Mon chat est-il heureux ou malheureux ?

Mon chat est-il heureux ou malheureux ?

Le bien-être animal est un sujet souvent abordé pour décrire les conditions de vie des animaux d’élevage. Pourtant, même si les modes de vie sont très différents, voire opposés, force est de constater que les animaux de compagnie, à commencer par les chats, semblent aussi parfois souffrir de mal-être, voire carrément de dépression.

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La notion de bien-être chez l'animal

Le bien-être animal est une notion traditionnellement utilisée pour les animaux d’élevage : le bien-être est alors défini comme une situation où toute souffrance inutile est absolument proscrite. Cela paraît évident... et pourtant, de gros progrès ont été faits ces vingt dernières années dans le domaine de l’élevage.

 

Que ce soit pour les poules ou les bovins, la protection animale a fait progresser leurs conditions de vie. Et même s’il reste encore de très nombreux points à améliorer, comme l'illustrent à l'occasion des cas qui défrayent la chronique, la prise de conscience du bien-être de ces animaux est un point très positif.

En ce qui concerne les animaux de compagnie, c’est tout autre chose. Partant du principe que ces animaux vivent avec leur maître une relation de complicité affective, il est d’usage de penser qu’ils sont heureux. Mais les choses sont-elles réellement si simples ?

 

Sans aller jusqu'à parler des animaux maltraités (car battus, abandonnés, affamés, assoiffés, enfermés…), évoquons plutôt les conditions de vie de nos inséparables compagnons : sont-elles idéales pour l’animal… ou pour le maître ? Bref, le bien-être d’un animal se mesure à l’échelle de ce dernier, et de personne d'autre. Mais de quoi a-t-il besoin pour être heureux ?

L'apprentissage de la cohabitation et des interactions

Tout petit déjà, le chiot ou le chaton est éduqué par sa mère afin qu’il respecte une certaine hiérarchie. D’autre part, les petits s’habituent très vite au contact des personnes qui les soignent, ainsi qu’à la cohabitation avec d'autres animaux. Il est donc fondamental d’habituer le jeune animal aux contacts de différentes personnes, aux bruits et aux autres animaux.

A l'inverse, les animaux passant les 3 premiers mois de leur vie dans un milieu dépourvu de contacts seront très perturbés quand ils arriveront dans un environnement familial. C’est le cas de nombreux chiens séparés avant l’âge de 2 mois de leur mère et grandissant dans une cage d’élevage intensif ou d’animalerie, avec pour seul contact la personne venant leur donner leur repas 1 à 2 fois par jour. Ces animaux seront très fortement prédisposés à développer de graves troubles comportementaux, allant de l’anxiété chronique à une forme d’agressivité dangereuse pour les humains comme pour les autres animaux.

Respecter sa nature

Pour être en mesure de respecter le bien-être d’un animal, il faut d’abord bien réfléchir au compagnon dont on pourra dignement s’occuper. On ne gère pas un caniche comme un rottweiler, ni un chat persan comme un chat des forêts norvégiennes. Il s’agit de respecter la nature de l’animal.

Prenons quelques exemples : un chaton de 5 mois né d’une chatte qui a toujours vécu dehors, et ayant lui-même été habitué à vagabonder, aura d’énormes difficultés à s’adapter à une vie en appartement. Il risque fort de devenir agressif par ennui, et, finalement, très peu sociable.

 

De la même façon, un chien de race malinois est heureux s’il se dépense beaucoup. Par conséquent, s'il vit en appartement et doit se contenter de quelques promenades hygiéniques, il va vite développer de graves troubles comportementaux.

 

Dans ces deux exemples, les animaux ne seront jamais de bons compagnons, car ils seront malheureux.

D’autre part, un animal n’est pas un objet dont on peut disposer quand on en a envie. Le petit chien ou le petit chat doit rester en contact avec sa mère pendant au moins 3 mois. En effet, la mère éduque ses petits, leur apprennant notamment à ne pas mordre trop fort et à ne pas griffer de façon intempestive pour les chats. Cette éducation du petit par sa mère est fondamentale, puisqu’elle conditionne la qualité de la relation entre les futurs maîtres et l’animal.

Choisir et accueillir son compagnon

Au delà des besoins incontournables tels que manger, boire et sortir, un chien doit ressentir l’affection de son maître. Il faut savoir répondre à ses demandes lorsqu'il souhaite jouer, se promener (au moins 1 heure par jour, voire plus pour les gros chiens), et lui faire comprendre que son maître prend les décisions à sa place. Malgré l’évidence de ce propos, nombre de chiens tentent d’être calife à la place du calife ! Cet état de fait déséquilibre le chien et le place dans une situation qui ne fera qu’augmenter son anxiété.

Pour un chat, c’est différent : en plus de l’inévitable affection de son maître, il sera heureux s’il parvient à vivre comme un félin parmi nous : il doit pouvoir chasser (même un jouet) et avoir une certaine indépendance.

 

Finalement, la recette du bien-être de son compagnon se situe peut-être tout simplement dans la connaissance et le respect de sa nature. Vaste programme !

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