Comment éviter les arnaques dans les annonces de vente ou don de chat

Un chat avec un béret et une loupe

Accueillir un chat chez soi est un projet fort en émotions dans lequel, transporté par son enthousiasme, le futur maître s’investit de façon parfois irraisonnée. Toutefois, cette impatience ouvre parfois grand la porte à certaines imprudences dont des individus mal intentionnés savent profiter.


En effet, les arnaques liées à la vente ou au don de chats sont opportunément construites sur cette implication sentimentale des personnes désireuses d’adopter un petit félin. À grand renfort notamment de photos séduisantes et/ou de récits poignants, tout est fait pour exacerber le désir des victimes et surmonter leur vigilance.


Sachant que le chat est l’animal de compagnie le plus répandu dans le monde (si on excepte les poissons d’aquarium), cela fait pour les escrocs un réservoir presque infini de victimes potentielles.


Certaines choses sont à savoir pour adopter en toute confiance et éviter de tomber entre leurs griffes.

Internet, lieu de toutes les tromperies

Un homme dissimulé sous sa capuche, derrière un ordinateur portable

Si les escroqueries liées aux adoptions de chats existent de longue date, force est de constater qu’elles se multiplient depuis qu’Internet est entré dans tous les foyers, voire dans toutes les poches.

 

Toutefois, les escroqueries reposant sur l’histoire d’une victime (humaine ou animal) à prétendument sauver sont aussi vieilles que les moyens de communication à distance. Ainsi, dès le 16ème siècle, l’arnaque dite « de la prisonnière espagnole » mettait en scène une princesse capturée par les Turcs. La victime devait financer sa libération en échange d’une récompense encore plus grande, et même d’une promesse de mariage avec ladite princesse.

 

De nos jours, les soi-disant victimes à secourir ne sont plus de belles princesses imaginaires, mais des animaux de compagnie tout aussi émouvants dont il faut organiser le rapatriement.

 

Diffusées d’abord par les chaînes d’e-mail, ces annonces ont ensuite investi les nouveaux moyens de communication apparus au fur et à mesure du développement d’Internet.

 

En particulier, le développement des réseaux sociaux a offert une caisse de résonnance sans commune mesure aux arnaqueurs de tous les horizons. Il leur suffit d’infiltrer un groupe d’annonces spécialisé ou non dans les animaux, d’y publier une annonce malhonnête et de laisser la viralité faire le reste. En effet, n’importe quel amoureux des chats est susceptible de partager largement l’émouvant appel à adoption d’une portée de chatons ou d’un adulte au destin tragique qui mérite une fin de vie paisible.

 

L'écran d'un smartphone montre le logo de l'application Telegram
De fausses annonces de don de chat sont diffusées aussi sur Telegram

En plus des groupes et pages Facebook, de telles annonces peuvent également être diffusées via des applications de messageries : Skype, WhatsApp… Plus récemment, Télégram semble particulièrement affecté, lui qui permet de créer des groupes géolocalisés entre inconnus. De nombreux escrocs ont sauté sur l’occasion pour proposer des services que la morale réprouve, ou diffuser toutes sortes d’arnaques. Celles qui concernent l’adoption d’animaux sont parmi les plus fréquentes…

 

Cela dit, les arnaques liées à l’adoption ne se limitent pas à présenter des chats qu’il faut soi-disant sauver. Elles peuvent aussi consister à proposer à la vente un animal supposément sans histoire, mais qui n’existe tout simplement pas, ou dont les caractéristiques diffèrent de celles indiquées.

 

De telles publications frauduleuses existaient déjà avant Internet, mais ce dernier simplifie là aussi énormément la tâche des personnes mal intentionnées en leur permettant de les diffuser facilement, gratuitement et à grande échelle. Ainsi, le canal plus traditionnel des petites annonces est lui aussi massivement investi par des arnaqueurs. C’est le cas en particulier des sites généralistes d’annonces, dont l’audience présente un double avantage aux yeux des escrocs : elle est à la fois énorme et souvent mal informée. D’ailleurs, dès 2012, la Société Protectrice des Animaux française contactait Le Bon Coin, le principal site d’annonces du pays, afin d’établir de bonnes pratiques pour encadrer les petites annonces animalières.

Les différents types d’arnaques aux chats et chatons

Un escroc, avec des billets dans une main

Il existe deux types principaux d’escroqueries relatives aux animaux. Les premières visent simplement à soutirer un maximum d’argent aux victimes au moyen d’une annonce présentant un animal qui en fait n’existe pas, tandis que les secondes correspondent plutôt à des tromperies sur les caractéristiques et qualités de l’animal cédé.

La fausse annonce de don ou vente de chat

Une capture d'écran du site Le Bon Coin
Les sites d'annonces contiennent parfois des fausses annonces de don de chaton

Les fausses annonces peuvent porter soit sur un don, soit sur une vente « classique ».

 

Dans le premier cas, la cession est souvent présenté comme ayant un caractère urgent et/ou correspondant à un cas de force majeure, avec force propos émouvants. Par exemple, il peut s’agir d’un animal qu’il n’est pas possible de garder en raison de l’arrivée d’un nouveau-né, ou du chat d’une personne décédée qui se retrouve désemparé sans sa maîtresse.

 

Dans le second cas, l’annonce peut sembler des plus sérieuses, et le chat est généralement proposé à un prix très inférieur à la moyenne de sa race — qui est la plupart du temps une race très recherchée ou populaire. En outre, il arrive que l’escroc usurpe l’identité d’un véritable éleveur, ou à tout le moins récupère de belles photos sur le site de ce dernier.

 

Toutefois, le plus souvent, et qu’il s’agisse d’une vente ou d’un don, il se présente sous la fausse identité d’un particulier qui a eu une portée de chatons, mais ne peut les garder, ou bien qui est contraint de se séparer de son chat adoré pour toutes sortes de raisons, souvent déchirantes (mutation, allergie, problème familial…).

 

Les sites d’annonces généralistes sont particulièrement touchés par ce fléau. En effet, contrairement aux sites spécialisés, leurs équipes de modération laissent généralement passer beaucoup plus facilement des annonces suspectes.

 

Les réseaux sociaux sont également pris d’assaut par les escrocs. Par exemple, les groupes de vente sur Facebook sont une véritable aubaine pour eux, d’autant que les membres partagent volontiers les annonces les plus touchantes ou séduisantes auprès de leurs amis et connaissances.

Première étape : « ferrer » la victime

Un homme embêté regarde son ordinateur portable

Les premiers échanges entre la victime et l’escroc se passent généralement à merveille, afin d’endormir toute forme de méfiance. Ce dernier n’hésite pas à se présenter comme une personne en plein désarroi qui n’a pas d’autre choix que de se séparer du chat ou de la portée entière, selon le récit imaginé par ses soins.

 

Toutefois, derrière les messages amicaux et les photos attendrissantes, il se trouve toujours une situation particulière qui justifie qu’il n’est pas possible de venir récupérer l’animal par soi-même. Ce point est une composante essentielle du scénario de l’arnaqueur. Ainsi, l’animal est en règle générale supposé se trouver à l’étranger avec ses propriétaires, ou encore à un endroit auquel il est difficile d’accéder facilement, et depuis lequel le transit n’est pas toujours simple — généralement un pays étranger, ou même simplement la Corse lorsque la victime est basée en France.

 

Une fois la confiance installée, l’escroc n’hésite pas à mettre l’acquéreur potentiel sous pression. Il peut ainsi invoque par exemple le fait que d’autres adoptants potentiels sont intéressés, qu’un voisin haineux menace de nuire à la portée entière, que l’animal est avec une personne allergique et que l’en éloigner ne peut plus attendre, laissant entrevoir parfois un abandon voire une euthanasie.

