Allergie au chat : les allergies causées par les chats

Allergie au chat : les allergies causées par les chats

8 millions de Français posséderaient un chat. Mais nombreuses sont sont les personnes qui doivent renoncer à adopter un chat ou se voient obligés de se séparer de leur compagnon parce qu'ils y sont allergiques.


Si posséder un chat alors qu'on se sait allergique n'est pas forcément une bonne idée, ce serait une erreur de croire qu'un chat a systématiquement tendance à rendre les humains allergiques. Au contraire, pour un jeune enfant, la présence d'un chat à ses côtés pourrait réduire le risque qu'à l'avenir il développe une allergie.


En tout état de cause, si votre bonheur passe par la présence d'un chat dans votre foyer, voici quelques informations à connaître, ainsi que des conseils qui pourraient vous être utiles au quotidien.

Les chats causent-ils réellement des allergies ?

Les chats causent-ils réellement des allergies ?

Le débat qui consiste à savoir si le chat provoque ou non des allergies n'est pas encore complètement clos. Les opinions sont toujours partagées, aussi bien dans l'opinion publique que chez les spécialistes.

 

Allant à contre-courant de la pensée jusqu'alors dominante, le docteur Ownby, directeur de la faculté de médecine de Géorgie (Etats-Unis), a publié en 2002 une étude affirmant que la présence de chats dans une maison aurait tendance à réduire le risque d'y devenir allergique. En effet, après avoir suivi 474 sujets pendant 7 ans, son équipe de chercheurs a abouti à la conclusion selon laquelle les enfants élevés en compagnie d'au moins deux animaux domestiques ont deux fois moins de chances de souffrir d'asthme ou de développer une allergie.

 

Selon le spécialiste, c'est le cadre de vie trop propre et stérilisé des sociétés modernes qui expliquerait que tant d'enfants développent des allergies et de l'asthme. A contrario, lorsqu'un enfant grandit en présence d'un chat, il est en contact permanent avec ses bactéries et ses particules allergisantes, principalement via les poils et la salive. L'organisme de l'enfant se renforce à leur contact et développe ainsi une réponse aux agressions extérieures.

 

Une étude allemande réalisée par l'Institut d'Epidémiologie de Nuremberg et publiée également en 2002 abonde dans ce sens, même si l'analyse a porté sur la présence d'enfants élevés en présence d'un chien. Le constat est sans appel : le fait d'avoir un chien à la maison diminue la sensibilité des enfants à l'ensemble des allergènes respiratoires, y compris par exemple ceux liés au pollen. L'étude indique toutefois que ce phénomène fonctionne seulement si l'enfant est élevé dès son plus jeune âge en compagnie d'animaux.

 

Il est évidemment trop tôt pour recommander la présence d'un chat dans tous les foyers, mais nul doute que des études vont continuer d'être menées sur le sujet.

Les causes des allergies aux chats

Les causes des allergies aux chats

La plupart des personnes allergiques aux chats pensent que leurs désagréments sont dus aux poils de l’animal, mais la réalité est un peu plus complexe. La réaction allergique est en fait provoquée par des protéines se trouvant dans les squames (peaux mortes), la salive, l'urine, les glandes sudoripares et les glandes sébacées du chat. La plus célèbre de ces protéines est la protéine Fel d 1, hautement allergisante.

 

Le système immunitaire fabrique des anticorps pour combattre les agents pathogènes, tels que les bactéries et les virus. Mais chez une personne souffrant d’allergie aux chats, le système immunitaire confond ces protéines avec des substances nuisibles, et fabrique des anticorps pour les combattre. C'est ce qui déclenche le mécanisme inflammatoire parfois violent que l'on observe chez les sujets sensibles.

 

La présence de telles protéines dans le sébum et la salive des chats contribue au fait que leurs poils sont très allergisants, en particulier à leur base. En effet, en faisant leur toilette plusieurs fois par jour, les chats enduisent quotidiennement leur pelage d'allergènes. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'ils sont responsables d'environ 2/3 des allergies liées aux animaux.

