
Compte tenu de leur petite taille et de leur apparence de petites peluches toutes mignonnes, on a souvent tendance à croire qu'ils sont peu dangereux, voire inoffensifs. C'est toutefois loin d'être vrai : ils peuvent mordre ou griffer, pour toutes sortes de raisons - avec un risque bien réel de blessure.
Que ces griffures soient occasionnelles ou habituelles, il est utile de comprendre pourquoi un chat griffe, et surtout de savoir comment réagir si une griffure se produit, car il existe des risques réels pour la santé.
Voici les principales raisons pouvant pousser un chat à griffer une personne de son entourage, et comment s'y prendre pour nettoyer la blessure en question.
Même si en général les chats domestiques sont des animaux pacifiques qui préfèrent la fuite à l'attaque, ils peuvent dans certains cas griffer une personne.
Il y a diverses raisons qui peuvent conduire un chat à griffer, les principales étant :
la peur, par exemple chez le vétérinaire ou si un inconnu tente de le manipuler ; s’il se sent en danger et pris au piège, dans l’incapacité de fuir, il se met à se défendre – rien que de très normal, en somme. Or, un coup de griffes bien senti est précisément un excellent moyen de se défendre ;
la douleur, du fait d'une blessure ou d'une maladie : il peut alors griffer par réflexe, pour qu'on le laisse tranquille. Il faut donc le manipuler avec précaution si on pense qu'il a un problème de santé ;
l'inconfort : un chat n'aime généralement pas être touché au niveau du ventre, des pattes ou de la queue, car ce sont des zones sensibles pour lui. Si cela arrive, il peut dans un premier temps chercher à se dégager et/ou s'éloigner : si toutefois cela ne suffit pas, ou s'il est naturellement peu patient, il risque alors de donner un coup de griffe pour faire comprendre qu'il veut qu'on le laisse tranquille.
Il existe d'autres causes expliquant qu'un chat se montre agressif, mais celles-ci sont les principales.
Enfin, il existe des cas- rares - où le chat peut soudainement devenir extrêmement agressif sans raison apparente : c'est ce qu'on appelle le syndrome du tigre. Les coups de griffes et de dents ont alors des chances de pleuvoir...
Si une griffure de chat reste globalement moins dangereuse qu'une morsure de chien, elle n'est pas sans danger pour autant.
Tout d'abord, les griffes d'un chat sont très acérées : elles peuvent facilement léser la peau et même causer un saignement. Normalement, une hémorragie grave est peu probable, mais il existe en revanche un risque d'infection, qui lui est d'autant plus sévère que la plaie s'avère profonde.
La griffure peut même abîmer sévèrement voire crever un oeil. Ce sont surtout les jeunes enfants qui sont concernés, car leur visage est à portée d'un coup de patte du chat, mais même un adulte peut être touché.
Enfin, il existe un risque de transmission de maladies par le biais d'une griffure, en particulier :
Si elles ne sont pas liées à la douleur, il est souvent possible de détecter des signes annonciateurs des griffures de chat.
En effet, même s’il est forcé, contraint ou se sent dérangé, un chat ne griffe généralement pas d’emblée. Il essaye d’abord de faire comprendre par son attitude à l’importun (qu’il s’agisse d’un humain, d’un congénère ou d’un autre animal) qu’il y a un problème, et qu’il faut cesser. Il est important de savoir reconnaître ces signaux, car le langage corporel du chat est le seul moyen dont il dispose pour s’exprimer – d’ailleurs, ses congénères, eux, le comprennent parfaitement.
Ainsi, les pupilles dilatées, la queue qui remue, les oreilles en arrière, un feulement ou un coup de patte (sans sortir les griffes) sont autant de manifestations qu’il faut interpréter comme des signaux d’agacement et/ou des avertissements. S’ils sont ignorés, l’étape suivante est l’agressivité à proprement parler : le chat griffe ou mord pour signifier qu’il veut qu’on le laisse tranquille.
