
Le Maître chat ou le Chat botté figure parmi les contes les plus célèbres au monde. La version la plus ancienne de cette œuvre franco-italienne est retranscrite par l’auteur italien Giovanni Francesco Straparola (v. 1480-v. 1558) dans son recueil d’histoires Les Nuits facétieuse (Le piacevoli notti, en version originale), dont les deux volumes paraissent respectivement en 1550 et 1553. Toutefois, la version la plus connue à ce jour est rédigée à la fin du 17ème siècle par l’homme de lettres français Charles Perrault (1628-1703).
Ayant inspiré de nombreux écrivains et dessinateurs tout au long des siècles, ce texte conte les aventures d’un chat doué de paroles qui emploie la ruse pour obtenir les faveurs du roi pour son maître, un jeune homme aux origines modestes auquel il ne demande en échange de ses services qu’un sac et une paire de bottes.
Plus largement, le chat botté est un beau parleur et parvient toujours à ses fins en trompant ses interlocuteurs. De nos jours, cela serait considéré comme un défaut ; quand il rédige ce texte, Perrault pour sa part y voit là au contraire sa plus grande qualité. En effet, il ne semble avoir aucun problème avec le fait que son héros n’hésite pas à mentir et manipuler ses interlocuteurs pour atteindre son objectif ; autrement dit, la fin justifie les moyens. Cela amène d’ailleurs certains critiques littéraires à analyser a posteriori le texte comme une critique féroce de la société du 17ème siècle, une société très hiérarchique dans laquelle l’ascension sociale est impossible sans se salir les mains.
Le chat botté demeure cependant un conte en perpétuelle évolution, et la version de Charles Perrault n’est qu’une parmi bien d’autres. Le célèbre personnage (ou du moins un autre très similaire) apparaît ainsi déjà dans le Pañchatantra, un recueil de contes en sanskrit (la langue des textes religieux hindous) datant du 5ème siècle. Il figure aussi sous une forme ou une autre dans de nombreux autres contes de fées indiens et européens parus bien avant la version de Perrault.