

Un chat originaire de Thaïlande

 

Le Khao Manee est un chat domestique très rare, probablement le plus rare au monde. Il est présent depuis fort longtemps au Siam (l’actuelle Thaïlande), d’où il est originaire et où il est considéré comme porte-bonheur.

 

A l’époque du Royaume d’Ayutthaya (entre 1351 et 1767), beaucoup de livres sur les chats furent rédigés, dans lesquels de nombreuses races de chat thaïlandaises sont évoquées, comme le Siamois Traditionnel, le Korat ou le Suphalak. C'est le cas notamment  du Tamra Maew, un recueil de poèmes consacrés aux félins écrit au 14ème siècle par les moins d'un temple bouddhiste. Un chat blanc s'y trouve également mentionné, même si on ne parle pas encore à l’époque de Khao Manee : il est désigné sous le nom de Khao Plort, qui signifie « tout blanc » en langue siamoise. C’était tout à fait approprié pour décrire la fourrure entièrement blanche de ce remarquable petit félin.

 

Sous le Royaume de Thonburi (1767-1782), qui suivit celui d’Ayatthaya après la guerre birmano-siamoise (1765-1767), des documents retrouvés par des historiens mentionnent plus précisément l'existence de ce chat. Toutefois, c’est sous le règne du Roi Nangklao, entre 1824 et 1851, que la race fut le plus fréquemment mentionnée, et on la retrouvait alors également sur de nombreuses peintures.

 

Le roi Rama V, qui régna de 1868 à 1910, lui donna le nom qu’on lui connaît aujourd’hui. Le Khao Manee était alors considéré comme une race porte-bonheur, et était d'ailleurs la race préférée du monarque. On raconte même qu'à l'arrivée des Français et des Anglais, il fit cacher tous les Khao Manee de son palais, par peur de la voir disparaître ; d'ailleurs, c’est le Siamois qui fut présenté comme race royale et offert à ces visiteurs.

 

Rama V permit à son fils Chumporn Khetudomsak d’élever des Khao Manee, et les représentants félins de la famille royale furent donnés par la suite à sa fille, la princesse Roengchitchrang. S'inscrivant dans les traces de ses ancêtres, elle prit soin d'eux et fit passer leur nombre de 18 individus à 40. En 1957, elle les confia à un autre membre de la famille royale, le colonel Haw Pionudhad, qui fit grandement s'accroître les effectifs, jusqu’à atteindre les 300 chats - nombre qui connut toutefois un reflux par la suite.

 

Son petit-fils, Namdee Witta, en hérita par la suite. Ancien réalisateur à la retraite, il devint ainsi propriétaire de cette petite troupe qu’il conserve et soigne dans sa chatterie. Jusqu'en 2011, celle-ci était ouverte au public sous le nom de « The Cat Museum ». Les 50 Khao Manee restant, héritiers de la famille royale, sont toujours bichonnés et élevés selon certaines règles que Rama V lui-même décréta : il est interdit de les croiser avec d’autres races et de les vendre à qui que ce soit.

 

Le nom actuel de ce chat, Khao Manee, voudrait dire selon certaines sources « joyau blanc » ou « pierre précieuse blanche », en thaï. Ailleurs, on affirme que ce nom signifie simplement « pierres précieuses », en référence aux yeux saisissants de l’animal. D’autres encore parlent de « yeux de diamants ». Il est peut-être possible de concilier ces versions en le considérant comme un « joyau blanc aux yeux de pierres précieuses ». En tout cas, ce terme décrit parfaitement bien le Khao Manee, même si ce ne sont pas seulement ses yeux, mais bien l’animal tout entier, qui peut être qualifié de « précieux », dans la mesure où pendant longtemps on ne le trouvait que dans les palais royaux.

 

 

1999 : le Kho Manee sort de son pays et arrive aux États-Unis

 

Pendant longtemps, le Kho Manee ne se trouvait que dans son pays d’origine, qui en interdisait strictement l’exportation. Cependant, en 1999, alors qu’il était devenu menacé d’extinction, une éleveuse américaine du nom de Colleen Freymuth, originaire de Phoenix dans l’Arizona, obtint l’autorisation d’en importer quelques-uns aux États-Unis, afin de démarrer un programme d’élevage visant à en assurer la pérennité.