 

En effet, l’arnaqueur doit s’assurer que sa proie est prête à coopérer : pour cela, rien de mieux que de lui faire entrevoir la possibilité de perdre l’animal tant convoité. Ce « coup de pression » mis sur le candidat à l’adoption a pour but de l’empêcher de se poser trop de questions, face à une situation qui va devenir rocambolesque et qui mettrait la puce à l’oreille de toute personne en mesure de réfléchir posément.

Deuxième étape : la détrousser

Une femme désagréablement surprise, assise sur son canapé

La deuxième phase du plan se met en place une fois que l’adoptant donne son accord pour payer le montant demandé. Selon qu’il s’agisse d’une cession à titre onéreux ou gratuit, ce dernier correspond soit au prix de vente fixé, soit au du transport de l’animal supposé rejoindre son nouveau foyer.

 

Ce moment est celui de l’implication maximale de la victime dans la transaction. En effet, à l’engagement sentimental fort envers l’animal attendu s’ajoute celui d’avoir déboursé des sous pour l’acquérir.

 

C’est à partir de là que des prétendus « problèmes » apparaissent.

 

Cela commence en général par un surcoût imprévu lié au transport : une cage spéciale est nécessaire, qui n’était pas prévue à la base. Afin d’inciter l’adoptant à débourser le montant supplémentaire qui est alors demandé, l’escroc n’hésite pas à affirmer que la location de l’accessoire sera partiellement voire totalement remboursée à l’arrivée, grâce à une assurance souscrite par lui-même ou par le transporteur.

 

Puis c’est par exemple une formalité douanière qui apparaît, nécessitant de refaire la procédure de sortie ou d’entrée du chat sur le territoire, moyennant finance évidemment.

 

L'application Bunq, sur un smartphone

Vient ensuite souvent l’affaire de la vaccination incomplète ou d’un autre problème sanitaire de quelque nature. Quand bien même l’animal est supposé avoir été pucé et vacciné, il y a un blocage qui empêche son prétendu acheminement et nécessite d’effectuer un versement supplémentaire.

 

Le cédant demande généralement à ce que les différents paiements soient effectués par un système de carte rechargeable (dite « prepaid »), non adossée à un compte bancaire. Parmi les plus connues, on trouve PCS, Bunq et Neosurf. Ces modes de transfert d’argent remplacent de plus en plus PayPal et d’autres moyens de paiement électronique plus conventionnels qui avaient autrefois la cote auprès des escrocs, car ils ont la particularité d’être encore plus difficilement traçables. Dans la pratique, le client achète dans un bureau de tabac ou sur Internet une recharge du montant demandé, en échange duquel il obtient un code. Il communique ensuite le code à la personne devant recevoir l’argent : fausse compagnie de transport, faux vétérinaire, faux office des douanes… voire faux intermédiaire prétendant « rendre service », par exemple un personnel de l’aéroport où le chat est censé être bloqué.

 

Tant que l’adoptant « marche » dans la combine et continue de payer, l’escroc ne se prive pas de continuer. D’ailleurs, il ne manque pas généralement pas d’imagination ni d’audace. Certains vont jusqu’à prétendre qu’un refus de payer bloque l’animal en transit, ce qui rendrait l’adoptant passible de poursuites pour mauvais traitement.

L’annonce de vente de chat mensongère

Un chaton enfermé dans une cage
Arnaque rime aussi avec usine à chatons

Il ne faut pas croire qu’avoir la preuve que l’animal présenté existe bel et bien, et même potentiellement être en mesure de faire sa connaissance, autorise à penser qu’on a échappé à tout risque d’arnaque. En parallèle des fausses annonces existent en effet des annonces mensongères.

 

Dans le cas de ces dernières, l’animal existe bien, mais la tromperie repose sur ses caractéristiques intrinsèques : origines, état de santé, âge… Derrière ces annonces qui proposent des chats de race (souvent de races particulièrement populaires) à des tarifs inhabituellement bas, il y a généralement la réalité sordide du trafic animal et des usines à chatons. Opérées par des personnes dont la préoccupation principale est de générer un maximum de profits sans se préoccuper du bien-être des animaux, ces dernières produisent en masse des petits qui ne reçoivent qu’un minimum de soins et d’attention (contacts avec des humains et des congénères, stimulation physique et intellectuelle…). Ils restent souvent des semaines durant dans de simples caisses en attendant de prendre le chemin des animaleries ou d’être acquis à vil prix par des trafiquants qui cherchent à les écouler beaucoup plus cher via des annonces mensongères.

 

L’adoptant qui pense faire une bonne affaire a donc toutes les chances de se retrouver avec un petit félin qui a été séparé trop tôt de sa mère, qui n’a pas été socialisé correctement, qui a subi des traumatismes et/ou qui n’a pas été soigné correctement. Il ne faut donc pas être surpris si celui-ci développe toutes sortes de problèmes de comportement et/ou de santé (y compris potentiellement des maladies que les chats peuvent transmettre aux humains), ce qui dans les cas les plus tragiques peut conduire à l’abandon de l’animal ou à son décès anticipé.

 

Un chaton Maine Coon roux est assis dehors

Du fait d’une législation souvent dénoncée comme trop laxiste, le Québec est particulièrement touché par le phénomène. Toutefois, la France, la Belgique, la Suisse et plus largement les pays d’Europe occidentale sont loin d’être épargnés. En effet, ils sont envahis par des animaux importés (souvent illégalement) d’usines à animaux situées dans des pays de l’ancien bloc soviétique : Bulgarie, Hongrie, Slovaquie…

 

Tout adoptant doit donc avoir en tête que le prix d’un chaton de race a des raisons d’être ce qu’il est. En effet, pour proposer des animaux bien dans leurs pattes et dans leurs têtes, un éleveur digne de ce nom ne doit pas ménager ses efforts pour offrir aux parents et à leurs petits un cadre de vie de qualité, mais aussi consacrer du temps et de l’argent à prendre soin d’eux. Certes, il est possible de faire une « bonne affaire », par exemple en adoptant un chaton présentant un petit défaut esthétique mineur qui lui barre l’accès aux expositions félines, ou bien un individu âgé de 5 ou 6 mois et n’ayant pas encore trouvé preneur : ces situations justifient pleinement un prix légèrement plus bas que la moyenne. Néanmoins, si un chaton est proposé par exemple 30 à 40 % moins cher que le prix habituel (voire encore moins) sans qu’il y ait de raison plausible à cela, c’est vraisemblablement qu’il y a anguille sous roche… Un éleveur sérieux n’a aucune raison de « brader » ses animaux !

Quelle est l’origine des fausses annonces de vente ou don de chat ?

Gros plan sur des mains posées sur un clavier

Plusieurs pays d’Afrique se sont fait une spécialité des arnaques sur Internet. Le Nigeria en particulier est connu pour avoir inspiré la création du nom « Fraude 419 » (ou « arnaque nigériane »), qui sert à désigner toutes les manœuvres visant à soutirer de l’argent à une victime en lui promettant un bénéfice ultérieur. En effet, ce nombre correspond au numéro de l’article du Code pénal nigérian sanctionnant cette fraude. Dans le monde francophone, le Bénin, le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont les principaux pays d’où proviennent les auteurs de fausses annonces.

 

Qu’elles portent sur des animaux ou qu’elles soient de toute autre nature, le fonctionnement des escroqueries par Internet est généralement bien rodé et représente une partie importante de l’économie souterraine — souvent avec la bénédiction plus ou moins tacite des autorités locales ou nationales, qui y voient un moyen d’occuper la population et surtout de faire rentrer des devises.

