Le maître, responsable des problèmes comportementaux et de santé du chat ?

Le maître, responsable des problèmes comportementaux et de santé du chat ?

Les chats, tout comme les hommes, peuvent trouver l’origine de leurs maladies dans leur vécu, leur ressenti, leur environnement. Ainsi, le cadre de vie offert par le maître influence la santé du chat et les éventuelles maladies du chat. De façon plus générale, l’Homme joue un rôle déterminant quant à l'apparition ou la récurrence de certains troubles chez son compagnon.


Ainsi, par son comportement et ses maladies, le chat se révèle souvent être le miroir de son maître.

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L'animal et les émotions : l'éponge des frustrations humaines

Le rapprochement entre les maîtres et leur animal s’établit spontanément au sein de la famille. Dans cette relation emplie de vérité et d’authenticité, l’Homme ne peut se cacher derrière le masque social dont il se sert souvent pour communiquer avec les membres de son espèce. D’une part, l’être humain se laisse souvent beaucoup plus aller avec son animal familier que dans ses relations sociales. D’autre part, les modes de communication des animaux étant différents des nôtres, ils savent aborder et ressentir de manière très perspicace nos ressentis et sont capables de percevoir, même d’éponger, nos sentiments refoulés ou nos pensées cachées.

 

L’Homme, du fait de son vécu, son histoire et ses ressentis, développe différents maux. Mais parfois, lorsqu’il établit une relation avec un animal, c’est ce dernier qui va les exprimer.

 

D'une certaine façon, nous construisons nos relations avec nos animaux dans le but de pallier la satisfaction de nos plaisirs, de nos besoins et de notre narcissisme. Par sa présence et son affection, l'animal est présent pour nous aider à gérer nos difficultés, nos échecs et éponger notre stress. Il devient le fusible des états émotionnels de l'Homme, celui qui va accumuler toutes ses frustrations pendant que le maître s'en déleste. L'animal en devient humain aux yeux de son maître, qui lui associe le rôle de confident.

 

Si l'animal est trop sollicité psychologiquement par son maître, il peut développer des comportements adaptatifs gênants et des psychosomatisations. L’animal, véritable éponge des ressentis humains, est susceptible de répondre par la maladie aux troubles de son maître. 

 

Pourtant, lorsqu’il vit dans son habitat naturel, l’animal (dont on qualifie souvent l’intelligence d’inférieure, lorsqu’elle n’est pas tout bonnement niée) est moins enclin que l’être humain à dévier du chemin de la santé. Mais, au contact de l’homme, lorsqu’une relation est tissée, son environnement se complexifie, car il intègre les conflits et ressentis humains. Les angoisses, les carences, les blessures, les émotions de l’Homme en général, qu’elles soient exprimées de manière expansive ou au contraire refoulées, deviennent partie intégrante de son environnement. Le phénomène de déplacement peut alors opérer, augmentant les facteurs de risques de somatisation de l’animal. S’ajoute à ça, tous les non-respects, par les maîtres, des spécificités de la nature de l’animal.

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Lorsque les besoins de l'animal ne sont pas respectés

Le maître augmente également les risques de somatisation de son animal en ne respectant pas ses besoins éthologiques, par ignorance ou tout simplement parce qu’il ne peut agir autrement au vu de son histoire. Par exemple, le chien a besoin de hiérarchie pour s'épanouir. Il est donc nécessaire d'établir une hiérarchie au sein de la famille pour que ses rapports avec le chef et les autres membres de la famille soient clairs. Sans hiérarchie, le chien peut développer des troubles du comportement gênants, comme par exemple un comportement destructeur (notamment à l'encontre du mobilier). Malheureusement, du fait de son expérience de vie, le propriétaire peut dans certains cas être incapable de montrer à son chien qui est le maître.

 

Par ailleurs, un maître ne respectant pas les besoins de l'animal, comme celui d'être suffisamment stimulé, engendre de l'angoisse chez ce dernier.

 

Malheureusement, le maître n'est pas toujours conscient d'être la cause de certains problèmes comportementaux chez son compagnon. De fait, s'il ne comprend pas le langage de l'animal, il sera incapable de s'apercevoir des besoins de celui-ci.
Parfois, il en est conscient, mais est incapable de les résoudre.

 

Malgré les progrès de la psychologie animale, malgré la multiplication des comportementalistes canins et comportementalistes félins, malgré encore la diffusion accrue du savoir via les nouvelles technologies, trop d'animaux de compagnie continuent d'être victimes de l'anthropomorphisme de l'Homme. Ils se retrouvent alors en conflit avec un milieu humain qui ne les comprend pas toujours, et ne les respecte pas en fonction de leurs besoins et des critères relatifs à leur espèce. Ce non-respect génère des frustrations chez l’animal, qui devient sujet au développement de pathologies psychosomatiques.

La sensibilité du chien et du chat

Il serait évidemment exagéré de considérer toutes les maladies du chien et maladies du chat comme des déplacements des troubles de l’Homme à son compagnon.

 

Cependant, il est bon d’être vigilant lorsque la maladie a un caractère « anormal », par exemple en cas de récidives, lorsqu'elle apparaît de façon précoce compte tenu de l’âge de l’animal, ou encore lorsqu'elle revêt un caractère exceptionnel pour l'espèce. Dans de tels cas de figure, la recherche des causes de la maladie ne soit pas hésiter à s'orienter vers l’environnement humain dans lequel l'animal évolue. Car si tous les animaux familiers ne somatisent pas les troubles de leur maître, la sensibilité de l’animal et un environnement favorable à une grande proximité prédisposent aux déplacements des maux de l’homme à son animal.

