Sarthe - L'arche de Martine n'est pas près de couler

03/27/2008
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Elle récupérait des animaux pour les sauver de l'abandon ou de l'abattoir. Seule ou presque, elle soigne aujourd'hui plus de 200 pensionnaires.
« J'ai vu une annonce à la boulangerie : Vend jument. Prix boucherie. Son propriétaire avait essayé trois fois de la vendre. Mais les gens n'en voulaient pas parce qu'elle ne se laissait pas monter. » Martine Bonneville se rappelle de ce jour de 1983 où son sang n'a fait qu'un tour. Installée dans la maison de campagne de ses parents, à La Fontaine-Saint-Martin, elle recueille la jument, Princesse. Sa première locataire. « La vétérante » veille aujourd'hui sur une ménagerie hétéroclite. Un couple d'ânes. Une vache. Un daim. Un mouton. Deux émeus. Douze chèvres. Neuf chats, des pigeons, des poules, des hamsters. Et deux autres chevaux, que la vieille jument a bien du mal à accepter.

La petite propriété familiale s'est étendue au fil des arrivées, jusqu'à atteindre quatre hectares. La longère s'est agrandie. Et le long de l'allée principale, un peu boueuse en hiver, les enclos ont fleuri. Professeur de violon à la ville, Martine, 44 ans, n'hésite pas à chausser ses bottes et son vieux pull-over pour soigner ses compagnons. « J'ai toujours lié ces deux passions, la musique et les animaux. J'aurais pu être vétérinaire et aimer la musique. Mais j'étais nulle en maths ! » Elle prend des cours de rattrapage auprès de son vétérinaire. Pour observer et connaître « les gestes d'urgence » : endormir un animal ou le sauver de l'empoisonnement.

Ces animaux, pourtant, ont déjà vécu un premier sauvetage en arrivant chez Martine Bonneville. Certains étaient destinés à la boucherie. Les autres ont été abandonnés par leurs propriétaires car agressifs ou trop encombrants. « J'ai vu tellement de gens venir vers moi en prétextant une allergie, ironise-t-elle. Mais je ne dis rien. Ils ont le mérite de chercher à placer leurs animaux plutôt que de les abandonner dans les bois. »

Chaque locataire a son histoire. Les ratons laveurs ? « Un parc animalier qui a déposé le bilan, en Auvergne. » Les porcs vietnamiens ? « Ils étaient à la mode à Paris parce qu'un petit cochon était apparu dans une pub avec George Clooney. Mais quand les acheteurs ont compris qu'ils allaient grossir, ils ont cherché à s'en séparer. » Les chats ? « Celui-là, raconte-t-elle en désignant un gros matou roux, je l'ai trouvé en allant chercher des oeufs à la ferme. Le monsieur allait jeter le chaton contre le mur... Ça tombe toujours sur moi ce genre de choses ! »

Martine jongle entre ses 23 heures de cours hebdomadaires et le soin quotidien de ses animaux. « En quinze minutes, bien organisée, je peux nourrir tout le monde. Mais ça prend bien plus de temps d'être attentive, de regarder s'il n'y en a pas un qui semble un peu faiblard ou qui reste tout seul dans son coin. » A l'intérieur de la maison, seuls les chats, le petit chien, le furet, les poissons rouges et Jacquot le perroquet ont droit de cité. Jacquot s'est même entiché du Yorkshire. Preuve que la ménagerie de Martine n'est pas si dépareillée.


Estelle JOLIVET.


• Martine Bonneville organise une journée bricolage (lire ci-dessous) - portes ouvertes le dimanche 29 juin. Contact : 06 31 83 85 50.

Ouest-France

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