Interview témoignage : le métier d’ostéopathe pour chat

Une ostéopathe manipulant un chat

Au début du siècle, l’ostéopathie animale restait essentiellement concentrée sur les chevaux et les bovins. Depuis, les choses ont fortement changé : il est beaucoup plus courant qu’autrefois que des propriétaires de chats ou d’autres petits animaux (chiens, NAC…) y aient recours dans l’espoir d’améliorer les conditions d’existence de leur compagnon. D’ailleurs, le nombre de praticiens et de formations à ce métier ont explosé.

Voici quelques informations sur ce dernier ainsi que sur l’ostéopathie pour les chats, à partir d’échanges avec une professionnelle expérimentée.

Sommaire de l'article

  1. 1. Se lancer comme ostéopathe
  2. 2. Le quotidien d’un ostéopathe pour chats
  3. 3. La profession d’ostéopathe pour chat

Se lancer comme ostéopathe

Bonjour. Pouvez-vous vous présenter ?

Eugénie Delaune au cours d'une séance d'ostéopathie avec un chat

Bonjour ! Je m'appelle Eugénie Delaune, je suis ostéopathe animalier et exerce depuis 2014 dans le 17ème arrondissement de Paris, uniquement sur rendez-vous. Bien sûr, je ne couvre pas que les chats, mais aussi les chiens, les lapins et autres NAC.

J'utilise exclusivement des techniques douces afin de mettre en confiance l'animal et son propriétaire, et mes compétences ainsi que mes connaissances sont reconnues par l'Ordre des vétérinaires. En effet, comme tout professionnel exerçant ce métier, je suis habilitée par ce dernier (en l’occurrence sous le matricule OA240, OA signifiant « Ostéopathe animalier »).

Pourquoi avoir choisi de devenir ostéopathe pour chat ?

Eugénie Delaune en pleine séance d'ostéopathie avec un chien

J'ai toujours voulu travailler avec les animaux. Néanmoins, étant bonne en mathématiques, je me suis d'abord dirigée vers cette voie toute tracée que représente une classe préparatoire maths sup, maths spé.

Toutefois, après les deux années passées au sein de cette dernière, je me suis rendue compte que je n'étais pas faite pour travailler derrière un bureau et que ma vraie vocation était les animaux.

Comme je ne supporte pas la vue du sang, devenir vétérinaire ne pouvait me correspondre. En revanche, par son côté manuel et le fait qu’il soit exercé au contact des animaux, le métier d'ostéopathe animalier me convenait parfaitement.

Quelle formation avez-vous suivie ?

Une personne assise devant un ordinateur portable et prenant des notes sur une feuille

Quand j'ai commencé ma formation en 2009, il n'y avait pas d'école d'ostéopathie animale en France.

J'ai donc suivi mes trois premières années d’étude en Angleterre, à Brighton. Toutefois, l'école où j’étudiais a fini par ouvrir un établissement en France, et c’est ainsi que mes deux dernières années de formation se sont déroulées en Normandie.

J’ai ainsi obtenu à la fois le diplôme anglais et le diplôme français d’ostéopathie animale, l’un comme l’autre avec mention Très Bien.

A-t-il été compliqué de se lancer, puis de développer votre clientèle ?

La devanture d'un cabinet d'ostéopathie animale

Lorsque je me suis installée en 2014, seule l'ostéopathie équine était vraiment connue en France. Toutefois, le fait d'avoir obtenu un poste d'Enseignante d'ostéopathie canine et féline (théorie et pratique), équine (pratique) et NAC (pratique) m’a aidé à faire connaître l'ostéopathie pour les petits animaux (chiens, chats, lapins et autres NAC), mais aussi à me faire connaître moi-même et avoir une certaine crédibilité.

Par ailleurs, les propriétaires qui m’ont confié leur animal ont vite compris l'intérêt de l'ostéopathie pour celui-ci, voyant que cela le soulage et lui fait gagner en confort. Le bouche-à-oreille a donc fonctionné assez rapidement.

Quels sont les coûts pour se lancer comme ostéopathe animalier ?

Une personne tenant des billets et en train de taper sur une calculatrice

Le coût le plus important pour se lancer comme ostéopathe animalier est celui de la formation.


C’est d’autant plus vrai si on opte pour une école d'ostéopathie animale : comme ce sont des institutions privées, le montant qu'elles facturent est élevé. Il faut ainsi compter de l’ordre de 6.000 à 10.000 euros par an, à multiplier donc par le nombre d’années (cinq dans le cas d’une admission post-bac).


En outre, il faut encore ajouter environ 1500 euros pour le coût de l'examen à passer devant l'Ordre des vétérinaires afin d’être autorisé à exercer.

Cela dit, les écoles d'ostéopathie animale ne sont pas le seul moyen de devenir ostéopathe animalier. Il existe en fait deux autres voies :

  • suivre une formation dédiée à l'ostéopathie humaine et compléter par une autre spécifique aux animaux, avec là aussi l'obligation de passer l'examen de l'Ordre des vétérinaires ;
  • suivre une formation pour devenir vétérinaire et compléter avec une autre dédiée à l’ostéopathie animale.

