Punition du chat : faut-il punir son chat ?

Punition du chat : faut-il punir son chat ?

Les bêtises, les réprimandes et les punitions sont des concepts très « humains ». Mais qu’en est-il pour les animaux, et en particulier les chats ? Doit-on punir son chat lorsqu’on le surprend en train de faire quelque chose qui lui est interdit ? Est-ce efficace, et comment éviter qu’il ne recommence ?

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Il n’y a pas que les humains qui font des bêtises…

Il n’y a pas que les humains qui font des bêtises…

Comme tous les animaux, nos amis les chats - et en particulier les chatons -, ont souvent des comportements qui ennuient leur maître, et que ce dernier n’hésite pas à qualifier de « bêtises » : ils montent sur la table à manger, jouent avec les fils électriques, urinent sur le canapé, grimpent aux rideaux, font tomber un objet en sautant, etc.

 

En tant qu’humain, la réaction spontanée du maître est d’avoir envie de gronder et réprimander l’animal en le punissant, pour qu’il comprenne que ce qu’il vient de faire est mal et qu’il ne faut pas recommencer. Mais est-ce là la bonne solution ?

Punir son chat, ça veut dire quoi ?

Punir son chat, ça veut dire quoi ?

Tout d’abord, il est important de définir le terme « punition », car toute forme d’agression et de violence envers le chat engendre chez lui un réel stress. Les réprimandes, même celles que les maîtres considèrent comme mineures et qu’ils ne perçoivent pas comme étant agressives, sont vécues différemment par l'animal : le taper sur son museau, lui donner une fessée (que ce soit avec la main ou un magazine), le secouer par la peau du cou, le jeter en travers de la pièce, l’enfermer dans une chambre ou dans sa caisse de transport pour chat, lui crier dessus, le courser avec un torchon ou encore lui donner un coup de vaporisateur d’eau sur le visage sont autant de gestes perçus par le chat comme une agression.

 

Or il a été prouvé scientifiquement que les chats ne sont absolument pas réceptifs aux punitions, bien au contraire !

Le chat sait-il qu’il a fait une bêtise ?

Le chat sait-il qu’il a fait une bêtise ?

Il existe beaucoup d’idées reçues sur les chats et le comportement des chats qui, malheureusement, perdurent encore aujourd’hui.

 

Il faut donc le dire sans ambiguïté : non, le chat ne sait pas qu’il a fait une bêtise. Par contre, si le comportement du maître change à son égard suite à une bêtise, l’animal comprend que ce qu’il a fait a pour conséquence une expérience stressante et désagréable. En effet, le chat n’est pas apte à comprendre la raison pour laquelle il a été puni ; il associe simplement la « bêtise » au comportement de l’humain qui s’en est suivi. Lorsque le maître n’est pas là ou ne le voit pas, le chat recommencera car pour lui, c’est l’humain qui est la source de cette punition, pas l’acte en lui-même.

 

Il faut ajouter que les chats ont des comportements et des codes propres à leur espèce, si bien qu’il n’est pas possible de leur transposer des comportements et modes de raisonnement propres aux humains. Un chat n’est pas jaloux, ne cherche pas à tester son maître, le manipuler ou le dominer, ni ne veut se venger. Il réagit tout simplement selon son instinct face des situations plus ou moins stressantes pour lui.

Au demeurant, contrairement par exemple au chien, le chat est un animal solitaire qui ignore le concept de meute et le rapport dominant/dominé. Il n’en est que plus étranger aux notions de bêtise et de punition.

Faut-il punir son chat ?

Faut-il punir son chat ?

De tout ce qui précède, on comprend aisément que la réponse à cette question est « Non », sans ambiguïté. La punition s’avère totalement inefficace pour le chat, et cela a d’ailleurs été prouvé par plusieurs spécialistes, tel le Dr Susan Friedman. Cette professeure de psychologie à l'Université d'État de l'Utah (Etats-Unis) a été la première à appliquer l'analyse comportementale appliquée (ACA) aux animaux captifs et de compagnie.