Les chats ont des personnalités et des caractères différents : certains sont plus patients ou moins craintifs que d’autres, si bien qu’il faut davantage les pousser dans leurs retranchements pour déclencher une réaction agressive et potentiellement une griffure. Ainsi, on peut difficilement établir dans l’absolu des races de chat agressives et d’autres qui ne le seraient pas, car tout dépend avant tout de l’individu et de son vécu. Par conséquent, il revient certes à chaque maître d’essayer de façonner la personnalité de son compagnon en particulier dès son plus jeune âge, mais aussi de bien cerner sa personnalité afin d’interagir avec lui de manière adéquate.
Il n’en reste pas moins que même le plus placide des chats demeure un félin : pour lui, griffer est un comportement instinctif dans certaines situations. On ne peut pas attendre d’un chat qu’il aille à l’encontre de sa nature profonde.
Il faut cependant noter que, quelle que soit sa race, chat qui n’a pas été totalement sevré par sa mère est plus fragile émotionnellement, si bien que son seuil de tolérance face à ce qu’il considère comme une agression (et qui exige donc une réponse du même acabit) a des chances d’être plus faible. En effet, une maman chat apprend à ses petits les autocontrôles, c’est-à-dire la maîtrise et la modération de l’intensité de ses morsures et de ses griffures. Il est donc primordial de respecter la réglementation concernant l’âge minimum auquel un chaton peut être cédé – et donc séparé de sa mère. Il est le plus souvent fixé à l’âge de 8 semaines – c’est le cas notamment en France, en Belgique, en Suisse ou encore au Québec. Néanmoins, mieux vaut dans l’idéal d’attendre trois mois, afin que le sevrage du chaton et son éducation soient vraiment terminés lorsqu’il est séparé de sa mère.
Même si elle est superficielle et/ou isolée, toute griffure doit être soignée rapidement, surtout si le chat qui en est à l’origine est inconnu et/ou que la personne griffée est fragile (enfant en bas âge, personne âgée ou déjà malade, etc.). En effet, les griffes des chats sont porteuses de germes, bactéries et éventuellement champignons qui peuvent provoquer des infections voire des maladies graves comme la pasteurellose, la lymphoréticulose bénigne d’inoculation (maladie des griffes du chat) ou encore la sporotrichose (principalement dans les zones tropicales).
Il faut donc sans attendre laver la plaie avec de l’eau savonneuse, puis la désinfecter avec un antiseptique (type Bétadine), et si nécessaire mettre un pansement ou gaze pendant quelques jours afin de la protéger.
En général, les griffures de chat guérissent spontanément, aucune infection ne se déclare et aucun médicament n’est utile. Si la plaie n’est pas profonde, il n’est pas forcément obligatoire de consulter un médecin, à moins qu’elle ne se situe sur une muqueuse ou près de l’œil. Dans ces deux cas, mieux vaut de toute façon consulter un docteur rapidement.
Il est important de nettoyer et désinfecter quotidiennement la plaie et de surveiller qu’aucun autre symptôme n’apparaisse. Si elle est superficielle, un nettoyage et un changement de pansement pendant deux ou trois jours suffisent. En revanche, si elle est profonde et qu’elle a été suturée, il est nécessaire de continuer les soins pendant une dizaine de jours.
La période d’incubation pour la pasteurellose et la lymphoréticulose bénigne d’inoculation est de quelques jours à trois semaines, tandis que la sporotrichose peut se développer jusqu’à trois mois après la blessure. En cas de rougeur ou de boursouflure au niveau de la plaie, de fièvre (même légère), de fatigue ou encore de perte d’appétit, il est impératif de consulter le médecin traitant.
Si une maladie infectieuse se déclare après la griffure, le médecin met en place un traitement spécifique. Par exemple, en cas de maladie des griffes du chat ou de pasteurellose, il prescrit des antibiotiques, tandis qu’en cas de sporotrichose, c’est un traitement antifongique qui s’impose.
Dernière recommandation importante, qui vaut en cas de griffure de chat mais aussi de manière générale : vérifiez que votre carnet de vaccination est à jour concernant le vaccin antitétanique (vaccin contre le tétanos). Un rappel tous les vingt ans est recommandé pour les adultes entre 25 et 65 ans, puis un rappel tous les ans au-delà de 65 ans. Si vous n’êtes pas à jour dans vos vaccins, il est recommandé de consulter votre médecin afin d’y remédier.