 

En tout état de cause, le reste de mon propos ne couvre que le cas qui est le mien et que je connais, à savoir celui des ostéopathes animaliers non vétérinaires.

Par contre, quelle que soit la formation qu’on a suivi, s'installer comme ostéopathe animalier est rapide et peu coûteux, pour au moins trois raisons :

  • d’un point de vue administratif, il suffit de créer une auto-entreprise ;
  • contrairement à d’autres métiers, on n'a pas besoin d’acquérir toutes sortes d’équipements coûteux : les mains suffisent ;
  • un local n’est pas forcément nécessaire, car il est tout à fait possible de proposer uniquement des interventions à domicile. C’est d’ailleurs ce que font au début la plupart des personnes qui se lancent dans ce métier, et cela représente évidemment une économie conséquente.

Aujourd’hui, est-il aussi facile de se lancer qu’à votre époque ?

Des personnes assises et en train de passer un examen écrit

Lorsque je me suis lancée en 2014, j'étais une des premières à pratiquer l'ostéopathie canine et féline à Paris. La demande n'a ensuite fait qu'augmenter : j’étais ainsi bien placée pour en profiter, si bien que je n’ai pas eu de mal à me faire une place et en vivre correctement.

De nos jours, les choses sont différentes pour au moins deux raisons.

D’abord, comme pour les ostéopathes humains, la profession est en train de se boucher : dans certaines zones, on peut même parler de saturation. C’est d’autant plus vrai qu’il n’y a pas de numerus clausus : plusieurs études montrent que sur la période récente, le nombre de praticiens augmente plus vite que la demande.

Ensuite, quelle que soit l'école qui le délivre, un diplôme d'ostéopathie animale ne permet pas de travailler : il est indispensable de passer et réussir un examen devant l'Ordre des vétérinaires. Ainsi, quand on est fraîchement diplômé et alors même qu’on sort de cinq années d'études, une incertitude persiste quant au fait de pouvoir effectivement se lancer. Elle est loin d’être insignifiante : à l’époque où je l’ai passé, le taux d’échec était de l’ordre de 50% !

Au demeurant, il peut y avoir jusqu'à un an d'attente pour passer l'examen pratique après la réussite à l'examen théorique. En effet, pratiquement tous les étudiants diplômés s'inscrivent en même temps, à la fin de leur formation. Pendant tout ce temps, on est donc bloqué pour se lancer, faute d’être autorisé à exercer – et ce alors même qu’on vient de dépenser pendant plusieurs années beaucoup d’argent afin de se former... Quant au délai s’il faut repasser une épreuve, ce n’est guère mieux : il peut dépasser les six mois.

Le quotidien d’un ostéopathe pour chats

Votre niveau d’activité fluctue-t-il au cours de l'année ?

Une personne écrivant dans un agenda

Mon niveau d'activité est globalement stable, à ceci près que :

  • je constate un pic d'activité avant les vacances d’été ainsi qu’aux retours des vacances scolaires, notamment en septembre ;
  • le mois d’août est plus calme, car beaucoup de maîtres et de chats sont alors partis en vacances.

L’activité repose-t-elle sur des clients réguliers, ou au contraire sur beaucoup de demandes uniques ?

Une femme caressant son chat pour le rassurer pendant une séance d'ostéopathie

Comme l'ostéopathie humaine, l'ostéopathie animale est intéressante à la fois sur le plan curatif (par exemple en cas de boîterie, de difficulté à sauter...) et sur le plan préventif : elle permet en effet de prévenir de nombreuses pathologies, à l’image notamment de l'arthrose.

Cela implique qu’un suivi annuel ou bi-annuel est recommandé, et donc que mon activité repose beaucoup sur des clients récurrents qui m’amènent ainsi leur animal à intervalle régulier.

Comment vos clients vous trouvent-ils ?

Le site internet d'Eugénie Delaune, ostéopathe

Les nouveaux clients me trouvent principalement via le bouche-à-oreille ou via mon site Internet, qui est très bien référencé du fait notamment de l'ancienneté de mon activité et des nombreux témoignages qu'il présente.

Les chats représentent-ils une part importante de votre activité, par rapport aux autres espèces ?

Eugénie Delaune en pleine séance d'ostéopathie avec un cheval

Les écoles privées d’ostéopathie animale forment sur plusieurs animaux : chevaux, chiens, chats, lapins, ruminants... Il n'est pas possible de se spécialiser sur une seule espèce, d'autant que l'examen pratique devant l'Ordre des vétérinaires (indispensable pour être autorisé à exercer) peut se dérouler aussi bien sur un chat qu’un chien, un cheval ou une vache.

Quand j'ai commencé mon activité en 2014, l'ostéopathie sur les petits animaux n'était pas encore très connue. Cela explique que je m’occupais alors principalement de chevaux, quand bien même j’étais basée à Paris.