 

Les plaintes déposées depuis l’étranger, c’est-à-dire depuis les pays où sont basées les victimes, ont fort peu de chances d’aboutir. En effet, elles se heurtent d’une part à la complexité des procédures juridiques internationales, et d’autre part à la corruption qui généralement gangrène la chaîne judiciaire des pays où se trouvent les auteurs des faits.

 

Façade d'un bâtiment Interpol

Il arrive parfois qu’Interpol ou une agence nationale se saisisse de l’affaire. Leurs actions portent généralement sur les extorsions visant les entreprises, mais comme la filière est large, des arnaqueurs de particuliers peuvent également tomber dans le même coup de filet. C’est par exemple ce qui se produisit en 2016, lorsque le dirigeant nigérian d’un réseau mondial qui avait soutiré un total de 53 millions d’euros à ses victimes, toutes arnaques confondues, fut arrêté par Interpol : pas moins d’une quarantaine de personnes furent interpellées en même temps que lui.

 

Cela dit, il ne faut pas croire pour autant que toutes les escroqueries et tromperies dépendent d’une organisation mondiale ou trouvent leur source en Afrique. Il est ainsi arrivé par exemple que la police française, en enquêtant sur des arnaques signalées par des personnes victimes de fausses annonces de chiots, tombe au final sur une filière basée… dans le département du Bas-Rhin, dans l’est du pays. Très classiquement, leurs auteurs demandaient à leurs proies un paiement prétendument destiné à financer le transport de l’animal, qui devait être effectué au moyen d’une carte prépayée.

L’importance du phénomène

Les fausses annonces, une escroquerie qui paye

Logo de Better Business Bureau

Quelques centaines d’euros, de dollars canadiens ou de francs suisses par-ci, parfois quelques milliers : quel que soit le pays, les faits divers des journaux relatent régulièrement les mésaventures de personnes qui ont déboursé des sommes parfois importantes pour acquérir un chat qui n’existait tout simplement pas, afin de mettre en garde d’éventuelles nouvelles victimes potentielles.

 

Le Better Business Bureau, organisme qui veille à l’honnêteté des transactions commerciales en Amérique du Nord, a ainsi reçu en 2020 plus de 300 plaintes de Canadiens ayant subi de telles escroqueries, et qui ont ainsi perdu au total plus de 300.000 dollars canadiens (soit une moyenne de plus de 1000 dollars par personne). Si on ajoute les chiffres des États-Unis, on arrive à plus de 3 millions de dollars canadiens et de 4000 victimes.

 

La pandémie de Covid-19 en 2020 et 2021 fut d'ailleurs du pain béni pour les escrocs. Non seulement elle fit s'envoler le nombre de demandes d'adoptions, mais en plus elle fournit des prétextes tout trouvés pour justifier de l'impossibilité de venir chercher l'animal, ou encore d'une quelconque procédure sanitaire lors de son prétendu acheminement.

L’ampleur du trafic illégal

Des chats enfermés dans des cages

Selon les chiffres de certaines associations, 25 % des animaux vendus dans le monde proviendraient d’un trafic illégal. Interpol indique d’ailleurs que le trafic d’animaux est le troisième au monde, derrière les armes et la drogue.

 

Les chiffres du trafic illégal sont impressionnants, mais il convient d’avoir en tête qu’ils incluent également celui des espèces protégées. En tout cas, ils tendent à laisser penser que les fausses annonces de don ou de vente de chatons ne représentent pas la majorité des arnaques aux animaux sur Internet : la part la plus importante d’entre elles correspondrait aux tromperies sur l’animal vendu.

 

En France, 100 000 animaux domestiques rentreraient illégalement sur le territoire chaque année. Selon les estimations de la Brigade Nationale d’Enquêtes Vétérinaires et Phytosanitaires (BNEVP), qui est rattachée au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, les chiens et les chats en représentent environ la moitié. Non contente d’être élevée, la demande pour ces derniers est en augmentation constante, au point que la population féline du pays (estimée à 14,2 millions d’individus en 2018) augmente de 3 % par an en moyenne.

 

Comme pour toute activité relevant au moins en partie de l’économie souterraine, il est difficile d’obtenir des chiffres précis sur le trafic de chats. Toutefois, il est très largement admis qu’il pèse beaucoup moins que celui des chiots. Par exemple, en France, il ne représente que 5 % des enquêtes menées par la Société de Protection des Animaux (SPA).

 

Nul doute néanmoins qu’il est largement rentable pour ceux qui le pratiquent, d’autant qu’ils ne choisissent pas n’importe quelle race… Une responsable de la Cellule Anti-Trafic de la SPA française indiquait ainsi en 2013 dans la presse que « un Chihuahua acheté 250 € en moyenne en Slovaquie est revendu entre 1 000 et 3 000 € en animalerie ». Plus largement, on peut estimer que les trafiquants vendent généralement les chatons au moins le double du prix qu’ils les ont payé.

Les types de chats les plus concernés

Un chaton Bengal assis sur un arbre à chats

Qu’il s’agisse de fausses annonces ou d’annonces mensongères, ce sont évidemment les chats de race qui sont plébiscités par les escrocs. Il y a peu de chances en effet qu’un adoptant soit prêt à débourser des centaines d’euros pour obtenir un chat de gouttière, alors qu’il est si facile d’en trouver gratuitement.

 

Par ailleurs, ils sont aussi bien sûr une prédilection pour les chatons. En effet, outre le fait que ces derniers bénéficient d’un indiscutable capital-sympathie propre à attirer un maximum de victimes, une majorité des adoptants préfèrent adopter un petit qu’un adulte.

 

Enfin, le choix de la race ne se fait pas non plus au hasard. Qu’il s’agisse de prétendre céder un animal qui n’existe pas ou de vendre à prix d’or un spécimen qui n’est pas conforme à la description qui en est faite, les escrocs privilégient les races les plus populaires et/ou les plus coûteuses. En effet, cela leur permet là aussi de maximiser le nombre de victimes potentielles. Il y a donc davantage d’arnaques portant sur des Bengals, des Maine Coon ou des Persans que sur des races plus confidentielles.

Comment éviter les arnaques ?

Une femme âgée assise dans son canapé, désapointée

De façon générale, les personnes âgées sont les principales cibles et victimes d’arnaques en tout genre. Pourtant, dans le cas des arnaques relatives aux animaux, la population concernée est différente, puisqu’elle est majoritairement constituée de personnes âgées de 35 à 55 ans. Cela peut s’expliquer par le fait que les individus appartenant à cette tranche d’âge sont davantage rompus aux achats en ligne et à saisir les « bonnes affaires » qui se présentent, ont l’habitude de communiquer par messagerie plus que par téléphone, ne sont pas rebutés par la relative difficulté des transferts d’argent et peuvent estimer ne pas avoir le temps de se déplacer en personne.

 

Cela dit, quel que soit son âge, son niveau d’éducation ou encore son niveau socioprofessionnel, nul ne doit se croire à l’abri face à tous les pièges potentiels. Pour éviter de grossir les rangs des victimes d’arnaques, il est important de ne pas agir de manière impulsive, mais au contraire de s’interroger sur toute une série de points très précis et factuels.

Le prix est-il réaliste ?

Trois chatons Persans dans une malle en osier
Les chatons de race sont chers

Le prix demandé est le premier élément susceptible d’inciter à la méfiance. Toute annonce proposant un animal à un prix très en deçà de la normale, voire gratuitement « en échange de bons soins » (selon la formule consacrée, très prisée des escrocs), doit immédiatement alerter.

