Les proverbes avec un chat

Les proverbes avec un chat

Appréciés pour leurs talents de chasseurs de nuisibles et observés avec une méfiance mêlée de curiosité, les chats sont présents aux côtés des humains depuis des millénaires. Ils occupent ainsi une place familière tant dans leur quotidien que dans leur imaginaire collectif.


C’est ainsi qu’ils ont tout naturellement inspiré de nombreux proverbes, ces formules brèves issues de la tradition orale qui expriment, souvent sous une forme imagée, des vérités générales sur la vie humaine.


Voici une sélection de proverbes français avec le mot « chat », précédée d’une réflexion sur le regard tantôt pragmatique, tantôt ironique ou sévère, que ceux-ci portent sur cet animal au fil du temps.

Qu’est-ce qu’un proverbe ?

Les proverbes se distinguent notamment par leur brièveté et certaines autres caractéristiques qui les rendent facilement mémorisables. Ils expriment une vérité générale ou un conseil, mais disent aussi souvent quelque chose de l’époque qui les a vu naître.

Entre expression d’une vérité universelle et reflet de son époque

Les proverbes sont une manière condensée d’exprimer une vérité générale, un conseil ou une observation sur la vie.


Ils relèvent de ce que l’on nomme la sagesse populaire, c’est-à-dire un ensemble de connaissances transmises oralement de génération en génération au sein d’une communauté. Nés d’expériences collectives, ils visent à éclairer les individus face à certaines situations qui se présentent de façon récurrente.


Bien avant l’apparition et la diffusion de l’écriture vers le troisième et le deuxième millénaire avant notre ère, les proverbes servaient déjà d’outil pour transmettre le savoir. Au même titre que les contes, les légendes ou les fables, ils permettaient de préserver et de partager le fruit des observations accumulées au fil des siècles.


En effet, un proverbe peut remplir plusieurs fonctions essentielles : expliquer le monde de manière accessible, prodiguer un conseil, mettre en garde contre certains comportements ou encore justifier une attitude. En l’employant, celui qui parle ne s’exprime pas à titre personnel, mais invoque l’autorité de l’expérience commune.


Toutefois, même s’il se présente comme une vérité universelle, un proverbe n’est pas la résultante d’une observation scientifique. Il reflète avant tout les mentalités, les valeurs et les préjugés de l’époque qui l’a vu naître. Certains d’entre eux véhiculent d’ailleurs des stéréotypes ou des jugements moraux qui aujourd’hui paraissent dépassés.

Les caractéristiques d’un proverbe

Les proverbes sont pour beaucoup anciens, voire très anciens. Ils se caractérisent en outre par plusieurs traits distinctifs :

  • ils sont anonymes : aucun auteur identifiable ne leur est rattaché ;
  • ils sont concis et conçus pour être retenus facilement, tenant en une seule phrase (qui parfois ne comporte pas de verbe) ;
  • leur formulation est fixe et figée : il existe pour certains des variantes, mais globalement ils résistent aux modifications. Cela explique d’ailleurs que beaucoup d’entre eux ont aujourd’hui une tournure un peu déroutante, car entre-temps la langue française a pour sa part évolué ;
  • ils expriment une idée générale et peuvent être employés dans des contextes variés.

 

Cette idée peut être énoncée de façon théorique, comme c’est le cas par exemple avec « Prudence est mère ne sûreté » ou « Qui ne tente rien n’a rien ». Néanmoins, elle repose souvent sur une métaphore : en la matière, le monde animal est une source d’inspiration particulièrement fertile, comme l’illustrent par exemple « Qui vole un œuf vole un bœuf » ou de « Petit à petit, l’oiseau fait son nid ».


De nombreux proverbes comportent également d’autres types de figures de style, qui ont pour effet de renforcer leur impact.


Ainsi, on y trouve fréquemment des comparaisons (« Tel père, tel fils », « Mieux vaut prévenir que guérir »…), des oppositions (« Le mieux est l’ennemi du bien », « Après la pluie, le beau temps »…) ou divers autres procédés aboutissant à une structure binaire, qui elle-même favorise la mémorisation.