Maintenant qu’un nombre croissant de propriétaires d’animaux de compagnie connaissent ce métier, les choses ont changé : une majorité des consultations portent sur des chiens et des chats, même si on m’amène aussi parfois des lapins ou des cochons d'Inde. J'ai tout de même gardé une partie de ma patientèle équine, que je suivais depuis longtemps.

Quand est-il pertinent de faire appel à un ostéopathe pour un chat ?

Un ostéopathe en train de manipuler un chat ayant une blessure à la tête

Les chats sont des animaux très souples et de redoutables prédateurs, mais ce sont aussi des proies. De ce fait, ils ont tendance à masquer au maximum la moindre gêne : d'où l'intérêt de séances d'ostéopathie préventive qui permettent de déceler d’éventuels problèmes non visibles aux yeux des propriétaires.

En ce qui concerne le curatif, les principaux motifs de consultation sont d'ordre ostéo-articulaire : boiterie, dysplasie, arthrose, raideur de l'arrière-train, difficulté à sauter, problème de mobilité suite à une chute ou un traumatisme (par exemple un accident de la route)... L'ostéopathie permet de lever les verrouillages ostéo-articulaires associés, de limiter les compensations, de soulager et de donner du confort.


Il peut toutefois aussi être pertinent de faire appel à un ostéopathe pour un problème d'ordre :

 

  • digestif : l'approche viscérale de l'ostéopathie, que je pratique, permet de rendre leur mobilité aux organes (y compris certains qui ne font pas partie du système digestif mais peuvent jouer un rôle, comme la rate) et donc de les aider à fonctionner au mieux, notamment en cas de troubles digestifs ou d'apathie. En effet, un état apathique peut être dû à une baisse des défenses immunitaires, or le système immunitaire est lié au système viscéral : en boostant le second, on a aussi un impact sur le premier ;

  • comportemental, car certains troubles du comportement sont liés à des douleurs. Or, après une séance d'ostéopathie, le chat est mieux dans son corps et donc dans sa tête. Inversement, le stress créée des tensions que l'ostéopathie permet de libérer ;

  • crânien : l’approche crânienne de l'ostéopathie, que je pratique également, permet de libérer toutes les tensions au niveau du crâne. Cela peut s’avérer utile dans certains cas d'otite, de troisième paupière apparente, de mâchoire bloquée, de maux de tête...

Dans les faits, quels sont les motifs de consultation les plus fréquents ?

Un chat noir s'apprêtant à sauter d'un toit

Il arrive trop souvent qu’on fasse appel à moi après qu’un chat a fait une chute depuis un balcon ou une fenêtre - parfois de très haut. Or, ces situations pourraient souvent facilement être évitées. On ne répètera jamais assez l’importance de sécuriser les balcons et les fenêtres pour éviter de telles chutes : il suffit d'un pigeon qui passe pour que le pire survienne. Miser sur la prévention des accidents est d'autant plus nécessaire qu'un chat n'apprend pas forcément de ces erreur et peut donc parfaitement recommencer. J’ai déjà eu plusieurs fois le cas…

En tout état de cause, même si l'animal semble indemne suite à une chute et ne présente pas de fracture, il est important de consulter un ostéopathe animalier afin de lever les verrouillages ostéo-articulaires qu’elle a forcément entraîné. À défaut, ils finiront par provoquer avec le temps des gênes et pathologies plus graves.

Les autres cas de figure les plus courants sont :

  • d’une part, les propriétaires qui ont remarqué une différence dans la mobilité de leur chat ou dans son comportement (une douleur peut amener un petit félin à être par exemple anormalement agressif ou anxieux) ;
  • d’autre part, ceux qui veulent tout simplement lui procurer du bien-être.

Comment et où se passe une séance d’ostéopathie avec un chat ?

Un chat allongé pendant une séance d'ostéopathie

Les consultations félines se déroulent dans mon cabinet, situé dans le 17ème arrondissement de Paris. Il est spécialement aménagé pour ne pas ressembler à un cabinet vétérinaire, étant donné qu’un tel endroit est généralement un lieu stressant pour un chat.

Ainsi, mes petits patients se laissent généralement bien faire, ce qui évidemment est plus agréable pour tout le monde. C’est d’autant plus vrai qu'au fur et à mesure de la séance, ils comprennent que cela leur fait du bien et se détendent donc d’autant plus !

Combien de temps dure une séance d'ostéopathie avec un chat ?

Une ostéopathe manipulant un chat

Contrairement à la plupart de mes consoeurs et confrères, j'aime avoir toutes les informations nécessaires à la consultation avant cette dernière : non seulement les données de base sur l’animal (son nom, sa race, sa date de naissance, son sexe…), mais aussi ses éventuels antécédents médicaux, ainsi bien sûr que le motif de la consultation et les symptômes qu’il présente. Je prévois donc toujours un échange préalable, généralement par e-mail.

Ainsi, une fois que le chat est arrivé et a fait un petit tour du propriétaire (ce qui me permet d’observer sa locomotion), je suis d’emblée en mesure de travailler.