 

Le fait que madame Freymuth détienne un permis du Gouvernement des États-Unis l’autorisant à recueillir et faire l’élevage d’animaux dont l’espèce est menacée a sûrement joué en sa faveur. Toujours est-il que le 16 août 1999, une chatte Khao Manee du nom de Sripae lui fut expédiée par avion, accompagnée de ses quatre chatons âgés de deux mois. Leur arrivée à l’aéroport de Los Angeles, le 17, fit officiellement d’eux les premiers représentants de la race hors de Thaïlande.

 

D’autres Khao Manee furent par la suite importés aux États-Unis par madame Freymuth, pour un total de douze individus, qui constituèrent la base de son programme d’élevage.

 

 

La reconnaissance internationale du Khao Manee

 

En 2009, The International Cat Association (TICA), le plus important organisme d’enregistrement de chats domestiques de race au monde, fut le premier à s’engager sur la voie de la reconnaissance de la race, en acceptant le Khao Manee « pour enregistrement ». Il faut noter toutefois que cette association identifie la race sous le nom de Khaomanee, en un seul mot.

 

A peine trois ans plus tard, en 2012, son statut gravit un échelon auprès de la TICA, qui lui octroya une pleine reconnaissance en tant que nouvelle race préliminaire (full recognition, Preliminary New Breed). En 2015, l’association promut encore le Khao Manee, cette fois-ci en lui attribuant le statut de race acceptée dans les championnats (Championship Breed).

 

La TICA est clairement l’organisme qui est allé le plus loin en terme de reconnaissance du Khao Manee, même si la Cat Fanciers’ Association (CFA) américaine a fini par la suivre en 2018. Par contre, la race n’est toujours pas reconnue par d'autres associations félines américaines de moins grande envergure, comme l’American Cat Association (ACA) et l’American Cat Fanciers’ Association (ACFA). Elle n’est d’ailleurs pas davantage reconnue par la Fédération Internationale Féline (FIFé).

 

Quant au Governing Council of the Cat Fancy (GCCF), la principale association féline britannique, il l’a autorisé en 2010 à participer aux expositions félines organisées sous sa gouverne, mais uniquement à des fins de démonstration, et non en tant que compétiteur.

 

 

La diffusion du Khao Manee hors de son pays d'origine

 

En 2001, Frédéric Goedert, un poète français qui avait déjà travaillé à l’introduction du Korat en France en 1988, commença à s’intéresser au Khao Manee, ce chat fascinant dont il venait de découvrir l’existence. Il contacta Colleen Freymuth afin de s’informer à propos de son projet, qui le passionnait. En avril 2004, il se rendit en Thaïlande avec l’objectif de rapporter un Khao Manee en France. Il revint donc chez lui avec une chatte nommée Paï Lin, ce qui signifie « saphir bleu ». Un peu plus tard, six autres chats de la même race lui furent expédiés par Colleen Freymuth.

 

Devant abandonner son élevage de Khao Manee pour des raisons de santé, elle finit même par transférer tous ses protégés à Frédéric Goedert, qui prit le relais dans la mission de préserver la race. Ses efforts portèrent leurs fruits, puisqu’en janvier 2005, trois chatons blancs aux yeux de pierres précieuses naquirent pour la première fois en terre européenne, en France plus précisément. Par la suite, Frédéric Goedert demeura pendant plusieurs années l’unique éleveur de Khao Manee en France.

 

En 2009, le Khao Manee fut introduit au Royaume-Uni par Chrissy Russell, une éleveuse du Hampshire passionnée de chats domestiques. Elle y fonda et dirigea le Khao Manee Cat Club, qui n’existe plus aujourd’hui. Il y demeure encore une race de chat très rare.

 

Le Khao Manee est aussi présent au Québec et ailleurs au Canada. Mais là encore, il s’y trouve en petit nombre. Il en va de même ailleurs en Europe et dans le monde : même si la TICA mentionne des éleveurs de Khao Manee dans des pays inattendus comme la Colombie ou la Slovénie, seuls 300 représentants de la race ont été enregistrés auprès de l'organisme entre 2008 et 2016.

 

En tout état de cause, après une croissance de sa popularité dans les années 2000 et au début des années 2010 (surtout aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne), le Khao Manee semble avoir ensuite plafonné, voire décliné en popularité. D’ailleurs, le GCCF lui-même n’en fait aujourd’hui plus du tout mention.

 

 

Attention aux faux Khao Manees

 

Avant d’acquérir un Khao Manee, il est impératif d’exiger la présentation d’un document d’enregistrement de la TICA ou des preuves d’importation témoignant du pedigree de l’animal ou de ses deux parents. Une autre façon pour s’assurer avoir bien affaire à un véritable Khao Manee est de faire effectuer un test d’ADN du chat par un laboratoire spécialisé.

