Les chats errants : faits, problèmes et solutions

Deux chats errants marchant en ville

Si certains chats vivent sous un toit et aux côtés d’un maître qui leur offre de l’attention et leur prodigue des soins, d’autres en revanchent n’ont pas de propriétaires et errent dans les rues ainsi que les campagnes. C’est même le cas d’une majorité d’entre eux dans certains pays – en particulier les moins développés.


Ces chats errants représentent dans bien des endroits un problème réel, avec à la clef des enjeux majeurs – notamment en termes de nuisance (par exemple sur le plan sanitaire), de biodiversité mais aussi d’éthique.


Comment définit-on exactement les chats errants ? Quels problèmes posent-ils ? Quelles solutions existe-t-il ?

Qu’est-ce qu’un chat errant ?

La définition du chat errant dans le langage courant

Un chat errant allongé dans la rue contre une vitre

Dans le langage courant, un chat errant, aussi appelé chat des rues ou chat haret, est un Chat domestique (sous-espèce de félin issue de la domestication du Chat sauvage) n’ayant pas de foyer ni de personne s’occupant vraiment de lui au quotidien. Il vit en général en extérieur et se nourrit de ce qu’il trouve, ou de ce que certaines personnes lui donnent. Il peut être né dans la rue, ou avoir vécu par le passé dans un foyer et l’avoir quitté pour différentes raisons. Il peut d’ailleurs toujours appartenir officiellement à quelqu'un mais ne plus avoir aucun lien avec son propriétaire, par exemple parce qu’il a fugué, s’est perdu ou a été abandonné.

 

Le chat errant est différencié dans le langage courant de ce que l’on appelle le chat féral.

 

Le premier est un animal domestique qui n’est pas fait pour vivre dehors : d’ailleurs, l’extérieur est un milieu assez hostile pour lui, et il doit lutter pour y survivre, aussi bien physiquement que psychologiquement.

 

Le chat féral quant à lui est revenu à un état au moins partiellement sauvage. Il n’a pas de propriétaire et n’est pas socialisé (voire d’ailleurs ne l’a jamais été), si bien qu’il craint les humains. Il évolue généralement en groupe et est plus apte à la survie qu’un chat errant. Il peut être né dans la nature et y avoir toujours vécu, ou bien être un ancien chat errant ayant progressivement appris à vivre à l’état sauvage. Dans un cas comme dans l’autre, il est tellement habitué à ce mode de vie qu’il peut difficilement être recueilli et vivre dans un foyer.

La définition juridique du chat errant

Même si sur le plan juridique la notion de « chat errant » est globalement à peu près la même dans tous les pays, il existe toutefois des nuances d’un territoire à l’autre.

En France

Un chat errant assis dans la rue

En France, il n’existe pas vraiment de définition légale de ce qu’est un chat errant.

 

En revanche, le statut de chat en divagation est défini par l’article L. 211-23 du Code rural selon les termes suivants : « est considéré comme en état de divagation tout chat non identifié trouvé à plus de 200 mètres des habitations ou tout chat trouvé à plus de 1000 mètres du domicile de son maître et qui n’est pas sous la surveillance immédiate de celui-ci, ainsi que tout chat dont le propriétaire n’est pas connu et qui est saisi sur la voie publique ou sur la propriété d’autrui ».

 

Dans les faits, même si ce n’est pas exactement la même chose, la notion juridique de chat en divagation est assez proche de ce qu’on entend généralement par chat errant dans le langage commun.

En Belgique

Un chat errant marchant dans la rue

En Belgique, les textes de loi ne donnent pas de définition stricte de ce qu’est un chat errant. Néanmoins, la jurisprudence permet d’en faire une définition non officielle.

 

Ainsi, la justice belge caractérise un chat errant comme n’ayant pas de propriétaire (ou ne partageant pas le domicile de celui-ci), n’étant pas identifié et se reproduisant librement.

En Suisse

Un chat errant au pelage abîmé

La législation fédérale suisse détaille de manière assez précise les responsabilités des maîtres à l’égard de leurs animaux de compagnie, mais en revanche ne prévoit rien pour ceux qui se retrouvent à la rue et ne définit même pas ce qu’est un chat errant.

 

Cette zone de flou est dénoncée par les associations de protection des animaux, car elle entrave le travail sur la gestion des chats errants en empêchant de les identifier et de les compter avec précision.

Au Canada

Un chat noir et roux dans la neige

Au Canada, aucun texte de loi ne donne de quelconque définition juridique du terme « chat errant », que ce soit au niveau fédéral ou provincial.

Les chats errants et les chats libres

Une femme nourrissant des chats errants

Certains chats errants sont qualifiés de « chats libres ». Ce terme désigne ceux qui vivent en extérieur, sans maître, mais qui bénéficient d’un suivi plus ou moins régulier opéré par des riverains ou par des associations dédiées. Ces animaux sont nourris, soignés et parfois identifiés et stérilisés.

 

Ainsi, un chat libre reste un chat errant, mais il est régulièrement en contact avec des humains qui veillent dans une moindre mesure sur lui. Certaines associations font même le choix de capturer les individus les plus sociables et de les proposer à l’adoption.

Le nombre de chats errants

Un groupe de chats errants dans un cimetière

Il est très délicat d’effectuer un comptage précis du nombre de chats errants, puisque par définition ils n’appartiennent à personne. Tant leur nombre élevé que le fait qu’ils se déplacent au cours de la journée et ont pour certains tendance à se cacher rend la tâche quasiment impossible.

