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Le Jaguar

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LE JAGUAR

Le jaguar (Panthera Onca) est un des grands chats du genre Panthera. Les membres de ce genre, outre leur taille, se distinguent par leur capacité à rugir et le fait que leurs pupilles, comme celles des humains, sont rondes. Ils appartiennent à la famille des Félidés, tout comme les petites espèces de chats, mais ces derniers ne peuvent pas rugir et leurs pupilles sont des fentes verticales.
Les jaguars vivent uniquement dans les Amériques. Les restes d'un jaguar géant Panthera Athrox ont été découverts dans des dépôts du pléistocène –âge glaciaire- vieux d'un million d'années.. A l'époque, il y avait beaucoup plus d'espèces de mammifères que de nos jours mais beaucoup ont disparu depuis.
Les célèbres dépôts bitumeux de La Brea en Californie, où l'on a retrouvé les restes d'animaux préhistoriques, recelaient 76 spécimens individuels du jaguar géant. Panthera Athrox était aussi grand que le lion des cavernes qui vivait en Europe pendant la préhistoire. Contrairement aux jaguars modernes qui habitent la forêt, il occupait les vastes prairies de l'Amérique du Nord. On a également trouvé des restes du jaguar actuel dans les dépôts du pléistocène mais il s'agissait d'un animal de plus grande taille.

Le « tigre » ou « la panthère » d'Amérique du Nord

A première vue, le jaguar ressemble à la panthère ou léopard d'Asie et d'Afrique du fait de son apparence générale et de sa livrée tachetée. Il n'est donc pas surprenant qu'Amerigo Vespucci ait annoncé, en 1500, que parmi les animaux du Venezuela se trouvaient des panthères ! Plus tard, les chroniqueurs l'ont appelé « tigre » et dans l'Amérique hispanophone, on l'appelle aujourd'hui encore « el tigre ». Les Brésiliens le nomment Onca – nom que Linné a adopté pour l'espèce dans sa grande classification – mais lui donnent aussi 32 autres noms communs !..

Le mot « jaguar » semble issu de la langue tupiguarani d'Amazonie.

Le jaguar est plus trapu que la panthère et a des membres plus courts et plus épais. Son manteau présente moins de taches que celui de la panthère et ces taches forment des rosettes contenant souvent des points noirs. Sur l'échine, la poitrine et la gorge, les rosettes se groupent pour former des barres noires tandis que les pattes et le ventre portent de grandes taches noires. Le poil est court et raide et, derrière les oreilles, le jaguar a des taches noires relativement claires en leur centre. En général les jaguars de la savane sont plus clairs que ceux de la forêt. Comme chez les panthères, il peut y avoir des individus noirs = les portées peuvent contenir à la fois des petits noirs et des petits tachetés.

Le crâne du jaguar est important et relativement plus large que celui de la panthère ou du tigre tandis que le visage est plus court. Un jaguar mâle moyen mesure environ 2,4 m de long, la queue formant un tiers de la taille. La hauteur à l'épaule est de l'ordre de 71 cm. Le poids varie de 55 kg au Mexique à 140 kg au Brésil. On a même répertorié un animal pesant 167 kg ! Les jaguars ont la vue perçante et l'ouïe fine qui caractérisent tous ces chats.

Un territoire immense

Il n'y a pas si longtemps, le territoire des jaguars s'étendait encore au sud des Etats-Unis à l'Argentine. Dans la première partie du 19è siècle, il y avait des jaguars dans l'est de la Louisiane et, au début de ce siècle, on en signalait encore au Nouveau-Mexique. Le dernier jaguar connu de Californie a été tué en 1860 mais on en a signalé un en Basse-Californie en 1955. Des jaguars ont été tués au Texas, en 1946, et en Arizona en 1949.

D'une manière générale, le domaine actuel du jaguar s'étend du Mexique au nord de l'Argentine – autrefois on le trouvait beaucoup plus au sud également – et de la côte aux versants andins du Pérou septentrional. Les jaguars semblent avoir une prédilection pour les régions où l'eau et les proies abondent. Ils vivent dans les forêts et la savane tropicales, généralement à proximité de l'eau, qu'il s'agisse de rivières, de marais, d'eaux intérieures ou de marécages à mangroves. En principe, ils ne vont pas au-delà de 1 000 m d'altitude mais il est arrivé qu'on trouve des traces jusqu'à 3 000 m, dans la cordillère bolivienne où la température varie de – 40°C à + 25°C.

