THIERS (63) Coup de griffe de l'association SOS chats

27/08/2010
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Certes, la ville de Thiers ne dispose pas de refuge pour chats abandonnés, mais heureusement elle compte une poignée de bénévoles prêts à montrer les griffes quand il est question de maltraitance sur animaux.

Abandon, violences, maltraitance : les félins thiernois, sans colliers ni toit, sont bien loin de mener une vraie vie de chat !

Cet été, plus encore que les autres années, Maria Da Cruz, présidente de « S.O.S. chats » tire la sonnette d'alarme et dénonce tous ces gestes et toute la cruauté exercée contre ces petits compagnons à quatre pattes.

« Poison, coups de fusil, pierres lancées, pièges : les attaques dirigées contre les chats sont de plus en plus nombreuses : ça ne fait qu'empirer », déplore l'historique présidente de l'association qui oeuvre, depuis 16 ans, pour contrôler le nombre de chats errants dans la ville, pour les nourrir et les soigner.

Sans refuge capable d'abriter et d'accueillir les petits félins sans maîtres, l'association s'appuie toutefois sur la générosité de plus de 140 personnes, qui cotisent auprès d'elle, mais surtout sur la générosité de familles d'accueil, qui acceptent de recevoir, à leur domicile, les plus en souffrance.

« Un animal blessé, une chatte stérilisée, ou un chat castré, ont besoin de repos et de quelques soins, isolés du monde sauvage, après leur opération : c'est là qu'interviennent les familles d'accueil. Elles peuvent les garder de quelques jours à plusieurs semaines, selon la gravité de l'état dans lequel le chat arrive? »

Mais le problème qui, cette année, préoccupent le plus Maria Da Cruz et tous les bénévoles de l'association « S.O.S. chats » c'est la véritable explosion des actes de maltraitance dirigés contre leurs petits protégés, et l'intolérance, de plus en plus palpable et « franchement intolérable » des riverains.

« Les gens ne supportent plus rien : c'est de pire en pire », martèle la présidente de l'association. « Ils ne nous laissent pas faire ce qu'on a toujours eu à coeur d'entreprendre : le contrôle et le soin des chats autour de Thiers. L'association reçoit des aides (*) afin de stériliser les animaux et les soigner. On les tatoue, on les opère : on limite la prolifération. Tout ça a un coût, évidemment. Alors quand on voit que les gens ne nous laissent pas faire notre travail, ne respecte pas notre investissement en s'en prenant ouvertement aux animaux et en tentant de les éliminer, avec autant de cruauté, ça nous met en colère? », tempête-t'elle.

Et quand on aborde le sujet des abandons d'animaux, de plus en plus nombreux, les membres d'« S.O.S chats » en viennent à ne plus comprendre leurs concitoyens? « Les gens ne s'attachent plus : ils ne savent plus ce que ça veut dire d'adopter un animal, le voir grandir, le voir prendre une place au sein de la famille. Pour eux, c'est un jouet. Dès qu'il est passé de mode, ils le jettent : c'est scandaleux ! »

L'association oeuvre donc, aussi, pour replacer les chats qu'elle accueille en urgence afin de les savoir, enfin, dans une famille qui prendra soin d'eux et saura leur donner la place qu'ils méritent. « On a mis en place un système de contrat d'adoption : les gens qui font la démarche de venir chercher un chat auprès de notre association l'accueillent sain et tatoué. C'est aussi une manière, pour nous, de "suivre" l'animal. Grâce au tatouage et à son contrat d'adoption, on sait exactement à qui appartient le chat, si on le retrouve, à nouveau abandonné? »

En conséquence, l'association n'est pas prête d'abandonner sa plus belle cause, et continue coût que coût à veiller sur les chats thiernois, comme une chatte veille sur ses petits?

(*) L'association bénéficie du soutien des associations « 30 Millions d'Amis », « Fondation Brigitte Bardot », « Fondation Bourdon » et de la mairie de Thiers.

Marie-Edwige Hebrard