Autres proverbes français avec un chat

Le français regorge de proverbes avec un chat. Certains sont bien connus et documentés, tandis que d’autres sont plus rares et leur signification même est incertaine.


Il est probable que ces derniers aient été davantage utilisés par le passé, mais de nos jours ils ne sont pas évoqués dans les ouvrages de référence que sont le Dictionnaire de l’Académie française, le Trésor de la Langue Française (TLF) et Le Petit Robert. Autrement dit, ils semblent presque tombés dans l’oubli.


Certains figurent sur plusieurs sites spécialisés consacrés aux chats et/ou aux proverbes, mais sans références précises, et parfois même sans définition. Ils pourraient néanmoins avoir été couramment employés à un moment donné.

À chat lécheur bat-on souvent la gueule


Ce proverbe apparaît dans un manuscrit anonyme du 13ème siècle intitulé Anciens proverbes. De nos jours, on dirait plutôt « À chat lécheur on bat souvent la gueule », mais une telle inversion du sujet était courante en ancien français.


Il signifiait peut-être qu’on battait souvent les chats qui léchaient trop, leurs marques d’affection étant perçues comme hypocrites. Le cas échéant, on peut y voir une métaphore signifiant que les flatteurs finissent toujours par agacer.


À tard se repend le rat quand par le col le tient le chat


Cité en 1568 par le lexicographe français Gabriel Meurier (1520-1610) dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, ce proverbe signifie sans doute qu’il est trop tard pour se repentir quand on s’est déjà fait prendre ou qu’on est sur le point de l’être.


Aux vilains matous les belles chattes


Relevé par plusieurs sites internet traitant des chats ou des proverbes, ce proverbe signifie sans doute que les mauvais garçons attirent les jolies femmes.


Belle femme doit avoir qui de par soi aime le chat


Ce proverbe est relevé dans Proverbium vulgarium libri très, un ouvrage publié en 1531 dont l’auteur est le philosophe et mathématicien français Charles de Bovelles (1479-1553). Ce dernier ne précise toutefois pas sa signification, qui demeure un mystère.


Bien sait le chat quelle barbe il lèche


Ce proverbe apparaît dans un manuscrit anonyme du 13ème siècle intitulé Anciens proverbes. Il est sans doute à rapprocher de « À chat lécheur bat-on souvent la gueule », mentionné dans le même ouvrage. Les marques d’affection du chat y représentent certainement la flatterie. On l’employait donc sans doute pour signifier que les flatteurs savent choisir avec discernement les personnes qu’ils veulent amadouer.


Caresses de chat donnent de puces


Dans ce proverbe relevé par plusieurs sites internet spécialisés, les caresses représentent la flatterie, et les puces les intentions cachées du flatteur. Il signifie donc qu’il faut se méfier des personnes qui nous prêtent une attention excessive.


Chat et chaton chassent le raton


Ce proverbe est cité par Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, paru en 1568. Sa signification semble très proche de « Qui naquit chat court après les souris », employé pour signifier qu’on ne peut lutter contre sa véritable nature et que les inclinations innées finissent toujours par revenir.


Chat miauleur ne fut oncques bon chasseur, non plus que sage homme grand caqueteur


Ce proverbe exceptionnellement long est également relevé par Gabriel Meurier en 1568 dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs. Il signifie vraisemblablement que, pour parvenir à ses fins, il est préférable de se montrer discret et de taire ses intentions. « Oncques » est un mot qu’on employait autrefois dans le sens de « jamais ».


Chat qui a accoutumé de prendre des souris ne s’en peut tenir


Ce proverbe est cité dans les Curiositez françoises compilées par le linguiste français Antoine Oudin (1595-1653) et publiées en 1640. Ce dernier y explique qu’il signifie qu’« un méchant qui a pris une mauvaise habitude la quitte difficilement ». On peut donc le rapprocher dans son sens de « On ne saurait retenir le chat quand il a goûté à la crème ».


Celui a bon gage du chat qui en tient la peau


Ce proverbe est relevé dans A Dictionarie of the French and English Tongues, un ouvrage publié en 1611 dont l’auteur est le lexicographe anglais Randle Cotgrave (né au 16ème siècle et mort en 1634). Celui-ci le traduit de la façon suivante : « He’s sure of a cat that hath her skin ». De nos jours, on dirait donc plutôt « Celui qui tient la peau du chat en a bon gage », ou « bonne garantie ». Par conséquent, il signifie potentiellement qu’on ne peut être sûr des choses que quand on les a vraiment sous la main.


De la maison du chat n’est jamais saoul le rat


Ce proverbe est relevé en 1568 par Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs. Il faut sans doute entendre « de » dans le sens de « dans » : « Dans la maison du chat n’est jamais saoul le rat ».


Il signifiait probablement qu’en présence d’un maître vigilant, l’ordre est maintenu : les profiteurs ou voleurs ne peuvent opérer tranquillement. Il serait alors à rapprocher du plus célèbre « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».


