Le chat dans la peinture : 25 tableaux avec des chats

Le chat dans la peinture : 25 tableaux avec des chats

Le chat est depuis des millénaires un sujet d’inspiration dans les arts, notamment en peinture. Qu’il soit présenté dans leurs œuvres comme symbole maléfique ou au contraire comme porte-bonheur, érigé au rang de divinité ou simple compagnon de vie au quotidien, le petit félin a inspiré de nombreux artistes tout au long de l’histoire.


Sa représentation diffère (parfois fortement) d’un courant artistique à un autre, d’une époque à une autre et bien sûr en fonction de la sensibilité de l'auteur.


Voici 25 tableaux avec des chats qui donnent un aperçu de l’extrême diversité qui existe en la matière.

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La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture

La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture

Représentation de Bastet sur le temple d'Horus à Edfou, Égypte
Représentation de Bastet sur le temple d'Horus à Edfou, Égypte

Dans l’Egypte antique, les représentations de chats correspondaient le plus souvent à celle de divinités. Mafdet était l’une d’entre elles : cette divinité féminine à tête de félin (les historiens l’identifient à un chat sauvage ou une panthère, en fonction des représentations picturales et des statuettes) commença à être vénérée lors de la première dynastie d'Égypte, entre 3400 et 3000 avant J.-C. Elle était un gage de protection contre le venin et le poison, car les chats étaient alors des chasseurs de serpents et scorpions très réputés. La vénération de Mafdet fut ensuite supplantée par celle de Bastet, une autre divinité égyptienne féminine à tête de chat, symbole de fécondité et de beauté. Le culte de ces déesses s’exprima à travers des représentations sur différents supports telles que des sculptures, des peintures sur papyrus, des décorations de tombes ou encore des statuettes.

 

En Grèce antique, apparurent à partir du 6ème siècle avant J-C-. des représentations de chats dans des peintures de bas-reliefs et sur des vases. Cependant, ces animaux ne sont pas toujours clairement identifiables : il pourrait s’agir plutôt de lynx, de panthères ou de genettes. En tout cas, les textes de cette époque témoignent d’une vision plutôt négative du chat. Dans son Histoire des animaux (343 avant J.-C.), le célèbre penseur grec Aristote (384-322 avant J.-C.) décrit ainsi la lascivité de cet animal et évoque son comportement sexuel de « débauche ».

 

Dans la Rome antique, dès le 6ème siècle avant J.-C., le chat inspira divers peintres et sculpteurs, qui le représentèrent sur des fresques et des mosaïques. Il était par ailleurs associé à la déesse des animaux sauvages et de la chasse Diane, et symbole de liberté. Dans ses célèbres Métamorphoses, le poète Ovide (43 avant J.-C. - 17 après J.-C.) évoque notamment comment cette dernière se transforme en chat pour échapper au monstre Typhon.

 

Esquisses de chats par Léonard de Vinci
Esquisses de chats par Léonard de Vinci

Dans l’Europe du Moyen Âge, les chats – et plus particulièrement ceux de couleur noire - étaient associés au diable. Cette croyance fut renforcée notamment avec l’accusation formulée à leur encontre par le pape Grégoire IX dans sa bulle papale Vox in Rama, parue en 1233. Considérés comme des animaux surnaturels, ils étaient souvent associés aux sorcières et condamnés au bûcher au cours de procès de sorcellerie. On retrouve cette vision très négative dans certaines œuvres appartenant à l’art religieux, comme des triptyques de scènes bibliques : les petits félins y sont représentés comme des animaux inquiétants, parfois monstrueux. Pourtant, leur instinct de chasseur rendait de grands services aux humains, car il permettait de lutter contre la surpopulation de rats et de souris, notamment responsable de la propagation de la peste noire.

 

La perception du chat en Europe commença à changer à la Renaissance (15ème et 16ème siècles). Il devint un animal de compagnie de plus en plus apprécié, et suscita l’intérêt de certains artistes. Ce fut le cas notamment de Léonard de Vinci (1452–1519), qui réalisa diverses esquisses de ces animaux dans ses cahiers d’étude.

 

À partir du milieu du 19ème siècle, avec les progrès scientifiques et la découverte du lien entre l’hygiène et les maladies d’origine microbienne, le chat se mit à être considéré comme un animal propre en raison du temps qu’il passe à faire sa toilette, et on comprit qu’il n’était pas vecteur de maladies. Il devint un animal de compagnie de plus en plus apprécié dans les foyers, et suscita l’intérêt croissant des artistes. Ainsi, les portraits intégrant une figure féline se multiplièrent. D’abord peints simplement aux côtés de leur maître, les chats prirent même progressivement une place plus centrale dans les tableaux. Ils furent aussi de plus en plus fréquemment représentés sur des affiches et toutes sortes d’objets du quotidien.

 

Il n’y a pas qu’en Europe que la présence du chat dans l’art et la peinture se renforça à l’époque : on trouvait par exemple au Japon de nombreuses estampes avec des chats. Les ukiyo-e, ces fameuses « images du monde flottant » apparues au 17ème siècle et qui connurent un âge d’or au 19ème, inspirèrent d’ailleurs de nombreux peintres européens - et plus particulièrement français.