 

Cela implique qu’avant de parcourir les annonces, il faut s’être renseigné sur les prix habituellement pratiqués pour la race souhaitée — qui peuvent être radicalement différents d’une race à l’autre et d’un pays à l’autre, en fonction de l’offre et de la demande.

 

En tout état de cause, sauf cas particulier et dûment justifié (petit défaut esthétique qui empêchera l’animal d’être présenté en expositions félines, chaton déjà âgé de 5 ou 6 mois…), un éleveur de qualité n’a aucune raison de brader les petits qu’il propose.

Étudier attentivement les photos

Photos d'une annonce de vente d'un Bengal
Les photos de l'annonce doivent être cohérentes

Pour donner du crédit à leurs annonces, les arnaqueurs du Net utilisent souvent de belles photos récupérées sur des sites d’éleveurs ou des forums de passionnés. Toutefois, il est possible de se rendre compte que quelque chose « cloche ».

 

C’est le cas en premier lieu si les photos ne sont pas cohérentes entre elles, par exemple s’il semble que ce n’est pas le même chat sur chacune, si elles ont été prises à des endroits différents, si les conditions d’éclairage diffèrent, si elles n’ont pas été prises avec le même appareil, etc.

 

C’est aussi le cas si tout ou partie des photos se retrouvent sur de nombreux autres sites, a fortiori sans rapport avec des annonces de vente ou de don. Si en plus elles y ont été postées il y a plusieurs mois voire années, alors il n’y a plus l’ombre d’un doute sur le fait qu’il s’agit d’une arnaque. Or, Google Images propose une fonctionnalité fort utile de recherche par photo : il suffit d’uploader un cliché ou d’indiquer son adresse pour voir d’un clic d’autres endroits où il a été publié.

Le vendeur est-il réellement un éleveur ?

Logo du site societe.com
En France, le site societe.com permet de vérifier l'existence d'une société

Si la personne qui propose les chatons prétend être éleveur, des vérifications s’imposent là aussi.

 

La première étape est bien sûr de s’assurer qu’il existe effectivement un élevage portant le nom indiqué, et que le nom du propriétaire correspond. Une rapide recherche sur Internet le permet. Ensuite, il faut s’assurer que les coordonnées de l’éleveur (l’adresse de son site, son adresse e-mail, son numéro de téléphone…) correspondent bien à ceux de l’annonce. L’adresse postale est-elle la bonne, et Google Maps (ou équivalent) confirme-t-il qu’elle existe effectivement ? Le mode « street view » (le cas échéant) montre-t-il un endroit qui pourrait effectivement être un élevage ?

 

En effet, il est techniquement très simple de dupliquer un vrai site d’éleveur en remplaçant simplement les coordonnées de celles de ce dernier par celles du vendeur.

 

Par ailleurs, la race du chat proposé correspond-elle bien ? Dans certains cas, les escrocs sont assez bêtes pour publier des annonces sans rapport avec la ou les race(s) qu’élève l’élevage dont ils usurpent l’identité…

 

Si le vendeur prétend être un professionnel enregistré, il faut vérifier que son numéro d’identification est correct (SIREN en France, IDE en Suisse, numéro de TVA en Belgique, NEQ au Québec) et que les coordonnées correspondent. Par exemple, dans le cas de la France, cela peut se faire en interrogeant le RCS (Registre du Commerce et des Sociétés) via un site comme Societe.com ou Infogreffe.fr.

 

Logo de la Fédération Féline Française
Se renseigner auprès des associations officielles permet de se rassurer

Il est également judicieux de voir si l’éleveur est reconnu par l’organisme national de référence qui gère, pour chaque pays, le livre des origines des chats enregistrés et assure la promotion des chats de race : la Fédération Féline Française (FFF), l’Association Féline Canadienne (AFC), la Fédération Féline Helvétique (FFH)… La plupart disposent d’un répertoire d’éleveurs, directement accessible sur leur site.

 

Enfin, si l’éleveur est membre du club de race, c’est clairement un gage de sérieux supplémentaire.

 

En tout état de cause, il faut garder en tête qu’avec Internet, il n’y a rien de plus facile que de se faire passer pour ce qu’on n’est pas. Par exemple, n’importe quel escroc peut créer un faux site d’élevage et se bâtir une fausse identité de toutes pièces. Le fait que l’élevage supposément à l’origine de l’annonce possède un site et que les coordonnées qui y figurent correspondent à celles figurant sur cette dernière n’est donc clairement pas une garantie suffisante.

 

Pire : certains arnaqueurs vont jusqu’à mettre sur pied de faux sites de compagnies de transport, celles-là même dont ils indiquent à leurs proies potentielles qu’elles vont prendre en charge l’acheminement de l’animal ! Autant dire que les filières d’escroqueries sont bien organisées, et qu’un site contrefait proposant un faux suivi du soi-disant envoi (et donc aussi des prétendus blocages nécessitant de payer tel ou tel montant supplémentaire) est susceptible de faire partie intégrante du dispositif.

 

Il convient toutefois de mentionner l’existence de l’excellent Petscams, qui répertorie des centaines de faux sites d’élevage et compagnies de transport. Même s’il est principalement anglophone, un petit tour dessus peut parfois permettre de découvrir le pot aux roses et d’éviter de se faire arnaquer…

Le chat est-il bien celui qui est présenté ?

Le site du LOOF permet de rechercher un chat avec son numéro de puce

Quel que soit le pays, la réglementation impose généralement qu’une annonce de vente d’un chat de race comporte son numéro d’inscription dans le livre des origines national, ainsi que d’autres informations comme par exemple l’identification de l’éleveur ou le numéro d’identification (tatouage / puce électronique) de l’animal.

 

Cela peut permettre d’interroger (par soi-même ou au travers d’un vétérinaire, en fonction du pays) le registre des chats de race et/ou la base de données des chats du pays, afin de confirmer son pédigrée et les informations le concernant. Il est possible également de lancer une vérification à partir du numéro de sa mère.

 

En France, une page dédiée du site du LOOF permet ainsi de confirmer la présence d’un chat dans le livre des origines national à partir simplement de son numéro de puce électronique.

 

En Belgique, n’importe qui peut consulter CatID, la base de données dans laquelle tout chat (qu’il soit ou non de race) est supposé être enregistré, simplement en indiquant le numéro de puce de l’animal.

 

Ce n’est pas le cas en Suisse, où seuls les vétérinaires, les refuges ainsi que la police peuvent interroger Anis, la base de données des chats du pays.

 

Il n’est pas non plus possible de consulter un registre des chats de race au Canada, puisque ni l’Association Féline Canadienne, ni Chats Canada Cats, n’offrent une interface permettant de consulter les informations concernant un individu qui y figure. En outre, même là où le micropuçage des chats est obligatoire, le grand public n’a pas là non plus la possibilité d’interroger les bases de données correspondantes. Comme en Suisse, il faut donc se concentrer sur les autres vérifications, en particulier celles liées au sérieux de l’éleveur.

Connaître la réglementation applicable aux annonces de chats

Un bon moyen de se prémunir contre les arnaques est de connaître la réglementation applicable à la vente de chats (selon le pays, n’importe qui ne peut pas forcément vendre un chat) ainsi qu’aux annonces relatives.

En France

Un chat tigré allongé près de la balance de la justice

Les annonces portant sur la cession d’un chat sont très encadrées par la réglementation française, et plus précisément par les articles L214-6 à L214-8 du Code rural et de la pêche maritime. Elles doivent indiquer le numéro SIREN de l’éleveur, le nombre d’animaux de la portée, l’âge de l’animal, son numéro de puce électronique et celui de sa mère, ainsi que son inscription ou non au LOOF.