 

Souvent, l’attitude de l’humain est, pour tenter de soigner la maladie de son compagnon, de se concentrer sur les symptômes en faisant abstraction de l'environnement. Or, pour l’animal tout comme pour l’Homme, il est nécessaire de considérer le vécu de l’individu afin de remédier durablement à ses symptômes. L’environnement dans lequel il vit, la relation avec ses maîtres ou encore les ressentis de la famille sont autant d'aspects à considérer pour une prise en charge optimale des maux et maladies. Plus précisément, il est important de ne négliger aucun des deux côtés : l'Homme d'un côté, l'animal de l'autre. Pour se faire, il est nécessaire de percevoir le maître dans ses croyances, ses peurs, ses projections, ses émotions, et l’animal, en plus de ses symptômes et de son langage non verbal, dans ses besoins, ses codes de comportement et les modes de communication relatifs à son espèce.

Le comportementaliste, psychologue des animaux

Les comportementalistes sont des professionnels spécialistes de la relation de l’homme à son compagnon. Ces conseillers en relations inter-spécifiques (c'est-à-dire entre espèces) appréhendent les comportements de l’animal de manière systémique, c’est-à-dire en analysant le sujet dans sa globalité, en prenant en considération les maîtres et l’environnement. Un environnement frustrant (du moins selon les critères éthologiques de l'animal) peut conduire ce dernier à développer des maladies et des comportements adaptatifs indésirables pour l’homme... voire pour lui-même.

 

Agir sur l’environnement permet alors une réadaptation des comportements et une résorption des symptômes de l’animal. C’est justement ce en quoi consiste l’intervention du comportementaliste animalier, son domaine de travail étant la cause, et non la conséquence.

 

Pour autant, le comportementaliste n’est pas un concurrent du vétérinaire. Il n’a pas les mêmes connaissances. Tout comme le psychologue ne peut réparer une jambe cassée, un comportementaliste ne peut en aucun cas se substituer au vétérinaire quand une intervention médicale est nécessaire à la santé de l’animal.

 

Autrement dit, l’activité du comportementaliste pour animaux est complémentaire de celle du vétérinaire. Exactement comme il peut être utile à l’être humain, en plus d’être suivi médicalement, de se tourner vers un professionnel capable de s’occuper de l’origine psychosomatique de sa maladie, il peut être bénéfique à l’animal familier de recevoir, en plus des soins apportés par un vétérinaire, le regard d’un comportementaliste. Ceci permettra que ses symptômes soient pris en charge de manière optimale, grâce à l’apport de deux approches différentes et complémentaires.

 

Les vétérinaires sont les seuls professionnels compétents et autorisés pour traiter des affections somatiques. Le comportementaliste pourra, lui, être consulté plus tard, une fois l’urgence maîtrisée et le diagnostic du vétérinaire posé. Tout est histoire de complémentarité. Une intervention du vétérinaire pour la prise en charge de la somatisation, et une intervention du comportementaliste pour la prise en charge de la relation homme-animal, permettent une double approche du symptôme, et apportent donc l’efficacité de la complémentarité des disciplines.

Quand les maux traduisent le mal-être

Il existe des maladies, chez l’animal comme chez l’Homme, dont on reconnaît volontiers l’origine psychosomatique. Ce sont les ulcères, les problèmes de peau, ou plus précisément chez l’animal, l’alopécie, les lactations nerveuses, etc. Ces conversions somatiques se caractérisent par leur permanence ou leur récurrence. Les vétérinaires ne parviennent pas toujours à soigner ces troubles, ou du moins pas de manière durable, du fait de leur origine psychique.

 

Dans ce genre de situation, il est très pertinent de faire appel à un comportementaliste, dont les diverses techniques sont applicables à ces symptômes. Ces techniques sont basées sur l’élaboration d’un diagnostic précis et sur la mise en œuvre de moyens adaptés à chaque cas. La consultation d’un vétérinaire reste néanmoins incontournable, car encore une fois, tout est affaire de complémentarité.

 

Le comportementaliste sait qu’un même symptôme n’est pas automatiquement le produit d’un même dysfonctionnement : les solutions toutes faites n’existent pas. L’origine de la somatisation peut être de l’angoisse ou de l’anxiété, des peurs ou des phobies, mais aussi des déplacements névrotiques des maîtres, des désordres relationnels, sociaux, ou tout non-respect des critères canins ou félins.

 

Une fois l’origine du symptôme trouvée, le comportementaliste met en place des mécanismes d’apprentissage, des thérapies qui réorganisent le tissu social inadapté à l’animal et qui apportent une réponse comportementale et physiologique satisfaisante. En permettant la réadaptation de l’environnement aux besoins de l’animal, il induit des changements de comportements de ce dernier mais aussi, indirectement, une amélioration de sa santé (tension, rythme cardiaque, activité du système immunitaire...).

Le mot de la fin

Le chat qui fait face à une relation ne lui convenant pas développe des comportements adaptatifs et/ou des maladies. Pour y remédier, il convient de s’occuper non pas de l'animal en lui-même, mais du problème contextuel qui est à l’origine des symptômes observés.

 

En s’occupant du maître et de ses inductions inhérentes à ses comportements, ses croyances et ses émotions, on replace le chat sur le chemin de l’harmonie. Ceci est facilité par le fait que la nature adaptative du chat lui permet de réagir aux changements, de changer en même temps que son environnement. Le comportementaliste, en guidant les maîtres vers des changements appropriés aux besoins et critères de leur chat, agit sur l’équilibre de ce dernier, et par ricochet sur ses comportements et sa santé. 

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