 

Les seuls chiffres qui existent sont donc soit des estimations faites à partir de quelques observations, soit des extrapolations statistiques.

 

En outre, il faut avoir en tête que la définition d’un chat errant peut varier d’un territoire à l’autre, ce qui impacte plus ou moins fortement les comptages. 

En France

4 chats errants dans la rue

Selon la fondation Brigitte Bardot, le nombre de chats errants en France est de l’ordre de 11 millions, soit le plus élevé de tous les pays d’Europe.

 

Sachant que dans le même temps la population de chats de famille (donc non-errants) serait de l’ordre de 14 millions, comme il ressort par exemple de l’enquête FACCO/KANTAR-TNS sur les chiffres de la population animale, on aboutirait à la conclusion que presque un chat sur deux dans le pays est errant – si tant est que l’estimation de la fondation Brigitte Bardot soit correcte.

 

Il est probable en tout cas qu’elle est nettement supérieure à celle des chiens errants, puisque ces derniers ne seraient guère plus de quelques dizaines de milliers.

En Belgique

Un groupe de chats errants dans une rue

Aucune statistique n’existe concernant la population de chats errants en Belgique.

 

En revanche, selon les chiffres publiés en 2020 par l’European Pet Food Industry Federation, le nombre de chats de famille en Belgique serait de l'ordre de 2 millions.

En Suisse

Portrait d'un groupe de chats errants

Selon les estimations avancées notamment par l’association Protection Suisse des Animaux (PSA), le nombre de chats errants en Suisse seraient environ 100.000.

 

Ce chiffre est à mettre en balance avec celui des chats de famille, qui seraient environ 1,7 million selon les estimations de la Société pour l’alimentation des animaux familiers (VHN).

Au Canada

Des chats errants blottis les uns contre les autres dans une rue enneigée

Selon des chiffres de l’association Keep Cats Safe and Save Bird Lives, il y aurait entre 2,1 et 5,5 millions de chats errants au Canada. Certaines Sociétés Protectrices des Animaux (SPA) et Sociétés pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux (SPCA) du Québec indiquent d’ailleurs que près de la moitié des chats qu’elles recueillent chaque année sont errants.

 

Quant aux chats de famille, un article du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs québécois évaluait en 2008 leur nombre à 1,45 million.

Dans les autres pays

Un groupe de chats errants vu de face

Le nombre de chats errants à l’échelle mondiale est inconnu. Il existe quelques estimations, mais elles aboutissent à des résultats très divergents : certaines concluent qu’il est de l’ordre de quelques dizaines de millions, tandis que d’autres parlent de plusieurs centaines de millions.

 

Les choses sont un peu moins floues en ce qui concerne les chats de famille. En effet, selon une étude Euromonitor parue en 2019, le nombre de chats de famille dans le monde était en 2018 de l’ordre de 370 millions.

D’où viennent les chats errants ?

Depuis quand existe-t-il des chats errants ?

Un chat assis à côté d'une ruine de l'Antiquité

Le Chat sauvage commença à être domestiqué il y a plus de 10.000 ans, probablement au moment où l’Homme commençait à s’intéresser à l’agriculture. En effet, la nourriture stockée attirait les rats et par extension leurs prédateurs naturels, les chats. Ces derniers se rapprochèrent ainsi des humains et eurent pendant de longs siècles un rôle essentiel de chasseur de nuisibles, mais ils vivaient généralement en liberté à l’extérieur et non dans les habitations. Ils étaient donc dans leur immense majorité des chats errants.

 

Le chat n’est devenu réellement un animal de compagnie qu’à partir du 17ème siècle. C’est aussi à cette période que les premières colonies de chats qualifiés de « errants » auraient vu le jour. Ces groupes auraient été constitués petit à petit par les progénitures des chats de compagnie, dont la reproduction n’était pas autant supervisée par les maîtres qu’elle ne l’est de nos jours.

 

Autrement dit, les chats errants ne datent pas d’hier : il en existe depuis bien longtemps, même s’il est probable qu’ils n’étaient pas aussi nombreux autrefois qu’ils le sont aujourd’hui.

Pourquoi il y a-t-il de plus en plus de chats errants ?

Une colonie de chats errants dans la rue

Quel que soit l’endroit, la population de chats des rues tend à augmenter fortement, car l’espère féline se reproduit très vite. Ainsi, sachant qu’une chatte peut avoir chaque année une à deux portées de deux à six chatons, un couple de chats peut donner naissance à près de 12 chats la première année. Si l’on considère que chacun de ces 12 chatons suit le même parcours, on arrive à un nombre théorique de 10.000 chats après 4 ans.

 

Ce chiffre reste bien entendu une estimation théorique, mais il explique bien pourquoi le nombre de chats errants tend naturellement à augmenter fortement :  dès lors qu’ils ne sont pas stérilisés, ils se reproduisent rapidement entre eux. Le nombre et la taille des colonies ne cessent donc de croître, d’autant que l’espérance de vie d’un chat est relativement longue.

 

À ce phénomène naturel vient s’ajouter celui des fugues et des abandons : les rangs des chats errants sont ainsi constamment étoffés par d’anciens chats de famille, qui pour une raison ou une autre se sont retrouvés sans maître et à la rue.

 

Même si dans de nombreux endroits diverses stratégies sont imaginées et déployées pour tenter d’endiguer le phénomène, il reste compliqué de stopper – ou même de ralentir - la croissance rapide de la population de chats errants. 

