Lhéry (51) Chats - Condamné pour actes de cruauté envers des animaux

05.03.2010
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Mars 2009, Minette la chatte - pourtant habituellement très douce - a un comportement très agressif envers ses maîtres. Au point que son maître doit enfiler des gants rembourrés pour l'attraper et la conduire chez le vétérinaire. « Elle avait de la bave bleue qui coulait », se souvient le maître encore ému. Le vétérinaire réussit à la sauver. Minette vomit un produit verdâtre « qui pourrait faire penser à la « mort aux rats ». Elle est sauvée de justesse. Mais quelques jours plus tard, empoisonnée de nouveau, elle meurt.
Ses maîtres sont sous le choc. Ils ont déjà perdu « sept autres chats depuis 2005 » et ils soupçonnent fortement leur voisin, connu semble-t-il dans le village pour ne pas aimer les animaux. Ni les chats, ni les chiens.
Le produit vomi par les chats
Quelques jours après l'agonie de Minette - qui venait de mettre bas plusieurs chatons - c'est le chien du même couple qui est « pulvérisé ». À coup d'insecticide. « Heureusement, il n'a pas eu le temps de se lécher et n'a pas été empoisonné », témoignaient hier ses maîtres. Mais cette fois, la coupe est pleine. Le couple dépose plainte.
Les gendarmes réunissent différents témoignages de voisins et d'anciens voisins d'Alain A. Tous indiquent qu'ils ont perdu des chats ces dernières années. En tout, raconte le maire, ce sont plusieurs dizaines de félins qui ont disparu. Une voisine raconte qu'elle a « retrouvé entre 10 et 15 chats morts, empoisonnés, dans ses serres ». Le maire a d'ailleurs pris le problème à bras-le-corps. Après un conseil municipal, il a conseillé à ses administrés de déposer plainte pour actes de cruauté envers animaux. Afin que le problème cesse.
Autre indice à l'encontre d'Alain A. : son fils aurait parlé à la fille des maîtres de Minette, à travers le grillage et lui aurait confié : « papa il met un truc dans des boulettes de viande et on le donne à ton chat pour qu'il fasse plus caca dans mon sable », aurait dit l'enfant. Des propos qu'il aurait ensuite niés.
Les gendarmes ont organisé une perquisition au domicile d'Alain A. et ont découvert du « curaterre », un produit anti-limace qui a, selon le vétérinaire, la même apparence et la même texture que le produit bleuâtre vomi par Minette.
Le substitut du procureur de la République Jocelyn Poul a expliqué que les enquêteurs avaient établi « la liste des chats morts depuis une dizaine d'années. Ils ont un point commun : les morts sont situées autour du domicile du prévenu ». Il reprend aussi les propos « qu'a tenus le fils du prévenu ». Et évoque la perquisition qui a permis de trouver « du curaterre, un produit qui n'est plus autorisé à la vente actuellement et qui a la même consistance et la même couleur que ce qui a été recraché par le chat empoisonné ». Il requiert 450 euros d'amende. Me Zajara, pour la défense, estime que le dossier est « ridicule, c'est une histoire de clocher. On est en présence de beaucoup de chats morts, c'est sûr ». Il reconnaît aussi que son client « n'aime pas les chats et les chiens ». Quant au « curaterre », l'avocat explique que son client en avait mis dans son jardin « pour tuer les limaces. Si les chats sont venus y piocher, ce n'est pas sa faute ». Me Zajara évoque une autre explication à la mort des chats : « le maire fait distribuer chaque année du raticide à tous les habitants. C'est peut-être ce qu'ont ingurgité les chats ».
Le tribunal a condamné Alain A. à 410 euros d'amende. Il devra verser 196 euros de dommages et intérêts aux victimes pour les frais vétérinaires et 300 euros au titre du préjudice moral.
P.B.