 

Il existe toutefois deux cas dans lesquels le numéro SIREN (et donc l’enregistrement comme professionnel) est facultatif :

  • lorsque l’auteur de l’annonce ne vend pas plus d’une portée par an de chats inscrits au LOOF ;
  • lorsqu’il s’agit d’un don et non d’une vente.

 

Si une annonce ne respecte pas les conditions prévues par la loi, elle est considérée comme illégale, et peut être dénoncée. Son auteur est alors passible d’une amende susceptible d’atteindre 7500 euros.

En Belgique

Logo du service public wallon
En Belgique, l'élevage est soumis à l'obtention d'un agrément

La législation belge concernant les annonces de vente de chats est proche de celle de la France.

 

L’Arrêté Royal du 27 avril 2007 définit une classification des éleveurs en 4 catégories : commerçant, professionnel, amateur et occasionnel. Il stipule que les trois premiers doivent obligatoirement obtenir un agrément, et précise les conditions ainsi que les modalités pour l’obtenir.

 

La législation a été renforcée en 2017 : désormais, même un éleveur occasionnel (c’est-à-dire un particulier donnant naissance à moins de trois portées par an) doit se prévaloir lui aussi d’un numéro d’agrément. Ce dernier est obtenu en fournissant une attestation délivrée par un vétérinaire, qui établit que les chats sont pris en charge comme il se doit en termes de soins, qualité de vie et socialisation.

 

Le numéro d’agrément de l’éleveur ne figure pas parmi la liste des mentions devant obligatoirement figurer sur une annonce de vente de chat, mais celui-ci doit bien sûr pouvoir l’indiquer à toute personne qui en fait la demande – d’autant qu’il est obligatoire d’indiquer l’élevage (ou le pays) dont l’animal est issu. Il en va de même pour l’âge, la race / le genre ainsi éventuellement que le numéro d’identification de ce dernier.

 

De plus, toujours depuis 2017, seuls les revues et sites approuvés par décret sont autorisés à diffuser des annonces de particuliers.

En Suisse

Des chatons Maine Coon sur leur coussin

En Suisse, aucune différence n’est faite entre les annonces de particuliers et celles publiées par des éleveurs professionnels. Dans tous les cas, l’identité complète du cédant doit être indiquée dans l’annonce, tout comme le pays d’origine du chat et celui où il a grandi.

 

Par ailleurs, les uns comme les autres sont tenus de suivre une formation et d’obtenir une autorisation cantonale.

 

Quiconque ne satisfait pas à ces critères n’est pas autorisé à céder des chats, et est donc considéré comme fraudeur s’il publie malgré tout des annonces à cette fin.

Au Québec

Des chatons enfermés dans une cage

Le flou juridique qui règne au Québec sur l’encadrement de la profession d’éleveur rend possible toutes les dérives, notamment l’élevage intensif. Les usines à animaux sont malheureusement nombreuses, et trop peu de contrôles sont réalisés par une administration qui impose simplement la tenue d’un registre au-delà de 5 animaux possédés.

 

Il existe même des « courtiers en animaux » qui achètent des portées « en gros » afin de les revendre directement à des particuliers, en se faisant eux-mêmes passer pour des particuliers devant se séparer de leur chat pour toute sorte de raison (allergie, déménagement…).

 

La publication d’une annonce pour la cession d’un chat ne fait l’objet d’aucune réglementation, ce qui évidemment facilite la tâche des uns et des autres et ouvre la porte à toutes les dérives.

 

Face à tous les risques que cette situation implique, il est d’autant plus important de bien choisir l’élevage où on adopte son chat, afin d’acquérir un animal en bonne santé physique et mentale. Ceux qui sont reconnus par l’Association Féline Canadienne (AFC) ou le club de race présentent les meilleures garanties.

Ne pas s’emballer

Un homme pense, se tient le menton
Il important de bien réfléchir avant d'adopter un chat

Accueillir un animal dans son foyer est une démarche intense, du fait de la très forte implication émotionnelle qu’elle suppose. Certains ont vite fait de perdre la raison et d’accepter les choses les plus étranges dans le seul but de câliner au plus vite la boule de poils vue en photo, d’autant que les escrocs ne se privent pas de jouer à fond sur toutes sortes de registres pour parvenir à leurs fins : le sentiment d’urgence, la pitié, l’impression de faire une bonne affaire…

 

Au final, le mieux est de raisonner dans le sens inverse : identifier une ou plusieurs races dont on envisage l’adoption, puis parcourir l’annuaire des éleveurs de chats de la ou des races en question afin d’en sélectionner qui soient dignes de confiance. Cela prend sans doute plus de temps, voire peut impliquer un délai d’attente s’ils n’ont pas dans l’immédiat de chats correspondant à ce qu’on recherche, mais permet de limiter son choix à des professionnels dignes de ce nom.

 

Une autre option est d’aller adopter un chat dans un refuge. Cela permet d’être à l’abri des arnaques, tout en réalisant une bonne action, même s’il faut là aussi garder la tête froide en cas de « coup de cœur ».

 

En effet, dans tous les cas de figure, on n’adopte pas un chat comme on achète une marchandise, que ce soit en ligne ou dans un magasin. C’est une décision qui implique un engagement sur de nombreuses années et peut avoir de fâcheuses conséquences pour tout le monde en cas de choix inapproprié. Par conséquent, elle ne saurait être prise sous le coup de l’émotion.

D’autres indices pour éviter les arnaques dans les annonces de chats

Il peut être difficile de détecter une arnaque simplement en lisant une annonce : certaines sont très bien faites, et de nature à tromper même un observateur aguerri. En revanche, lors des échanges qui suivent, certains signes doivent clairement mettre la puce à l’oreille, voire ne laissent aucun doute sur le fait qu’on est face à une personne malhonnête.

L’impossibilité de voir l’animal

Une personne caresse un chaton

Quel que soit le motif avancé, l’impossibilité de voir l’animal est le premier indice qui doit laisser penser à une arnaque. À lui seul, ce critère justifie de ne pas aller plus loin.

 

C’est encore plus vrai si la personne se présente comme éleveur, puisqu’il n’y a alors aucune raison que le chaton ne soit pas avec elle et qu’elle ne puisse pas le montrer.

L’impossibilité d’échanger oralement avec l’auteur de l’annonce

Une femme tient un téléphone dans ses mains

Le fait que l’auteur de l’annonce possède un numéro de téléphone qui correspond au pays où on se trouve voire réponde aux SMS envoyés sur ce numéro n’est pas un gage de sûreté, ne serait-ce que parce que cela ne prouve nullement qu’il est effectivement dans le pays.

 

S’il n’est jamais possible de lui parler de vive voix, les choses sont clairement suspectes. Pourquoi une personne de bonne foi éviterait-elle les contacts directs, sinon pour dissimuler un accent ou un bruit de fond qui trahirait par exemple le fait qu’elle n’est pas où elle prétend être ?

Les écrits de l’auteur de l’annonce

L’expression écrite peut fournir une indication de l’origine véritable de l’auteur d’une annonce. Certaines tournures pesantes, des phrases à rallonge qui semblent peu naturelles ou encore des expressions clairement caractéristiques d’autres latitudes doivent alerter.

Le mode de règlement

Une enseigne Western Union

Le mode de paiement proposé par le vendeur et les éventuels autres intervenants (par exemple un potentiel employé d’une compagnie de transport, des services sanitaires ou des douanes) est également à prendre en compte.