La vie des chats errants

Le mode de vie des chats errants est radicalement différent de celui des chats de famille. Ils évoluent souvent en extérieur, parfois en colonie, et ils doivent s’adapter à des conditions d’existence souvent inconfortables.

Les chats errants vivent-ils plutôt en ville ou à la campagne ?

Un chat errant à la campagne

À l’heure actuelle, les chiffres manquent pour savoir si les chats errants sont plus nombreux en ville ou à la campagne. D’ailleurs, cela dépend probablement des pays et des territoires : il n’existe sans doute pas une réponse valable pour l’ensemble de la planète.

 

En tout cas, la nourriture est potentiellement plus facile d’accès en ville. Les rats sont nombreux, et l’activité humaine produit beaucoup de déchets qui constituent de véritables festins pour les petits félins. De plus, les chats errants sont aussi nourris par des habitants soucieux de leur bien-être. 

 

Cela étant, la vie en ville est plus dangereuse pour eux que celle à la campagne, car les risques d’être victime d’un accident (notamment une collision avec un véhicule), d’une maladie ou d’un empoisonnement y sont plus élevés.

 

En outre, alors qu’en ville on a plutôt tendance à vouloir les éloigner voire les éradiquer, ils peuvent au contraire être les bienvenus dans les zones rurales, car ils chassent des champs et des fermes les rongeurs et autres nuisibles attirés par les récoltes.

 

En tout cas, comme le chat est un animal territorial, il y a peu de migration d’un environnement à l’autre : les colonies formées en ville sont peu enclines à migrer vers les zones plus rurales, et inversement.

Les risques auxquels les chats errants sont exposés

Un chat errant assis au milieu d'un chemin de fer

Les conditions de vie des chats errants sont souvent difficiles. Ils sont notamment à la merci des conditions climatiques, des autres animaux, des humains violents qui voudraient abuser de leur faiblesse... Ils sont également bien plus exposés aux risques d’accidents, de chutes et d’intoxication. De plus, dans les zones particulièrement isolées, la nourriture peut se faire rare.

 

Un autre danger susceptible de les guetter est l’éradication pure et simple. En effet, dans certains endroits, leur mise à mort est autorisée et pratiquée – parfois de manière assez « industrielle ». Au-delà de ces pratiques discutables mais encadrées, ils sont aussi n’importe où à la merci de personnes agacées par leur présence et n’hésitant pas à utiliser des méthodes parfois barbares pour solutionner le problème à leur façon.

L’état de santé des chats errants

Un chat errant blessé aux yeux

La santé des chats errants est assez précaire : ils ne sont généralement pas vaccinés (soit parce qu’ils ne l’ont jamais été, soit parce qu’ils n’ont pas reçu les rappels nécessaires), pas vermifugés voire pas stérilisés, et n’ont généralement personne pour prendre soin d’eux. Cela dit, comme le souligne un rapport intitulé « Capture, stérilisation, relâche et maintien (CSRM) chez l’espèce féline » publié en 2018 par l’Association Vétérinaire Québécoise de Médecine de Refuge (AVMQR), plusieurs études viennent nuancer le propos, indiquant que l’état de santé des chats errants ne serait finalement pas aussi dégradé qu’on pourrait le penser. Il est toutefois important de souligner que les études en question ne portent que sur certains paramètres très précis, comme leur poids ou leur bilan sanguin, et ne reflètent donc pas réellement leur état de santé global.

 

Le taux de mortalité de ces animaux est en tout cas assez élevé, principalement à cause d’accidents divers (attaque de chien, collision avec une voiture…) plutôt que du fait de la prolifération de maladies. Dans une thèse publiée en 2006 et intitulée « Evaluation of a Trap-Neuter-Return Management Program for Feral Cat Colonies: Population Dynamics, Home Ranges, and Potentially Zoonotic Diseases », une chercheuse de l’Université de Caroline du Nord (États-Unis) rapporte ainsi que 75 % des chatons errants meurent avant l’âge de 6 mois, principalement à cause d’accidents.

 

Globalement, l’espérance de vie des chats errants semble plus faible que celle des chats de famille. Malgré l’absence d’étude approfondie sur la question, on estime généralement qu’elle est de l’ordre de 12,5 ans, contre environ 14 ans pour leur congénères qui vivent au sein d’un foyer.

Les problèmes que représentent les chats errants

Les chats errants sont exposés à toutes sortes de risques, mais ils constituent aussi eux-mêmes une source de nuisances et de dangers pour les autres espèces, dont l’Homme.

Les risques pour les autres animaux

Les chats errants sont des prédateurs et représentent un danger pour certaines espèces qu’ils sont susceptibles de chasser, mais pas seulement. En effet, d’autres espèces qui ne font pas partie de leurs proies sont aussi impactées par leur présence, et celle-ci n’est pas non plus sans conséquence pour les chats de compagnie.

Les risques pour les chats de compagnie

Deux chats en train de se battre

Les chats de famille peuvent être impactés par la présence de chats errants.

 

En effet, ces derniers peuvent leur transmettre toutes sortes de pathologies, dont certaines très graves : le sida du chat (FIV), la leucose, le coryza, le typhus... Le risque est d’autant plus réel qu’un contact direct entre les deux protagonistes n’est pas forcément nécessaire. Par exemple, un chat peut être contaminé par la leucose féline simplement en touchant du sang, de la salive, de l’urine ou des excréments déposés par un individu malade.

