
Écrivain, aventurier et homme politique français, François-René de Chateaubriand (1768-1848) doit à ses origines nobles et sa fonction d’ambassadeur de côtoyer plusieurs grandes figures des 18ème et 19ème siècles : Napoléon Bonaparte (1769-1821), Charles X (1757-1836), George Washington (1732-1799), le pape Léon XII (1760-1829)...
Dans Les Mémoires d’outre-tombe, œuvre autobiographique monumentale d’environ 2400 pages publiée à titre posthume en douze volumes entre 1849 et 1850, il relate notamment en ces termes sa rencontre en 1828 avec ce dernier :
« Léon XII, prince d'une grande taille et d'un air à la fois serein et triste, est vêtu d'une simple soutane blanche ; il n'a aucun faste et se tient dans un cabinet pauvre, presque sans meubles. Il ne mange presque pas ; il vit, avec son chat, d'un peu de polenta. »
Le chat qu’il décrit ici s’appelle Micetto et il a son importance, puisque les conversations entre le pape et l’auteur français tournent principalement autour de lui. Léon XII apprécie tellement cet échange qu’il propose à son interlocuteur de recueillir son animal de compagnie une fois que lui-même sera décédé.
Peut-être sentait-il en effet la fin approcher, car il meurt effectivement un an plus tard. Comme convenu entre les deux hommes, Micetto part vivre avec l’auteur français à Paris.
Quoique sa présence reste secondaire dans cet ouvrage où Chateaubriand s’attèle davantage à décrire les grands moments historiques dont il est le témoin, Micetto reste le symbole de la douceur et de la stabilité à laquelle l’auteur aspire. Il rappelle la sensibilité et la simplicité de cette grande figure littéraire aujourd’hui considérée comme un précurseur du romantisme.