C’est d’autant plus utile que les petits félins sont connus pour ne pas être particulièrement patients. En entrant directement dans le vif, il perçoit rapidement les bienfaits de la séance plutôt que d'attendre 15 minutes que je recueille toutes les informations nécessaires auprès de son propriétaire. Sans oublier qu'à l’oral, ce dernier a tôt fait de se perdre dans toutes sortes de petits détails sur la vie de son chat.

Cette manière de procéder explique qu’une séance d'ostéopathie féline à mon cabinet ne dure guère plus d’environ 30 minutes en moyenne, même si bien sûr j’adapte un peu à chaque fois en fonction des besoins de l'animal.

En tout état de cause, même si au début il se montre un peu récalcitrant, il finit normalement par lâcher prise au bout de quelques minutes en constatant les bienfaits procurés, donc ce n’est pas un facteur qui impacte sensiblement sur la durée de la séance.

Généralement, une seule séance suffit-elle ?

Une femme ostéopathe en train de prendre en charge un chat

Le pire facteur en ostéopathie est le facteur temps : plus on attend pour traiter un problème, plus il est long d’y remédier lorsqu’enfin on le prend à bras le corps. 

Dans le cas où le propriétaire n'a pas trop attendu pour m’amener son chat, une seule séance peut suffire.

En revanche, si les verrouillages ostéo-articulaires sont trop ancrés ou trop importants, une deuxième séance rapprochée (quelques semaines d'intervalle) s’impose généralement.

Dans les cas extrêmes, une troisième séance rapprochée s’avère même nécessaire.

Cela dit, l'ostéopathie ne devrait pas se cantonner au curatif : comme pour les humains, elle a un intérêt aussi en préventif. Un suivi annuel ou bi-annuel est ainsi recommandé, même si en apparence il n’y a aucun problème à régler.

La race du chat a-t-elle une influence sur votre travail ?

Un chat Maine Coon

Non, la race n’a globalement pas spécialement d’impact dans ma pratique. Certes, les plus grandes races de chats (par exemple le Maine Coon) sont davantage touchées par certaines pathologies spécifiques comme la dysplasie de la hanche, mais l'approche ostéopathique reste la même.

Et l’âge du chat ?

Un vieux chat avec le dos courbé

Plus un chat est âgé, plus il a accumulé de traumatismes et de lésions au cours de sa vie, et donc plus l'ostéopathie est utile afin de le soulager et lui donner du confort.

Pour autant, amener un chaton chez un ostéopathe est également judicieux : cela permet de s'assurer que rien ne vient perturber sa croissance et de lui donner le plus de chances possibles d'avoir de belles articulations plus tard.

Il n’en reste pas moins que du point de vue du praticien, l'approche ostéopathique reste la même quel que soit l’âge de l’animal.

D’autres facteurs que la race et l'âge jouent-ils un rôle ?

Un chat sautant d'un toit

Le caractère peut jouer un rôle important dans l’utilité de l’ostéopathie pour un chat. En particulier, si ce dernier est intrépide et a tendance à faire toutes sortes de cabrioles, il est davantage susceptible de chuter, avec potentiellement à la clef des verrouillages ostéo-articulaires.

 

Le fait d'avoir ou non accès au dehors a aussi une influence. En effet, un petit félin qui a l'occasion d'évoluer en extérieur est plus exposé aux risques de bagarres avec des congénères ou des représentants d’autres espèces, ainsi qu’à celui de traumatismes : un choc avec une voiture, une chute...

Proposez-vous des séances d'ostéopathie animale à domicile ?

Eugénie Delaune lors d'une séance d'ostéopathie avec un chat gris

Au début de mon activité, je proposais également des consultations à domicile pour les clients ne pouvant pas ou ne souhaitant pas emmener leur chat au cabinet. Toutefois, celles-ci prenaient parfois un tour compliqué, du fait que ce faisant je m’invitais sur son territoire.

Désormais, je consulte uniquement au cabinet, et ne regrette pas du tout cette décision : les chats que je prends en charge se laissent davantage faire, si bien que pratiquement toutes mes consultations se passent bien. Je ne reviendrai donc pas en arrière.

Un chat est-il souvent réfractaire à se laisser manipuler par une personne inconnue ?

Un chat gris placé sur le dos et qui semble rechigner à se laisser manipuler

Tout dépend de son caractère et de son histoire. Le tout est d'arriver à ce moment où il se rend compte que la séance lui fait du bien. Il est impressionnant d’observer à quel point son regard et son attitude changent à partir de ce moment-là !

Comme j'utilise exclusivement des techniques douces, je parviens assez rapidement à mettre mes petits patients en confiance.

Le propriétaire est-il présent à vos côtés pendant les séances ?

Une femme tenant un chat dans ses bras sous le regard d'une autre femme

Le propriétaire du chat doit en effet être là lorsque je m'occupe de son animal : cela permet de rassurer ce dernier et de le tenir au début si besoin, jusqu'à ce qu'il comprenne que ce que je fais lui procure du bien-être et donc se laisse faire.

