
Je suis un chat (Wagahai wa Neko de Aru, en version originale) est un roman satirique écrit par l’auteur japonais Natsume Sōseki (1867-1916) et publié initialement sous forme de feuilletons parus en 1905 et 1906 dans la revue littéraire Hototogisu. Il a pour héros et narrateur un chat sans nom adopté par le professeur Chinno Kushami alors qu’il erre dans le jardin de la maison que ce dernier possède à Edo (l’ancien nom de Tokyo).
L’intégralité du roman est contée par ce félin d’une arrogance sans borne, qui livre au lecteur ses nombreuses observations sur les humains (qu’il trouve parfaitement étranges) ainsi que sur la société japonaise, à une époque où celle-ci s’ouvre au reste du monde et connaît d’importantes mutations.
La traduction en français permet d’apprécier cette vision satirique du Japon du début du 20ème siècle ainsi que l’humour acerbe du narrateur, mais ne peut en revanche retranscrire parfaitement le caractère hautain de ce dernier et ainsi montrer à quel point certains de ses commentaires sont déplacés. En effet, il emploie dans le texte original (en japonais, donc) un ton particulièrement pompeux, notamment lorsqu’il parle de lui-même, un peu comme un aristocrate qui commenterait avec dédain les us et coutumes des petites gens qui l’entourent.
Anglophone et professeur de littérature, Sōseki ne nie pas que son œuvre est inspirée de celles d’autres auteurs ayant donné une voix à des animaux domestiques. Il cite notamment comme source d’inspiration Le chat Murr, un roman inachevé de l’auteur prusse Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1776-1822), publié en deux volumes en 1819 et 1821, dans lequel un chat poète ayant appris à écrire fait le récit de son existence.
Considéré comme un classique de la littérature japonaise, Je suis un chat est fréquemment étudié dans les écoles de l’archipel. Il est en outre porté au cinéma : une première fois en 1936, puis une seconde fois en 1975. Enfin, toujours dans l’optique de permettre à un public plus large de le découvrir, il est également adapté en manga par Cobato Tirol en 2010.