Les abandons de chats : pourquoi ?

Bien que les chats soient l’un des animaux de compagnie les plus populaires dans les ménages, on constate malheureusement que les abandons restent récurrents. En témoignent les nombreux refuges pour chats et associations qui recueillent et soignent des chats privés de foyer. La S.P.A. (Société Protectrice des Animaux) estime ainsi à environ 50.000 le nombre de chats abandonnés chaque année en France.


Il faut dire que certains propriétaires estiment – le plus souvent à tort - que dans certaines circonstances, l’abandon est inévitable. Voici un aperçu des raisons conduisant certains à abandonner leur chat, et les alternatives qui existent pour éviter cette issue dramatique.

Partager :  

Les causes les plus fréquentes des abandons de chats

Il arrive malheureusement que des individus se retrouvent dans des situations où ils croient sincèrement que l’abandon du chat est la seule solution possible.

 

Cela peut être le cas par exemple lorsqu’une personne souffrant d’une sévère allergie aux chats a rejoint le foyer.

 

Dans d’autres cas, une maladie grave du chat ou un accident est à l’origine de l’abandon, le propriétaire se retrouvant dans l’incapacité de prendre soin de son compagnon. On retrouve ce cas de figure poussé à l’extrême lorsque le maître décède sans avoir pris de dispositions pour l’avenir de son compagnon.

 

Un déménagement est également une raison régulièrement invoquée pour tenter de justifier un abandon : manque d’espace, animaux interdits dans le nouveau logement, etc.


Des problèmes financiers peuvent aussi être à l’origine de la décision d’abandonner son chat, en particulier s’il est malade et/ou si c'est un chat âgé, nécessitant des frais vétérinaires et/ou des soins de plus en plus fréquents et conséquents, et devenant par là même une charge trop lourde pour son propriétaire. Même dans le cas où il est en bonne santé, les coûts liés l’alimentation du chat et à son entretien peuvent devenir hors de portée pour certaines familles en cas de perte d’emploi, expulsion ou surendettement.

 

Les problèmes de comportement du chat font aussi partie des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les chats sont abandonnés. Le plus souvent, il s’agit de problèmes assez communs tels que l’incontinence du chat, des miaulements persistants, de l’agressivité, ou encore le fait que le chat ne s’entende pas avec les autres animaux de la maison ou soit vu comme un danger lors de l’arrivée d’un bébé dans la famille. Parfois, le « problème » n’est même rien de plus qu’une attente implicite non remplie : « Il n’est pas très amical, il ne se laisse jamais caresser », ou encore « Il est tout le temps dehors, on ne le voit jamais ». La plupart des problèmes de comportement d’un chat peuvent être corrigés, mais les maîtres manquent parfois de connaissances suffisantes ou de motivation pour prendre les mesures appropriées. Et souvent, ils n’ont pas le réflexe de se tourner vers un comportementaliste félin, professionnel spécialiste du comportement des chats, qui pourrait leur venir en aide.

 

Enfin, lorsqu’ils ne sont pas stérilisés, les chats sont largement touchés par les abandons en raison de leurs capacités reproductives, les propriétaires ne sachant que faire des portées engendrées et non voulues.

L'abandon d'un chat : un acte loin d'être anodin

Contrairement à d’autres animaux de compagnie beaucoup plus dépendants, les chats n’hésitent pas à parcourir leur territoire de long en large et ainsi disparaître plusieurs heures durant la journée. Cette indépendance peut amener certains propriétaires à croire que leur chat peut subvenir à ses besoins s'il est abandonné.

 

Malheureusement, ce n'est généralement pas le cas. La plupart des chats qui sont autorisés à sortir s'aventurent à moins d'un pâté de maisons de chez eux, préférant rester à proximité d'un territoire familier. En effet, malgré leur réputation de chasseurs de rongeurs, la plupart des chats domestiques ne sont pas en mesure d'attraper suffisamment de proies pour se nourrir, et comptent encore principalement sur les humains pour leur subsistance quotidienne. En résumé, même si un chat est habitué à vivre à l’extérieur, cela ne veut pas dire qu’il pourra y survivre lorsque le filet de sécurité d'une famille et d'un foyer lui seront retirés.

 

Certains tentent de se rassurer en se disant qu’un bon samaritain ramènera le chat errant chez lui et s’en occupera, lui procurant un toit, de la nourriture et des soins vétérinaires, et lui offrant une nouvelle vie dans de meilleures conditions. D'autres abandonnent leur chat ou leurs chatons aux refuges et associations de protection animale, convaincus qu'une famille adoptive pourra être trouvée rapidement pour leur animal de compagnie.

 

Dans un monde parfait, c'est certainement le cas. Malheureusement, la réalité est beaucoup plus triste. Les chats errants sont un problème croissant, et recueillir un chat dans un refuge est moins populaire que de l'acheter auprès d'un éleveur de chats professionnel, si bien que les refuges et associations sont souvent débordés. C'est tout particulièrement vrai en été, période propice aux abandons du fait des départs en vacances.

 

Le manque d'éducation des propriétaires en matière de stérilisation des chats et quant à la responsabilité qu’implique le fait d’adopter un chat y est pour beaucoup. On ne le dira jamais assez : adopter un chat doit être un acte mûrement réfléchi et non une décision prise sur un coup de tête. Il y a de nombreuses questions à se poser avant d’adopter un chat.

Des pistes pour limiter les abandons des chats

La stérilisation est indispensable pour tout chat nouvellement adopté, que celui-ci soit un mâle ou une femelle. La plupart des refuges et associations de protection des animaux tentent d’ailleurs d’éduquer les propriétaires de chats et de les sensibiliser à ce sujet afin de réduire la population de chat(on)s errants issus de portées non voulues.

 

Pour ce qui est des troubles du comportement des chats, il est toujours possible de s’adresser à un comportementaliste félin, dont le rôle est précisément d’apporter des solutions pour solutionner ou au moins gérer les problèmes de comportement les plus courants.

 

Quant aux problèmes d’allergie au chat, ils ne sont pas une fatalité. Il est possible, grâce à de bonnes pratiques d’hygiène et des traitements médicamenteux appropriés, de gérer les symptômes allergiques et de rendre possible la cohabitation avec un chat, même si ce n’est pas un chat hypoallergénique.

 

Enfin, il revient à tout un chacun de réfléchir aux éventuelles dispositions qui peuvent être prises pour l’avenir du chat en cas de maladie, départ en maison de retraite ou décès.

Le mot de la fin

Afin d’éviter autant que possible les abandons de chats, il est important d’agir en amont, dès l’adoption, en sensibilisant les futurs propriétaires aux problèmes concrets qu’ils sont susceptibles de rencontrer.

 

Le but est que la décision d’adopter un chat soit prise de façon éclairée et consciente. Certains points en particulier doivent être mûrement réfléchis : comment gérer les vacances avec un chat, un déménagement, l’arrivée d’un bébé, ou encore un divorce ? Les ressources financières du foyer sont-elles suffisantes (et le resteront-elles sur la durée) pour financer des soins vétérinaires ?

 

L’espérance de vie d’un chat étant d’environ 15 ans, la décision d’adopter un chat ne doit pas être prise à la légère. Il s’agit bien d’un engagement sur une longue durée, tout au long de laquelle le propriétaire sera tenu de subvenir aux besoins de son compagnon en matière de nutrition, de santé et de bien-être.

Dernière modification : 20/08/2018.
Reproduction interdite sans autorisation.

Discussions sur ce sujet