« La tentation de saint Antoine », de Jérôme Bosch (1502)

« La tentation de saint Antoine », de Jérôme Bosch (1502)

La tentation de saint Antoine (De verzoeking van de heilige Antonius) est un triptyque du peintre Jérôme Bosch (1450-1516). L’artiste, originaire du duché de Brabant (qui fait aujourd’hui partie des Pays-Bas), appartient au mouvement des primitifs flamands.

 

Il s’agit d’une peinture à huile sur des panneaux en chêne, qui fait référence à la vie de saint Antoine, ermite égyptien du 3ème siècle après J.-C. connu pour être parvenu à éviter la tentation et rester dans le droit chemin, à l’écart des vices (envie, luxure, etc.). Elle est exposée au musée du Prado à Madrid, en Espagne.

 

Bosch représente dans ce triptyque des animaux effrayants, parfois chimères et souvent à l’air diabolique, comme le poisson volant sur la droite, ou l’animal à tête d’amphore du panneau central. Le volet droit dépeint le portement de la croix, et on y distingue la tête et les pattes avant d'un chat noir à moitié caché derrière un drap, en train de voler un poisson. Il regarde en direction d’une femme dénudée qui se tient près d’un arbre. Cette dernière n’est pas sans rappeler la figure d’Eve au paradis, tandis que le chat symbolise ici le démon.

 

Ce tableau reflète la vision des animaux dans les sociétés européennes au Moyen Âge : ils étaient considérés à la fois comme des choses et comme des « personnes », au point d’ailleurs de devoir parfois comparaître devant la justice. Autrement dit, même si les animaux domestiques et sauvages étaient traités différemment des êtres humains, on leur donnait des traits et des caractéristiques propres à ces derniers. Les chiens étaient ainsi perçus comme étant des incarnations de la fidélité, créés pour garder la maison et aider à la chasse. Les chats n’étaient guère logés à la même enseigne : ils étaient considérés comme indisciplinés, et intéressés uniquement par les personnes leur donnant de la nourriture. Plus largement, ils avaient une connotation négative, voire démoniaque.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture
  2. Page 2 : « La tentation de saint Antoine », de Jérôme Bosch (1502)
  3. Page 3 : « Salon de coiffure avec singes et chats », de Abraham Teniers (1648)
  4. Page 4 : « Magdaleine Pinceloup de la Grange, née de Parseval », de Jean-Baptiste Perronneau (1747)
  5. Page 5 : « Le Chat Angora », de Jean-Honoré Fragonard et Marguerite Gérard (1780)
  6. Page 6 : « Chats qui se battent », de Francisco de Goya (1786)
  7. Page 7 : « Deux chats qui se battent », de John James Audubon (1826)
  8. Page 8 : « Le déjeuner du chat », de Théodule-Augustin Ribot (1860).
  9. Page 9 : « Jeu de chaton », de Henriette Ronner-Knip (1878)
  10. Page 10 : « Femme avec un chat », de Pierre-Auguste Renoir (1885)
  11. Page 11 : « Julie Manet » ou « L’Enfant au chat », de Pierre-Auguste Renoir (1887)
  12. Page 12 : « Les amours de ma femme », de Carl Kahler (1891)
  13. Page 13 : « Contentement », de Henriette Ronner-Knip (1900)
  14. Page 14 : « Jeune fille au tricot et au chat », de Albert Anker (1903)
  15. Page 15 : « Femme avec chat », de Kees von Dongen (1908)
  16. Page 16 : « A Summer Tea Party », de Louis Wain
  17. Page 17 : « Marguerite au chat noir », de Henri Matisse (1910)
  18. Page 18 : « Le pont », de Carl Olof Larsson (1912)
  19. Page 19 : « Le chat aux poissons rouges », de Henri Matisse (1914)
  20. Page 20 : « Le jour où elle s’est transformée en chat », de Arthur Rackham (1920)
  21. Page 21 : « Autoportrait au chat », de Tsuguharu-Léonard Foujita (1926)
  22. Page 22 : « Le chat et l’oiseau », de Paul Klee (1928)
  23. Page 23 : « Chat dévorant un oiseau », de Pablo Picasso (1939)
  24. Page 24 : « Tête de chat », Georg Baselitz (1967)
  25. Page 25 : « M. et Mme Clark et Percy », de David Hockney (1971)
  26. Page 26 : « Ink », de Endre Penovác (2015)

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