 

Les chats errants sont en outre davantage susceptibles d’être porteurs de parasites (des vers, des poux, des puces…), et là aussi de les transmettre aux chats de famille.

 

Enfin, ils sont plus sauvages et donc davantage enclins à se battre avec leurs congénères, les griffer, les mordre et parfois les blesser gravement.

Les risques pour les autres espèces

Un chat tenant entre ses pattes un oiseau qu'il vient de tuer

Il n’y a pas que pour leurs semblables que les chats errants représentent un risque sanitaire, car la transmission de certaines maladies et de certains parasites est possible également d’une espèce à l’autre. Ainsi, ils peuvent aussi contaminer d’autres animaux sensibles aux mêmes pathologies qu’eux. Par exemple, un petit félin porteur de la teigne ou de parasites intestinaux tels que le ténia peut contaminer un chien.

 

Les chats errants peuvent également s’en prendre à d’autres animaux, domestiqués ou non, se battre avec eux et les blesser.

 

Le chat est en outre un prédateur redoutable pour les petits rongeurs et les oiseaux, au point qu'il peut représenter une menace pour la biodiversité. Selon le rapport de l’AVMQR évoqué plus haut, il aurait contribué à l’extinction de plusieurs espèces au cours de l’Histoire, comme l’océanite de Guadeloupe ou la tourterelle de Socorro. Ce point est particulièrement problématique dans les zones où évoluent des espèces d’oiseaux rares en danger de disparition. Une étude intitulée « Feral cats and biodiversity conservation: The urgent prioritization of island management » et publiée en 2013 dans la revue scientifique BioScience montre ainsi qu’il serait responsable de l’extinction de 33 espèces d’oiseaux sur diverses îles océaniques.

 

Enfin, les chats errants peuvent se reproduire avec des sous-espèces de chats sauvages et engendrer ainsi des hybrides, réduisant ainsi petit à petit le nombre de chats sauvages et mettant en péril la survie de ces sous-espèces. C’est ce qui se produit par exemple en Asie avec le Chat orné, un félin sauvage qui s’accouple couramment avec des chats errants, au point que les hybrides sont devenus monnaie courante.

 

De fait, la biodiversité repose sur un équilibre précaire. Les populations de chats errants sont susceptibles de perturber son harmonie et de menacer le devenir de certaines espèces, d’autant plus qu’elles tendent à croître très fortement. Il est donc essentiel de contrôler les populations de chats (donc aussi celles de chats errants) afin notamment de protéger les autres espèces.

Les risques et nuisances pour les humains

En plus de représenter divers risques pour les petits félins de compagnie et les autres animaux, les chats errants peuvent être à l’origine de diverses nuisances pour les humains.

Le risque d’attaques

Des griffures de chat sur une jambe

Les chats errants peuvent s’en prendre à des humains, notamment les plus jeunes.

 

Le risque de blessure est réel, avec potentiellement des séquelles d’ordre physiques et/ou psychologiques, parfois à vie.

 

Par ailleurs, de telles attaques s’accompagnent d’un risque de transmission de diverses maladies.

Les risques de maladies transmissibles à l’Homme

Un virus vu au microscope

En plus d’être sources de nuisances en tout genre, les chats errants représentent aussi pour l’Homme un danger sanitaire. En effet, même si les contaminations restent rares, ils peuvent être vecteurs de zoonoses, c’est-à-dire de maladies transmissibles à l’humain :

 

  • par leurs excréments, ils peuvent transmettre la toxoplasmose. Cette maladie est généralement bénigne pour l’humain, sauf pour les femmes enceintes ou les personnes au système immunitaire affaibli. La contamination peut se faire à l’occasion d’un contact direct avec les excréments du chat touché, mais pas seulement. En effet, le parasite qui en est à l’origine s’attrape aussi par ingestion d’eau contaminée ou d’aliments non nettoyés ;

  • par griffure, ils peuvent transmettre la maladie des griffes du chat, ou bartonellose. Cette pathologie touche généralement les personnes de moins de 20 ans ou celles dont le système immunitaire est affaibli. Elle se manifeste par des maux de tête, de la fatigue, et l’apparition de rougeurs voire de pustules au niveau du site d’infection. Dans une large majorité des cas, on en guérit au bout d’une à trois semaines, sans conserver de séquelles. Toutefois, elle est aussi susceptible d’entraîner toutes sortes de complications ;

  • par simple contact, il peuvent également transmettre la teigne, infection dermatologique sans conséquence autre que des démangeaisons néanmoins désagréables ;

  • par morsure ou par contact d’une plaie avec de la salive d’un animal infecté, ils peuvent transmettre la rage, une maladie mortelle contre laquelle il n’existe à ce jour aucun traitement. Néanmoins, les cas de rage contractée à cause de chats errants sont minimes : dans la grande majorité des cas, la maladie est transmise par un chien - voire une chauve-souris, en particulier sur le continent américain. Par ailleurs, les cas de rage humaine se font de plus en plus rares, notamment grâce à la vaccination, aux programmes de surveillance sanitaire mis en place et à la sensibilisation des populations. À titre d’exemple, aucun n’a été recensé depuis 1924 en France, 2001 en Belgique, 2000 en Suisse et 1977 au Québec. Les contaminations d’humains par la rage perdurent dans d’autres pays (notamment en Asie et en Afrique), mais ne sont que très rarement attribuées à des chats.

