À mauvais chat mauvais rat

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À bon chat bon rat

« À mauvais chat mauvais rat » est un proverbe qu’on utilise pour signifier que, face à une personne malveillante, il faut soi-même agir aussi de la sorte.

 

Son origine remonte au moins au 16ème siècle, puisqu’il est cité dans le livre 2 du Grand et Vrai Art de pleine rhétorique, œuvre du rhétoricien français Pierre Le Fèvre, dit Pierre Fabri (né en 1450 et mort entre 1515 et 1521), publiée à titre posthume en 1521. « Rebelles estes et pervers, / Pecheurs vers Dieu, plains de barat, / Et pour tant à mau chat mau rat », écrit Fabri, c'est-à-dire « Vous êtes rebelles et pervers, pécheurs envers Dieu, pleins de fourberie, et c’est pourquoi à mauvais chat, mauvais rat ».

 

Environ trois siècles et demi plus tard, le lexicographe français Émile Littré (1801-1881) en cite une forme proche dans son Dictionnaire de la langue française, paru en 1873 et 1874 : « À mauvais rat faut mauvais chat ». Il écrit que cela signifie qu’« on ne peut se dispenser d'être méchant aux méchants », c’est-à-dire qu’il faut se défendre perfidement si on est agressé perfidement.

 

On remarque toutefois que cette variante inverse curieusement les rôles par rapport à la forme d’origine et à la forme actuelle : c’est la petite proie, le rat, qui joue le rôle de l’attaquant, tandis que le prédateur, le chat, assume celui de la victime qui doit riposter.

 

Bien que les deux proverbes semblent en opposition sur le plan sémantique (« bon » / « mauvais »), « À mauvais chat mauvais rat » est assez proche de « À bon chat bon rat ». Ce dernier est cependant plus général : il s’agit de riposter avec une énergie comparable à celles de son agresseur. « À mauvais chat mauvais rat », quant à lui, met plutôt l’accent sur la malveillance.

 

En ce sens, on peut le rapprocher du proverbe sans doute plus connu « À malin, malin et demi », qui pour sa part insiste sur la nécessité de redoubler d’ingéniosité face à son adversaire. Cela dit, il est sans doute encore plus proche de l’adage biblique « Œil pour œil, dent pour dent », qui insiste de façon très concrète sur l’importance de riposter avec un niveau de violence comparable à celui de l’agresseur.

 

On remarque en tout cas que ces trois proverbes (« À bon chat bon rat », « À mauvais chat mauvais rat », « À malin, malin et demi »), ainsi d’ailleurs que l’adage « Œil pour œil dent pour dent », s’appuient sur des procédés stylistiques très similaires qui favorisent leur mémorisation. Concis et percutants, ils ont une structure binaire, laquelle est soulignée par une rime ou une – voire plusieurs - répétition(s).

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À bon chat bon rat
Dernière modification : 05/08/2026

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