Parce que votre animal de compagnie le vaut bien...

12/29/2008
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Parce que votre animal de compagnie le vaut bien...

Vêtements, accessoires en tout genre, produits de beauté... Rien de trop beau pour choyer toutou ou minou ! Et que dire de son alimentation... De plus en plus de produits « premium » ou de « qualité humaine » apparaissent sur le marché. Est-il nécessaire d’aller aussi loin pour la santé de nos animaux ?


Chiens et chats sont des carnivores stricts. Leur alimentation doit être, par conséquent, riche en protéines animales. « La différence entre les produits haut et bas de gamme provient du pourcentage de digestibilité des protéines », explique Sophie Charron, professeure en nutrition animale au Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Et comme les vrais morceaux de viande sont plus dispendieux, l’industrie utilise souvent, pour bonifier - tout en minimisant les coûts - le contenu en protéines des moulées et autres plats à déguster, des « sous-produits » réduits en farine : la carcasse, le bec, la crête et les plumes dans le cas du poulet. Ces sous-produits viennent gonfler la valeur protéinique sur l’étiquette, mais ils s’avèrent aussi moins digestibles par l’animal.

Pour faire baisser la facture encore, les fabricants rajoutent également des protéines végétales, riches en fibres et en glucides, par exemple du gluten de maïs. Résultat : « Il faut deux à trois fois plus de conserves pour combler les besoins nutritionnels de l’animal avec un produit bas de gamme. L’animal produit plus de fécès, car les protéines sont moins bien assimilées et souffre parfois de dérangements intestinaux qui le fatiguent. En choisissant ce type de produit, on réduit la longévité de nos compagnons », affirme Jean-Marc Vaillancourt, vétérinaire à l’hôpital pour petits animaux de Westmount.

Hormis les « sous-produits » et les protéines végétales parfois en trop grande quantité, les aliments pour animaux contiennent des viandes de bonne qualité et tout à fait acceptables. Mais malgré sa bonne volonté, le consommateur peine encore à se retrouver sur les étiquettes. Les ingrédients y sont inscrits par ordre de poids décroissant. Et, souvent, la liste indiquée est celle d’avant la cuisson alors que les aliments sont encore gorgés d’eau permettant au fabricant de mettre en tête le poulet, par exemple, alors qu’après cuisson, il ne représente plus que 20 % en poids du contenu. Pour la nutritionniste animale, « le problème est qu’il existe très peu de réglementation. Le Conseil national de la recherche du Canada fixe seulement les normes de base. L’Association canadienne des médecins vétérinaires effectue cependant un suivi qui permet d’apposer leur sceau sur un produit. »

Mais les appellations peu claires subsistent. Comme nourriture « holistique ». Celle-ci contient des suppléments, comme des antioxydants, des omégas-3 et des agents de conservation naturels, pour prévenir les maladies. « Ce terme peut être confondu avec “biologique”, mais il ne veut pas dire grand-chose en réalité », prévient Mme Charron. « Les efforts de recherches sont impressionnants pour développer ces produits ou la nourriture thérapeutique vendue chez le vétérinaire. C’est assez dérangeant lorsqu’on pense au nombre de personnes qui souffrent d’une maladie orpheline pour laquelle on n’investit pas un sou ! »

Pour s’y retrouver, mieux vaut donc « s’informer et faire confiance aux grandes industries de l’alimentation animale qui ont fait leurs preuves depuis longtemps », estime-t-elle. Et pour le Dr Vaillancourt, « le meilleur indicateur de la valeur d’un produit reste encore le beau pelage et la vitalité de son animal ».

Article rédigé par Matthieu Burgard