Viffort (02) Chat retrouvé empoisonné « Il faut arrêter ces pratiques »

03.05.2010
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Un chat raide mort dans un fossé, de la mousse blanchâtre aux babines. Ce matou tigré, de type européen, gît depuis jeudi dernier, dans la descente du chemin du chêne Benoît, à Viffort.
Si l'on écoute les habitants de cette petite commune du sud de l'Aisne, les empoisonnements de chats seraient chose courante. Jean-Claude Toison est le premier à en témoigner.

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L'animal retrouvé mort dans le fossé, a tout les stigmates de l'empoisonnement.

L'hécatombe depuis 25 ans
« Il y a 25 ans, des chats avaient proliféré dans une ferme (abandonnée). Ils étaient une bonne trentaine, puis ils ont commencé à disparaître les uns après les autres », raconte l'habitant du hameau de Courte soupe. Cause de la baisse de la population : « l'empoisonnement, assure l'ébéniste retraité, à l'époque, j'en avais trouvé trois morts dans mon jardin. »
La pratique n'aurait jamais cessé dans le petit village. Depuis le début de l'année, deux cadavres de félins ont été découverts, dont le dernier le jeudi 29 avril. « Et il doit y en avoir d'autres », regrette Jean-Claude Toison.
En pleine période d'amours félines, les chats non stérilisés divaguent pour trouver un partenaire. Les gestes malveillants augmentent aussi.
Aucune autopsie n'a été pratiquée pour déterminer le produit utilisé dans les deux cas. Mais pour le nouvel enquêteur de la fondation Brigitte Bardot, les stigmates de la mort parlent d'eux-mêmes : « Ils ont de la bave dans la gueule », confie-t-il.
Le témoignage de l'habitant de Viffort, membre de l'association de défense des animaux, depuis un an, n'est pas anodin : « Nous voulons que ces agissements cessent. Si cela continue, nous n'hésiterons pas à déposer plainte et nous ferons tout pour trouver les responsables. »
Délit puni de deux ans de prison
Une procédure loin d'être légère. Jean-Claude Toison prévient : « Le code pénal prévoit une peine de deux ans emprisonnement et de 30 000 euros contre l'auteur de tout acte de maltraitance envers animaux. »
L'homme a tenté de retrouver la famille de l'animal, en vain. Personne ne le réclame dans son village. « C'est malheureux, aujourd'hui les gens vivent refermés sur eux-mêmes. » Pourtant, le chat retrouvé mort dans le chemin doit bien manquer à quelqu'un.
Heureusement, le rôle d'enquêteur ne se cantonne pas seulement à ces affaires de maltraitance. « Nous visitons aussi les familles qui ont adopté des chiens ou des chats en refuge. C'est beaucoup plus agréable », convient Jean-Claude Toison. Cet amoureux des animaux possède, lui-même, deux chats et deux chiens.

Isabel DA SILVA