À vieux chat jeune souris

« À vieux chat jeune souris » est un proverbe qu’on emploie pour signifier que les hommes âgés apprécient la compagnie des femmes jeunes.

 

Il existe depuis au moins le début du 19ème siècle, puisqu’il est cité dans un ouvrage publié en 1808 par Charles-Louis d’Hautel (né en 1780) et intitulé Dictionnaire du bas-langage, ou Des manières de parler usitées parmi le peuple. Celui-ci précise qu’il « signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer ».

 

Autant dire qu’il y a dans ce proverbe un peu de grivoiserie et beaucoup d’ironie. La métaphore joue sur une image du chat très présente dans les proverbes, expressions et autres récits populaires : celle du chasseur rusé et impitoyable. Il faut dire que, jusqu’au 19ème siècle environ, la capacité des représentants de la gent féline à éliminer les nuisibles constituait leur principal intérêt aux yeux des humains. Ils n’étaient pas encore considérés pour eux-mêmes et vus comme des animaux de compagnie, mais simplement comme des créatures susceptibles de se rendre utiles.

 

« À vieux chat jeune souris » s’appuie aussi sur l’éternelle analogie entre la chasse (humaine ou féline) et le jeu de séduction. Le « vieux chat » représente l’homme d’âge mûr, éventuellement moins ardent, tandis que la « jeune souris » symbolise la femme jeune, innocente ou fraîche. L’ironie est double : d’une part, le chasseur (ou séducteur) est défini non plus par sa force ou sa ruse seule, mais par son appétit spécifique pour une proie jeune ; d’autre part, le proverbe suggère avec un cynisme amusé que le vieillard a besoin de cette jeunesse pour se « ranimer », comme l’explique sans détour d’Hauteul.

 

Le côté ironique du propos est d’ailleurs mis en valeur par un jeu d’oppositions (« vieux » / « jeune » d’une part, « chat » / « souris » d’autre part) : ce procédé tout à fait typique des proverbes renforce et souligne le caractère binaire de l’affirmation.

 

En somme, derrière l’apparente légèreté de ce proverbe se cache une vision assez cynique des relations humaines, où le prédateur vieillissant cherche dans la proie la plus tendre le remède à son propre déclin.

Dernière modification : 05/08/2026

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