Folie est d’accepter chat en sac


Ce proverbe est relevé dans un recueil anonyme daté du 16ème siècle et intitulé Adages françois. De nos jours, on dirait plutôt « Il serait fou d’acheter un chat dans un sac », c'est-à-dire sans l’avoir vu.


Il signifiait donc qu’il ne faut pas conclure un marché sans bien connaître l’objet que l’on envisage d’acquérir. Il est à rapprocher de l’expression « acheter chat en poche », qui désigne justement le fait d’acheter un bien sans l’avoir vu au préalable : le mot « poche » doit ici être pris dans le sens de « sac », qu’il a d’ailleurs conservé dans certaines régions du sud-ouest de la France.


Il ne faut pas jouer avec les chats


Ce proverbe apparaît dans les Curiositez françoises d’Antoine Oudin, parues en 1640. Ce dernier l’explique ainsi : « il ne faut pas se jouer, ou familiariser avec ceux qui nous peuvent faire du mal ».


Là où chat n’est souris y révèle


Ce proverbe est relevé dans un manuscrit anonyme du 13ème siècle intitulé Anciens proverbes. De nos jours, on dirait quelque chose comme « là où il n’y a pas de chat, la souris se manifeste ou se montre ».


On peut donc voir là l’ancêtre, un peu moins festif, du célèbre proverbe « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». Ce dernier signifie que, en l’absence de la personne qui incarne l’autorité, les subordonnés en profitent pour transgresser joyeusement les règles.


Le chat a faim quand il ronge pain


Ce proverbe est listé dans un recueil anonyme daté du 15ème siècle et intitulé Les Proverbes communs. Son sens est obscur, mais peut-être est-il tout simplement le même que celui de « Faute de grives, on mange des merles », qui signifie qu’il faut se contenter de ce qu’on a.


Le chat aime manger le poisson, mais pas le pêcher


Ce proverbe est relevé par plusieurs sites internet traitant des chats ou des proverbes, et utilisé pour décrire – voire dénoncer – le comportement des personnes profiteuses.


Le chien commande au chat, et le chat commande à sa queue


Ce proverbe apparaît dans les Curiositez françoises (1640) d’Antoine Oudin, qui y explique que « le maître commande au valet, & le valet commande à un autre, au lieu de le faire lui-même ».


On l’utilisait donc sans doute pour évoquer les personnes qui ont tendance à se débarrasser de certaines tâches en les confiant à quelqu’un d’autre.


Les chiens ne font pas des chats


Ce proverbe populaire est sans doute assez récent, puisque sa première apparition écrite connue figure dans un essai intitulé De l’unité spirituelle (1841), du philosophe et sociologue français Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880). 


Il signifie qu’on hérite des qualités ainsi que des défauts de ses parents, et plus généralement de leurs caractéristiques.


Les rats se promènent à l’aise là où il n’y a point de chats


Ce proverbe est relevé en 1611 par Randle Cotgrave dans A Dictionarie of the French and English Tongues, et semble être un des prédécesseurs du plus actuel « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ».

Ce dernier signifie qu’en l’absence de la personne qui incarne l’autorité, les subordonnés en profitent pour transgresser gaiement les règles.


Mieux vaut nourrir son chat que de nourrir le rat


Ce proverbe est relevé par plusieurs sites internet traitant des chats ou des proverbes. Il signifie sans doute qu’il faut parfois savoir dépenser à bon escient pour éviter des dommages occasionnant des dépenses plus coûteuses. On peut le rapprocher de « Qui ne nourrit pas le chat nourrit le rat ».


Occasion trouve qui son chat bat


Listé dans une collection de proverbes anonyme datée du 15ème siècle et intitulée Les Proverbes communs, cette affirmation est construite sur une inversion du sujet typique de l’ancien français. De nos jours, on dirait plutôt « Qui son chat bat trouve occasion », ou même « Qui veut battre son chat trouve une bonne occasion de le faire ».


On peut ainsi le rapprocher du proverbe « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », employé pour signifier que, quand on veut nuire à quelqu’un, on trouve toujours un bon prétexte pour le faire.


On ne doit pas enseigner à son chat à soriser


Ce proverbe est relevé par Gabriel Meurier en 1568 dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs. Émile Littré (1801-1881) le cite également dans son célèbre Dictionnaire de la langue française, paru en 1873 et 1874. Il prend soin de préciser le sens qu’il faut attribuer au verbe « soriser », à savoir « chasser au souris ».


Tout comme « Qui naquit chat court après les souris » ou « Bon chien chasse de race », il pourrait donc s’agir d’un proverbe s’appuyant sur l’image de l’instinct de chasse pour évoquer le fait que certaines choses sont innées, du fait de l’hérédité.


Quand le chat est hors la maison, souris et rats ont leur saison


Ce proverbe est mentionné dans Le Livre des proverbes français, un ouvrage de l’historien français Antoine Le Roux de Lincy (1806-1869) publié en 1842. Il faut sans doute entendre ici « saison » dans le sens de « moment favorable ».