La présence du propriétaire est également utile pour que je puisse lui poser des questions au gré de la consultation, en fonction de mon analyse et des verrouillages ostéo-articulaires trouvés.

Vous arrive-t-il de devoir écourter la séance à cause du chat ?

Un chat sur le dos et en train d'être manipulé par un ostéopathe

Cette situation ne m'est jamais arrivée, car il finit toujours pas comprendre que mon intervention lui fait du bien.

En outre, le fait de consulter uniquement à mon cabinet facilite les choses : il est de base plus réceptif dans cet environnement qui n'est pas le sien que dans le cas de figure où je m’invite chez lui.

Quels sont les plus gros défis que vous devez relever ?

Une ostéopathe manipulant un chat placé entre ses jambes

Il arrive que des propriétaires de chats viennent me voir en dernier recours car « ils ont tout essayé », fait subir de nombreux examens et traitements à leur animal, sans pour autant qu’il n’aille mieux.

Parfois, cela tient simplement au fait que le problème n'a pas été traité à la source, c'est-à-dire que les verrouillages ostéo-articulaires ou les tensions n'ont pas été libérés - ce que précisément permet l'ostéopathie. En effet, les médicaments peuvent soulager, mais ils ne lèvent pas les verrouillages ostéo-articulaires.

Je passe alors pour une « magicienne », comme disent certains clients, alors que dans ces cas-là il aurait simplement suffi de penser plus tôt à l'ostéopathie.

Qu’est-ce que l’ostéopathie féline peut et ne peut pas faire ?

Un chat se faisant bander une patte par un vétérinaire

L'ostéopathie est intéressante dans la plupart des cas lorsqu’il s’agit de permettre au corps de s’autoréguler afin de fonctionner au mieux - ce qu’on appelle le principe d'homéostasie.

En revanche, il y a des situations où on ne doit pas y avoir recours, et où c’est un vétérinaire qui doit prendre en charge l’animal : une fracture, une crise aiguë de douleur, une grosse réaction du système immunitaire (par exemple de la fièvre)...

C'est aussi pour cette raison que je prévois toujours un échange préalablement à la séance, afin de rediriger plutôt la personne vers un vétérinaire si une prise en charge ostéopathique n’est pas ce qui est adapté.

Par ailleurs, si au cours de la séance je constate qu’il n’y a pas de douleurs, la résolution du problème nécessite de faire appel à un comportementaliste félin, et non à un ostéopathe. Je redirige alors la personne vers un tel professionnel.

Que diriez-vous à une personne qui hésite à emmener son chat chez un ostéopathe ?

Un chat sur le dos pendant une séance d'ostéopathie, qui semble détendu et se laisser faire

Qu'il faut qu'elle essaye ! Il est certain que l'ostéopathie fera du bien à son chat : tout au long de la vie de ce dernier, des tensions et des verrouillages ostéo-articulaires sont susceptibles de s'installer. L'ostéopathie est la clé pour les lever afin de permettre à son animal d'être bien dans son corps et donc dans sa tête, ce qui est dans l’intérêt de tout le monde.

Est-il fréquent qu’on vienne vous voir pour un problème relevant en fait d'un vétérinaire ?

Une radiographie de la patte d'un chat

Comme je l'ai expliqué précédemment, je prévois toujours un échange (généralement par e-mail) avant toute consultation : cela permet notamment de rediriger la personne vers un vétérinaire si en réalité c’est plutôt d’un tel professionnel qu’elle a besoin.

C’est le cas par exemple si son chat ne pose pas du tout un membre au sol : je l’envoie alors systématiquement vers son vétérinaire, pour que celui-ci puisse effectuer les examens qui s’imposent (par exemple une radiographie).

Vous arrive-t-il d’échouer ?

Un chat se faisant manipuler la patte par un ostéopathe, en étant tenu également par son maître

L'ostéopathie ne peut pas faire de miracles, mais dans tous les cas elle soulage. Il arrive donc qu’elle ne puisse pas régler le problème à la source, mais au moins le chat se trouve mieux et gagne en confort. Le propriétaire est alors content que son animal ait une meilleure qualité de vie.

Avez-vous déjà eu une frayeur avec un chat que vous preniez en charge ?

Un chat allongé sur le dos, agrippant et mordant le bras d'une personne

Je n’ai jamais eu de frayeurs lors d'une séance d'ostéopathie avec un chat, mais il faut toujours rester prudent : en cas de douleur sur une zone, il est susceptible de réagir très vivement. Il peut alors être nécessaire de le tenir (quitte à solliciter pour cela l’aide de son propriétaire), tout en étant doux et persuasif pour qu'il accepte les manipulations.

Une fois la zone libérée (c’est-à-dire une fois que j’ai pu lever les tensions et verrouillages ostéo-articulaires à l’origine notamment de cette douleur), il se laisse faire de nouveau.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?

Un chat s'endormant pendant une séance d'ostéopathie

J’apprécie beaucoup de voir les animaux soulagés et reconnaissants après une séance d'ostéopathie.

