« Chat dévorant un oiseau », de Pablo Picasso (1939)

« Chat dévorant un oiseau », de Pablo Picasso (1939)

Chat dévorant un oiseau (Cat Devouring a Bird) est un tableau de l’artiste espagnol Pablo Picasso (1881-1973), considéré comme le fondateur du cubisme. Il est exposé au Musée Picasso, à Paris.

 

Le chat représenté est en train de dévorer une proie : un oiseau noir qui semble lutter désespérément pour se libérer de l'emprise du prédateur. Les couleurs sont sombres et réhaussées de teintes blanches qui accentuent les griffes cruelles, les yeux brillants et l'aile endommagée de l'animal à l’agonie. La neutralité de l'arrière-plan n'atténue en rien l'horreur de la scène. Ainsi, cette image de la vie quotidienne prend en quelque sorte des airs apocalyptiques : le chat semble s’être transformé en un monstre démoniaque dont les yeux illustrent la folie.

 

Cette œuvre peinte en 1939 est en fait une représentation allégorique de la guerre. En effet, cette même année, les villes espagnoles de Madrid, Barcelone et Valence tombèrent aux mains des troupes de Franco, tandis qu’Hitler envahissait la Pologne. Sur un registre plus personnel, l’artiste perdit sa mère en janvier de la même année. Il ne fait pas de doute que ces événements politiques et personnels traumatisants inspirèrent la création de cette œuvre, où on retrouve la symbolique obscure - et presque maléfique - du chat. Celui représenté ici possède d’ailleurs un pelage gris et marron strié de noir, des couleurs sombres qui renforcent son caractère menaçant.

 

Cela dit, Picasso n’avait pas qu’une vision négative de la gent féline, loin de là : il en était même un amateur, et avait recueilli un chat errant qu’il nomma affectueusement « Minou ».

Dernière modification : 11/23/2020.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture
  2. Page 2 : « La tentation de saint Antoine », de Jérôme Bosch (1502)
  3. Page 3 : « Salon de coiffure avec singes et chats », de Abraham Teniers (1648)
  4. Page 4 : « Magdaleine Pinceloup de la Grange, née de Parseval », de Jean-Baptiste Perronneau (1747)
  5. Page 5 : « Le Chat Angora », de Jean-Honoré Fragonard et Marguerite Gérard (1780)
  6. Page 6 : « Chats qui se battent », de Francisco de Goya (1786)
  7. Page 7 : « Deux chats qui se battent », de John James Audubon (1826)
  8. Page 8 : « Le déjeuner du chat », de Théodule-Augustin Ribot (1860).
  9. Page 9 : « Jeu de chaton », de Henriette Ronner-Knip (1878)
  10. Page 10 : « Femme avec un chat », de Pierre-Auguste Renoir (1885)
  11. Page 11 : « Julie Manet » ou « L’Enfant au chat », de Pierre-Auguste Renoir (1887)
  12. Page 12 : « Les amours de ma femme », de Carl Kahler (1891)
  13. Page 13 : « Contentement », de Henriette Ronner-Knip (1900)
  14. Page 14 : « Jeune fille au tricot et au chat », de Albert Anker (1903)
  15. Page 15 : « Femme avec chat », de Kees von Dongen (1908)
  16. Page 16 : « A Summer Tea Party », de Louis Wain
  17. Page 17 : « Marguerite au chat noir », de Henri Matisse (1910)
  18. Page 18 : « Le pont », de Carl Olof Larsson (1912)
  19. Page 19 : « Le chat aux poissons rouges », de Henri Matisse (1914)
  20. Page 20 : « Le jour où elle s’est transformée en chat », de Arthur Rackham (1920)
  21. Page 21 : « Autoportrait au chat », de Tsuguharu-Léonard Foujita (1926)
  22. Page 22 : « Le chat et l’oiseau », de Paul Klee (1928)
  23. Page 23 : « Chat dévorant un oiseau », de Pablo Picasso (1939)
  24. Page 24 : « Tête de chat », Georg Baselitz (1967)
  25. Page 25 : « M. et Mme Clark et Percy », de David Hockney (1971)
  26. Page 26 : « Ink », de Endre Penovác (2015)

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