Cette dernière peut également être facilité par des jeux sonores, et ceux-ci sont nombreux dans les proverbes : rimes (« Qui va à la chasse perd sa place », « Qui se ressemble s’assemble »…), assonances (« Petit à petit, l’oiseau fait son nid »…) ou allitérations (« Pierre qui roule n’amasse pas mousse »…) contribuent à leur musicalité et facilitent leur transmission orale.


D’ailleurs, à bien des égards, les proverbes sont proches de la poésie ainsi que des slogans publicitaires ou politiques. En effet, ils utilisent eux aussi des procédés rythmiques et sonores (oppositions marquées, rimes, assonances…) dans le but de frapper les esprits, d’être facilement retenus et de circuler largement au sein du groupe.

L’image du chat dans les proverbes en français

Une bonne partie des proverbes avec un chat évoquent le sens de la chasse de cet animal (parfois d’ailleurs pour le moquer), qui est alors bien souvent opposé à des rats ou des souris. Ses talents de chasseur expliquent d’ailleurs qu’il soit présenté comme un animal dangereux, mais d’autres proverbes au contraire soulignent qu’il est aussi lui-même une proie facile. Enfin, certains l’utilisent pour incarner certains défauts humains.

Le chat comme chasseur

Globalement, ce n’est que depuis la fin du 19ème siècle que les chats sont réellement vus comme des compagnons domestiques, des animaux qui vivent au cœur des foyers et qu’on apprécie simplement pour leur présence. Auparavant, ils étaient essentiellement perçus comme purement utilitaires : leur intérêt aux yeux des hommes reposait sur leur propension à s’en prendre aux rats et aux souris, et ce faisant à protéger la nourriture. Il n’est donc pas étonnant qu’un très grand nombre de proverbes mettent l’accent sur leur rôle de chasseurs.

Le rôle naturel du chat

« Si les chats gardent les chèvres, qui attrapera les souris ? », demande un proverbe. Ce dernier est parfaitement révélateur de la place bien définie que pendant longtemps les humains attribuèrent aux petits félins. 


Ainsi, on les supportait parce que « Mieux vaut nourrir son chat que de nourrir le rat », comme dit un autre proverbe. Mais, de façon générale, on ne leur portait pas une grande affection : « Qui perd un chien et recouvre un chat, c’est toujours une bête à quatre pieds ».

Chasse, puissance et stratégie

Présenté comme le chasseur par excellence, le chat sert dans certains proverbes de support pour des réflexions sur la notion de puissance. En tant que prédateur, il a une image sérieuse (« Qui ne rit point a nature du chat ») et incarne une certaine autorité. Cependant, celle-ci est moquée dès qu’il a le dos tourné : « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».


Par ailleurs, la chasse est aussi une question de vivacité et de stratégie. Par conséquent, le chat qui s’encroute dans le confort bourgeois (« Chat ganté n’a jamais pris de souris ») ou qui ne sait pas taire ses intentions (« Chat miauleur ne fut oncques bon chasseur, non plus que sage homme grand caqueteur ») ne parvient pas à ses fins.


Cela dit, la ruse et la prudence nécessaires à la chasse s’apprennent avec le temps : « Un chat de trois mailles s’avise ». Il faut dire que même avec une bonne stratégie et éventuellement quelques coups bas, la proie – ou l’adversaire – est toujours prompte à répliquer : « À bon chat bon rat », « À mauvais chat mauvais rat ».

Instinct de chasse et hérédité

Du fait de ses qualités innées de chasseur, le chat peut aussi être source de réflexions sur l’instinct et la transmission naturelle de certaines caractéristiques. On retrouve notamment cette idée dans « Qui naquit chat court après les souris », « Chat et chaton chassent le raton » ou encore « On ne doit pas enseigner à son chat à soriser ». Elle est même présente dans des proverbes où la notion de chasse n’est pas évoquée, tel « Un petit chat apprend bien à pisser ».


Cela n’est pas sans rappeler certains proverbes avec un chien qui eux aussi mettent l’accent sur l’hérédité des talents de chasseur : c’est le par exemple de « Bon chien chasse de race ».


Néanmoins, ces deux animaux sont bien sûr fondamentalement différents, comme le rappelle d’ailleurs justement un célèbre proverbe sur l’hérédité : « Les chiens ne font pas des chats ».