Il est en revanche nécessaire de lui faire comprendre que vous n’êtes pas une souris ou un objet avec lequel il peut jouer, et donc qu’il ne doit pas vous griffer. Cela suppose notamment de ne pas l’habituer à jouer avec votre main : ceci peut être très amusant et indolore lorsque c’est encore un chaton, mais le jour où il sera devenu adulte, il risque de vous faire vraiment mal. Pour éviter que votre chat ne soit enclin à prendre votre main pour un jouet, il est important de lui procurer des objets avec lesquels il peut jouer et se défouler. L’idéal est bien sûr des jouets avec lesquels il peut s’amuser tout seul, comme une balle ou une souris jouet. Mais si vous prévoyez aussi des jouets permettant aux humains de le stimuler, privilégiez des objets préservant une certaine distance avec la main, comme par exemple une canne à chat. Il pourra ainsi griffer et mordre à son aise sans risquer de vous blesser : tout le monde y gagne !
En cas de griffure, et quelle que soit sa gravité, il n’est pas pertinent de chercher à punir le chat, par exemple en lui donnant une fessée ou un coup de journal. Il a en effet été prouvé que la punition ne fonctionne pas avec un chat, car il ne comprend pas la relation de cause à effet. Pire, elle ne fait que renforcer son anxiété et son stress, avec donc le risque d’entrer dans un cercle vicieux d’agressivité.
Un chat qui griffe n’est pas « fou » : il y a obligatoirement une raison sous-jacente. Il faut apprendre à reconnaitre les signaux permettant de l’identifier et dès lors agir en conséquence. A l’instar des chiens auteurs de morsures, de trop nombreux chats sont chaque année abandonnés ou euthanasiés car les propriétaires les pensent fous ou trop agressifs suite à une griffure, alors qu’ils ont simplement exprimé un mal-être. La seule réponse adaptée est de décrypter ce dernier afin de remédier au problème à la source et que l’animal se sente de nouveau heureux et en sécurité.
Pour ce faire, l’aide d’un comportementaliste félin professionnel peut s’avérer des plus précieuses, puisque cet expert de la psychologique des chats sait interpréter et expliquer les agissements de l’animal. En effet, il n’est pas toujours facile pour le maître de comprendre pourquoi son gentil matou se montre agressif soudainement ou de manière chronique.
Cela dit, la première personne vers qui il convient de se tourner est le vétérinaire, afin d’écarter toute cause médicale. Une fois qu’il est établi que ce n’est pas à ce niveau que se situe le problème, il est utile de consulter un comportementaliste pour chats. En observant l’animal et en vous posant diverses questions, ce dernier analyse le comportement de votre chat ainsi que vos réactions, et vous guide dans l’attitude à adopter afin que le problème de griffure ne se reproduise pas. Une consultation pour un cas de griffure dure généralement de 1h à 1h30 et se déroule de préférence à domicile, afin que le professionnel puisse étudier et observer le chat dans son environnement quotidien. Il faut compter en moyenne autour d’une cinquantaine d’euros de l’heure, et dans la majorité des cas une seule séance suffit à identifier le problème et y remédier.
Contrairement à ce que certaines légendes et superstitions sur les chats ont cherché à faire croire par le passé, votre petite panthère n’est pas un être diabolique qui vous veut du mal. Elle ne demande qu’à être comprise et aimée ; si elle se met à griffer, c’est sûrement en dernier recours, et pour exprimer un mal-être ponctuel ou chronique. En effet, l’agressivité envers les humains est une réaction instinctive en cas de danger ou de grosse frayeur. Dans un environnement sain et apaisé, elle n’a pas lieu d’exister.
Que les griffures soient occasionnelles ou se produisent de manière répétée, punir son chat est tout sauf une solution, car cela ne ferait vraisemblablement qu’empirer les choses. La seule réaction appropriée est de chercher à comprendre pourquoi le chat griffe, en faisant appel si besoin aux professionnels adéquats. Même si la solution ne vous semble pas évidente à première vue, ne perdez pas espoir : très souvent, le problème se règle assez rapidement, et le tigre redevient le mignon petit matou qui vous avait tant fait craquer.
En tout état de cause, ne rien faire et finir par considérer ces griffures comme « normales » est tout sauf une solution, car la situation aurait de grandes chances de se dégrader, aux dépens tant de l’animal que de son maître.