Le guépard : alimentation, habitat, mode de vie...

Le guépard : alimentation, habitat, mode de vie...

Symbole de vitesse, le guépard est un félin pas comme les autres. Aisément reconnaissable à son corps tout en finesse, ses longues pattes et ses marques noires sous les yeux, il ne cesse de fasciner par ses performances à la course et son élégance inégalable.


C'est aussi une espèce fragile, qui est menacée de disparition - c'est tout particulièrement le cas en Asie , où il ne reste plus que quelques dizaines d'individus en liberté.

Histoire et classification du guépard

Histoire et classification du guépard

Le guépard, de nom scientifique Acinonyx jubatus, est un félin relativement haut sur pattes et tout en finesse, connu pour être l'animal terrestre le plus rapide au monde. En dépit de son gabarit, il fait partie de la sous-famille des petits félins et est donc plus proche du chat domestique que du jaguar ou de la panthère ; d'ailleurs, contrairement à ces derniers, il est capable de ronronner et de miauler, mais pas de rugir.

 

Le guépard serait apparu il y a environ 3 millions d'années. Il résulterait d'une divergence survenue il y a 6,7 millions d'années d'avec la lignée du puma, qui est le félin actuel dont il est génétiquement le plus proche. Cela peut d'ailleurs surprendre, car il ne lui ressemble pas le moins du monde.

 

Au sein de la classification des félins, il est la seule espèce à appartenir au genre Acynonix.

Les sous-espèces de guépard

Un guépard en train de marcher

À ce jour, les scientifiques considèrent qu'il existe 5 sous-espèces de guépards, qui se distinguent essentiellement par leur habitat géographique :

  • le guépard d'Afrique de l'Est (Acinonyx jubatus raineyi), que l'on trouve essentiellement au Kenya et en Tanzanie ;
  • le guépard d'Afrique australe (Acinonyx jubatus jubatus), qui vit surtout en Afrique du Sud, en Namibie et au Bostwana ;
  • le guépard d'Afrique du Nord-Est (Acinonyx jubatus soemmeringii), présent surtout en Ethiopie et au Soudan ;
  • le guépard d'Afrique du Nord-Ouest (Acinonyx jubatus hecki), qui subsiste notamment en République Centrafricaine et au Tchad ;
  • le guépard asiatique (Acinonyx jubatus venaticus), originellement présent jusqu'en Inde mais dont l'aire de répartition se cantonne désormais à l'Iran, à l'Irak et au Pakistan.

 

Le guépard royal, qui se caractérise par des taches noires plus larges que la normale et de longues bandes noires sur le sommet du dos, a longtemps été considéré comme une autre sous-espèce. Il s'agirait en fait d'une simple mutation génétique du guépard d'Afrique australe, puisque il peut naître au sein d'une portée de guépards classiques. Cette apparence particulière correspondrait à une adaptation naturelle permettant un meilleur camouflage dans les zones boisées situées au centre et au sud de l'Afrique - un peu comme la panthère noire est une adaptation génétique de la panthère classique.

La morphologie du guépard

Le gabarit du guépard

Un grand guépard debout dans les herbes de la savane

Même s'il fait partie de la même sous-famille que le chat, le guépard est un animal imposant : il mesure en effet jusqu'à 95 cm au garrot à l'âge adulte, pour une longueur située entre 1,1 et 1,5 mètre (sans la queue) et un poids pouvant atteindre 75 kg, même si la moyenne est plutôt située entre 40 et 50 kg. Il a donc les dimensions des plus grandes races de chiens.

 

Si l'on ajoute à cela qu'il possède une queue très longue (entre 65 et 85 cm de longueur), il fait définitivement partie des plus grands félins actuels.

 

Comme souvent, les mâles sont plus grands et plus lourds que les femelles. Le dimorphisme sexuel est toutefois peu marqué, les premiers pouvant être difficiles à distinguer des secondes.

Un corps taillé pour la course

Un beau guépard se tient debout sur un rocher

Contrairement au léopard ou au jaguar, les deux espèces qui lui ressemblent physiquement le plus, le guépard n'a pas un corps trapu et massif, mais plutôt fin voire maigre, avec une poitrine profonde et une taille de guêpe. L'ensemble est parfaitement adapté à la course et n'est d'ailleurs pas sans rappeler la silhouette des lévriers, connus pour faire partie des races de chiens qui courent le plus vite.