Les personnes prédisposées à l'allergie aux chats

Les personnes prédisposées à l'allergie aux chats

Il semblerait que la génétique joue un rôle dans l’apparition des allergies, ce qui signifie qu'une personne a plus de chances de développer une allergie aux chats si un membre de sa famille en est lui-même atteint.

 

D'autre part, les allergènes étant de poids et de taille très modestes (17 microns), ils sont presque constamment en suspension dans l'air et sont alors ingérés par les humains de la maison. C'est particulièrement vrai pour les enfants, qui sont à une hauteur idéale. Des particules de Fel d 1 peuvent en outre être retrouvées même dans une maison n'accueillant pas de chat, car elles sont transportées dans l’air et se fixent sur les vêtements et les meubles.

Les symptômes d’une allergie au chat

Les symptômes d’une allergie au chat

Une allergie au chat se manifeste peu de temps après un contact avec les particules allergènes et se traduit généralement par une inflammation des muqueuses, notamment des yeux et des sinus, entraînant une sensation de nez bouché. Certaines personnes peuvent également développer une éruption cutanée sur le visage, le cou ou le haut de la poitrine, ou avoir des crises d’eczéma.

 

Un sentiment de fatigue généralisée est fréquent dans les allergies non traitées, de même qu'une toux persistante et un écoulement nasal. Dans les cas sérieux, les allergies au chat peuvent provoquer une crise d'asthme aiguë ou de l’asthme chronique.

 

Comme le délai pour passer de la sensibilisation à l'allergie peut être très long (parfois plusieurs années), le lien avec son animal de compagnie n'est pas toujours fait lorsqu'une rhinite ou de l'asthme apparaît.

Les allergies croisées liées aux chats

Les allergies croisées liées aux chats

Les protéines qui provoquent des allergies chez l'Homme ne sont pas nécessairement les mêmes d'un animal à l'autre. Pour cette raison, une personne peut très bien souffrir d'une allergie aux chats sans être pour autant sensible aux chiens.

 

Il existe toutefois des risques d'allergie croisée : dans ce cas, un système immunitaire sensibilisé à un allergène en particulier déclenche une réaction de défense face à cet allergène, mais également face à des cellules de structure biochimique proche (même si elles ne proviennent pas du même animal), car il les confond avec l'allergène en question. Il ne s'agit donc pas réellement d'une nouvelle allergie, mais plutôt d'un effet collatéral de l'allergie initiale. Ce type de réaction est heureusement peu fréquent et dépend de la sensibilité du système immunitaire de chacun.

 

Dans le cas d'une allergie aux chats, le risque est principalement de développer une allergie croisée aux autres félins, mais aussi au porc. C'est ainsi qu'une personne souffrant d'une allergie aux chats peut soudainement manifester des symptômes en mangeant de la viande de porc, et ce même s'il n'y a aucun chat à l'horizon. Entre 1 et 4% des sujets sensibles aux chats seraient concernés.

 

Il existe aussi un risque qu'une personne sensible aux chats développe une allergie aux chiens, aux rongeurs et aux chevaux. Mais si de telles allergies croisées ont déjà été observées, elles semblent tout de même beaucoup plus rares que les précédentes.

Faut-il se séparer de son chat en cas d'allergie ?

Faut-il se séparer de son chat en cas d'allergie ?

En cas d'allergie au chat, l’éviction totale de l’allergène est la solution la plus évidente. Pour cette raison, lorsque l'on se sait allergique, la solution la plus efficace est d'éviter d'adopter un chat.

 

Si l'allergie se déclenche ou est mise en évidence alors qu'on en possède déjà un, en fonction de la sévérité des symptômes, la séparation d'avec son animal est parfois la meilleure solution.

 

C'est également l'option conseillée par les médecins en cas de maladie respiratoire (asthme, par exemple), car d'après l'American College of Allergy, Asthma and Immunology, le risque de devenir allergique à son chat lorsqu'on est asthmatique est 2 à 3 fois plus important que pour une personne non asthmatique. Il faut d'ailleurs savoir que ce risque existe toujours même après plusieurs années de séparation avec le chat, car il faut beaucoup de temps pour se défaire de ses particules allergisantes (poils attachés à la moquette, au canapé, aux rideaux, etc.).