 

Ces précautions sont d’autant plus nécessaires qu’il est très fréquent que des propriétaires de chats blancs aux yeux dépareillés croient posséder des Khao Manee, et essaient de les vendre comme tels. Or, sans documents officiels pour en attester, ces chats ne sont pas considérés comme tels, aussi beaux soient-ils. Il est donc préférable de s’adresser à un éleveur réputé afin d’adopter un chat de cette race.

Le Khao Manee possède l’allure caractéristique des chats de type longiligne ou oriental, c’est-à-dire qu’il présente une silhouette filiforme, élancée et gracieuse. Il s’agit d’un chat domestique de taille moyenne, au corps musculeux,  pourvu d’une tête triangulaire en forme de cœur. Ses pattes antérieures sont légèrement plus courtes que ses pattes postérieures.


D’un blanc hermine, sa fourrure est soyeuse et dense, et constituée de poils courts et fins. Elle est très chargée en électricité statique et peut produire des étincelles lorsqu’on la caresse. Par contre, du fait du climat chaud du pays d’où le Khao Manee est originaire, le sous-poil est très clairsemé.

 

Il existe toutefois également des individus de couleur noire, qui ne sont pas présentés dans les expositions félines mais sont utilisés pour la reproduction, notamment car cela permet de réduire la proportion de chatons qui naissent sourds.

 

Ses yeux brillants, magnifiques et si particuliers - au point d'être parfois comparés à des diamants ou des pierres précieuses -, sont la caractéristique la plus remarquable de la race. Qualifiés d’envoûtants, voire hypnotiques, ils sont de préférence vairons (dépareillés) : un œil bleu clair et l’autre jaune, mais parfois aussi vert ou cuivré. Chez les individus dont les deux yeux ont la même teinte, les bleus sont plus recherchés que les jaunes.

 

Enfin, il existe chez le Khao Manee un dimorphisme sexuel tout à fait marqué. Ainsi, les femelles se reconnaissent facilement par leur taille sensiblement plus petite que celle des mâles, et paraissent plus élégantes qu’eux. Les mâles ont pour leur part un corps plus puissant et massif. D’ailleurs, le standard de la race édicté par The International Cat Association (TICA), le plus important organisme d’enregistrement de chats domestiques de race au monde, considère comme un facteur pénalisant qu’une femelle présente des caractéristiques de taille, de musculature ou d’ossature se rapprochant de ceux du mâle - et inversement pour ce dernier.

Le Khao Manee est un chat curieux et intelligent, ce qui lui permet d’apprendre assez facilement certains tours, comme rapporter des objets. De fait, il est très actif et a besoin de beaucoup de stimulation. Il est par ailleurs sociable et affectueux, et apprécie énormément la présence des gens. N’ayant nulle tendance à se montrer timide avec les étrangers, il se portera volontiers volontaire pour accueillir, souvent chaleureusement, ceux qui se présenteront chez lui.

 

Ayant besoin d’attention, il est préférable qu’il soit accueilli dans un foyer où il n’est pas trop souvent livré à lui-même, et où au moins une personne passe quotidiennement un certain temps en sa compagnie. Il peut d’ailleurs se montrer attaché à son maître au point de le suivre souvent pas à pas, et d’être parfois qualifié de chat-chien.


Son caractère très affectueux en fait une race de chat qui aime les enfants, et le Khao Manee peut donc parfaitement être adopté par une famille qui en compte un ou plusieurs. Il faut par contre éviter, comme pour toute race de chat, de le laisser en présence de très jeunes enfants.

 

En outre, surtout s’il est mis en leur présence avec précaution ou s’il les connaît depuis son plus jeune âge, il s’entend bien avec les chiens et les autres animaux domestiques. Il apprécie même leur compagnie, puisqu’il n’aime pas la solitude.


Par ailleurs, c’est un chat qui a tendance à se montrer très vocal, un peu comme le Siamois.

 

Enfin, même s’il apprécie de se trouver à l’extérieur, ses maîtres préfèrent généralement garder leur Khao Manee en intérieur. De fait, comme il s’agit d’une des races de chat les plus chères et qu’il aime bien vagabonder, il faut s’assurer qu’il ne risque pas de s’enfuir si on le laisse sortir. De plus, il peut éprouver des difficultés et avoir besoin d’un certain temps avant de s’adapter à un nouvel environnement.

Étant donné qu’il a subi très peu de modifications génétiques, le Khao Manee est considéré comme un chat bénéficiant d’une santé robuste et exempt des maladies génétiques ou congénitales affectant d’autres races.