 

Quelle que soit la zoonose, il convient de souligner que le risque de transmission existe également avec les chats de famille. Toutefois, d’après le rapport de l’AVMQR, les chats errants seraient plus enclins que ces derniers à transmettre la toxoplasmose et la maladie des griffes du chat, car elles sont davantage répandues chez eux. En revanche, pour les autres pathologies, ils ne seraient pas un vecteur plus important que leurs congénères vivant au sein d’un foyer.

Les nuisances sonores

Un chat errant en train de miauler

Les chats errants sont parfois peu discrets, et peuvent déranger le voisinage.

 

C’est le cas tout particulièrement lors des périodes de reproduction : leurs cris et miaulements sont particulièrement puissants, et se manifestent généralement en pleine nuit. Les bruits de bagarre, souvent nocturnes là aussi, peuvent aussi être source de dérangement.

Les nuisances olfactives ou visuelles

Un chat fouillant des sacs-poubelle

Les déjections et l’urine des chats errants posent problème – en particulier l’urine des mâles non stérilisés, particulièrement odorante.

 

En outre, les chats errants ne se privent pas de fouiller dans les poubelles et parfois d’étaler des détritus sur le sol, polluant le paysage visuel et olfactif.

Les nuisances matérielles

Un chat se faisant les griffes sur un pneu de voiture

Les chats errants ont tôt fait de dégrader tant des biens publics que des biens privés, y compris parfois en s’invitant au coeur des foyers.

 

Ils peuvent ainsi être à l’origine de dégâts matériels parfois considérables, a fortiori s’ils sont particulièrement nombreux.

Les nuisances économiques

Une pile de pièces de monnaie

Tant la prise en charge des chats errants que celle des problèmes de santé dont ils sont à l’origine pour les autres animaux et les humains, ainsi que la réparation des dégâts qu’ils commettent, représentent des dépenses parfois non négligeables pour les individus et/ou pour la collectivité.

Quelles solutions pour réduire le nombre de chats errants ?

Tant pour leur bien-être que pour celui des riverains et pour l’équilibre de l’écosystème, il est primordial de contrôler la croissance de la population de chats errants. Un peu partout dans le monde, les autorités et associations explorent différentes pistes.

 

De nombreuses méthodes ont donc été éprouvées avec plus ou de moins succès, mais aucune ne fait réellement l’unanimité. Depuis le début des années 2000, la stérilisation des chats errants et leur réintroduction dans leur milieu d’origine semble être la solution la plus populaire auprès des défenseurs des animaux et des décideurs politiques. Pour autant, la situation est encore loin d’être sous contrôle.

 

L’éradication ou la capture et euthanasie des chats errants

Un chat errant capturé à l'aide d'une cage

Cette solution est moins courante de nos jours, mais par le passé de nombreuses campagnes d’éradication des chats errants ont été menées à travers le monde. Elles ont pour but de réduire leur population par la méthode la plus radicale qui soit : la mise à mort directement sur le terrain qu’ils occupent, sans passer par la capture. Elles sont susceptibles de reposer sur plusieurs techniques différentes : l’empoisonnement, l’introduction d’un virus au sein des colonies, la chasse, les pièges, les fumigènes…

 

Une autre stratégie assez proche consiste à capturer les chats sauvages puis à les euthanasier. L’intérêt de cette méthode est d’être un peu plus éthique quant à la mise à mort des animaux, et d’éviter de laisser les cadavres sur place – ce qui est également source de problèmes, notamment sur le plan sanitaire.

Les avantages

Un chat en cage

Les techniques d’éradication directe ou de capture puis euthanasie peuvent s’avérer utiles dans certains cas précis. Une étude intitulée « Review of feral cat eradications on islands » publié en 2011 par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) montre par exemple que l’éradication des chats errants s’est avérée efficace dans le cas d’îles océaniques de taille réduite.

 

Toutefois, en dehors de ces espaces restreints, la méthode manque d’efficacité, et ses inconvénients l’emportent sur ses avantages.

Les inconvénients

Un chat mort dans la rue

Comme le souligne le rapport de l’AVMQR évoqué plus haut, les campagnes d'éradication visant à éliminer physiquement les chats errants (après éventuellement les avoir capturés) présentent principalement quatre grandes limites :

 

  • elles sont fortement contestées, car jugées comme cruelles et non éthiques par de nombreux défenseurs des animaux. Les plus fervents opposants à ces méthodes peuvent aller jusqu’à saboter les opérations ;

  • elles ont parfois des conséquences inattendues et néfastes, en particulier dans les zones urbaines. En effet, l’éradication des chats dans certains endroits a conduit à la prolifération d’autres espèces (par exemple des rats), remplaçant simplement un problème par un ou plusieurs autres ;

  • elles sont assez inefficaces. Tout d’abord, il paraît compliqué de réussir à éliminer tous les chats d’une même zone, surtout en milieu urbain où ils ont de nombreux endroits où se cacher. Par ailleurs, quand bien même on y parvient effectivement, cela ne dure qu’un temps. En effet, ceux des territoires voisins ont alors tendance à s’étendre et à occuper l’espace nouvellement libéré, par ce que l’on appelle « l’effet de vide ». En outre, disposant de plus d’espace et de nourriture, ils sont en meilleure santé : ils vivent donc plus longtemps et ont davantage de petits. La colonie s’agrandit donc d’autant plus vite, et finit par totalement occuper cette nouvelle zone qui s’ajoute à son ancien territoire. À terme, on revient donc au point de départ ;

  • elles sont difficiles à mener à proximité des zones où résident des humains. En effet, elles peuvent mettre également en danger les chats de famille ainsi que les représentants d’autres espèces, à commencer par les chiens. C’est le cas tout particulièrement de celles reposant sur l’empoisonnement ou la propagation de virus. Par ailleurs, même s’ils sont ramassés plus ou moins rapidement, la présence de cadavres de chats dans les rues pose également des problèmes sanitaires évidents.