Tant en termes d’image sur laquelle il s’appuie que de sens, ce proverbe serait donc à rapprocher du plus célèbre « Quand le chat n’est pas là, les souris dansent ». Ce dernier signifie qu’en l’absence de la personne qui incarne l’autorité, les subordonnés en profitent pour transgresser joyeusement les règles. 


Qui ne nourrit pas le chat nourrit le rat


Ce proverbe est relevé par plusieurs sites spécialisés dans les proverbes. Sa signification est sans doute qu’en voulant s'épargner une dépense, on risque parfois un dommage plus grand.


Qui ne rit point a nature du chat


Mentionné par Antoine Le Roux de Lincy dans Le Livre des proverbes français (1842), ce proverbe semble tout simplement assimiler le caractère des personnes sérieuses, qui ne rient pas, à celui des chats.


Qui perd un chien et recouvre un chat, c’est toujours une bête à quatre pieds


Ce proverbe est cité par Antoine Oudin cite dans son recueil Curiositez françoises, publié en 1640. Celui-ci explique qu’on l’emploie pour signifier que celui qui perd une chose et en obtient une autre qui la remplace n’est pas affecté par la disparition de la première.


Qui vit comme chat et chien jamais n’a repos ni bien


Ce proverbe est relevé par Antoine Le Roux de Lincy dans Le Livre des proverbes français, publié en 1842. Il joue sur la classique opposition entre chien et chat, que l’on retrouve dans plusieurs proverbes (notamment « Les chiens ne font pas des chats ») et expressions (par exemple « s’entendre comme chien et chat »). Il signifie sans doute que vivre sans cesse dans la conflictualité ne peut que conduire au malheur.


Si les chats gardent les chèvres, qui attrapera les souris ?


Relevé par plusieurs sites spécialisés, ce proverbe signifie que chacun a vocation à occuper une place spécifique dans la société.


On peut le rapprocher dans son sens d’un propos formulé par le fabuliste français Jean-Pierre Claris de Florian (1755-1794) dans sa fable « Le Vacher et le Garde-chasse », qui figure dans son recueil Fables paru en 1792 : « Chacun son métier / Les vaches seront bien gardées ». Celle-ci est depuis largement rentré dans l’usage courant.


Si ton chat est larron ne le chasse de ta maison


Ce proverbe est relevé en 1568 par Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs. Il n’en donne pas la signification, mais cette dernière est sans doute qu’il faut savoir supporter les défauts mineurs des individus de notre entourage, surtout si ceux-ci sont inhérents à leur nature et n’éclipsent pas leurs qualités. Il pourrait autrement être une invitation à ne pas agir sous le coup de la colère, à bien peser le pour et le contre avant de prendre une décision.


Si un chat boit se veut il boire à son aise


Ce proverbe est mentionné en 1842 par Antoine Le Roux de Lincy dans Le Livre des proverbes français. En français contemporain, il serait plutôt formulé ainsi : « Si un chat boit, il veut boire à son aise ».


Il signifie sans doute qu’il faut laisser les autres faire tranquillement ce qu’ils ont à faire, en particulier lorsqu’il s’agit d’un besoin naturel ou d’une activité qui nécessite du calme.


Tant dort le chat qu’il se réveille


Ce proverbe est mentionné dans A Dictionarie of the French and English Tongues, un dictionnaire écrit par Randle Cotgrave et publié en 1611. Ce dernier le commente ainsi : « appliable to any thing which after long suppression bursteth out », c'est-à-dire « applicable à toute chose qui éclate après une longue période de suspens ». Sa signification est donc assez proche de celle du proverbe « Il ne faut pas réveiller le chat qui dort ».


Toute chatte a son février


Évoquant ce proverbe dans A Dictionarie of the French and English Tongues (1611), Randle Cotgrave le rapproche de son équivalent anglais « Every dog has his day », c'est-à-dire « tout chien connaît son grand moment ».


Il précise qu’il signifie plus précisément que toute femme connaît son moment d’excitation ou de désir (par rapprochement, sans doute, avec la période de chaleur des chattes).


Un chat de trois mailles s’avise


Pour bien comprendre ce proverbe, relevé en 1842 par Antoine Le Roux de Lincy dans Le Livre des proverbes français, il faut savoir que la maille était au Moyen Âge une monnaie de très petite valeur. Il faut donc certainement comprendre que même un individu de peu de valeur ou d’expérience finit avec le temps par s’aviser, c'est-à-dire devenir rusé et prudent.


Un petit chat apprend bien à pisser


Ce proverbe est relevé par plusieurs sites spécialisés dans les proverbes. Il signifie qu’on apprend rapidement à faire ce qui est naturel ou instinctif, ou qu’on apprend rapidement ce qu’il faut faire dans certaines situations.


Un viel chat ne se joue pas volontiers à son esteuf


Ce proverbe apparaît dans un recueil anonyme daté du 16ème siècle et intitulé Adages françois. Pour le comprendre, il faut savoir qu’un esteuf (ou eteuf) était une petite balle utilisée pour le jeu de longue paume. Il signifie donc sans doute qu’en vieillissant, on devient moins joueur.

Dernière modification : 05/08/2026

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