Chasse et séduction

Certains proverbes mettant en scène le chat dans son rôle de chasseur jouent sur la traditionnelle analogie entre la chasse et la séduction. Le petit félin est alors une métaphore du séducteur : sur son tableau de chasse, ses conquêtes sont soit ses proies (« À vieux chat jeunes souris »), soit ses femelles (« Aux vilains matous les belles chattes »).


Il convient en revanche de souligner que, contrairement à ce que l’on observe dans les fables avec un chat ainsi que dans diverses histoires traditionnelles, l’aspect féminin de l’animal est rarement exploité dans les proverbes. Il existe toutefois quelques exceptions, à l’image de « La nuit tous les chats sont gris » (tel qu’il était compris à l’époque où il est apparu) ou encore de « Toute chatte a son février ».

Un dangereux prédateur ou une proie facile ?

Différents proverbes présentent le chat comme un animal dangereux, du fait qu’il n’est pas totalement domestiqué. D’autres en revanche soulignent que, paradoxalement, il est aussi lui-même une proie facile notamment du fait de sa petite taille, et qu’il lui arrive d’ailleurs d’être malmené par les humains.

Un animal agressif et dangereux…

En tant que prédateur et qu’animal n’ayant jamais été totalement domestiqué par l’Homme (contrairement au chien), le chat est présenté par divers proverbes comme dangereux. C’est le cas notamment dans « Il ne faut pas jouer avec les chats ».


Il faut dire que même un spécimen de petite taille (par exemple un chaton) peut blesser, comme le souligne « Il n’est si petit chat qui n’égratigne ».


Certains proverbes utilisent d’ailleurs l’image du petit félin pour incarner une situation en sommeil mais potentiellement dangereuse, voire explosive. C’est le cas par exemple de « Il ne faut pas réveiller le chat qui dort » ainsi que de « Tant dort le chat qu’il se réveille ».

… mais aussi fragile

Si la majorité des proverbes avec un chat mettent l’accent sur ses talents de chasseur voire le danger qu’il représente, dans d’autres en revanche il incarne la fragilité, notamment du fait de sa petite taille.


Celle-ci explique d’ailleurs qu’il est susceptible de subir divers sévices de la part des humains, comme le soulignent « À chat lècheur bat-on souvent la gueule » ou « Celui a bon gage du chat qui en tient la peau ».


Assez facile à attraper, à maîtriser et à violenter, il incarne même la victime innocente dans certains proverbes qui esquissent une réflexion sur la notion d’injustice ou de tolérance : par exemple « Occasion trouve qui son chat bat » ou « Il ne faut pas faire passer tous les chats pour des sorciers ».

Les traditionnels défauts du chat

Qu’il y soit ou non représenté comme chasseur, le chat incarne dans certains proverbes des défauts qui lui sont traditionnellement attribués : il est gourmand et donc voleur, tandis que ses marques d’affection sont perçues comme hypocrites.

Un animal gourmand et voleur

Comme c’est également le cas dans un certain nombre de fables et d’autres récits folkloriques, le chat est parfois présenté dans les proverbes comme un animal gourmand. Cette image est alors généralement exploitée pour amener à des réflexions sur l’addiction : « On ne saurait retenir le chat quand il a goûté de la crème », « Chat qui a accoutumé de prendre des souris ne s’en peut tenir »...


L’idée qu’il puisse voler pour obtenir ce qui l’intéresse est moins exploitée, mais on la retrouve par exemple dans « Si ton chat est larron ne le chasse de ta maison ».

Un animal flatteur et hypocrite

Certains proverbes évoquent les marques d’affection qu’un chat est susceptible d’exprimer et les présente comme des gestes intéressés, voire hypocrites. C’est le cas par exemple de « Caresses de chat donnent des puces », ou du très ancien « Bien sait le chat quelle barbe il lèche ».


Ce comportement hypocrite peut d’ailleurs donner lieu à des représailles, comme en témoigne le proverbe également très ancien « À chat lécheur bat-on souvent la gueule ».

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À bon chat bon rat
Dernière modification : 05/08/2026

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