 

« Trois petits chats », de Cornelis Raaphorst
« Trois petits chats », de Cornelis Raaphorst

À partir du milieu du 19ème siècle, avec les progrès scientifiques et la découverte du lien entre l’hygiène et les maladies d’origine microbienne, le chat devint considéré comme un animal propre en raison du temps qu’il passe à faire sa toilette, et on comprit qu’il n’était pas vecteur de maladies. Il devint un animal de compagnie de plus en plus apprécié dans les foyers, et suscita l’intérêt croissant des artistes. Ainsi, les portraits intégrant une figure féline se multiplièrent. D’abord peints simplement aux côtés de leur maître, les chats prirent même progressivement une place plus centrale dans les tableaux. Ils furent aussi de plus en plus fréquemment représentés sur des affiches et toutes sortes d’objets du quotidien.

 

Il n’y a pas qu’en Europe que la présence du chat dans l’art et la peinture se renforça à l’époque : on trouvait par exemple au Japon de nombreuses estampes avec des chats. Les ukiyo-e, ces fameuses « images du monde flottant » apparues au 17ème siècle et qui connurent un âge d’or au 19ème, inspirèrent d’ailleurs de nombreux peintres européens - et plus particulièrement français.

 

Au cours du 20ème siècle, les artistes représentèrent souvent dans leurs œuvres la solitude et à la tranquillité des chats. Ces derniers apparaissaient dans des portraits en compagnie de leur(s) maître(s), et étaient mêmes parfois le sujet principal de l’œuvre. Certains propriétaires fortunés passaient même commande pour immortaliser leur animal de compagnie fétiche.

 

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© "La Joconde" selon Susan Herbert

À partir du milieu du 20ème siècle, le développement de nouvelles techniques artistiques conduisit les artistes à explorer de nouvelles manières de représenter la vie quotidienne. Les peintures à l'encre d'Endre Penovác (né en 1956) constituent un parfait exemple de ces œuvres d'art expérimentales. Cet artiste serbe utilise de l'encre noire sur des feuilles de papier : l'interaction des deux éléments donne des œuvres capables de faire ressentir la douceur de la fourrure du chat représenté.

 

La fascination pour les chats éprouvée par certains artistes a perduré jusqu’à nos jours. Les possibilités créatives diverses permises par les nouvelles technologies ont donné naissance à des représentations éclectiques de chats dans divers formats, parfois à travers des créations numériques qui revisitent des œuvres classiques. Le petit félin inspire aussi la culture populaire, et notamment sur internet. Par exemple, une Mona Lisa à tête de chat, un montage inspiré du tableau La Joconde de Léonard de Vinci (1452-1519) et réalisé en 2016 par Susan Herbert, a eu un certain succès sur la toile. Ce n’est là d’ailleurs qu’un des nombreux exemples de classiques de la peinture revisités par l’artiste britannique en donnant aux personnages représentés les traits d’un chat.

 

Ainsi, depuis la reconnaissance de leur rôle positif dans la société à la Renaissance, et plus particulièrement depuis le 19ème siècle, les chats sont loués dans la peinture pour ce qu’ils sont vraiment, et sous toutes leurs facettes : des êtres sensibles, indépendants, mais aussi versatiles car capables de passer dans une même journée d’animal solitaire et chasseur à compagnon de vie affectueux.

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La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture
Dernière modification : 11/23/2020.
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Sommaire de l'article

  1. 1. La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture
  2. 1.1. La représentation du chat dans l’histoire de l’art et de la peinture
  3. 2. « La tentation de saint Antoine », de Jérôme Bosch (1502)
  4. 3. « Salon de coiffure avec singes et chats », de Abraham Teniers (1648)
  5. 4. « Magdaleine Pinceloup de la Grange, née de Parseval », de Jean-Baptiste Perronneau (1747)
  6. 5. « Le Chat Angora », de Jean-Honoré Fragonard et Marguerite Gérard (1780)
  7. 6. « Chats qui se battent », de Francisco de Goya (1786)
  8. 7. « Deux chats qui se battent », de John James Audubon (1826)
  9. 8. « Le déjeuner du chat », de Théodule-Augustin Ribot (1860).
  10. 9. « Jeu de chaton », de Henriette Ronner-Knip (1878)
  11. 10. « Femme avec un chat », de Pierre-Auguste Renoir (1885)
  12. 11. « Julie Manet » ou « L’Enfant au chat », de Pierre-Auguste Renoir (1887)
  13. 12. « Les amours de ma femme », de Carl Kahler (1891)
  14. 13. « Contentement », de Henriette Ronner-Knip (1900)
  15. 14. « Jeune fille au tricot et au chat », de Albert Anker (1903)
  16. 15. « Femme avec chat », de Kees von Dongen (1908)
  17. 16. « A Summer Tea Party », de Louis Wain
  18. 17. « Marguerite au chat noir », de Henri Matisse (1910)
  19. 18. « Le pont », de Carl Olof Larsson (1912)
  20. 19. « Le chat aux poissons rouges », de Henri Matisse (1914)
  21. 20. « Le jour où elle s’est transformée en chat », de Arthur Rackham (1920)
  22. 21. « Autoportrait au chat », de Tsuguharu-Léonard Foujita (1926)
  23. 22. « Le chat et l’oiseau », de Paul Klee (1928)
  24. 23. « Chat dévorant un oiseau », de Pablo Picasso (1939)
  25. 24. « Tête de chat », Georg Baselitz (1967)
  26. 25. « M. et Mme Clark et Percy », de David Hockney (1971)
  27. 26. « Ink », de Endre Penovác (2015)

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