
L’idée d’un chat détective peut paraître saugrenue. Pourtant, elle donne naissance en 1967 à une série de 29 romans policiers écrits par la romancière américaine Lilian Jackson Braun (1913-2011) et publiés jusqu’en 2007, dont le titre commence toujours par Le chat qui (The cat who, en version originale).
Débutant en 1966 avec Le chat qui lisait à l’envers (The Cat Who Could Read Backwards), cette saga littéraire a pour personnage principal James Qwilleran, un journaliste d’investigation fréquemment amené à enquêter sur des meurtres. Il possède deux chats Siamois qui l’épaulent dans sa tâche : un mâle nommé Kao K’o-Kung (mais le plus souvent appelé simplement Koko) et une femelle baptisée Yum Yum.
Le premier est baptisé ainsi en référence à un artiste chinois du 13ème siècle. C’est un chat élégant et très intelligent, qui possède une intuition relevant quasiment du surnaturel. En effet, son instinct lui permet bien souvent de dénicher des indices ou de fournir à son maître des indications pertinentes. Il est également capable d’identifier des personnes aux intentions malveillantes.
Au départ, Koko n’appartient pas à Qwilleran, mais à Gerorge Bonifield Mountclemens III, un critique d’art avec lequel le journaliste se retrouve à collaborer lorsqu’il accepte un travail à la rédaction du journal d’une petite ville du nord des États-Unis. Un beau jour, Mountclemens est assassiné : Qwilleran décide alors d’enquêter sur ce crime, et trouve en Koko un allié inattendu.
Quant à Yum Yum, elle tire son nom d’un personnage de l’opérette The Mikado, créée en 1885 par le dramaturge britannique William S. Gilbert (1836-1911) et son compatriote le compositeur Arthur Sullivan (1842-1900). Elle intervient moins directement dans les enquêtes, et joue plus le rôle d’un animal de compagnie normal. Elle n’apparaît d’ailleurs dans la série qu’à partir du deuxième opus, Le chat qui mangeait de la laine (The Cat Who Ate Danish Modern), dans lequel le journaliste enquête sur un meurtre au sein du milieu des antiquités. Elle est maltraitée par ses propriétaires, mais le héros décide de lui venir en aide et finit même par l’adopter.
Contrairement aux apparences, les livres de la série Le chat qui… ne sont pas à proprement parler des comédies. Ce sont de véritables romans policiers, qui appartiennent plus précisément au sous-genre des « cosy mysteries » : il s’agit d’histoires ayant généralement pour protagoniste un détective amateur évoluant dans un univers moins sombre que celui des polars classiques.
La série s’achève en 2007 avec Le Chat qui avait un don (The Cat Who had 60 Whiskers). Un 30ème tome intitulé The Cat who smelled smoke est prévu, mais une infection des poumons emporte l’autrice en 2011 et son éditeur décide d’en annuler la sortie.