 

Dans ce domaine comme dans d’autres, PayPal, Xoom et Western Union sont depuis déjà longtemps des alliés de choix des escrocs en tout genre. Plus récemment, ces derniers ont également adopté les cartes prépayées rechargeables, à l’image des cartes PCS. Les versements d’argent sur ces cartes de paiement se font au moyen d’un code acheté sur Internet ou dans des commerces de proximité, dont le prix correspond au montant à transférer. L’escroc demande donc à sa proie d’acquérir un code permettant de créditer une carte (comme il pourrait le faire si lui-même en avait une) et de le lui transmettre. Bien évidemment, cet argent ne servira pas à payer les frais liés à l’acheminement du chat, mais bien à enrichir l’arnaqueur.

L’impossibilité de rencontrer le vendeur

Un homme fait non du doigt

Quand bien même le chat de l’annonce est réel et visible à l’occasion d’un appel vidéo, une rencontre réelle reste indispensable.

 

De fait, quel éleveur ou quel particulier de bonne foi refuserait de rencontrer l’adoptant ? Le premier n’a rien à cacher s’il est professionnel, et le second devrait être rassuré de voir la personne à qui il va confier un chaton qu’il a vu naître.

 

En revanche, si l’interlocuteur est à la tête d’une usine à chats ou le maillon d’un réseau de trafiquants, il a tout intérêt à garder ses distances et à éviter les rencontres qui pourraient non seulement faire échouer la vente, mais aussi potentiellement lui attirer des ennuis.

L’impossibilité de visiter l’élevage

Une femme tient plusieurs chatons dans ses bras

Si le vendeur prétend être un éleveur, il ne saurait y avoir de raison valable qui justifie qu’il soit impossible de visiter son élevage. Au contraire, dès lors qu’il fait correctement son travail, il devrait être fier de montrer le soin qu’il apporte à prodiguer aux petits et à leurs parents un cadre de vie et des soins de qualité. Si ce n’est pas le cas, c’est très probablement qu’il a des choses à cacher : mieux vaut alors en rester là et se tourner vers un autre éleveur.

 

Une visite « virtuelle » au cours d’un appel vidéo ne saurait être une alternative acceptable : d’une part, rien ne prouve que le lieu correspond effectivement, et d’autre part on ne voit que ce que l’interlocuteur veut bien montrer.

 

Au demeurant, outre le fait de vérifier le sérieux de l’éleveur et la qualité du lieu où l’animal a vu le jour et a grandi, la visite de l’élevage offre également la possibilité de rencontrer la mère (et éventuellement le père) du petit, et ce faisant de s’assurer qu’elle ne présente pas de problème particulier — que ce soit en termes de santé ou de comportement.

Le chat a un comportement anormal

Un chaton malade assis sur le sol

Si le chat a une attitude anormale avec ses congénères ou avec les humains, ou bien s’il a des difficultés motrices ou semble souffrant, mieux vaut renoncer à aller plus loin. Dans le cas contraire, le risque serait grand de se retrouver avec un animal souffrant de problèmes de santé et/ou de comportement.

 

Une attitude en apparence normale ne procure pas pour autant de certitudes. En effet, les troubles dont l’animal est atteint peuvent commencer à n’apparaître que quelques mois — voire quelques années — plus tard. En outre, certaines personnes peu scrupuleuses « dopent » les chatons avant les rencontres avec des adoptants potentiels, afin de les faire paraître plus vifs qu’ils ne le sont réellement — en particulier ceux issues d’usines à chatons

Le vendeur est peu soigneux et/ou semble incompétent

Si le chaton est traité sans ménagement par le vendeur, si ce dernier n’est pas capable de répondre à des questions pourtant simples à son sujet ou semble posséder des connaissances limitées sur la gent féline, il y a fort à parier que le jeune animal et ses parents n’ont pas bénéficié des meilleures conditions de vie. Là encore, la prudence impose de renoncer à la transaction.

Le vendeur ne fournit pas le pedigree

Un chaton Siamois Oriental

Si l’animal est supposé être de pure race, le vendeur doit nécessairement fournir son pedigree. À défaut, rien ne justifie de demander un prix correspondant à celui d’un chat de pure race.

 

Au demeurant, il peut être utile de vérifier l’authenticité du pedigree, car certains escrocs n’hésitent pas à créer des faux documents. Cela suppose de s’assurer qu’il est conforme au modèle de l’organisme national du pays en charge de la tenue du registre des chats de race dans lequel on se trouve (Livre Officiel des Origines Félines en France, Fédération Féline Helvétique en Suisse, etc.). En outre, si ce dernier offre une interface permettant de rechercher dans sa base de données, il est judicieux de s’assurer qu’on y retrouve bien les informations du pédigrée présenté par le vendeur.

Le vendeur ne fournit pas certains documents de santé

Carnet de santé et passeport d'un chat

Que le chat soit ou non de pure race, il faut passer son chemin sans hésiter si le vendeur n’est pas en mesure de fournir son carnet de santé (ou de vaccination) ainsi qu’un certificat établi par un vétérinaire attestant qu’il est en bonne santé.

 

Au demeurant, quand bien même ces documents sont effectivement fournis, il ne faut pas hésiter à prendre un peu de temps pour les examiner attentivement : certains escrocs n’hésitent pas à produire des faux…

 

Par ailleurs, un éleveur sérieux s’abstient de faire s’accoupler deux individus qui risqueraient de transmettre à leurs descendants une maladie héréditaire, à l’image par exemple de la polykystose rénale (qui affecte les reins), la myocardiopathie hypertrophique (qui touche le cœur) ou l’atrophie progressive de la rétine (qui s’en prend aux yeux). Elles sont d’autant plus traîtres qu’elles mettent souvent des mois voire des années avant de commencer à se manifester ; quand on s’en rend compte, il est évidemment trop tard. La liste des maladies potentielles diffère d’une race à l’autre, et dans certains cas le club de race indique clairement les tests qu’il recommande aux éleveurs de faire effectuer systématiquement.

 

De fait, tout éleveur sérieux prend soin de tester systématiquement et scrupuleusement tout potentiel reproducteur, voire parfois les petits eux-mêmes. S’il ne l’a pas fait, s’il n’est pas en mesure de présenter les résultats des tests en question ou encore s’il refuse de faire tester le petit quand on le lui demande (à défaut de l’avoir fait spontanément par lui-même), c’est mauvais signe — a fortiori pour une maladie dont la prévalence est relativement élevée au sein de la race en question.

 

On voit d’ailleurs au passage qu’il est important de se renseigner en amont sur les affections héréditaires courantes au sein de la race qu’on adopte, afin de savoir pour lesquelles des tests existent — voire sont fortement recommandés.

 

Enfin, en Europe, l’acheteur doit recevoir au moment de la vente le passeport européen de l’animal. Si le vendeur n’est pas en mesure de le fournir, il ne faut pas aller plus loin.

Le vendeur rechigne à établir un contrat de vente ou demande un paiement en liquide

Gros plan sur un échange de billets de 50 euros

Si le vendeur propose une vente « au noir », il ne souhaite pas forcément uniquement frauder l’administration fiscale : cela peut vouloir dire aussi qu’il cherche à se protéger contre toute action de l’acheteur en cas de problème apparaissant chez le chaton peu après la transaction. En effet, une vente conclue sans contrat formel rend impossible tout recours contre le vendeur. Les garanties légales ne peuvent s’appliquer, notamment celles qui couvrent les vices rédhibitoires. Or, celles-ci sont essentielles, puisqu’elles permettent l’annulation de la transaction et son remboursement dès lors qu’il est établi dans les jours qui suivent que l’animal est atteint de certaines pathologies qui avaient été cachées lors de l’achat.

