
Publié en 2017 par l’autrice japonaise Hiro Arikawa (née en 1972), Les mémoires d’un chat (Tabineko Ripôto, en version originale) raconte le parcours peu ordinaire d’un chat de gouttière vivant dans le parking d’un immeuble de Tokyo et qui ne troquerait sa liberté pour rien au monde – jusqu’au jour où il se fait percuter par une voiture. Blessé, il est alors soigné puis adopté par Satoru, un des habitants de l’immeuble. Celui-ci décide de le baptiser Nana.
Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas tant la rencontre de ces deux protagonistes que le roman raconte, mais leur séparation. En effet, cinq ans après cet accident, des circonstances mystérieuses forcent Satoru à se séparer de Nana. Il entreprend alors un grand voyage à travers le Japon afin de revoir d’anciens amis et rendre visite à des membres de sa famille, afin de tenter de le faire adopter par l’un d’eux.
C’est à cette occasion que ce chat au caractère bien trempé et qui comprend parfaitement la langue des humains découvre le passé de son maître. Narrant lui-même certaines parties de l’histoire, il en profite pour multiplier les observations humoristiques ou sarcastiques sur la société japonaise. Ce procédé n’est pas sans rappeler celui de Je suis un chat, grand classique de la littérature japonaise signé Natsume Sōseki (1867-1916) et paru en 1905-1906. Certaines parties sont néanmoins narrées d’un point de vue omniscient, ce qui permet à l’autrice de porter un regard plus profond sur les relations entre les deux personnages et les raisons qui poussent Satoru à entreprendre un tel voyage.
En 2021, soit quatre ans après le succès de ce roman, Arikawa renoue avec l’univers des félins en publiant Au revoir les chats ! (Mitorineko), un recueil de sept nouvelles ayant toutes pour personnage principal un représentant de la gent féline. La première se passe d’ailleurs dans l’univers de son œuvre précédente puisqu’elle parle de Hachi, un chat adopté par Satoru à la mort de ses parents, des années avant que Nana n’entre dans sa vie.