 

Si l’euthanasie après capture et les autres méthodes d’éradication peuvent sembler efficaces à première vue, le tableau est donc en réalité nettement plus contrasté. De fait, leurs limites expliquent qu’il est de moins en moins courant d’y avoir recours.

Quels pays utilisent ces méthodes ?

Un chat en cage

Jusqu’aux années 2010, la Belgique, la France et la Suisse (entre autres) autorisaient la chasse des chats errants. Ces pratiques sont aujourd’hui révolues – voire interdites - dans de nombreux pays et territoires, car considérées comme cruelles et inefficaces.

 

Elles continuent néanmoins d’être quelquefois utilisées dans le contexte d’îles océaniques de petite taille, seul type d’environnement dans lequel elles font vraiment leurs preuves. Ce fut le cas par exemple en 2017 sur l’île de la Réunion, lorsque les chats errants menaçaient la survie de certains oiseaux endémiques.

La relocalisation des chats errants dans des refuges dédiés

Trois chats dans un refuge

Soucieux du bien-être des chats errants et voulant leur éviter d’être massacrés, certains organismes décident de créer des sanctuaires qui leur sont dédiés. Amenés sur place par les membres de l’organisation ou par des tiers (y compris des particuliers), les petits félins y sont alors pris en charge, soignés, nourris et logés dans des structures conçues pour leur procurer le plus de confort possible.

 

Le principe de ces établissements est proche de celui des refuges animaliers, à la différence qu’ils ont pour vocation d’accueillir les chats sans limite de durée, jusqu’à la fin de leurs jours, en leur proposant des conditions d'existence agréables.

Les avantages

Des chats errants en train de manger dans un refuge

Recueillir les chats des rues dans des sanctuaires dédiés entend avoir pour principal avantage de favoriser leur bien-être, car ils passent alors le reste de leur vie à l’abri de toutes sortes de risques dans un établissement dédié où des soins leur sont prodigués.

 

En outre, les animaux pris en charge sont systématiquement stérilisés : ces établissements permettent donc à la fois d’améliorer les conditions d’existence des chats errants et de limiter la croissance de leur population.

Les inconvénients

2 chats dans un refuge © Radio France - Elisa Montagnat

Comme le souligne le rapport de l’AVMQR, les sanctuaires destinés aux chats errants sont créés et opérés par des personnes armées des meilleures intentions, mais ont tôt fait d’être débordés par le nombre d’animaux à accueillir. Dans de nombreux cas, ils finissent par se transformer en établissements insalubres, et tant le manque de moyens que de personnel empêche de prendre en charge les animaux dans de bonnes conditions. La promiscuité favorise par ailleurs la transmission de maladies et de parasites entre les animaux, mettant ainsi en danger leur propre santé.

 

Du reste, le chat étant un animal assez indépendant et territorial, la cohabitation avec de nombreux congénères peut s’avérer très stressante – d’autant qu’elle se fait dans un espace assez restreint.

 

En outre, même s’il n’est pas directement à leur contact, il perçoit très bien ce que ressentent ses congénères et a toutes les chances d’être angoissé si eux-mêmes le sont. Un cercle vicieux a donc tôt fait de s’installer et d’être source de mal-être pour l’ensemble des pensionnaires.

 

Au demeurant, la question du bénéfice de l’enfermement se pose également. Quand bien même il jouit alors de meilleures conditions matérielles d’existence et se retrouve à l’abri de toutes sortes de risques, rien ne dit qu’un chat errant est davantage heureux une fois enfermé...

 

Au final, les sanctuaires pour chats errants sont rarement des réussites : ils s’avèrent généralement au mieux inefficaces, au pire contre-productifs, même si certains exemples viennent contraster ce propos. En tout état de cause, ils n’agissent qu’à une échelle très locale et ne peuvent avoir qu’un résultat limité, tant leur dimension est modeste en comparaison de l’ampleur du phénomène : ils ne sauraient avoir réellement pour ambition de l’endiguer.

La méthode Capturer - Stériliser - Replacer (CSR)

Une vétérinaire stérilisant un chat

La méthode Capturer — Stériliser — Replacer (CSR ou TNR en anglais, pour Trap-Neuter-Replace) a été développée dans les années 1950 au Royaume-Uni afin de gérer les colonies de chats errants sans utiliser de méthode létale.

 

Cette stratégie repose sur la capture des animaux, leur transfert dans une structure habilitée (refuge ou clinique vétérinaire), leur stérilisation et parfois l’administration de traitements ou de vaccins, puis leur remise en liberté sur le site de capture.

 

Avant celle-ci, ils sont généralement identifiés. Ainsi, s’ils viennent à être de nouveau capturés par la suite, les services chargés de l’opération peuvent rapidement les reconnaître et les replacer sur le site de leur colonie.

 

Cela dit, lorsqu’ils sont pris en charge, ils sont également inspectés par un vétérinaire, qui éventuellement place les individus les plus fragiles et/ou les plus sociables en refuge, où ils bénéficient d’un meilleur suivi et peuvent être rendus disponibles à l’adoption.    

