
Très réputé dans son pays, le poète japonais Takashi Hiraide (né en 1950) publie en 2001 un premier roman : Le Chat qui venait du ciel (Neko no Kyaku, en version originale). Celui-ci raconte l’histoire simple mais touchante d’un couple marié d’une quarantaine d’années, qui emménage à Tokyo dans une vieille demeure entourée d’un immense jardin. Ils découvrent dans ce dernier un magnifique chat ne semblant appartenir à personne et qu’ils baptisent Chibi.
C’est un animal sans dieu ni maître, mais il vient fréquemment les voir et fait preuve d’une intelligence ainsi que d’une sensibilité bien supérieure à ce que l’on peut attendre d’un chat. À travers ses interactions avec lui, le couple apprend à apprécier son quotidien différemment et à profiter du moment présent.
Aussi bien poète que romancier, Takashi Hiraide se sert de ce personnage félin pour souligner le caractère éphémère du bonheur. Comme les visites de ce chat, celui-ci ne peut durer qu’un temps et doit donc être apprécié pour sa fugacité.
L’auteur s’intéresse également à l’impact durable que certaines rencontres temporaires peuvent avoir dans une vie. À l’inverse, il aborde aussi le thème de la solitude, à travers ce couple isolé qui justement s’ouvre à nouveau au reste du monde grâce à cette rencontre.
Enfin, le petit félin permet aussi à Takashi Hiraide d’évoquer un autre thème fréquent de la littérature japonaise : le rapport entre l’Homme et la nature, qui est particulièrement présent dans la littérature japonaise.
Le succès est au rendez-vous : Le chat qui venait du ciel devient rapidement un best-seller international. L’écrivain japonais Kenzaburo Oe (1935-2023), prix Nobel de littérature, dit d’ailleurs de Hiraide que son travail est « une expérience ayant donné naissance à un nouveau genre de prose dans la poésie ».