Proverbes régionaux français avec un chat

En plus des proverbes avec un chat qui sont utilisés sur l’ensemble du territoire français (voire aussi dans d’autres pays francophones), il en existe dont l’usage est spécifique à certaines régions et/ou qui sont issus de langues régionales : le basque, l’alsacien, le créole…


Qu’elles soient anciennes ou récentes, les sources qui les mentionnent n’en donnent pas toujours la signification, mais la plupart reposent sur des images assez parlantes qui permettent de deviner facilement leur sens. 

Proverbes alsaciens avec un chat

Femme et chat dans la maison, hommes et chiens hors de la maison 


(En alsacien : Frau und Katz ins Hüs, Mann und Hund enüs)


Ce proverbe est relevé dans un article du lexicographe français Maurice Kauffer intitulé « Les proverbes alsaciens : Nature, fonction et histoire » et publié en 2024 dans la revue Pays d’Alsace. Il ne s’agit pas d’une métaphore, mais d’un simple propos exprimant une vision traditionnelle de la place que doivent occuper les différents membres du foyer, qu’ils aient deux ou quatre pattes.


Le petit oiseau qui chante trop tôt est mangé par le chat


(En alsacien : Voejele wu züe friehj singt frisst d’Katz)


Cité par Maurice Kauffer dans un article intitulé « Les proverbes alsaciens sur le temps », publié en 2025 dans la revue Pays d’Alsace, ce proverbe est une mise en garde contre les actions précipitées. Pour éviter d’être comme l’oiseau qui chante trop tôt et se fait prendre, il ne faut pas révéler trop vite ses intentions, fanfaronner ou agir trop hâtivement face à un danger.


Un chat perd ses poils, mais une femme ne perd pas ses caprices


(En alsacien : A Kàtz verliert d’Hoor, e Frau àwwer d’Nüppe nit)


Ce proverbe est mentionné par Maurice Kauffer dans un article intitulé « Les proverbes sont-ils bien sages ? Histoire et sagesse populaire des proverbes alsaciens », publié en 2024 dans la revue Pays d’Alsace. L’auteur l’utilise pour illustrer l’inconstance attribuée à la femme dans la sagesse populaire alsacienne.

Proverbes antillais avec un chat

Chat maigre craint tôle brûlante


(En créole : Chat mèg pè tòl cho)


Ce proverbe antillais est utilisé pour enjoindre à la prudence. Il est souvent comparé au proverbe français « Prudence est mère de sûreté », qui signifie que pour rester sain et sauf il faut être vigilant.


Le chat sait bien de quel côté de sa moustache il a déjà léché


(En créole : Chat konnèt ki koté bab i ja niché)


Ce proverbe antillais est employé pour signifier qu’on est seul à connaître ses propres misères.


Les chats qui courent après plusieurs rats ne mangent rien


(En créole : Chat ki ka kouri dèyè plisiè rat pa ka manjé ayen)


Ce proverbe antillais signifie qu’on ne peut rien obtenir quand on poursuit plusieurs objectifs de front. En d’autres termes, il ne faut pas courir deux lièvres à la fois. Un autre proverbe antillais exprime la même idée cette fois en mettant en scène le meilleur ami de l’Homme : « le chien a quatre pattes, mais il n'est pas capable de prendre quatre chemins ».


On ne fait pas cuire de chat dans son chaudron sans couvercle


(En récole : Chat pa ka kuit an chodyè)


Ce proverbe antillais est employé pour évoquer l’idée que certaines choses ne peuvent se faire au grand jour.


Quand le chat n’est pas là, les souris donnent un bal


(En créole : Chat pa la, rat ka bay bal)


Ce proverbe est tout simplement l’équivalent antillais du proverbe français « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». Il signifie donc lui aussi qu’en l’absence de la personne qui incarne l’autorité, les subordonnés en profitent pour transgresser les règles – généralement de manière festive.

Proverbes basques avec un chat

Ce que la souris mangerait, que le chat le mange !


(en basque : Saguak yan liroena yan beza gathuak)


Ce proverbe est relevé par le linguiste français Julien Vinson (1843-1926) dans Le Folk-lore du pays basque, publié en 1886. L’auteur n’en donne pas la signification, mais on peut présumer qu’il traite des avantages de la supériorité hiérarchique : le fort (le chat) prend ce que le faible (la souris) aurait dû avoir.


Le vieux chat a désir de lait


(en basque : Katu zaharra esne gura)


Également relevé par le Julien Vinson dans Le Folk-lore du pays basque (1886), ce proverbe signifie probablement que les personnes âgées (les vieux chats) ont la nostalgie du passé – et notamment de l’enfance, symbolisée ici par le lait.