Comment agir face à une annonce suspecte ?

Logo Petscams
Le site de Petscams permet de dénoncer les éleveurs frauduleux

Tous les sites sérieux passent les annonces au crible au moment (voire en amont) de leur publication, afin d’éviter toute déconvenue à leurs utilisateurs. De nombreuses annonces sont ainsi rejetées ou dépubliées quotidiennement.

 

Néanmoins, certaines sont susceptibles de passer sous les radars, et il existe donc toujours la possibilité d’alerter les équipes de modération. Signaler ainsi une arnaque potentielle ou avérée amènera un employé du site à l’examiner attentivement et à la retirer au besoin.

 

La démarche est similaire sur des plateformes communautaires telles que les réseaux sociaux : les messages postés sont parfois validés systématiquement par l’administrateur ou un modérateur du groupe ou de la page avant d’être publiés et/ou il est possible à tout moment de signaler un contenu posant problème, afin qu’il soit examiné et potentiellement retiré.

 

Par ailleurs, si l’escroc dispose d’un faux site d’élevage pour asseoir sa crédibilité (voire a créé un faux site de compagnie de transport), il convient de signaler celui-ci sur Petscams, afin qu’il soit ajouté à la liste sans cesse enrichie proposée par le site.

 

Ces démarches conduisent généralement au retrait de l’annonce, voire à la suspension (parfois définitive) du compte qui l’a publiée. Toutefois, ce n’est souvent que partie remise pour les arnaqueurs, maîtres dans l’art de créer de nouveaux comptes et d’investir les plateformes sous de multiples identités toutes plus fausses les unes que les autres.

 

Même si cela est rarement suivi de résultats, l’idéal est d’aller plus loin en effectuant un signalement auprès des autorités. Il convient donc de bien faire la distinction entre d’un côté l’action auprès de la plateforme sur laquelle l’annonce est diffusée, et de l’autre le dépôt de plainte contre l’escroc auquel on a eu affaire.

En France

Capture d'écran du site internet-signalement.gouv.fr

En France, le signalement d’une annonce frauduleuse s’effectue via le portail Internet-Signalement.gouv.fr du Ministère de l’Intérieur, sous la rubrique « Escroquerie ». Parallèlement, une démarche peut être entreprise auprès de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF).

 

Ces procédures ne remplacent toutefois pas le dépôt d’une plainte dans le cas où on a soi-même été confronté à une escroquerie. La saisine des autorités judiciaires se fonde sur l’article 313 du Code pénal, et en particulier sur l’article 313-1 si l’escroquerie a été commise, ou 313-3 si la tentative a échoué.

En Belgique

Le signalement d’une annonce frauduleuse en Belgique, voire d’une arnaque dont on a soi-même été victime, s’effectue sur le site Point de contact, opéré par Service Public Fédéral (SPF) Économie. Il faut choisir la catégorie « Escroquerie / tromperie / fraude ».

En Suisse

Un maillet et une statuette de la déesse Thémis

La loi suisse désigne sous le terme de « fraude à la commission » le procédé consistant à faire verser une somme d’argent en vue de l’obtention d’un produit ou d’un service. Les annonces portant sur des animaux qui n’existent pas rentrent donc dans ce cadre-là. Or, s’il apparaît qu’avec un tant soit peu de vigilance, la victime aurait pu éviter de se faire arnaquer, le code pénal considère qu’il n’y a pas eu escroquerie.

 

Quant aux annonces mensongères, la caractérisation juridique de ce type d’arnaques est la pratique commerciale déloyale. Il convient de déposer une réclamation auprès du Secrétariat d’État à l’Économie (SECO) afin de signaler l’annonce problématique.

 

Toute victime d’infraction est fondée à déposer plainte, mais la législation suisse autorise également les dénonciations pénales dès lors que l’on a connaissance d’une infraction, même si on n’en a pas été soi-même victime. En l’occurrence, cela veut dire qu’il est possible de dénoncer une tentative d’arnaque constatée sur Internet ou ailleurs.

 

Les services de police sont le point d’entrée pour entamer l’une ou l’autre de ces démarches. Elles lanceront une enquête, qui déterminera les éventuelles suites pénales.

Au Canada

Le Centre antifraude canadien réunit l’ensemble des signalements relatifs aux escroqueries en tout genre. Après réception des différentes informations, le service instruira le dossier ainsi que la plainte qui en découlera éventuellement.

Quelle peine pour les escrocs ?

Gros plan sur les mains d'un homme en prison

En France et en Belgique, l’auteur d’une escroquerie encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende.

 

La Suisse est plus sévère, puisqu’en théorie il s’expose à une privation de liberté pouvant atteindre 10 ans, en plus d’une sanction plancher de 90 jours-amende.

 

Au Canada, toute fraude portant sur un montant de plus de 5000 dollars est considérée comme un acte criminel, et passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 14 ans. Pour une somme inférieure, les faits peuvent être soit reconnus également comme un acte criminel (avec à la clef un emprisonnement maximum de deux), soit comme une simple infraction, punissable dans le cadre d’une déclaration de culpabilité par procédure sommaire. Dans ce dernier cas, la condamnation maximale encourue est une peine de prison de 18 mois ainsi qu’une amende de 5000 dollars.

 

Évidemment, ces sanctions sont des plafonds : le juge est à chaque fois amené à évoluer au cas par cas la situation. Dans les faits, les sanctions prononcées sont systématiquement bien en deçà… si tant est qu’un procès ait lieu !

 

En effet, et surtout dans le cas des fausses annonces, l’auteur se trouve très rarement dans le même pays que sa victime. Quand il est basé en Afrique, comme c’est souvent le cas, il est généralement illusoire d’espérer compter sur l’aide des autorités locales. En effet, la collaboration entre les polices nationales (quand elle n’est pas trop freinée par la corruption ou toutes sortes de dysfonctionnements) concerne en priorité les questions de sécurité, le terrorisme, la traite humaine et la criminalité financière à très grande échelle. En outre, dans le cas des fausses annonces, elles ne relèvent pas du trafic international d’animaux, et leur enjeu n’est donc que limité : elles ne font clairement pas partie des affaires prioritaires. De fait, même dans le cas où la plainte aboutirait à une condamnation par contumace, il est peu réaliste de croire que le coupable soit inquiété. En général, cela ne l’empêche nullement de poursuivre son activité.

 

La victime d’une annonce mensongère a plus de chances d’obtenir réparation, ne serait-ce que parce que le vendeur est souvent basé dans le même pays. Cela facilite l’application de la législation nationale (notamment en matière de vices cachés) et/ou les poursuites éventuelles.

Comment adopter un chat en toute sécurité ?

Savoir détecter des annonces potentiellement fausses ou mensongères est une bonne chose, mais réduire le risque d’en croiser est encore mieux. Plus largement, le respect de certaines règles permet de diminuer fortement la probabilité de faire face à des problèmes lors de l’acquisition d’un chat, et au contraire de mettre toutes les chances de son côté pour réussir son adoption.

Choisir un canal de vente ou d’adoption reconnu

Une femme au milieu de chats dans un refuge pour chats

Que l’on passe ou non par des petites annonces, mieux vaut privilégier autant que possible les élevages et associations bien établis et ayant pignon sur rue : ils possèdent une meilleure expertise et offrent normalement davantage de garanties que d’autres intermédiaires de vente.

 

Par conséquent, même dans le cas de l’adoption d’un chat que son propriétaire n’est pas en mesure de garder, passer par l’entremise d’un refuge ou d’une association garantit une sécurité certaine. Ces structures proposent à l’adoption des chats aux parcours divers, mais convenablement pris en charge : vaccins, vermifuges, traitements… Pour l’adoptant, il est plus sûr de passer par elles.