 

En cas de punition, le chat comprend seulement qu’il ne peut pas faire confiance à l'environnement où se trouve son propriétaire à ce moment-là. Il associe la présence de son maître à un moment stressant, et cela peut se transformer en cercle vicieux. En effet, un chat stressé adopte un comportement qui s’avère gênant pour le maître ; en représailles, celui-ci le punit, ce qui ne fait qu’engendrer un stress supplémentaire, et ainsi de suite.

 

Par exemple, si le chat n’a pas le droit de monter sur la table de la salle à manger et qu’il reçoit un jet d’eau à chaque fois qu’il y monte, il va comprendre que son maître n’aime pas ce comportement. Par contre, lorsque ce dernier n’est pas là, rien ne l’empêchera de monter à nouveau sur la table ! S’il voit son maître entrer dans la pièce, il va s’empresser de descendre, mais c’est parce qu’il a associé le maître à la conséquence désagréable, et non pas l’acte en lui-même.

 

In fine, la punition ne fait qu’augmenter considérablement le niveau d’anxiété du chat et provoque souvent une peur du maître qui punit, tout en développant une crainte de certaines situations. Elle dégrade la confiance que le chat éprouve pour son maître et l’en éloigne. Pire, lorsqu’elles sont administrées trop fréquemment ou qu’elles sont trop sévères, les punitions peuvent causer la dépression du chat.

Comment faire pour que mon chat arrête de faire des bêtises ?

Comment faire pour que mon chat arrête de faire des bêtises ?

Puisque punir son chat s’avère totalement inefficace, comment faire pour que minou arrête certains comportements qui exaspèrent son maître ?

 

Le mot clé est la patience. Le chat est par nature très têtu et extrêmement patient. Il peut rester des heures à guetter un oiseau ou à essayer d’attraper une mouche. Il va donc falloir que le maître se montre patient, et surtout plus malin que lui !

 

Par exemple, s’il s’obstine à monter sur le plan de travail lorsque vous cuisinez, il faudra prendre votre chat et le remettre par terre à chaque fois qu’il remonte, sans jamais crier ou s’énerver. Cela peut prendre du temps, mais il finira généralement par se lasser.


Une autre astuce est de détourner son attention avec des jouets pour chat. Il suffit souvent de simplement lancer un jouet au matou pour qu’il se mette à lui courir après et que son attention soit détournée de ses premières intentions.

 

L’herbe à chats (ou cataire) peut également être d’une grande utilité. Elle a un effet assez miraculeux sur les félins : en en saupoudrant une petite quantité sur le sol, le chat se sentira complément apaisé et détendu, en oubliant complément de grimper sur les rideaux ou de sauter sur la table.

Il existe aussi des petits systèmes de spray aérosol détecteurs de mouvement qu’il suffit de poser à l’endroit interdit. Le spray détecte le chat dans un rayon d’un mètre et envoie un petit jet d’air totalement inoffensif, mais qui le fait fuir. En effet, l’endroit devient alors hostile à ses yeux, si bien qu’il ne s’en approchera plus. Un avantage supplémentaire de cette solution est qu’elle évite toute intervention du maître. Comme le chat n’associe pas ce dernier au spray, la relation affective entre le chat et son maître n’est nullement impactée.

Le mot de la fin

Les chats ne comprennent pas les punitions, et il a été prouvé que ces dernières sont complètement inefficaces, voire franchement contre-productives. En revanche, ils réagissent plutôt bien aux récompenses, si bien qu’il est possible de les éduquer avec des méthodes positives, en ayant recours aux caresses et aux friandises pour chat.

 

Au final, le maître doit toujours garder en tête que le chat fait du mieux qu’il peut pour s’adapter à la vie avec les humains ; c’est un juste retour des choses qu’essayer de s’adapter un tant soit peu à ses instincts et ses comportements de félin.

 

Au demeurant, il n’y a normalement pas de problème de comportement à déplorer si les vrais besoins du chat sont respectés. Ces derniers consistent notamment en un environnement sans stress mais stimulant (comportant des jeux), une bonne gestion de la nourriture, une litière adaptée à ses besoins, des griffoirs pour faire ses griffes, des espaces pour s’isoler en hauteur et/ou près des fenêtres, et bien sûr de l’attention et des caresses.

Dernière modification : 02/09/2019.
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