Il arrive toutefois que des individus soient atteints de surdité, mais ce handicap est beaucoup plus rare chez lui que chez les autres chats blancs aux yeux bleus, comme le Foreign White. ll faut souligner en effet que, sur l’ensemble des races de chat, un chaton blanc aux yeux bleus présente 72 % de risques de naître sourd. Ce handicap congénital est dû à la mutation d’un gène affectant les mélanocytes, les cellules responsables de la pigmentation des poils. Ces mêmes cellules influencent le développement de l’oreille interne ; de ce fait, lorsqu’elles ne se développent pas normalement, la communication entre l’oreille et le cerveau s’en trouve affectée, ce qui cause la surdité du chat.


La corrélation avec les yeux bleus découle du fait que cette couleur est due à l’absence de pigmentation dans l’iris, provoquée par la même mutation génétique. Cette corrélation est si forte qu’il arrive que des chats aux yeux vairons (qui ont un œil bleu et un œil jaune) soient sourds d’une oreille, celle du même côté que l’œil bleu.

 

Rappelons toutefois que le Khao Manee est quasi exempt de cette tare, sans doute grâce à un long travail de sélection pratiqué au fil des siècles dans son pays d’origine par les éleveurs au service des rois de Siam. Le roi Rama V aurait notamment initié en secret, à la fin du 18ème siècle, un programme royal d’élevage pour cette précieuse race féline.

 

C'est aussi ce long et rigoureux travail de sélection qui fait que, alors que les chats de couleur blanche sont connus pour présenter un risque accru de cancer de la peau, le Khao Manee est relativement épargné. Ce risque ne peut toutefois être totalement écarté.

Le pelage court du Khao Manee ne demande pas un entretien minutieux, car il en prend lui-même grand soin. Un brossage du poil du chat effectué à une fréquence hebdomadaire suffit pour le garder soyeux.


Par ailleurs, ses magnifiques yeux clairs et brillants étant fragiles, il est recommandé de les nettoyer régulièrement.

Comme pour les autres races de chats domestiques, il faut s’assurer d’offrir à son compagnon de la nourriture de qualité, en s’informant si besoin auprès d’un éleveur de Khao Manee ou d’un vétérinaire. Par ailleurs, il est nécessaire de tenir compte du fait que les besoins alimentaires du chat évoluent au cours de sa vie.

Le Khao Manee est un chat rare et précieux, difficile à trouver en Europe. Un chaton aux yeux vairons (c’est-à-dire dépareillés : un œil bleu et un œil jaune) né de parents enregistrés auprès de la TICA coûte de 2.000 à 3.000 euros. Pour un individu descendant d’une lignée prestigieuse, les prix peuvent atteindre 10.000 euros, ce qui en fait l’une des races de chat les plus chères au monde.


En Amérique du Nord, il est possible de trouver des chatons Khao Manee avec pédigrée pour un prix moindre. Ceux aux yeux vairons coûtent aux alentours de 2.000 dollars, et ceux avec les deux yeux d’une même couleur sont proposés aux alentours de 1.000 dollars.


Quel que soit l'endroit, que les yeux du chat soient vairon ou pas, il n’y a pas de différence majeure de prix entre mâles et femelles. Par contre, toute personne souhaitant acquérir un de ces chats exceptionnels doit s’assurer que les parents sont bien enregistrés auprès d’une association reconnaissant cette race et demander à l’éleveur de présenter les documents officiels justifiant le pédigrée. Ces précautions sont absolument nécessaires, comme peuvent en témoigner les nombreux propriétaires de supposés Khao Manees aux yeux vairons qui ont ensuite découvert que leur chat n’est qu’un simple chat européen blanc aux yeux dépareillés.

Le Khao Manee dans un recueil de poèmes félins

Le Khao Manee fut mentionné par écrit pour la première fois dans le Tamra Maew, un recueil de poèmes consacrés aux félins, qui remonterait probablement au 14ème siècle et dont quelques exemplaires sont conservés à la Bibliothèque nationale de Thaïlande, à Bangkok. Plus exactement, dans ce livre provenant d’un temple bouddhiste, la race portait le nom de Khao Plort, qui signifiait « tout blanc » en langue siamoise. Le recueil présentait non seulement des poèmes, mais aussi des illustrations et descriptions de chats, ce qui permet de croire qu’il pouvait servir en quelque sorte de standard de référence pour les races mentionnées. D’ailleurs, on lui donne également le nom de « Traité sur les chats ».


