Jeu de chatTout sur les chiensForum chiens Jeux d'animaux gratuits Dreamzer - Sites éditoriaux et jeux gratuits sur les animaux

LAVAVEIX-LES-MINES (23) : Le musée du chat ouvre ses portes

01/02/2013
Partager :  


Les mines ont leur musée à Bosmoreau, les minets ont maintenant le leur à Lavaveix. Grâce à Michèle Isautier, personnage tendre, spontané et résolu.
Pour trouver l'entrée du musée du chat, il suffit de suivre les traces de coussinets peintes sur le sol, imprévisibles, entraînantes et veloutées comme les notes du chat\\clarinette de Prokofiev. À l'intérieur, une vraie caverne d'Ali Chat chat. « Tous les animaux devraient avoir leur musée » clame Michèle Isautier, la créatrice de celui du chat. Elle y a passé du temps, des dizaines d'années, de l'argent (un chiffre du genre chapelet) et surtout mis beaucoup d'elle-même.

Mais le musée du chat a fini par ouvrir ses portes, aujourd'hui, à Lavaveix-les-mines. La réalisation d'un rêve de longue date a toujours quelque chose de fort. Le temps, la minutie, la vie, l'amour transparaissent au travers d'une accumulation phénoménale, hétérogène et harmonisée, d'objets artistiques, artisanaux et industriels.

Une histoire de chat
Même si l'animal a motivé la création de ce sanctuaire, il n'est pas, ici, tant question du chat en lui-même, que de sa représentation. Le chat y est égyptien, quasi-divin. Et chaque objet une idole. Même le plus humble morceau de plastique qui semble tiré d'une boîte de céréales est, par sa juxtaposition avec tel ou tel autre objet – de porcelaine, de bois, de métal, fait de la main d'un maître ou assemblé par une machine – empreint d'une fascination poussée jusqu'à la vénération.

Le chat y est vénitien. Par reconnaissance pour les avoir sauvés de la peste en dévorant tous les rats de la ville au XIV e siècle, les Vénitiens auraient octroyé aux chats une île. Par reconnaissance pour lui avoir sauvé la vie, Michèle Isautier dédie au chat un musée.

Née dans une famille juive, sa mère quitte Paris, pendant la guerre, avec six de ses neufs enfants parmi lesquels Michèle, alors âgée de trois ans. « Nous nous sommes cachés dans une bergerie, dans le Berry, où vivait de la famille », raconte-t-elle. « Comme nous n'avions rien, qu'est ce que je tenais toujours dans mes bras ? », lance-t-elle avec entrain. « Un chat ! »

« J'entendais beaucoup de choses, j'avais peur », poursuit-elle. Tellement peur qu'elle décidait d'en finir en se jetant à l'eau. Le chat toujours dans les bras. « Et le chat, ça ne lui a pas plu, évidemment », conclut-elle. « Il a alerté les adultes. Il m'a sauvée. Depuis, j'ai voulu faire un musée du chat. »

Le charme de l'accumulation
Elle l'a donc fait à Lavaveix-les-Mines, où elle a été maîtresse d'école, en 1982, directrice, dix ans plus tard, et où elle réside, finalement, depuis 2009. Mais le faire à Lavaveix vient aussi d'un autre souvenir : « Petite, ma mère m'a emmenée à Lille. Elle m'a expliqué le travail des mineurs. J'ai trouvé que c'était quelque chose de terrible, alors je voulais faire quelque chose pour les mineurs. » Et on peut le dire, son musée est une vraie mine abritant des trésors de toutes sortes.

Des tapisseries dont elle a fait les cartons, des tableaux léchés, des croquis vivants, des caricatures subtiles, des vêtements divers, des statuettes brillantes récupérés ici où là, un ensemble dans lequel les calendriers, les affiches de films, les publicités, les livres ou les peluches ont naturellement leur place. « Ça, c'est le travail de mes anciens élèves ; ça, c'est une chose que j'ai trouvée chez un anticaire il y a une éternité ; ces broderies, au-dessus, c'est moi qui les ai faites », papillonne-t-elle enthousiaste, au hasard des vitrines.

Elle s'attarde au centre de la pièce. « Celui-là est taillé dans du granit creusois, il doit bien y avoir 600 kilos. C'est Vincent Estaque qui me l'a fait en 1987. Je lui ai dit : je t'ai connu petit, t'as pas de boulot, je vais te donner du travail. » La plupart de ces objets ont une date et des circonstances qui en font le charme et celui du musée qui les abrite.

« Tous les animaux devraient avoir leur musée », insiste-t-elle à nouveau. « Mais je peux pas tout faire. Si quelqu'un veut faire le musée du chien ce serait bien. Mais avec le musée de la vache je serais encore plus heureuse… » Avis aux amateurs.

Ouverture. Du mercredi au lundi de 13 h 30 à 17 h 30. Tarifs 1 € jusqu'à 10 ans, 2 € jusqu'à 19 ans, 4 € à partir de 20 ans.

Chamuel Guillon
[email protected]

Réagir à cette actualité

Votre nom / prénom :
Pour ne plus devoir indiquer votre nom à chaque fois : Inscription gratuite
Votre adresse e-mail :
Pour ne plus devoir indiquer votre e-mail à chaque fois : Inscription gratuite
Votre texte :
Sécurité :