En dépit de leur préférence pour les régions humides, on a trouvé des jaguars dans le désert de Sonora, en Arizona et dans des régions de broussailles sèches. Ils sont généralement absents des vastes zones d'inondation de l'Amazonie et des forêts les plus denses qui n'abritent que peu de gibier. Cependant, ils étaient assez répandus dans les vastes forêts ouvertes d'Amazonie et du Mato Grosso.

Un mode de vie assez peu connu

Si on le compare avec celui du lion, du tigre ou de la panthère, le mode de vie du jaguar est encore relativement entouré de mystère mais il pourrait ressembler à celui du tigre. Les 2 animaux sont généralement des grands solitaires, en dehors de leur saison de reproduction. Comme beaucoup d'animaux vivant sous climat tropical stable, les jaguars n'ont pas de saison de reproduction particulière dans la majeure partie de leur territoire. Cependant, dans le nord, ils s'accouplent au début du printemps et, dans le sud, en août-septembre.
La gestation dure environ 100 jours après quoi, de 1 à 4 petits voient le jour, dans un lieu fort protégé. Tous les petits ne survivent pas à la première année. Les jeunes jaguars restent avec leur mère pendant les 2 premières années de leur vie ; elle leur enseigne les techniques de survie dans la jungle, sans oublier de leur apprendre à chasser. Les petits quittent leur mère la troisième année, quand ils atteignent leur maturité sexuelle.Dans les parcs zoologiques, il est arrivé que des jaguars vivent 22 ans et se reproduisent avec des lions ou des panthères !

La proie favorite du jaguar est le pécari, cousin du porc de l'Ancien Monde. Dans les forêts broussailleuses vit un pécari à collier appelé javelina ou jabali qui pèse entre 15 et 30 kg. Dans les forêts tropicales denses se trouve un pécrai de plus grande taille, le huangana ou kairiu, qui est très agressif et se montre parfois un adversaire coriace pour le jaguar affamé. Lorsque ce dernier se met en tête de soustraire de jeunes pécaris en bordure de troupeau, les adultes accourent à la rescousse ! On rapporte que, dans ces circonstances, des jaguars ont été mis en pièces. Et en s »attaquant au fourmilier géant, le jaguar n'est jamais sûr d'avoir le dessus...On dit que le fourmilier tue le jaguar en l'étouffant et en enfonçant ses formidables griffes dans ses parties vitales.
Mais le jaguar est aussi bon nageur et s'il chasse les animaux de la forêt, il ne dédaigne pas s'attaquer aux caïmans, le long des rivières. S'ils n'ont pas l'agilité des panthères, les jaguars sont également de bons grimpeurs et guettent souvent leurs proies du haut d'un arbre. Dans les branches, ils attaquent les singes hurleurs et les paresseux. Le long des rivières, ce seront des loutres, des ragondins, des tapirs, des grands rongeurs, ou des tortues de rivière, qui feront les frais de son appétit. Le jaguar se nourrit aussi de dindes sauvages et autres oiseaux, de serpents et de tatous. A l'instar du tigre, il tue les petites proies d'un coup de dent à la nuque et les grands animaux en les prenant à la gorge, puis il emporte ses victimes à l'abri avant de les dévorer. On peut juger de ses forces prodigieuses par les distances qu'il parcourt, emportant une lourde carcasse. On raconte qu'un jaguar aurait traîné un cheval adulte sur une distance de 80 m puis traversé une rivière à la nage sans lâcher sa proie !
Le seul autre grand chat américain est le puma qui vit principalement dans la pampa et les montagnes, et n'entre donc pas en compétition avec le jaguar. Toutefois, les 2 animaux vivent dans les régions de broussailles épineuses du Chaco, au Paraguay.

La queue qui pêche...

Beaucoup d'histoires courent sur la faculté que le jaguar aurait de se servir de sa queue pour pêcher. Il est vrai que l'animal a été observé, allongé sur une branche, sa queue pendant au-dessus de l'eau. Certains suggèrent qu'en frappant l'eau de sa queue, il imite les fruits qui tombent des arbres et attire ainsi les poissons fructivores qu'il saisit alors d'un coup de patte rapide. On dit aussi qu'il utilise sa salive pour attirer le poisson. Il est possible que, par hasard, la salive s'écoule de sa bouche alors que l'animal scrute l'eau et que cela conduise des poissons curieux et imprudents à finir dans l'estomac du jaguar.