À cette époque, les yeux dépareillés (vairons) si marquants aujourd’hui ne faisaient pas partie des caractéristiques de la race. Ils apparaissaient plutôt d’une façon qui semblait aléatoire dans les portées de ces chatons blancs. Au fil du temps, les chats dotés de ces yeux dépareillés si particuliers – un bleu clair et l’autre jaune, mais parfois vert ou cuivré – ont sans doute été sélectionnés pour devenir aujourd’hui une caractéristique recherchée de la race, bien que non obligatoire selon le standard.

 

Un chat porte-bonheur

En Thaïlande, le Khao Manee est considéré comme un animal de compagnie porte-bonheur. Cela remonte en fait au livre Tamra Maew, le fameux livre de poèmes félins. À cette époque, un des poèmes du recueil avait pour objet un chat blanc auquel on attribuait la faculté d’apporter la chance dans les foyers qui l’accueillaient.


Cette traduction du poème en témoigne :
« Deux yeux comme des diamants,
Les affaires remportent du succès et amènent la prospérité,
Comme un bijou sans prix,
Celui qui s'appelle Sri Parort, fourrure blanche,
Et chat aux couleurs brillant comme du cristal,
Moustaches blanches, comme si appliquées,
La chance ne tarde pas à arriver à la maison.

Un autre poème du Tamra Maew pourrait être ainsi traduit :
Le sixième félin, entièrement blanc et aux yeux de mercure clair, apportera dans une maison longue vie, reconnaissance et richesse matérielle.
Ce qui ne sera pas sans susciter également le bonheur. »

 

Après sa mort, le Khao Manee peut encore amener la chance dans le foyer de ses maîtres puisque, selon une autre croyance, le fait de l’ensevelir le visage vers le haut attire également la bonne fortune chez eux.

 

Le Khao Manee sur un timbre-poste


En 1995, la Thaïlande a émis un timbre-poste d’une valeur de 3 bahts illustrant un Khao Manee. Cela est un exemplaire supplémentaire d'à quel point cette race est emblématique de son pays d'origine.

 

Le Khao Manee au musée

Fait surprenant et méconnu : il existe à Singapour un musée consacré aux chats domestiques, le Musée des chats ("Cat Museum"). Les visiteurs peuvent non seulement y découvrir des informations à propos des charmants petits félins, mais aussi interagir avec certains des pensionnaires, et même en adopter. En 2016, s’y trouvaient au moins deux dignes représentants de la race Khao Manee : un mâle nommé Papa et une femelle portant le nom de Diamond.

 

Un autre musée a autrefois existé, celui-ci entièrement consacré au Khao Manee. Il se trouvait dans la ville de Nakhon Pathom, en Thaïlande, et hébergeait une cinquantaine de chats de cette race. Son propriétaire, un ancien réalisateur de cinéma du nom de Namdee Witta, affirmait que ses hôtes étaient les uniques survivants descendant directement des Khao Manee du roi de Siam Rama V.

 

Un chat au statut royal

Namdee Witta, le propriétaire de l’ancien musée consacré aux Khao Manee, a affirmé dans une entrevue publiée dans un magazine thaïlandais que le roi Rama V aurait fait don à son fils le prince Chum Rom Kreth Udomsak de ses neuf Khao Manee, qu’il aimait beaucoup. Celui-ci aurait ensuite confié ses amours de chats, au nombre alors de dix-huit, à sa fille, la princesse Ruang Jit Jarang Apakorn – qui se trouvait être la tante de Namdee Witta. Cette dernière aurait à son tour, en 1957, légué ses précieux félins au colonel Haw Pionudhad, le grand-père maternel de Namdee. La population de ces chats aurait alors compté autour de 300 individus.

 

Lorsque Namdee Witta aurait accepté la responsabilité de s’occuper à son tour de ces chats, il aurait pris deux engagements solennels : ne pas croiser les Khao Manee avec une autre race, et ne jamais en vendre. Il ne pouvait que les retourner à une figure royale de son pays ou les transférer à une autre personne qui accepterait la responsabilité d’assurer la survie de la race. Afin de se conformer à son serment, il affirma avoir même dû refuser une offre astronomique d’un cheikh d’Arabie Saoudite qui insistait pour acheter un des chats dont il avait la garde. Il se serait senti comme un voleur, déclara-t-il, s’il avait accepté l’offre du richissime Saoudien.

 

Sous le règne de Rama V, voler un Khao Manee était puni par la peine de mort. C'est dire, encore une fois, le statut royal et particulier de cette race.

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