Les avantages

Une vétérinaire stérilisant un chat

Le CSR est considéré par de nombreux défenseurs des animaux comme étant la méthode la plus éthique de gestion des chats errants, mais aussi la plus efficace. En effet, beaucoup estiment qu’elle permet un meilleur contrôle des populations sur le long terme que n’importe quelle autre technique.

 

De fait, comme on empêche les petits félins de se reproduire en les stérilisant, le nombre d’individus de la colonie finit par baisser petit à petit, au fil des décès. De plus, comme cette décroissance est lente, les organismes en charge ont le temps de s’occuper également des colonies avoisinantes, et en évitant qu’une zone se dépeuple d’un seul coup on se prémunit de l’effet de vide. Autrement dit, contrairement à ce qu’il se passe avec des méthodes comme l’éradication, les chats des colonies avoisinantes ne viennent pas occuper l’espace pour agrandir leur territoire.

 

Selon une étude intitulée « Study of the effect on shelter cat intakes and euthanasia from a shelter neuter return project of 10,080 cats from March 2010 to June 2014 », publiée en 2014 dans la revue scientifique Peel J et qui portait notamment sur l’application de la méthode CSR par un refuge local de Californie (États-Unis), celle-ci a permis l’amélioration globale de l’état de santé des chats errants du secteur. Ainsi, quatre ans après le début de la campagne, le taux d’euthanasie des animaux pris en charge avait diminué de 50 %, et le nombre de cadavres de chats errants trouvés dans la zone de 20 %. Il s’agit certes d’une expérience locale dont les résultats ne peuvent pas être extrapolés à tous les chats errants, mais ces derniers sont tout de même éclairants et se recoupent avec divers témoignages d’associations de protection des chats errants.

 

En outre, selon le rapport de l’AVMQR, le CSR pourrait être plus économique que l’euthanasie des chats errants, avec des coûts respectifs de 56 dollars et 139 dollars par animal. Si ces chiffres dépendent grandement des localités et des tarifs préférentiels appliqués par les vétérinaires impliqués dans ces campagnes, plusieurs études mettent tout de même en avant le rapport prix/efficacité particulièrement intéressant de la méthode CSR. C’est le cas par exemple de celle publiée en 2002 dans le journal scientifique Journal of Applied Animal Welfare Science, et intitulée « The Effects of Implementing a Feral Cat Spay/Neuter Program in a Florida County Animal Control Service ».

 

La limitation du nombre de chats errants n’est pas le seul avantage que le CSR procure aux autres animaux et aux riverains. En effet, cette méthode permet aussi de profiter des avantages de la stérilisation :

  • les sujets stérilisés sont moins enclins à défendre leur territoire, et donc à se battre ;
  • ils ont également moins tendance à uriner pour marquer leur territoire, et leur urine est moins odorante ;
  • on évite aussi les nuisances sonores que représentent leurs cris dans les périodes de reproduction.

Les inconvénients

Un chat tenant un oiseau mort entre ses dents

Si le CSR a ses partisans, il a aussi ses détracteurs – ne serait-ce que parce que son efficacité ne fait pas l’unanimité. De fait, s’il est vrai que certaines études montrent une réduction considérable du nombre d’individus au sein des colonies de chats errants à la suite de l’application de cette méthode, il l’est tout autant que d’autres rapportent au contraire des expériences peu concluantes en la matière. Comme dans bon nombre de domaines, les données scientifiques discordantes alimentent le débat.

 

Par ailleurs, certains groupes de protection de la biodiversité s’opposent fermement à l’application généralisée du CSR. De fait, cette méthode laisse en liberté beaucoup de chats, qui sont autant de prédateurs pour les oiseaux ainsi que les rongeurs, et à ce titre menacent l’écosystème. Dans le cas de zones où se trouvent des espèces particulièrement menacées par les chats, le CSR peut s’avérer insuffisant à court terme et l’éradication est plus appropriée pour préserver la survie des espèces concernées.

 

D'autres défenseurs des animaux considèrent quant à eux que le CSR est une pratique non éthique. Ils estiment que cette méthode est insatisfaisante, car les chats retournent quand même à la rue et y retrouvent dans des conditions de vie difficiles. Néanmoins, ce type d’argumentaire n’est généralement pas assorti d’une quelconque proposition de solution...

Quels pays utilisent le CSR ?

Un chat se faisant stériliser

De nombreux partisans de la cause animale estiment que le CSR est la solution la plus efficace et éthique pour faire face au problème des chats errants.

 

Cela explique qu’elle est largement employée, notamment en Europe, au Canada, aux États-Unis et dans de nombreux autres pays.

La sensibilisation des propriétaires de chats

Les propriétaires de chats de famille ont une grande part de responsabilité dans la problématique des chats errants, mais ils n’en sont pas forcément conscients. Les sensibiliser est donc un levier important dans la lutte contre le phénomène, afin d’éviter que leur compagnon y contribue d’une manière ou d’une autre.

La lutte contre les abandons

Un chat assis au milieu de la route

Une des manières d’éviter la prolifération des chats errants est d’éviter autant que faire se peut que des chats de famille viennent grossir leurs rangs. En effet, au-delà du fait qu’il est totalement irresponsable et cruel d’abandonner son animal, ces abandons participent au problème que représentent les chats errants en amplifiant leur nombre.