 

En effet, ils comprennent vraiment que mon intervention leur a fait du bien, et cela se voit : c'est très valorisant.

Et ce qui vous déplaît le plus ?

Une femme travaillant sur un ordinateur

Le côté administratif est clairement ce qui me plait le moins : la gestion du planning des consultations, de la comptabilité, de la facturation...

 

Ce n'est pas gratifiant, et en plus c’est chronophage !

Y a-t-il un épisode dont vous êtes particulièrement fière ?

Un chat allongé sur une table de consultation

Je n’ai pas un moment particulier en tête, mais j’aime toujours beaucoup quand les propriétaires me disent qu'ils ne pensaient pas que leur chat se laisserait faire et qu’au final ce dernier se retrouve allongé et endormi sur la table de consultation, à ne plus vouloir partir !

La profession d’ostéopathe pour chat

Est-ce un métier accessible à tous ?

Eugénie Delaune manipulant la patte arrière d'un cheval

Il ne suffit bien sûr pas d’aimer les animaux pour pouvoir devenir ostéopathe animalier.

En particulier, il faut aussi notamment se montrer patient, pour pouvoir être à leur écoute : ce n’est pas forcément donné à tout le monde.

Mais surtout, la formation à ce métier couvre systématiquement toutes sortes d’espèces, des lapins jusqu’aux chevaux en passant notamment par les chiens et les vaches. Pour certaines d’entre elles, une bonne condition physique est indéniablement nécessaire : imaginez par exemple quand vous devez manipuler une lombaire chez un cheval…

Enfin, il faut avoir en tête que c’est une profession qui ne s’exercice quasiment jamais à titre salarié : l’immense majorité des ostéopathes travaillent comme indépendants. Or, tout le monde n’est pas forcément fait pour un tel mode de vie.

Que pensez-vous des formations à l'ostéopathie animale ?

Une salle de cours avec des adultes travaillant sur des ordinateurs portables

Lorsque j'ai commencé ma formation en 2009, il n'y avait pas aucune école d’ostéopathie animale en France. À peine une quinzaine d’années plus tard, elles étaient une trentaine.

N’ayant jamais eu l’occasion de me pencher en détails sur le sujet, je n'ai pas vraiment d'informations sur ces écoles. Néanmoins, comme il s’agit d’institutions privées, leur coût a tôt fait d’être assez conséquent, donc il est judicieux de bien se renseigner afin de choisir au mieux.

 

En l’occurrence, je pense qu’un bon moyen de se faire une idée de la qualité d’une école donnée est de se renseigner sur le taux de réussite de ses élèves à l'examen de l'Ordre des vétérinaires. En effet, l’obtention de ce sésame au terme de la formation est obligatoire pour être autorisé à exercer en France.

Que pensez-vous de la réglementation de l'ostéopathie animale ?

Le logo de l'Ordre national des vétérinaires

Quand j'ai commencé ma formation en 2009, il n'y avait aucune réglementation : n'importe qui en France pouvait se déclarer ostéopathe animalier du jour au lendemain.

En 2017, une législation a été mise en place pour réglementer ce métier, donnant à l'Ordre des vétérinaires la main sur l'ostéopathie animale. C’est ainsi que depuis lors, tout futur professionnel doit passer un examen organisé par cet organisme pour obtenir l’autorisation d'exercer. D’ailleurs, ceux comme moi qui exerçaient déjà au moment où ce changement a été introduit ont également dû le faire pour être autorisés à poursuivre leur activité.

L’Ordre des vétérinaires n’hésite pas à s’en prendre aux ostéopathes animaliers non vétérinaires qui n'ont pas validé cet examen, car ils ne sont alors pas inscrits au Registre National d'Aptitude (RNA) : on considère que leur situation relève de l’exercice illégal de la médecine vétérinaire. Les sanctions peuvent être conséquentes : l'article L243-1 du Code rural et de la pêche maritime prévoit une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans, ainsi qu’une amende susceptible d’atteindre 30.000 euros.

En tout état de cause, la profession d'ostéopathe animalier n'existe pas en tant que telle dans le droit français : légalement, nous sommes des « personnes non vétérinaires exerçant des actes d'ostéopathie animale ».

Je regrette la configuration actuelle. Mon souhait serait que la profession soit reconnue légalement et habilitée à se gérer toute seule avec son propre Ordre. Un diplôme d'ostéopathie animale suffirait alors pour être autorisé à exercer.

Êtes-vous régulièrement en contact avec d'autres ostéopathes animaliers ?

Eugénie Delaune donnant une conférence à la Fédération Belge d'Ostéopathie Animale

Oui, je suis membre de différents groupes de partage entre ostéopathes animaliers afin de discuter des cas rencontrés, des nouvelles techniques d'ostéopathie, de formation continue, d'élevages ou cliniques vétérinaires à recommander lorsque nous devons rediriger des personnes vers de tels professionnels...

 

Ces groupes permettent aussi d’échanger sur les évolutions de notre métier et les efforts pour le faire reconnaître.