 

Le pelage est jaune moucheté d'une multitude de taches noires, à l'exception du dessous du corps, qui est plutôt clair et uni. Les taches s'épaississent au niveau de la queue où elles finissent par former de véritables anneaux, dont la forme et l'épaisseur seraient propres à chaque individu.

 

La tête du guépard a une taille modeste par rapport au reste du corps. Les oreilles sont petites, rondes et plantées assez bas sur le crâne, à la manière des ours. Les yeux sont de couleur ambre et soulignés chacun d'une ligne noire qui part du coin de l'oeil et descend jusqu'à la commissure des lèvres. Ce motif unique chez les félins et similaire à des larmes en train de couler lui confère un air sempiternellement triste. Il permettrait de protéger ses yeux du soleil en limitant les risques de reflet sur les poils du visage.

 

Son nez de grande taille par rapport à sa tête facilite le passage de l'air vers les poumons, au même titre d'ailleurs que sa bouche dotée de dents plutôt courtes : la respiration est donc facilitée pendant la course. Cela se fait toutefois au détriment de la puissance de la mâchoire, qui est relativement faible comparée à celle des félins de gabarit équivalent. De fait, le guépard n'est pas taillé pour le combat et préfère fuir les prédateurs concurrents dont il croise la route plutôt que d'aller à la confrontation.

 

Sa queue impressionnante, d'une longueur presque aussi grande que celle de son corps, lui sert de balancier pendant la course et lui permet de prendre des virages serrés sans perdre l'équilibre lorsqu'il poursuit une proie.

 

Enfin, le guépard est l'un des rares félins actuels, avec le chat à tête plate et le chat viverrin, à avoir des griffes non totalement rétractiles. Cette particularité lui confère une meilleure adhérence au sol et donc l'aide à courir vite, mais présente aussi des inconvénients : elles s'usent plus rapidement et ne sont pas aiguisées comme celles des autres félins. Elles ne lui sont donc pas d'une grande aide pour se défendre et font de lui un bien piètre grimpeur, contrairement à la quasi-totalité de ces derniers.

Les performances du guépard à la course

Un guépard en pleine course

Le guépard est l'animal terrestre le plus rapide au monde : il est capable d'atteindre les 70 km/h en seulement deux secondes, les 90 km/h en trois secondes, et peut dépasser les 100 km/h sur une courte distance, le record actuel étant de 112 km/h.

 

S'il est capable de telles accélérations, sa vitesse moyenne est beaucoup moins impressionnante. En effet, une étude intitulée « Locomotion dynamics of hunting in wild cheetahs » et publiée en 2013 dans la revue Nature a montré que durant les 367 courses effectuées par les 5 guépards suivis pour ces travaux, la vitesse moyenne était seulement de l'ordre de 50 km/h, soit à peine plus que le coyote par exemple (40 km/h en moyenne).

 

Par ailleurs, bien qu'il soit taillé pour le sprint, sa dépense d'énergie pendant la chasse est telle qu'il finit la course éreinté et est alors obligé de s'allonger quelques minutes pour reprendre son souffle et faire redescendre sa température corporelle. Pendant cet instant de récupération, il est extrêmement vulnérable si d'autres prédateurs sont dans les parages et décident de s'en prendre à lui.

L'habitat du guépard

Un guépard en pleine course

Le guépard vit et chasse essentiellement dans les milieux ouverts des régions arides, et plus particulièrement les plaines découvertes et les savanes boisées. Ce sont de fait les habitats les plus propices à la mise en pratique de sa technique de chasse : il faut qu'il ait de l'espace pour pouvoir courir après ses proies.

 

À l'origine, il était présent dans une grande partie de l'Afrique, depuis le désert du Sahara au nord jusqu'à la pointe de l'Afrique du Sud. On le trouvait également au Moyen-Orient, au Pakistan, en Inde et même au Bangladesh. Désormais, il a quasiment disparu d'Asie, où il ne subsiste quasiment plus qu'en Iran. Même en Afrique, le recul est marqué : il est surtout présent au Kenya, en Tanzanie, au Botswana et en Namibie, même s'il existe encore des populations fragmentées notamment dans le nord du continent et au Sahel.

Le comportement du guépard

Un groupe de trois guépards allongés dans l'herbe
Le guépard fait partie des rares félins à pouvoir vivre en groupe

Comme les autres félins, le guépard est plutôt territorial et solitaire. Il suit un rythme de vie semi-nomade et évolue sur un territoire de taille impressionnante, susceptible d'atteindre jusqu'à 2500 km². Plusieurs domaines peuvent se chevaucher en partie, mais les individus prennent alors bien soin de s'éviter.

