« Le Chat botté », de Charles Perrault (1695)

Une illustration de Gustave Doré pour le conte « Le Chat botté », de Charles Perrault

Le Maître chat ou le Chat botté figure parmi les contes les plus célèbres au monde. La version la plus ancienne de cette œuvre franco-italienne est retranscrite par l’auteur italien Giovanni Francesco Straparola (v. 1480-v. 1558) dans son recueil d’histoires Les Nuits facétieuse (Le piacevoli notti, en version originale), dont les deux volumes paraissent respectivement en 1550 et 1553. Toutefois, la version la plus connue à ce jour est rédigée à la fin du 17ème siècle par l’homme de lettres français Charles Perrault (1628-1703).


Ayant inspiré de nombreux écrivains et dessinateurs tout au long des siècles, ce texte conte les aventures d’un chat doué de paroles qui emploie la ruse pour obtenir les faveurs du roi pour son maître, un jeune homme aux origines modestes auquel il ne demande en échange de ses services qu’un sac et une paire de bottes. 


Plus largement, le chat botté est un beau parleur et parvient toujours à ses fins en trompant ses interlocuteurs. De nos jours, cela serait considéré comme un défaut ; quand il rédige ce texte, Perrault pour sa part y voit là au contraire sa plus grande qualité. En effet, il ne semble avoir aucun problème avec le fait que son héros n’hésite pas à mentir et manipuler ses interlocuteurs pour atteindre son objectif ; autrement dit, la fin justifie les moyens. Cela amène d’ailleurs certains critiques littéraires à analyser a posteriori le texte comme une critique féroce de la société du 17ème siècle, une société très hiérarchique dans laquelle l’ascension sociale est impossible sans se salir les mains.


Le chat botté demeure cependant un conte en perpétuelle évolution, et la version de Charles Perrault n’est qu’une parmi bien d’autres. Le célèbre personnage (ou du moins un autre très similaire) apparaît ainsi déjà dans le Pañchatantra, un recueil de contes en sanskrit (la langue des textes religieux hindous) datant du 5ème siècle. Il figure aussi sous une forme ou une autre dans de nombreux autres contes de fées indiens et européens parus bien avant la version de Perrault. 

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : Le chat dans la littérature
  2. Page 2 : « Le Chat botté », de Charles Perrault (1695)
  3. Page 3 : Murr dans « Le chat Murr », d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1819 & 1821)
  4. Page 4 : Micetto dans « Les Mémoires d’outre-tombe », de François-René de Chateaubriand (1841)
  5. Page 5 : « Le Chat noir », d'Edgar Allan Poe (1843)
  6. Page 6 : Le chat du Cheshire dans « Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles », de Lewis Caroll (1865)
  7. Page 7 : Saha dans « La Chatte », de Colette (1904)
  8. Page 8 : Le chat anonyme dans « Je suis un chat », de Natsume Sōseki (1905-1906)
  9. Page 9 : « Le chat chapeauté », de Dr Seuss (1957)
  10. Page 10 : Béhémot dans « Le Maître et Marguerite », de Mikhaïl Boulgakov (1966)
  11. Page 11 : Koko et Yom-Yom dans la série « Le chat qui… », de Lilian Jackson Braun (1967 à 2007)
  12. Page 12 : Moune dans « L'histoire édifiante et véridique du chat Moune », de Philippe Ragueneau (1981)
  13. Page 13 : Church dans « Simetierre », de Stephen King (1983)
  14. Page 14 : Piste-fouet dans « La Légende du noble chat Piste-fouet », de Tad Williams (1987)
  15. Page 15 : Pattenrond et Miss Teigne dans « Harry Potter », de J.K. Rowling (1997 à 2007)
  16. Page 16 : Chibi dans « Le chat qui venait du ciel », de Takashi Hiraide (2001)
  17. Page 17 : Mimi, Otsuka et les autres chats dans « Kafka sur le rivage », de Haruki Murakami (2002)
  18. Page 18 : Le chat noir dans « Coraline », de Neil Gaiman (2002)
  19. Page 19 : Cabbage dans « Et si les chats disparaissaient du monde… », de Genki Kawamura (2012)
  20. Page 20 : Nana dans « Les mémoires d’un chat », d’Hiro Arikawa (2017)
  21. Page 21 : Bastet dans « Demain les chats », de Bernard Werber (2016)