Peur des chats : la phobie des chats, ou ailurophobie

Peur des chats : la phobie des chats, ou ailurophobie

L'ailurophobie, vous ne connaissez pas ?
Il s'agit de la peur phobique des chats. Comment expliquer une telle crainte ?

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Symptômes, Conséquences et Soins

les symptômes

les symptômes

Une phobie, c’est une peur intense, incontrôlable, systématique, et gênante. On dit aussi irrationnelle, car les phobiques redoutent des choses ou des situations qui ne sont, dans la réalité, pas du tout dangereuses, ou très peu.

Les symptômes sont classiques : vous sursautez face à l’objet si vous le rencontrez par surprise, la peur monte très vite, vous passez en "mode panique". Chez certains, les symptômes sont très physiques (palpitations, hyperventilation, vertige, tremblements de tous les membres, etc.), pour d’autres ils sont surtout émotionnels (crise d’angoisse) et mentaux ("je vais mourir !").


Vous n’avez qu’une idée : fuir.

Et les symptômes sont les mêmes, en moins aigus, quand vous savez que vous allez devoir affronter l’objet de votre peur, maintenant ou même demain ou dans une semaine. C’est de là que peut venir la gêne et parfois un véritable handicap : le phobique anticipe, cogite, perd le sommeil, et souvent… contourne et fuit.

La phobie des chats, juste après celle des araignées

On considère qu’environ 10% des individus sont ou ont été phobiques d’au moins une situation : un animal, la vue du sang, le vide, l’avion, les ascenseurs, les clowns, etc.

 

Les conséquences

Les conséquences

Les conséquences sont en général minimes, on fait avec. Sauf quand la vie vous oblige à des confrontations insupportables. J’ai vu par exemple des chauffeurs de profession en difficulté car devenus soudainement phobiques de la conduite automobile, ou des acrophobes (phobie des hauteurs) démissionner quand leur société a déménagé au 22e étage d’une tour d’affaire.

Malgré l’amour béat de 90% de la population pour les chatons, notamment sur le web, il existe bel et bien de grands phobiques des chats (ailourophobie ).

 

On ne dispose pas de statistiques officielles, mais les phobies des animaux sont estimées à 5% de la population, les chats venant en général un peu après les araignées, les souris et les chiens. On peut donc dire environ 1-2%, ce qui fait déjà pas mal de monde. Deux fois plus de phobies chez les femmes, mais les hommes sont également concernés…

Une phobie difficile à soigner

Une phobie difficile à soigner

Ces hypothèses, et leur combinaison possible, permettent de comprendre l’existence de la phobie des chats, en grand nombre, dans la population.Pour autant, les explications doivent toujours être analysées de manière individuelle, replacées dans la perspective de l’histoire de chacun. C’est ce que font les thérapeutes quand ils sont consultés, avant de proposer le traitement adéquat quand cela est nécessaire.

 

Le plus souvent, les thérapies comportementales et cognitives, qui visent à annuler progressivement la peur par des confrontations successives et accompagnées, sont les plus efficaces.

Car, en dehors de la cause initiale, toutes les phobies se maintiennent voire s’étendent par un mécanisme simple d’auto-renforcement par l’évitement : plus vous avez peur plus vous évitez, et plus vous évitez plus vous avez peur. Il faut donc "casser" cette spirale en se confrontant à la réalité : l’absence de danger.

Mais il faut reconnaître que l’ailurophobie n’est pas la phobie la plus facile à soigner, de l’avis de la plupart des thérapeutes expérimentés.

 

D’abord les chats ne se laissent pas manipuler aussi facilement que ça, pour les exercices à réaliser et à répéter souvent longtemps. Et, d’autre part, la composante "ancestrale" et "viscérale" de cette phobie peut expliquer qu’elle soit plus difficile à modifier que des peurs plus récentes et moins profondes dans l’espèce et dans l’histoire de chacun.

 

Mais, rassurons-nous, il est quand même toujours possible d’en sortir…

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Symptômes, Conséquences et Soins
Dernière modification : 11/11/2019.
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Auteur

Antoine Pelissolo

Professeur de psychiatrie


Article édité par Rozenn Le Carboulec
Journaliste au Plus


 

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