 

Le guépard se distingue toutefois de ses cousins par le fait que les mâles peuvent vivre en petits groupes de deux ou trois individus. Le plus souvent, il s'agit d'individus d'une même fratrie qui décident de rester ensemble après avoir quitté leur mère. Ils se définissent alors un territoire beaucoup plus restreint que celui des individus solitaires (moins de 150 km²), et le défendent contre les intrus. Ils chassent également ensemble : cette alliance leur permet d'augmenter leurs chances de réussite et/ou de s'attaquer à des proies de plus grande taille.

L'alimentation du guépard

Un guépard en pleine scène de chasse d'une gazelle
Le guépard n'a que quelques secondes pour attraper sa proie

Comme les autres félins, le guépard est un animal carnivore et opportuniste : il est capable de se nourrir d'à peu près tous les types de proies, et adapte son régime alimentaire au gibier qu'il trouve sur son territoire.

 

Comme il n'est pas très lourd ni très costaud, il n'est pas en mesure d'abattre des animaux de grande taille, contrairement à ses cousins le lion et le tigre par exemple. L'essentiel de son alimentation est donc constitué de proies relativement légères, telles que les lapins, les lièvres, des oiseaux, de jeunes gnous... Ses performances à la course lui permettent en revanche d'attraper des mammifères rapides et agiles, comme les antilopes. Ces dernières constituent d'ailleurs une part très importante de son régime alimentaire.

 

Lorsqu'il chasse, le guépard commence d'abord par observer les lieux depuis un point dégagé afin de repérer une proie isolée. Il s'en approche ensuite furtivement, sans se faire repérer, son pelage tacheté lui conférant un très bon camouflage au milieu des herbes hautes de la savane. Une fois qu'il ne se trouve plus qu'à quelques dizaines de mètres de sa future victime, il se lance subitement à sa poursuite, atteignant une vitesse très impressionnante en un temps record. Toutefois, comme il n'est pas capable de maintenir son allure très longtemps et que les animaux qu'il chasse sont dans l'ensemble plus endurants que lui, il n'a pas le droit à l'erreur : il n'a que quelques secondes pour rattraper sa proie, faute de quoi celle-ci finit immanquablement par le distancer.

 

S'il parvient effectivement à sa hauteur, il ne lui saute pas dessus pour la mordre (contrairement aux autres félins), mais lui fait plutôt un croche-pattes pour la faire tomber. La vitesse lors de la chute est telle que le choc tue les petites proies sur le coup. Quant aux autres, il les achève en les mordant à la gorge.

 

Une fois sa victime terrassée, il doit s'allonger pendant quelques instants pour récupérer de l'effort qu'il vient de faire, avant de pouvoir manger. Il reste donc à côté de sa proie, l'oreille aux aguets, jusqu'à être en état de savourer sa récompense. Cette phase de récupération ne dure que quelques minutes, mais c'est suffisant pour permettre à des prédateurs opportunistes de s'emparer de son butin. De fait, le guépard n'est pas taillé pour la bagarre, et l'effort réalisé pendant la course l'épuise : dans cette situation, même des prédateurs de taille moyenne comme la hyène ou le lycaon peuvent lui infliger de sérieuses blessures. Par conséquent, si on le lui dispute, il préfère généralement abandonner son repas plutôt que d'essayer de le défendre. Pour éviter que cette situation ne se produise trop souvent, il chasse préférentiellement en pleine journée, évitant ainsi ses concurrents carnivores qui eux sont surtout actifs au crépuscule.

La reproduction du guépard

Une maman guépard fait la toilette de son guépardeau
La fourrure étrange des bébés guépards dissuade les prédateurs

Même s'il ne semble pas véritablement y avoir de saison des amours chez le guépard, il se reproduit préférentiellement pendant l'hiver pour donner naissance au printemps, au moment où le nombre de proies est le plus important. Les femelles adultes vivent généralement seules, ne rencontrant leurs partenaires que pour se reproduire.

 

La durée de la grossesse est d'environ 3 mois, soit bien plus que la gestation de la chatte, qui dure seulement 60 jours en moyenne. Au terme de cette période, la femelle donne naissance à une portée pouvant compter jusqu'à 8 petits - la moyenne se situe toutefois plutôt entre 3 et 5. Les guépardeaux naissent aveugles mais dotés d'un pelage très sombre qui leur permet de passer inaperçus dans l'ombre des herbes et des rochers.