Un bon vétérinaire a-t-il toutes les chances de faire un bon ostéopathe ?

Un chat se faisant manipuler pendant une séance d'ostéopathie

À mes yeux, l'ostéopathie est une médecine douce à part entière, du fait de sa philosophie.

En effet, son principe numéro un est l'unité du corps : par exemple, une boiterie d'un membre postérieur peut venir en réalité d'un verrouillage ostéo-articulaire lombaire. Il ne s'agit donc pas de s'intéresser uniquement aux symptômes mais d'essayer de trouver la cause, ce qui requiert une approche et une façon de penser spécifiques.

Certains vétérinaires ostéopathes (c’est-à-dire des personnes formées initialement au métier de vétérinaire, et qui ont complété cette formation par une autre dédiée à l’ostéopathie animale) y arrivent très bien. Il est intéressant de constater que la plupart du temps, ceux qui sont dans ce cas pratiquent exclusivement l'ostéopathie.

Un bon ostéopathe pour chats est-il forcément bon aussi pour les chiens et les autres espèces (et inversement) ?

Eugénie Delaune lors d'une séance d'ostéopathie avec un chien

En premier lieu, il convient de rappeler que la formation d'ostéopathe animalier couvre les chevaux, les chiens, les chats, les lapins et les ruminants. Par conséquent, un professionnel exerçant ce métier est à même de manipuler tous ces types d’animaux, voire même d’ailleurs d’autres.

Par ailleurs, le chien est anatomiquement très proche du chat, qui lui-même est très proche du lapin. Sachant que la base de l'ostéopathie est l'anatomie, on a donc de grandes chances de savoir bien travailler sur ces trois espèces à la fois dès lors qu’on maîtrise ce sujet.

Cela dit, il faut aussi prendre en compte le « feeling » qu’on a ou pas avec telle ou telle espèce. Ainsi, certains de mes consoeurs et confrères ne sont pas à l’aise avec les chats et préfèrent donc ne pas les manipuler.

En outre, bien connaître le comportement d’une espèce est indispensable pour être en mesure de prendre en charge correctement ses représentants. Je me suis d’ailleurs beaucoup formée à ce sujet en plus de ma formation d'ostéopathe animalier.

Enfin, les espèces que l’on couvre dépendent aussi énormément de son expérience (c’est-à-dire des stages effectués, quand on en se lance) et de la demande – qui elle-même est corrélée au lieu où on exerce. Par exemple, exerçant pour ma part à Paris, je n'ai pas beaucoup de demandes pour des vaches, et ne pratique donc pas sur elles.

Comment choisir un ostéopathe animalier ?

Une ostéopathe manipulant un chat allongé sur une table de consultation, avec deux chatons à côté

Il y a deux critères qui pour moi sont essentiels afin de déterminer si un ostéopathe animalier fait correctement son métier.

D’abord, il doit recourir uniquement à des techniques douces. Faire craquer les articulations est donc à exclure – a fortiori quand on parle de chats, car celles-ci sont beaucoup plus fines que les nôtres.

Ensuite, il doit absolument avoir une approche structurelle, mais aussi viscérale et crânienne. En effet, tout est lié dans le corps (c’est même le premier principe de l'ostéopathie) : il est donc primordial d’être en mesure de rendre de la mobilité à l'ensemble de ce dernier, crâne et viscères inclus.

Je regrette que certains membres de la profession ne respectent pas ces principes.

Quel regard portez-vous sur les autres ostéopathes animaliers ?

Un salon d'ostéopathie animale

Comme dans toute profession libérale, il est indispensable de respecter la législation, le métier ainsi que ses confrères et consoeurs. J’ai eu vent d’ostéopathes animaliers qui ne le font pas forcément…

Par ailleurs, l'ostéopathie est une profession de santé et non une profession commerciale. Certains choisissent pourtant de faire de la publicité ou des « promotions » : je pense que cela est malvenu et nuit à l'image de notre beau métier.

Quelles sont vos relations avec les vétérinaires ? Certains sont réservés envers l'ostéopathie...

Une photo de groupe de quatre vétérinaires avec deux chats

De façon générale, mes relations avec les vétérinaires sont bonnes car je redirige les gens vers eux lorsqu’un animal doit être pris en charge par un vétérinaire plutôt que par un ostéopathe.

 

Inversement, de nombreux vétérinaires non ostéopathes m’envoient leurs patients soit pour un suivi préventif, soit parce qu’ils estiment que cela pourrait être utile au bien-être de l’animal en complément de ce qu’ils ont fait de leur côté pour gérer un problème.

Cela dit, une partie des vétérinaires ne connaissent malheureusement pas encore l'ostéopathie. Il arrive d’ailleurs que certains obtiennent mes coordonnées et me contactent via des clients qui leur expliquent m'avoir confié leur animal, et que cela a permis à ce dernier d'aller mieux. Je suis alors toujours ravi d’échanger avec eux pour leur permettre de mieux comprendre notre métier.