 

Malheureusement, il est évidemment bien souvent très difficile de se séparer de son chat lorsque l'on y est attaché. Des statistiques indiquent ainsi que 75 à 90 % des personnes concernées ne suivraient pas le conseil de leur allergologue quand celui-ci recommande la séparation.

Adapter son environnement et les soins portés à son chat

Adapter son environnement et les soins portés à son chat

Si les symptômes ne sont pas trop sévères ou si le propriétaire ne parvient pas à se résoudre à se séparer de son chat, il existe heureusement des alternatives pour contenir l'allergie et en atténuer les symptômes.

 

La première des mesures consiste à bannir du domicile tout ce qui emprisonne et retient les allergènes (tapis, moquettes, rembourrages de fauteuils...), passer l'aspirateur dans toute la maison au minimum deux fois par semaine, et utiliser des purificateurs d'air. Il faut aussi se laver les mains fréquemment, surtout après avoir manipulé le chat, et limiter son accès à certaines pièces, comme par exemple la chambre à coucher.

 

Pour réduire la quantité de poils imprégnés de salive et éliminer un maximum d'allergènes de la fourrure, il convient d'entretenir la peau et le pelage de son chat, en le brossant régulièrement et en lui donnant des bains une fois toutes les deux semaines avec un shampoing adapté aux chats.

 

Enfin, l’alimentation du chat peut également jouer un rôle important : un régime de haute qualité avec beaucoup d'acides gras oméga-3 permet de conserver un pelage sain et de minimiser les squames.

Privilégier des chats réputés hypoallergéniques

Le Sibérien cause peu d'allergie, malgré ses poils longs
Le Sibérien cause peu d'allergie, malgré ses poils longs

Si une personne souffre d’allergie aux chats mais ne peut pas résister à l'envie d’en adopter un, il est possible d'opter pour certaines races de chats hypoallergéniques.

 

Du fait de son bagage génétique, un tel chat produit en effet moins de Fel d 1, la protéine allergisante. Bien que le sujet soit controversé, l'expérience des propriétaires et des études cliniques récentes suggèrent qu'un Sibérien, un Abyssin ou encore un Balinais produit des quantités plus faibles de Fel d 1. Les races de chats nus sont également recommandées aux personnes souffrant d'allergie, car l'absence de pelage limite la diffusion des allergènes dans le foyer.

 

Enfin, une autre étude a montré que les femelles produisent généralement moins d'allergènes que les mâles, et que la castration permet de réduire la quantité d'allergènes produits par les mâles. La stérilisation des chattes n'aurait en revanche pas d'effet similaire.

Réduire les symptômes avec un traitement médical

Réduire les symptômes avec un traitement médical

Les allergies au chat peuvent être contrôlées avec des médicaments en vente libre en pharmacie ou sur ordonnance, tels que des antihistaminiques et des sprays décongestionnants.

 

L'immunothérapie allergénique, une thérapie par injection périodique conçue pour stimuler les réponses immunitaires naturelles du corps aux allergènes du chat, peut également soulager nombre de personnes souffrant d’allergies.

Le mot de la fin

Les allergies respiratoires représentent un vrai fléau des sociétés contemporaines : on estime en effet que près d'une personne sur 3 en est atteinte en 2018, contre à peine 4% en 1968 ! Une personne sur 40 souffrirait par ailleurs d'une allergie aux animaux, au premier rang desquels les chats.

 

Pour lutter contre ce phénomène mondial, des chercheurs de l’université de Zürich ont eu l'idée en 2013 de développer un vaccin dont le principe est d’immuniser les chats contre la protéine Fel d 1 - qui serait d’ailleurs inutile pour eux -, de sorte qu'ils en produisent beaucoup moins dans leurs sécrétions. Cette immunité permettrait de réduire drastiquement les symptômes d’allergie réactionnelle chez les humains.

 

La société Hypopet, créée par ces chercheurs suisses, a été récompensée par un Swiss Technology Adward, et le vaccin devrait être commercialisé fin 2018. Un espoir pour tous, autant pour les chats abandonnés par des propriétaires se découvrant allergiques à leur contact, que pour les personnes allergiques comptant dans leur entourage des propriétaires de chats.

Dernière modification : 10/01/2020.

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