 

Certes, cela a un coût (situé généralement entre 150 et 250 euros). Toutefois, ce montant est faible en comparaison des frais vétérinaires que peuvent impliquer des affections passées inaperçues au moment de l’adoption ou qui découlent de soins insuffisants en amont de cette dernière. Ce coût est donc à voir comme le prix de la tranquillité d’esprit, et il convient en outre d’avoir en tête qu’il aurait de toute façon fallu effectuer soi-même tout ou partie de ces dépenses si l’organisme ne s’en était pas chargé.

 

Enfin, les animaleries, foires et marchés sont à fuir, car il s’agit des principaux canaux utilisés pour écouler les chats issus des trafics et de l’élevage en batterie.

Privilégier les sites spécialisés

Logo du site chatsdumonde.com

Les annonces de chats à donner ou à vendre publiées sur des sites spécialisés tels que Chatsdumonde.com sont dans l’ensemble plus sûres que celles que l’on retrouve sur des sites généralistes. En effet, les responsables et modérateurs de tels sites utilisent toute leur expérience et leur expertise pour filtrer en amont nombre d’annonces douteuses, qui ainsi ne se retrouvent jamais en ligne.

 

Le nombre plus faible d’annonces qu’ils comportent généralement en comparaison de sites généralistes est d’ailleurs la preuve de la sélection rigoureuse qui est effectuée afin de garantir autant que possible une adoption réussie.

 

Conscientes d’être des supports de choix pour les arnaqueurs voire de crouler sous les annonces frauduleuses, certaines plateformes non-spécialisées décident d’ailleurs de renoncer purement et simplement à proposer une rubrique consacrée aux cessions d’animaux. C’est notamment la ligne de conduite d’eBay, du moins dans une partie des pays (dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada).

Rencontrer le chat et interagir avec lui !

Une petite fille serre un chaton dans ses bras

Si on prend le temps de se documenter avec rigueur, comparer, discuter voire multiplier les essais quand il s’agit d’acheter par exemple une voiture, il n’y a aucune raison de ne pas en faire autant pour un être vivant destiné à intégrer la famille et à l’accompagner pendant des années. C’est d’autant plus vrai qu’il n’est pas question de remplacer son animal de compagnie en cours de route, comme on le ferait en revanche pour un véhicule.

 

Il est donc indispensable de consacrer du temps à rencontrer le chat que l’on pense adopter. Cela permet bien sûr de vérifier qu’il existe effectivement, mais aussi qu’il est bien en tous points conforme à la présentation qui en est faite dans l’annonce et ne présente pas de problème particulier. S’il s’avère que l’animal souffre d’un défaut physique, se déplace anormalement ou encore se comporte de manière inhabituelle (par exemple s’il se montre particulièrement peureux, agressif ou présente des tremblements), mieux vaut renoncer plutôt qu’aller au-devant de problèmes.

 

En tout état de cause, aucun versement anticipé de tout ou partie du montant demandé ne saurait être effectué avant d’avoir pu voir l’animal par soi-même et en vrai. La seule exception qui pourrait être envisageable est celle d’un éleveur réputé qui demanderait un acompte pour réserver un chaton à naître. Mais même dans ce cas, il peut être utile au moins de prévoir une visite de l’élevage avant de s’engager, ne serait-ce que pour rencontrer les parents du futur petit.

Visiter l’élevage

Cinq chatons assis par terre regardent l'objectif

Si le chat vient d’un élevage, visiter ce dernier est une étape assez incontournable pour adopter en toute sécurité. En effet, cela permet non seulement de faire connaissance avec l’animal, mais également de s’assurer du sérieux de l’éleveur.

 

De fait, il ne faut pas forcément des heures pour se rendre compte de la manière dont les lieux sont tenus et dont il interagit avec ses animaux. Ce sont là de bons indicateurs de son professionnalisme et du fait qu’il est ou non digne de confiance.

 

En effet, il ne faut pas perdre de vue qu’un chat qui est né ou a grandi dans des conditions de vie inadéquates, dont la santé ou le développement psychologique ont trop été négligés au cours de ses premières semaines d’existence, a bien plus de chances de développer à terme des problèmes comportementaux et/ou des maladies. Les uns comme les autres peuvent s’avérer non seulement pénibles pour l’ensemble des protagonistes, mais aussi fort coûteux.

 

Même si elle implique un long déplacement, la visite de l’élevage est donc essentielle pour maximiser les chances d’une adoption réussie. C’est un investissement très modeste en comparaison des années qui seront passées avec l’animal.

 

Pour autant, il ne saurait être question de s’inviter chez l’éleveur au débotté. Celui-ci peut très légitimement imposer des horaires et des conditions de visite, comme par exemple la nécessité de prendre rendez-vous en amont. C’est un point à vérifier avec lui, pour éviter toute tension inutile ou incompréhension.

Recevoir les documents requis

Une femme avec son chat sur les genoux, tient un carnet de vaccination

Dans le cas d’une adoption dans un élevage, visiter ce dernier et passer du temps avec le chat n’est pas la seule condition pour une adoption réussie : il faut aussi s’assurer de bien recevoir les différents documents requis, afin de s’assurer que tout est en règle.

 

C’est particulièrement crucial pour ceux qui concernent la santé de l’animal : un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire, son carnet de santé ou de vaccination, ainsi que les résultats des tests génétiques éventuellement effectués sur les parents ou le petit.

 

L’éleveur doit aussi remettre le pedigree de l’animal, qui atteste de ses origines, ainsi que les documents relatifs à son identification par puce électronique et son inscription dans la base de données des chats du pays.

 

Enfin, qu’il s’agisse d’une adoption auprès d’une association ou d’un achat auprès d’un éleveur, un contrat doit être formellement établi.

Le mot de la fin

Comme de nombreuses autres escroqueries sur internet, celles qui portent sur les chats jouent fortement sur les sentiments, qu’il s’agisse de croire réaliser une bonne action et/ou une bonne affaire sur fond tout en se projetant avec un adorable petit félin à ses côtés pour les années à venir.

 

Qu’il s’agisse d’animaux qui n’existent pas ou bien qui ne sont pas conformes à la description qui en est faite, les sommes perdues par les victimes peuvent être importantes. Toutefois, il ne s’agit « que » d’argent… En effet, la face la plus sombre du « business » des arnaques aux animaux est que celles portant sur des annonces mensongères reposent sur la souffrance animale, en mettant sur le marché des chats issus d’élevages en batterie, de trafics, ou encore d’éleveurs sans scrupules.

 

Néanmoins, respecter certains principes et être vigilant sur différents points lors de l’adoption d’un chat permet de réduire fortement le risque d’être victime de ce système, et donc aussi par là-même de le soutenir.

 

Cela dit, avoir finalisé l’adoption d’un chat ne signifie pas forcément en avoir terminé avec les risques d’escroquerie. En particulier, des personnes malhonnêtes n’hésitent pas à profiter de l’attachement des maîtres à leur compagnon pour trouver des moyens de leur soutirer de l’argent lorsque ce dernier est égaré. Elles épluchent ainsi les annonces de chats perdus et contactent les propriétaires en prétendant avoir retrouvé leur compagnon. Elles indiquent alors qu’elles vont le leur rendre, mais réclament au préalable le remboursement de prétendus frais vétérinaires qu’elles auraient eu à supporter. Une fois la somme perçue, elles ne donnent plus de nouvelles et s’évaporent, sans bien sûr restituer le chat qu’elles n’ont en fait jamais retrouvé.

Dernière modification : 01/07/2022.