D’autres ont malheureusement eu une ou des mauvaise(s) expérience(s), notamment s’ils ont eu affaire à un ostéopathe qui fait craquer les os et articulations. Je dois alors expliquer que mes techniques sont douces et peu invasives.

Diriez-vous qu’ostéopathe pour chat est un métier complexe ?

Un squelette de chat dans un cabinet d'ostéopathe

Ostéopathe félin est assurément un métier complexe, car il faut connaître sur le bout des doigts l'anatomie des chats.

Il l'est d’autant plus que le relationnel est aussi très important. En effet, il ne suffit pas d'aimer les chats : il faut également aimer les humains, car les propriétaires jouent un rôle crucial dans la vie et le bien-être de leur animal.

Quelles sont les qualités requises pour devenir ostéopathe animalier ?

Une ostéopathe tenant un chat dans ses bras et souriant

À mon sens, il faut pour devenir ostéopathe animalier :

  • aimer les animaux ;
  • être capable d’avoir un bon relationnel avec leurs propriétaires ;
  • être patient, tant envers les uns qu’envers les autres ;
  • maîtriser ses émotions : certains cas ne sont pas faciles à gérer ;
  • être vigilant : un coup de griffes est vite arrivé si on manipule une zone douloureuse ;
  • être rigoureux : nous avons une obligation de moyens, et devons donc tout mettre en œuvre pour que la séance soit bénéfique mais aussi effectuer un suivi adapté ;
  • être bien organisé : c’est nécessaire notamment pour bien gérer son emploi du temps ainsi que les aspects administratifs.

Le métier a-t-il évolué au cours des dernières décennies ?

Une photo de candidats dans une salle d'examen prise de haut

Oui, le métier d’ostéopathe animalier a fortement évolué en France dans un court laps de temps, notamment parce que :

  • il nécessite depuis 2017 de passer un examen devant l'Ordre des vétérinaires pour être autorisé à exercer ;
  • il est beaucoup plus connu des propriétaires de petits animaux (chiens, chats et NAC), donc ces derniers représentent une proportion beaucoup plus importante de l’activité.

 

Par ailleurs, tant le nombre de formations à ce métier que celui des professionnels qui le pratiquent a explosé.

Pensez-vous qu’il va encore évoluer à l’avenir ?

Une personne tenant un diplôme d'ostéopathe animalier

Il est difficile de savoir comment les choses vont évoluer, mais en revanche je peux vous dire comment j’aimerais qu’elles le fassent.

À mon sens, l’idéal serait qu’il finisse par être reconnu à part entière (ce qui n’est pas le cas de nos jours), avec un Ordre comparable à celui qui existe déjà pour les vétérinaires, mais qui serait spécifique aux ostéopathes animaliers.

C’est lui qui s'occuperait d’encadrer les formations, afin qu’elles fournissent aux étudiants des compétences adaptées - notamment en couvrant bien à la fois l’approche viscérale et l’approche crânienne.

Le diplôme d'ostéopathe animalier aurait ainsi une vraie valeur légale et juridique, et contrairement à aujourd’hui il suffirait pour être autorisé à exercer.

À quoi s’attendre financièrement en tant qu'ostéopathe animalier ?

Une femme tenant des billets et faisant ses comptes sur son ordinateur

Lorsque je me suis lancée en 2014, la demande explosait alors que le nombre d’ostéopathes animaliers demeurait limité. Je n’ai pas vraiment eu de difficultés pour me lancer ni pour réussir à rapidement vivre correctement de ce métier.

 

Les choses sont sûrement plus compliquées de nos jours, avec la multiplication du nombre de praticiens – y compris débutants. Le début peut donc être assez compliqué sur le plan financier, car il faut du temps pour se faire connaître. On dit généralement qu'il faut cinq ans pour se constituer une clientèle solide et donc être serein financièrement, mais cela dépend des régions.

Que conseilleriez-vous à une personne envisageant de devenir ostéopathe animalier ?

Une jeune femme assise devant son ordinateur et prenant des notes

Je lui conseillerais de bien faire sa petite étude de marché afin de se renseigner sur l'offre et la demande dans la zone où elle envisage de s'installer. En effet, suite à l’explosion du nombre de praticiens ces dernières années, certains endroits sont désormais bouchés, et elle risquerait fort d’avoir de grandes difficultés à réussir à se faire une place. C’est d’autant plus vrai que les choses vont probablement aller de pire en pire, dans la mesure où comme en ostéopathie humaine il n'y a pas de numerus clausus : des études récentes ont ainsi montré que la demande augmente moins vite que le nombre de diplômés.

J’attirerais aussi son attention sur le fait que quelle que soit la formation suivie, le diplôme ne donne pas le droit d'exercer : seule la réussite de l'examen devant l'Ordre des vétérinaires le permet. Par conséquent, il est important de bien choisir l’endroit où l’on se forme, en s'informant sur les résultats obtenus à cet examen.

Enfin, je lui dirais que certes le chemin est exigeant, mais que le métier est passionnant !

Auteur : Emmanuel D. - Dernière modification : 04/15/2026

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