 

Il est donc tout sauf absurde de sensibiliser les maîtres sur le sujet, notamment dans le cadre des campagnes de lutte contre l’abandon menées par divers organismes de protection des animaux. Celles-ci visent souvent à agir en amont même de l’adoption, pour faire en sorte que les personnes qui envisagent d’adopter prennent bien en considération tout ce qu’accueillir un animal implique, et les responsabilités qui leur incombent par la suite. Néanmoins, elles permettent également d’éduquer les personnes déjà propriétaires d’un animal à ce que l'abandon d'un chat peut avoir comme conséquences, et en dernier recours de les diriger vers diverses solutions leur permettant de se séparer de leur compagnon sans pour autant le laisser livré à son sort.

La promotion de l’identification

Un vétérinaire scannant la micropuce d'un chat

L’identification permet de retrouver le propriétaire d’un chat perdu, dès lors que celui-ci atterrit par exemple chez un vétérinaire, un refuge ou une fourrière. S’il n’est pas identifié, les chances d'y parvenir sont considérablement réduites.

 

Faire identifier son chat a donc un intérêt certain pour tout maître n'ayant aucune envie de perdre son compagnon.

 

Néanmoins, c’est aussi bénéfique pour la collectivité dans son ensemble. En effet, un chat qui se perd risque de finir par rejoindre une colonie de chats errants. Pour peu qu’il ne soit pas stérilisé, il a alors de grandes chances de contribuer rapidement à l’accroissement des effectifs de cette dernière.

 

Il convient d’ailleurs de souligner que l’identification ne doit pas concerner que les individus ayant accès à l’extérieur. Il suffit en effet de quelques secondes à un chat d’appartement pour s’enfuir par une porte laissée entrouverte et partir à l’aventure, sans ensuite forcément vouloir ou pouvoir rentrer chez lui.

La promotion de la stérilisation

La stérilisation d'un chat

La limitation de la population des chats errants passe aussi par la stérilisation des chats de famille.

 

En effet, quand bien même il vit toujours chez son maître, un mâle peut très bien s’accoupler avec des femelles errantes lors de ses balades et participer au phénomène, sans même que son propriétaire ne s’en rende compte. Une femelle peut également se retrouver gestante sans que cela soit voulu par ce dernier, avec à la clef un risque que tout ou partie des chatons finissent abandonnés.

Que faire face à un chat errant ?

Compte tenu de leur nombre, il n’est pas exceptionnel de se retrouver face à un chat errant – ou du moins qui semble l’être. La bonne attitude à adopter dépend alors de son comportement.

Peut-on toucher un chat errant ?

Une personne tentant de toucher un chat

Si un chat ne présente aucun signe extérieur d’identification (collier, médaille…) et semble errant mais se montre sociable et se laisse facilement approcher, il est conseillé de l’emmener chez un vétérinaire pour que celui-ci vérifie s’il est identifié par puce électronique. Il peut en effet s’être simplement perdu, et son maître sera alors ravi de le retrouver. Si en revanche il n’est pas identifié, on a éventuellement la possibilité de l’adopter. Sinon, le vétérinaire prend en charge l’animal et gère son transfert en fourrière.

 

En revanche, dans le cas d’un individu qui semble sauvage ou effrayé, mieux vaut ne prendre aucun risque et ne pas tenter de l’approcher. Il pourrait mordre ou griffer, avec en plus à la clef un risque de transmission d’une maladie. Mieux vaut contacter l’administration locale, les forces de l’ordre ou une association dédiée afin qu’il soit pris en charge par des personnes davantage aptes à le faire.

Faut-il nourrir un chat errant ?

Des chats errants en train d'être nourris par une personne

La question de savoir s’il est ou non pertinent donner à manger à un chat errant fait débat. Certains estiment que les nourrir relève de la responsabilité des associations, et que les citoyens qui prennent ce genre d’initiatives ne font qu’amplifier le problème que ces animaux représentent. D'autres estiment qu'ils méritent tout autant que leurs congénères qui ont un maître de manger à leur faim, et qu’il est cruel de ne pas leur apporter de nourriture.

 

De fait, certaines municipalités prennent le parti d’interdire de nourrir les chats errants. Cela dit, en pratique, personne ne sanctionne un riverain qui le fait.

 

Dans tous les cas, donner de la nourriture à un chat errant ne dispense pas de prévenir en parallèle les autorités ou un refuge, afin qu’ils puissent intervenir et que l’animal soit éventuellement identifié, stérilisé et/ou soigné, si besoin est.

Conclusion

La question des chats errants peut sembler sans fin. Pourtant, de nouvelles pistes sont sans cesse explorées par les autorités et les associations dans l’espoir de trouver une solution pérenne aux problèmes que pose leur prolifération. Ils sont en effet source de nuisances pour les humains, mais aussi de dangers pour les autres animaux, voire dans certains cas de menaces pour la biodiversité – tout en ayant eux-mêmes une existence pas forcément enviable.

 

Pour autant, l’objectif n’est pas de les faire souffrir, bien au contraire. Des méthodes comme le CSR permettent par exemple de limiter leur nombre tout en améliorant autant que faire se peut leur condition.

 

Quoi qu’il en soit, les autorités compétentes et les associations ne sont pas les seuls qui peuvent agir pour endiguer le phénomène : les propriétaires de chats de famille ont également leur part de responsabilité. En effet, la plupart des chats errants sont soit eux-mêmes des chats de famille qui ont été perdus ou abandonnés, soit des descendants de ces derniers. En stérilisant et faisant identifier son compagnon, chaque propriétaire contribue déjà, à son échelle, à la lutte contre la multiplication des animaux errants.

Par Mélissa G. - Dernière modification : 10/01/2022.