Church dans « Simetierre », de Stephen King (1983)

Roman publié en 1983 par l’Américain Stephen King (né en 1947), Simetierre (Pet Semetary, en version originale) est souvent considéré comme l’une des œuvres les plus sombres du maître de l’horreur. Avec Cujo, paru pour sa part en 1981, c’est l’un de ses deux romans centrés sur un animal domestique qui se transforme en un monstre à la suite d’un incident. 


Il met en scène Louis Creed, un médecin qui vient s’installer dans une petite ville du Maine (à l’extrême nord-est des États-Unis) avec sa femme, ses deux enfants et leur chat Winston Churchill, qu’ils surnomment affectueusement Church. Ils découvrent près de leur nouvelle maison un cimetière pour animaux créé par les enfants du quartier, puis un autre bien plus sinistre, créé par la population indigène de la région et caché au fin fond de la forêt. Selon la légende, quiconque est enterré ici peut revenir à la vie. 


Lorsque Church est renversé par un camion et succombe à ses blessures, Louis, sous la pression de son fils, décide de l’y enterrer. Le petit félin revient effectivement peu de temps après parmi les siens, mais il est profondément changé par cette expérience : agressif et dégageant une odeur pestilentielle, il dévoile peu à peu des intentions malveillantes vis-à-vis de ceux qui ont osé défier le repos des morts et le ramener à la vie.  


Réflexion sur le deuil, Simetierre est un roman d’épouvante si dérangeant que King lui-même dit avoir longtemps hésité à le faire publier, le considérant comme son roman le plus effrayant.


L’idée du scénario lui vient en 1979, alors qu’il enseigne pendant un an à l’université du Maine et que son chat Smucky se fait renverser par une voiture. Il l’enterre alors dans un cimetière pour animaux situé à proximité, mais se demande ce qu’il se passerait si son compagnon revenait à la vie.  


Simetierre est adapté par deux fois au cinéma, les deux films en question reprenant simplement comme titre celui de l’ouvrage. Réalisé par l’Américaine Mary Lambert (née en 1951) et scénarisé par Stephen King lui-même, le premier sort en 1989 et reçoit un accueil mitigé. Quant au second, il voit le jour en 2019 et est réalisé par deux Américains, Kevin Kölsch et Dennis Widmyer. Mieux accueillie par la critique, cette nouvelle version présente un certain intérêt même pour les lecteurs qui connaissent parfaitement l’œuvre, car certains passages clés sont modifiés pour mieux surprendre.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : Le chat dans la littérature
  2. Page 2 : « Le Chat botté », de Charles Perrault (1695)
  3. Page 3 : Murr dans « Le chat Murr », d'Ernst Theodor Amadeus Hoffmann (1819 & 1821)
  4. Page 4 : Micetto dans « Les Mémoires d’outre-tombe », de François-René de Chateaubriand (1841)
  5. Page 5 : « Le Chat noir », d'Edgar Allan Poe (1843)
  6. Page 6 : Le chat du Cheshire dans « Les Aventures d’Alice aux pays des merveilles », de Lewis Caroll (1865)
  7. Page 7 : Saha dans « La Chatte », de Colette (1904)
  8. Page 8 : Le chat anonyme dans « Je suis un chat », de Natsume Sōseki (1905-1906)
  9. Page 9 : « Le chat chapeauté », de Dr Seuss (1957)
  10. Page 10 : Béhémot dans « Le Maître et Marguerite », de Mikhaïl Boulgakov (1966)
  11. Page 11 : Koko et Yom-Yom dans la série « Le chat qui… », de Lilian Jackson Braun (1967 à 2007)
  12. Page 12 : Moune dans « L'histoire édifiante et véridique du chat Moune », de Philippe Ragueneau (1981)
  13. Page 13 : Church dans « Simetierre », de Stephen King (1983)
  14. Page 14 : Piste-fouet dans « La Légende du noble chat Piste-fouet », de Tad Williams (1987)
  15. Page 15 : Pattenrond et Miss Teigne dans « Harry Potter », de J.K. Rowling (1997 à 2007)
  16. Page 16 : Chibi dans « Le chat qui venait du ciel », de Takashi Hiraide (2001)
  17. Page 17 : Mimi, Otsuka et les autres chats dans « Kafka sur le rivage », de Haruki Murakami (2002)
  18. Page 18 : Le chat noir dans « Coraline », de Neil Gaiman (2002)
  19. Page 19 : Cabbage dans « Et si les chats disparaissaient du monde… », de Genki Kawamura (2012)
  20. Page 20 : Nana dans « Les mémoires d’un chat », d’Hiro Arikawa (2017)
  21. Page 21 : Bastet dans « Demain les chats », de Bernard Werber (2016)