 

À partir de l'âge de quelques semaines et jusqu'à environ 3 mois, ils sont dotés d'une crinière de couleur gris-jaune sur leur dos. Elle a pour fonction de les protéger de la pluie et du soleil, de les aider à se camoufler parmi les herbes sèches, et d'éloigner les prédateurs un peu trop curieux. En effet, avec cette crinière, ils ressemblent au ratel, un petit carnivore craint des autres animaux en raison de sa grande férocité.

 

Malgré cet artifice et la protection maternelle dont ils font l'objet, la mortalité infantile demeure très élevée. Ainsi, bien que la mère change régulièrement de tanière pour limiter les risques que sa progéniture soit repérée par d'éventuels prédateurs, seule la moitié en moyenne atteint l'âge adulte. Ceux qui survivent atteignent leur maturité sexuelle vers l'âge d'environ 15 mois, et vivent entre 10 et 15 ans. En captivité, l'espérance de vie d'un guépard est plutôt de l'ordre d'une vingtaine d'années.

Le guépard, une espèce menacée ?

Un guépard allongé sur le sable

Techniquement, le guépard est un super-prédateur, c'est-à-dire qu'une fois adulte, il n'est la proie d'aucun animal carnivore. Il compte néanmoins de nombreux ennemis dans la nature.

 

En effet, son physique particulier le rend apte à courir très vite, mais pas à se battre : il ne fait donc pas le poids face à des prédateurs puissants comme le lion ou le léopard, qui partagent son territoire et chassent potentiellement les mêmes proies que lui. Les meutes de hyènes ou de lycaons peuvent également lui nuire, que ce soit en tentant de lui voler sa nourriture ou en attaquant les petits.

 

Depuis la fin du 19ème siècle, il est également victime de la chasse et du braconnage. En effet, son magnifique pelage sert à fabriquer des tapis et des manteaux, tandis que ses dents et ses os sont utilisés dans la médecine traditionnelle chinoise pour soigner certains maux.

 

Par ailleurs, comme les autres félins, le guépard souffre de la destruction de son habitat et de la raréfaction de ses proies, les savanes africaines étant peu à peu remplacées par des terres agricoles. Faute de trouver de quoi se nourrir, il se tourne donc vers le bétail et entre de ce fait en conflit avec les éleveurs, qui n'hésitent pas à l'abattre à vue ou à recourir à des appâts empoisonnés pour se débarrasser de ce concurrent gênant.

 

Enfin, il est également touché par un problème de consanguinité et de manque de diversité génétique, qui le rend plus vulnérable aux maladies et semble altérer ses capacités reproductrices : un grand nombre de mâles en captivité produisent ainsi du sperme anormal voire stérile. Les causes ne sont pas connues avec certitude, mais une des hypothèses est que l'espèce aurait grandement souffert de la dernière ère glaciaire connue (il y a environ 10.000 ans), qui n'aurait laissé qu'un petit nombre de rescapés. L'être humain a également beaucoup utilisé le guépard pour la chasse au fil des siècles et des millénaires : la capture d'un grand nombre d'individus dans la nature pour en faire des animaux domestiques pourrait ainsi avoir joué un rôle dans l'appauvrissement de son pool génétique.

Un guépard debout en plein soleil

 

Tous ces facteurs ont conduit à une réduction drastique de ses effectifs, en particulier au cours du siècle dernier : ainsi, alors qu'en 1900 sa population était estimée à environ 100.000 individus répartis sur pas moins de 44 pays d'Afrique et d'Asie, il en resterait désormais moins de 15.000, essentiellement en Afrique. En Asie, l'espèce a quasiment disparu : le guépard est considéré comme éteint en Inde depuis 1952, en Israël depuis 1956, et au Pakistan depuis les années 70. Les dernières estimations évaluent sa population eurasienne à moins d'une centaine d'individus, essentiellement en Iran. Ce pays est d'ailleurs également le sanctuaire de la panthère de Perse, considéré comme l'un des félins les plus menacés au monde.

 

Pour toutes ces raisons, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a classé le guépard comme une espèce vulnérable dans son ensemble, et considère la sous-espèce asiatique comme étant en danger critique d'extinction. Des programmes d'élevage ont donc été lancés, notamment pour tenter de réintroduire de la diversité génétique au sein de l'espèce. Toutefois, en dépit de sa docilité et du fait qu'il peut facilement être domestiqué, le guépard est difficile à faire se reproduire en captivité.

Vidéo documentaire sur le guépard

Par Aurélia A. - Dernière modification : 12/12/2020.