Proverbes bretons avec un chat

Chacun son métier, et le chat n'ira point au lait


(en breton : Peb hini he vicher ha ne-d-aio ket ar’chaz d’al leaz)


Ce proverbe est relevé par le folkloriste français Leopold-François Sauvé (1837-1892) dans son recueil Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne, publié en 1878. L’auteur n’en donne pas de définition, mais on peut supposer qu’il signifie que chacun doit intervenir selon ses compétences.


Le cas échéant, on peut le rapprocher du proverbe français « Si les chats gardent les chèvres, qui attrapera les souris ? ». C’est également cette idée qui est exprimée par le fabuliste français Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) en 1792 dans sa fable « Le Vacher et le Garde-chasse », à travers une formule qui est depuis rentrée dans l’usage courant : « Chacun son métier / Les vaches seront bien gardées ».


Chien et chat, c’est demain qu’ils seront amis


(en breton : Ki ha kaz, warc’hoazh e vint mignon.)


Également listé par Leopold-François Sauvé dans ses Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne (1878), ce proverbe repose sur l’opposition classique entre chat et chien. Il signifie sans doute que les caractères opposés ne font pas bon ménage. On pourrait ainsi le rapprocher du proverbe français « Qui vit comme chat et chien jamais n’a repos ni bien ».


Il ne faut point d’échelle au chat pour attraper souris ou rat


(en breton : Ne d-eo ket ret skeul d’ar c’haz evit lakaat logod pe razh.)


Ce proverbe fait également partie de ceux listés par Leopold-François Sauvé dans son recueil Proverbes et Dictons de la Basse-Bretagne, publié en 1878. Lui non plus ne fait pas l’objet d’une explication de texte, mais on peut supposer qu’il signifie qu’il n’est pas nécessaire d’utiliser des moyens compliqués pour des choses simples qui vont de soi.


Le chat se joue de la souris, et la femme de son mari


(en breton : Ar c’haz a c’hoari gant al logod, hag ar wreg gant he gwaz)


Ce proverbe est cité par l’écrivain français Gabriel-Jean-Maie Milin (1822-1895) dans un article intitulé « Proverbes bretons sur les femmes. Île de Batz », publié en 1886 dans la Revue des traditions populaires. Il établit un parallèle entre la propension des chats à jouer avec leurs proies et le comportement des femmes qui, présentées elles aussi comme cruelles, s’amuseraient à faire souffrir leurs maris.

Proverbes occitans et provençaux avec un chat

À vieille chatte, inutile de montrer les cendres


(en provençal : À la vièio gato, es inutil de li moustra las cendres.)


Ce proverbe est mentionné par l’écrivaine française Marie Mauron (1896-1986) dans son recueil Dictons d’oc et proverbes de Provence, publié en 1965. Les cendres représentent ici par métonymie l’âtre de la cheminée. Il faut certainement déduire de cette image qu’avec le temps, on apprend à se ménager et à accroître son confort.


Chat gourmand rend la cuisinière avisée


Ce proverbe est présenté comme occitan par plusieurs sites régionalistes ou spécialisés dans les proverbes, qui n’en donnent toutefois ni la version originale ni la signification. Il signifie sans doute qu’on apprend à devenir prudent quand on a dans son entourage des voleurs.


Fille qui folâtre, souris qui ravaude, pour galant et chat, feront vite un plat


Ce proverbe arlésien est mentionné par l’écrivain français Maurice Rat (1891-1969) dans un article intitulé « Dictons et Proverbes de Provence », publié en 1967 dans la Revue des deux mondes. Il n’en donne pas la version provençale et ne l’explique pas, mais il faut certainement comprendre que les filles qui sortent librement (« folâtrer »), tout comme les souris qui errent (« ravauder »), sont des proies faciles pour les séducteurs (« galants »).


Il s’agit donc d’un avertissement moralisateur où le chat, dans son rôle de chasseur, est assimilé au séducteur, et les femmes à ses proies. On retrouve d’ailleurs cette image dans le proverbe « À vieux chat jeune souris »


Jamais chaton ne porta de rat à sa mère


Ce proverbe est également mentionné par Maurice Rat dans son article « Dictons et Proverbes de Provence », publié en 1967 dans la Revue des deux mondes. Il souligne l’ingratitude des enfants vis-à-vis de leurs parents.

Dernière modification : 05/08/2026

Vous aimez aussi les chiens ?