Le jaguar dans le folklore

A travers les siècles, le jaguar a joué un rôle essentiel dans le folklore des peuples qui partagent son domaine. Dans les forêts oppressants d'Amérique latine, le jaguar était un être mystérieux, doté de pouvoirs surnaturels et ses grognements saccadés, rappelant la phase finale du rugissement du lion, semaient la terreur. On a ainsi retrouvé des jaguars sculptés, vieux de 5 000 à 6 000 ans. Les Olmèques, peuple du Mexique, déformaient même leurs propres têtes pour les faire ressembler à celle du jaguar. Au sommet de la colline qui surplombe Oaxaca, au Mexique, les Zatopèques ont construit la citadelle de Cosijo, le Dieu-Jaguar, et on a retrouvé des os de jaguar minutieusement sculptés dans les tombes creusées dans les flancs de la colline. Pendant la domination espagnole, des « hommes-jaguars », comme les « hommes-panthères » africains, pratiquaient des assassinats rituels, portant pour ornements la peau, des dents et des griffes de jaguar.
Pour les Mayas du Guatemala, du Honduras et du Yucatan, le jaguar soutenait le monde avec le crocodile ; les dieux de la pluie étaient représentés sous forme de jaguars. Les tribus de Guyane considèrent le jaguar comme leur ancêtre. Dans le temple des jaguars de Chichén Itza, au Yucatan, une frise représente des jaguars sculptés tenant des cœurs humains dans leurs griffes tandis que des guerriers nus leur lancent des torches en flammes. Il y a également un jaguar sculpté, laqué de rouge brillant, aux dents de pierre blanche et aux yeux de jade étincelants.

Un hors-la-loi chassé pour sa fourrure

Le jaguar a la malencontreuse coutume d'attaquer le bétail domestique = bœufs, chevaux, mules, moutons, chèvres, ânes et lamas. L'élevage s'étant répandu sur tout son territoire, le jaguar souffre de la disparition de son habitat. Les éleveurs voient en lui « l'ennemi numéro 1 » et font appel à des équipes de « tigreros » (chasseurs de tigres) pour l'éliminer. Les « tigreros » en question se servent généralement de chiens pour traquer le jaguar puis tuent l'animal à coups de lances ou de fusils.
Il arrive que le jaguar attaque l'homme et il emporte parfois même des enfants, mais à la différence du tigre ou de la panthère, il ne semble pas que l'animal puisse devenir « mangeur d'hommes ». On raconte l'histoire de 2 hommes qui avaient tiré sur un jaguar depuis leur bateau. Le jaguar nagea vers eux, prit pied sur le bateau et les occupants qui s'étaient jetés à l'eau n'eurent d'autre choix que de contempler avec stupéfaction le jaguar qui s'éloignait dans le canot, en séchant sa fourrure à coups de langue consciencieux.
L'animal a été également chassé sans merci pour sa fourrure, superbe, très recherchée. Les seuls Etats-Unis ont importé 13 516 peaux en 1968 et 9 831 en 1969... Depuis lors, la protection juridique internationale et nationale a entraîné le déclin du commerce des peaux de jaguar, même si la loi n'a pas toujours été appliquée strictement. La plupart des pays important ou exportant des peaux de jaguars sont aujourd'hui Parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) qui interdit le commerce du jaguar et de ses produits.

Un refuge au Belize

Les autorités ne disposent d'aucune statistique mais elles s'accordent généralement à dire que les effectifs continuent de diminuer sur la plus grande partie du territoire et que l'animal a disparu des régions où il était relativement fréquent il y a quelques dizaines d'années. Si la chasse est une des raisons principales du déclin, la disparition de l'habitat joue un rôle tout aussi important. De vastes étendues des forêts d'Amérique Centrale et d'Amazonie ont été défrichées tandis que la construction d'un réseau routier a ouvert la voie à ceux qui ont non seulement chassé le jaguar mais aussi décimé ses proies habituelles.

Le Belize n'est qu'un petit pays mais c'est, en Amérique centrale, un des refuges les plus importants pour le jaguar. Sa topographie accidentée et ses forêts protégées constituent un abri pour le grand chat et ses proies. Ce pays a donc été choisi pour une étude minutieuse de la vie secrète du jaguar.

 

Source : Carole B-Morin
Phyto-Aromatologue Spécialisée Canins & Félins
www.naturopattes.eu/
Contact : desanimauxdesplantes@yahoo.fr


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